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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2102741

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2102741

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2102741
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantLERICHE-MILLIET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 mai 2021 et

22 septembre 2023, Mme B, représentée par Me Leriche-Milliet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur des ressources humaines du ministère de la transition écologique et solidaire a refusé de prendre les mesures propres à assurer l'effectivité de sa mise à disposition dans le cadre d'une mobilité thématique pour vingt-huit mois auprès de l'agence de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) ;

2°) d'enjoindre au ministère de la transition écologique et solidaire de prendre ces mesures et de la mettre en disposition auprès de l'ANSES dans un délai d'un mois à compter de la date du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des frais irrépétibles en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- une décision implicite d'acceptation est née, qui n'a pas été retirée dans le délai de quatre mois suivant son intervention ; de ce fait, même si qu'aucune convention de mise en disposition n'a été conclue entre son ministère et l'ANSES, le ministère de la Transition Ecologique était précisément tenu de conclure une telle convention ;

- la décision implicite de refus est entachée d'une erreur de droit et constitue une violation directe de l'article 14 bis de la loi n°83- 634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2022, le ministère de la transition écologique et solidaire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen soulevé est inopérant et non fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n°2007-148 du 2 février 2007 de modernisation de la fonction publique ;

- le décret n°85-986 du 16 septembre 1986 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendues au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de M. Moulinier, rapporteur public,

- et les observations de Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, fonctionnaire titulaire depuis le 1er décembre 2007, est affectée au Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA), direction territoriale Ouest à Saint-Brieuc, en qualité de chargée de recherche du développement durable depuis le 1er janvier 2014, de classe normale, 7ème échelon. Mme B, souhaitant revenir à l'étude du comportement animal, a contacté par mail l'agence de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) afin d'intégrer les laboratoires à Ploufragan. Par un courrier du 2 avril 2020, le chef du service administratif financier, technique et informatique, M. C, l'informe de l'éventuel possibilité de conclure une convention de mise à disposition, pour une durée de 28 mois. Le 7 avril 2020 Mme B a, par courrier, demandé sa mise à disposition à titre gratuit au directeur des ressources humaines du ministère de la transition écologique et solidaire, et réitère cette demande le 18 mai 2020, notifiée le 25 mai suivant. N'ayant pas obtenu de réponse, Mme B estime qu'une décision implicite d'acceptation de mise à disposition à titre gratuit auprès de l'ANSES est née. Par suite,

Mme B envoie un nouveau courrier le 26 janvier 2021 demandant au directeur des ressources humaines du ministère la transition écologique et solidaire de lui délivrer une attestation de la décision implicite d'acceptation. Estimant qu'une nouvelle décision implicite de refus est née suite au silence gardé par l'administration sur sa demande pendant plus de deux mois, elle demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 14 bis de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droit et obligations des fonctionnaires : " Hormis les cas où le détachement et la mise en disponibilité sont de droit, une administration ne peut s'opposer à la demande de l'un de ses fonctionnaires tendant, avec l'accord du service, de l'administration ou de l'organisme public ou privé d'accueil, à être placé dans l'une de ces positions statutaires ou à être intégré directement dans une autre administration qu'en raison des nécessités du service ou, le cas échéant, d'un avis rendu par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Elle peut exiger de lui qu'il respecte un délai maximal de préavis de trois mois. Son silence gardé pendant deux mois à compter de la réception de la demande du fonctionnaire vaut acceptation de cette demande. / Ces dispositions sont également applicables en cas de mutation ou de changement d'établissement, sauf lorsque ces mouvements donnent lieu à l'établissement d'un tableau périodique de mutations ". Aux termes de l'article 10 de la loi n°2007-148 du 2 février 2007 de modernisation de la fonction publique : " I. - Les articles 41 à 44 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée sont remplacés par cinq articles 41, 42, 43, 43 bis et 44 ainsi rédigés : " Art. 41. - La mise à disposition est la situation du fonctionnaire qui demeure dans son corps d'origine, est réputé occuper son emploi, continue à percevoir la rémunération correspondante, mais qui exerce des fonctions hors du service où il a vocation à servir. " Elle ne peut avoir lieu qu'avec l'accord du fonctionnaire et doit être prévue par une convention conclue entre l'administration d'origine et l'organisme d'accueil. () " ". Aux termes de l'article 1 du décret n°85-986 du 16 septembre 1986 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat, à la mise à disposition, à l'intégration et à la cessation définitive de fonctions : " La mise à disposition est prononcée par arrêté du ministre dont relève le fonctionnaire, après accord de l'intéressé et du ou des organismes d'accueil, dans les conditions définies par la convention de mise à disposition prévue à l'article 2. () / Si l'agent mis à disposition relève d'un établissement public de l'Etat, la décision revient à l'autorité investie du pouvoir de nomination dans l'établissement. / L'arrêté susmentionné indique le ou les organismes auprès desquels le fonctionnaire accomplit son service et la quotité du temps de travail qu'il effectue au sein de chacun d'eux. ".

3. Mme B soutient que le silence gardé par l'administration à la suite de son courrier du 18 mai 2020, notifié le 25 mai suivant, demandant au directeur des ressources humaines du ministère de la transition écologique et solidaire sa mise à disposition à titre gratuit, après un courrier d'acceptation de M. C, chef du service administratif financier, technique et informatique du laboratoire situé à Ploufragan, vaut décision implicite d'acceptation sur le fondement de l'article 14 bis de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983, et que, par conséquent, le directeur des ressources humaines du Ministère de la transition écologique et solidaire a méconnu ladite disposition en refusant implicitement de prendre les mesures propres à assurer l'effectivité de cette mise à disposition. Toutefois, Mme B ne peut utilement invoquer l'article 14 bis de la loi du 13 juillet 1983, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que Mme B sollicite une mise à disposition et non un détachement, une mise en disponibilité, une mutation ou un changement d'établissement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 14 bis de la loi du 13 juillet 1983 est inopérant.

4. Au surplus et en tout état de cause, d'une part, il ressort des pièces du dossier que M. F E, directeur territorial Ouest, a prononcé un avis défavorable pour une mise à disposition, le 16 avril 2020 et d'autre part, une mise à disposition doit faire l'objet d'une décision expresse du ministère dont relève l'agent, l'accord du fonctionnaire doit être

recueilli et une convention de mise à disposition doit être conclue entre l'administration d'origine et l'organisme d'accueil. Or, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'une décision expresse du directeur des ressources humaines du ministère de la transition écologique et solidaire ait été prononcée, ni qu'une convention de mise à disposition ait été conclue. Par suite, le moyen tiré d'une erreur de droit doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Le présent jugement de rejet n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais d'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au Ministère de la transition écologique et de la Cohésion des territoires.

Copie en sera adressée à l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES).

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

Le président-rapporteur,

Signé

G. D L'assesseur le plus ancien,

Signé

P. Le Roux

Le greffier,

Signé

J-M. Riaud

La République mande et ordonne au ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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