vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2102801 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIÉTÉ D'AVOCATS ELGHOZI GEANTY GAUTIER PENNEC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 1er juin 2021 et 26 janvier 2023, Mme B C, représentée par la SCP Marion Leroux Sibillote English Courcoux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 avril 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier (CH) de Saint-Brieuc a refusé de lui verser une indemnité de fin de contrat ;
2°) d'enjoindre au CH de Saint-Brieuc de lui verser cette indemnité d'un montant de 6 897, 20 euros, avec intérêts à compter de sa réclamation préalable du 15 janvier 2021, ces intérêts étant capitalisés ;
3°) de mettre à la charge du CH de Saint-Brieuc la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
Par un mémoire en défense enregistré le 19 mai 2022, le CH de Saint-Brieuc représenté par la SCP Elghozi Geanty Gautier Pennec, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Met, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été recrutée le 12 juillet 2018 par le CH de Saint-Brieuc en qualité de praticien contractuel pour exercer à compter du 23 juillet 2018 à temps plein pour une durée de six mois les fonctions de médecin dans le service d'accueil des urgences. Ce contrat a été prolongé pour une période de six mois par avenant du 29 novembre 2018, un second avenant du 29 mars 2019 prévoyant l'exercice de ses fonctions à 60% à compter du 1er avril 2019. Mme C a quitté l'établissement à l'expiration de son contrat à durée déterminée et a saisi le CH de Saint-Brieuc d'une demande tendant au versement de l'indemnité de fin de contrat prévue par l'article L. 1243-8 du code du travail. Cette demande a été rejetée le 2 avril 2021.
2. Aux termes de l'article R. 6152-402 alors en vigueur du code de la santé publique : " Les praticiens contractuels mentionnés à l'article R. 6152-401 ne peuvent être recrutés que dans les cas et conditions suivants : () / 4° Pour occuper, en cas de nécessité de service et lorsqu'il s'avère impossible d'opérer un tel recrutement en application des dispositions statutaires en vigueur, un poste de praticien à temps plein ou à temps partiel resté vacant à l'issue de chaque procédure statutaire de recrutement. Le contrat peut être conclu pour une période maximale de six mois renouvelable dans la limite d'une durée totale d'engagement de deux ans ; () / Un même praticien ne peut bénéficier, au sein du même établissement, de recrutements successifs en qualité de praticien contractuel au titre d'un ou de plusieurs des alinéas ci-dessus que pour une durée maximale de trois ans. ". Aux termes de l'article R. 6152-418 du même code : " Les dispositions du code du travail sont applicables aux praticiens contractuels en tant qu'elles sont relatives, à l'indemnité prévue à l'article L. 1243-8 du code du travail () ". Aux termes de l'article L. 1243-8 du code du travail : " Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. / Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié. / Elle s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié. Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et figure sur le bulletin de salaire correspondant. ". Aux termes de l'article L. 1243-10 de ce code : " L'indemnité de fin de contrat n'est pas due : () / 3° Lorsque le salarié refuse d'accepter la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée pour occuper le même emploi ou un emploi similaire, assorti d'une rémunération au moins équivalente ; / 4° En cas de rupture anticipée du contrat due à l'initiative du salarié, à sa faute grave ou à un cas de force majeure. ".
3. Il résulte de ces dispositions que lorsque, au terme d'un contrat de travail à durée déterminée, la relation de travail n'est pas poursuivie par un contrat à durée indéterminée, le praticien contractuel a droit, à titre de complément de rémunération, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation égale à 10 % de la rémunération brute totale sauf à se trouver dans l'un des cas énoncés à l'article L.1243-10 du code du travail.
4. Il ressort des pièces du dossier que le contrat à durée déterminée de Mme C parvenu à échéance le 23 juillet 2019 n'a pas été renouvelé.
5. D'une part, si le CH de Saint-Brieuc soutient sans contestation que Mme C, recrutée sur un poste vacant dans le cadre des dispositions précitées du 4° de l'article R. 6152-402 du code de la santé publique était inscrite en 1ère année de capacité de médecine d'urgence, au financement de laquelle il a participé dans le but que l'intéressée puisse ensuite s'inscrire au concours national de praticien des établissements publics de santé, il est constant qu'à l'échéance le 23 juillet 2019 de son contrat à durée déterminée, Mme C n'était pas lauréate de ce concours ni ne remplissait les conditions lui permettant de s'y présenter. Par suite, et alors même que le CH de Saint-Brieuc indique avoir eu l'intention de renouveler le contrat à durée déterminée de Mme C dans le but de l'embaucher à terme dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, il ne peut être regardé comme ayant proposé à celle-ci un contrat à durée indéterminée, qu'elle aurait refusé.
6. D'autre part, en portant à la connaissance du CH de Saint-Brieuc qu'elle ne souhaitait pas accepter le renouvellement de son contrat à durée déterminée qui lui était proposé par le CH de Saint-Brieuc ainsi qu'il ressort de ses échanges de mails avec la direction de cet établissement, Mme C ne peut être regardée comme ayant rompu au sens du 4° de l'article L. 1243-10 du code de la santé publique de manière anticipée son dernier contrat, lequel a été exécuté jusqu'à son terme. S'il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'à l'occasion d'un entretien qui a eu lieu le 13 mai 2019 avec la directrice adjointe chargée des affaires médicales et des actions de coopération sanitaire, Mme C a accepté dans un premier temps de voir renouveler son contrat pour la période du 23 juillet au 14 août 2019 inclus afin d'aider à l'élaboration du planning estival du service d'accueil des urgences, il est constant qu'un tel contrat n'a pas été conclu, Mme C étant ensuite revenue sur son engagement verbal. Dans ces conditions, la requérante qui n'était pas titulaire d'un contrat à durée déterminée le 23 juillet 2019, date à laquelle elle a quitté l'établissement, ne peut être regardée, contrairement à ce que soutient le CH, comme ayant rompu un tel contrat à son initiative.
7. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 2 avril 2021 par laquelle le directeur du CH de Saint-Brieuc a refusé de verser l'indemnité de fin de contrat à Mme C doit être annulée.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
8. Mme C a droit aux intérêts au taux légal sur la somme qui lui est due à compter du 15 janvier 2021, date de réception de sa demande de paiement par le CH de Saint-Brieuc. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 15 janvier 2022, date à laquelle il était dû plus d'une année d'intérêts puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. L'exécution du présent jugement, implique, ainsi que le demande la requérante, le versement à celle-ci de l'indemnité de fin de contrat. La rémunération totale brute versée à Mme C s'élevant à 68 972,07 euros selon justificatifs, le montant de cette indemnité peut donc être fixé à la somme de 6 897,20 euros. Il y a lieu d'enjoindre au CH de Saint-Brieuc de procéder au versement de cette somme en principal et intérêts dans un délai de deux mois à compter du présent jugement.
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CH de Saint-Brieuc la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de cet article faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de la partie perdante les frais exposés par l'autre partie et non compris dans les dépens, il y a lieu de rejeter la demande présentée par le CH de Saint-Brieuc sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 2 avril 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Saint-Brieuc a refusé de verser à Mme C l'indemnité de fin de contrat est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier de Saint-Brieuc de verser à Mme C la somme de 6 897,20 euros en principal et intérêts dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier de Saint-Brieuc versera à Mme C la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au centre hospitalier de Saint-Brieuc.
Délibéré après l'audience du 24 février 2023, où siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Allex, première conseillère,
M. Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2023.
La rapporteure,
signé
A. ALe président,
signé
N. TronelLa greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026