lundi 12 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2103618 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BOULAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 13 juillet et 10 décembre 2021 et 13 janvier et 29 mars 2022, Mme B A, représentée par Me Boulais, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 juin 2021 par lequel le maire de Chartres-de-Bretagne a délivré à la SNC Marignan Bretagne un permis de construire un bâtiment de vingt-neuf logements, valant permis de démolir les constructions existantes, sur le terrain cadastré AR 55, 94, 95, 404, 406 et 418 situé 7, avenue de la Chaussairie ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Chartres-de-Bretagne et de la SNC Marignan Bretagne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle dispose d'un intérêt à agir contre le permis de construire attaqué ;
- il est entaché d'un vice de procédure en méconnaissance des dispositions des articles R. 423-50 et R. 423-53 du code de l'urbanisme ;
- il a été délivré sur la base d'un dossier de demande insuffisant en méconnaissance des articles L. 431-2, R. 431-7 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît le paragraphe 4.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole ;
- il méconnaît le paragraphe 6.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole ;
- il méconnaît le paragraphe 6.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole ;
- il méconnaît le paragraphe 7.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole ;
- il méconnaît l'article 6 de l'arrêté du 24 décembre 1980 fixant les dispositions relatives à l'application du décret du 4 août 1980 modifiant le code de la construction et de l'habitation en vue de rendre accessibles et adaptables aux personnes handicapées à mobilité réduite les bâtiments d'habitation collectifs neuf et les logements qu'ils contiennent ;
- il méconnaît le paragraphe 7.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole ;
- le projet étant localisé dans un secteur affecté par le bruit par l'arrêté préfectoral du 5 octobre 2001 annexé au plan local d'urbanisme de Rennes métropole, il méconnaît les articles 5 à 9 de l'arrêté du 30 mai 1996 relatif aux modalités de classement des infrastructures de transports terrestres et à l'isolement acoustique des bâtiments dans les secteurs affectés par le bruit, pris sur le fondement de l'article R. 571-43 du code de l'environnement ;
- il méconnaît, s'agissant de la même problématique de nuisances sonores, le paragraphe 6.8 du titre III du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole.
Par des mémoires, enregistrés les 13 octobre 2021 et 27 janvier et 9 mai 2022, la commune de Chartres-de-Bretagne, représentée par Me Fleischl, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application des articles L. 600-5 et/ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le permis de construire modificatif délivré par arrêté du 7 mars 2022, qui prévoit désormais la plantation de 15 arbres, rend inopérant le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 6.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole soulevé contre le permis de construire initial ;
- ce permis de construire modificatif, qui indique désormais la localisation des six places de stationnement banalisées, rend inopérant, sur ce point, le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 7.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole ;
- ce même permis modificatif, qui précise désormais dans la notice du projet architectural que chaque local vélo sera doté d'un dispositif de recharge pour les vélos à assistance électrique, rend inopérant le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 7.2 du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole ;
- le moyen tiré de la méconnaissance articles 5 à 9 de l'arrêté du 30 mai 1996 pris sur le fondement de l'article R. 571-43 du code de l'environnement est inopérant dès lors qu'il ne s'agit pas d'une servitude d'urbanisme opposable aux permis de construire en application de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme ;
- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés les 18 novembre 2021 et 6 janvier et 8 avril 2022, la SNC Marignan Bretagne, représentée par Me Bourges-Bonnat, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir contre le permis de construire contesté ;
- une demande de permis de construire modificatif a été déposée le 17 décembre 2021 s'agissant du calcul du nombre d'arbres exigés par le paragraphe 6.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole, de la localisation des places de stationnement banalisées exigées par le paragraphe 7.1 du même titre et des dispositifs de recharge des vélos à assistance électrique prévus par le paragraphe 7.2 de ce même titre ;
- ce permis de construire modificatif a été délivré par arrêté du 7 mars 2022 ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de la réglementation relative aux bruits et nuisances sonores est inopérant dès lors qu'il n'appartient pas à l'administration d'en assurer le respect lors de la délivrance des permis de construire ;
- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par un mémoire distinct, enregistré le 14 décembre 2021, la SNC Marignan Bretagne demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme, de condamner Mme A à lui verser la somme de 139 827 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 14 décembre 2021 et de leur capitalisation annuelle.
Elle soutient que :
- Mme A a introduit son recours dans des conditions excédant la défense de ses intérêts légitimes, ne justifiant notamment pas d'un intérêt à agir contre le permis de construire contesté ;
- elle a exposé 83 000 euros de frais d'étude et de promotion et n'a pu enregistrer une marge brute, en 2021, de 41 827 euros ;
- son groupe a subi une atteinte à son image et à sa réputation qu'elle évalue à 15 000 euros.
Par un mémoire, enregistré le 13 janvier 2022, Mme A conclut au rejet des conclusions présentées par la SNC Marignan Bretagne sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme.
Elle fait valoir que les conditions de mise en œuvre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ne sont pas satisfaites.
Par un courrier du 7 juillet 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du moyen tiré du vice de procédure commis en méconnaissance des articles R. 423-50 et R. 423-53 du code de l'urbanisme, ce moyen ayant été présenté postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux au titre d'une nouvelle cause juridique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 24 décembre 1980 fixant les dispositions relatives à l'application du décret du 4 août 1980 modifiant le code de la construction et de l'habitation en vue de rendre accessibles et adaptables aux personnes handicapées à mobilité réduite les bâtiments d'habitation collectifs neuf et les logements qu'ils contiennent ;
- l'arrêté du 30 mai 1996 relatif aux modalités de classement des infrastructures de transports terrestres et à l'isolement acoustique des bâtiments d'habitation dans les secteurs affectés par le bruit ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C ;
- les conclusions de Mme Touret, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Laville Collomb, représentant la commune de Chartres-de-Bretagne et, substituant Me Bourges-Bonnat, représentant la SNC Marignan Bretagne.
Considérant ce qui suit :
1. La SNC Marignan Bretagne a déposé le 20 novembre 2020 une demande de permis de construire un bâtiment de vingt-neuf logements collectifs, valant permis de démolir les constructions existantes, sur le terrain cadastré AR 55, 94, 95, 404, 406 et 418 situé 7, avenue de la Chaussairie à Chartres-de-Bretagne. Par un arrêté du 4 juin 2021, le maire de Chartres-de-Bretagne lui a délivré le permis de construire sollicité. Par un second arrêté du 7 mars 2022, il lui a également délivré, à sa demande, un permis de construire modificatif ayant pour objet d'apporter des précisions sur les dispositifs de recharge des vélos à assistance électrique ainsi que sur la localisation des places de stationnement banalisées et d'ajouter huit arbres plantés ainsi que des portillons entre les jardins. Mme A demande au tribunal d'annuler le premier de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des articles R. 423-50 et R. 423-53 du code de l'urbanisme :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". L'exercice par un tiers d'un recours contentieux contre un permis de construire montre qu'il a eu connaissance de cette décision et a, en conséquence, pour effet de faire courir à son égard le délai de recours contentieux.
3. La requête de Mme A ayant été enregistrée le 13 juillet 2021, le délai de recours contentieux expirait nécessairement au plus tard le 14 septembre 2021. Or, à l'appui de sa requête et jusqu'à cette dernière date, Mme A n'avait soulevé que les moyens tirés du caractère insuffisant du dossier de demande de permis de construire, de la méconnaissance des paragraphes 4.2, 6.1, 6.2, 7.1, 7.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole et de la méconnaissance de l'article 6 de l'arrêté du 24 décembre 1980 fixant les dispositions relatives à l'application du décret du 4 août 1980, qui relèvent tous de la légalité interne de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, le moyen de légalité externe tiré de la méconnaissance des articles R. 423-50 et R. 423-53 du code de l'urbanisme, qui n'a été soulevé qu'à l'occasion du mémoire enregistré le 10 décembre 2021, constitue une demande nouvelle tardive et, par suite, irrecevable.
En ce qui concerne le moyen tiré du caractère insuffisant du dossier de demande de permis de construire :
4. Aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural définit, par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. / Il précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. Il ressort des pièces du dossier que deux constructions ont été identifiées à moins de 50 mètres du terrain d'assiette du projet de la SNC Marignan Bretagne, de l'autre côté de l'avenue de la Chaussairie, comme patrimoine bâti d'intérêt local classé 1* par le document graphique du plan local d'urbanisme de Rennes métropole. Ainsi que le fait valoir Mme A, le document graphique d'insertion du projet architectural du dossier de demande de permis de construire ne permet pas d'apprécier l'insertion de la construction projetée à l'égard des deux bâtiments ainsi identifiés et les photographies de l'environnement proche et du paysage lointain ne permettent pas d'en considérer l'aspect. Toutefois, ces documents photographiques et graphiques permettent d'apprécier les caractères généraux de l'environnement dans lequel s'inscrit le projet et son insertion du côté Est de l'avenue de la Chaussairie. Au demeurant, d'une part, le document graphique du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole et l'annexe " Patrimoine bâti d'intérêt local " à ce document d'urbanisme ont permis au service instructeur de localiser et d'apprécier les qualités esthétiques des deux bâtiments identifiés. D'autre part, classés seulement 1*, ces bâtiments, qui correspondent à des " constructions intéressantes mais souvent dénaturées " peuvent être démolis partiellement ou totalement sous les seules réserves de les remplacer par de nouveaux projets de construction présentant une qualité architecturale avérée ou participant à une composition urbaine d'ensemble et du réemploi des matériaux ou la conservation de certains éléments en guise de mémoire. Par suite, l'ensemble de ces éléments ayant permis au service instructeur de former son appréciation sur l'insertion du projet dans son environnement, le moyen tiré du caractère insuffisant du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 4.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole :
7. Aux termes du paragraphe 4.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole : " Afin de préserver les caractéristiques de espaces urbains existants, une attention particulière sera portée au sens des faîtages, au vocabulaire architectural des constructions déjà présentes dans la rue ou l'îlot. () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que, dans un rayon de seulement 100 mètres du projet, plusieurs immeubles surmontés de toitures terrasses ont déjà été implantées à l'intérieur de l'îlot urbain du projet ou le long de l'avenue de la Chaussairie, particulièrement directement au Sud, au Sud-Est, à l'Est et au Nord-Est de la construction à édifier. Dans ces conditions, alors même que les faîtages présenteraient globalement, le long du reste de l'avenue de la Chaussairie, des toitures double pentes au faîtage parallèle à cette voie de circulation, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la SNC Marignan Bretagne n'aurait pas portée une attention particulière au sens des faîtages ou au vocabulaire architectural des constructions déjà présentes dans la rue ou l'îlot en faisant le choix d'une toiture terrasse pour son projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 4.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 6.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole :
9. Aux termes du paragraphe 6.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole : " Règles générales / Dans toutes les zones : () / Les arbres existants sont maintenus ou remplacés lorsque la superficie et la configuration de la surface de pleine terre le permet. () / Dans les zones U et 1AU : / Le terrain doit comporter les normes cumulatives suivantes : / - 1 arbre planté par tranche complète de 200 m2 de surface de pleine terre. / - Les aires de stationnement des véhicules automobiles doivent faire l'objet d'un traitement paysager d'ensemble, y compris les délaissés. Elles comportent un arbre pour 4 emplacements de stationnement aérien et sont entourées de haies ou plantes arbustives. () ".
10. D'une part, si Mme A soutient qu'il résulte de ces dispositions que le projet devait comporter un total de quinze arbres, il ressort des pièces du dossier que le permis de construire modificatif délivré par l'arrêté du 7 mars 2022 prévoit désormais la plantation ou conservation d'un total de seize arbres. Par suite, la requérante ne peut plus utilement soutenir que le permis de construire initial serait entaché d'un vice à défaut de comporter un nombre d'arbre suffisant.
11. D'autre part, dès lors que l'espace de stationnement aérien du projet contesté est bordé sur ses côtés Est et Sud par des haies, il peut être regardé comme entouré de haies au sens du paragraphe 6.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole, nonobstant la circonstance que sa limite Nord ne soit pas également bordée d'une haie. Au demeurant, la limite Nord de cet espace est essentiellement bordée par la rampe d'accès de cet espace de stationnement, qui ne se confond pas avec celui-ci et n'avait pas à être bordé, pour sa part, d'une haie ou de plantes arbustives en application de ce paragraphe 6.1. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ce paragraphe doit être écarté en toutes ses branches.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 6.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole :
12. Aux termes du paragraphe 6.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole : " Règles générales () / Hauteur des clôtures en limite séparative / Sauf disposition différente au règlement graphique, la hauteur des clôtures en limite séparative ne dépasse pas 2 m par rapport au terrain naturel comprenant éventuellement un mur bahut de 0,70 m de hauteur moyenne maximum. () ".
13. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des plans en coupe et de façade Nord qui figurent en rouge le niveau du terrain naturel, que la rampe d'accès aux espaces de stationnement aérien dépasse de ce niveau d'au moins un mètre sur la quasi-totalité de son linéaire. En conséquence, la rampe d'accès doit être regardée comme une construction et le mur qui le soutient en limite Nord ne peut être qualifié de clôture. De même, le garde-corps surmontant cette rampe en limite Nord, dont la fonction principale n'est pas de clore le terrain d'assiette du projet de la SNC Marignan Bretagne mais de constituer un élément technique assurant la sécurité des véhicules empruntant cette rampe, ne peut être regardé comme une clôture. Par conséquent, à l'égard de la construction et des éléments techniques le surmontant, Mme A ne peut utilement soulever le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 6.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole, qui n'est relatif qu'aux clôtures.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 7.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole :
14. Il résulte du règlement graphique " plan de stationnement " du plan local d'urbanisme de Rennes métropole que le terrain d'assiette du projet est situé dans une zone où sont imposées 1,8 places de stationnement ainsi que 0,2 places banalisées supplémentaires par logement. Aux termes du paragraphe 7.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole : " Règles générales () / Modalités de calcul () / Pour l'ensemble des calculs (application des normes, places banalisées, emprise maximale des stationnements), il est procédé aux arrondis suivants : / - Inférieur à 0,5 : nombre entier inférieur. / - Supérieur ou égal à 0,5 : nombre entier supérieur. () ".
15. Si Mme A soutient que les plans du dossier de demande du permis de construire initial ne permettent pas d'identifier les six places banalisées prévues par le projet, le permis de construire modificatif accordé par arrêté du 7 mars 2022 indique, sur son plan de masse, la localisation de ces six places sur l'espace de stationnement aérien. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du paragraphe 7.1 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole dirigé contre le permis de construire initial doit être écarté comme devenu inopérant.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 7.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole :
16. Aux termes du paragraphe 7.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole : " Secteurs couverts par un périmètre de stationnement / Règles générales () / Pour les constructions destinées à l'habitation et aux bureaux, la notion d'espaces d'emplacement de stationnement des vélos recouvre des locaux clos, couverts et éclairés situés au rez-de-chaussée ou, à défaut, au 1er sous-sol et facilement accessible depuis le ou les points d'entrée de la construction. Chacun de ces espaces clos de stationnement comprennent au moins un dispositif de recharge à destination des Vélos à Assistance Électrique (VAE) () ".
17. Si Mme A soutient que le permis de construire initial méconnaît ces dispositions à défaut de prévoir expressément l'installation d'un dispositif de recharge à destination des vélos à assistance électrique pour les huit espaces concernés, il ressort des pièces du dossier que la notice du projet architectural du dossier de demande du permis de construire modificatif indique que " chaque espace de stationnement vélo comprendra un dispositif de recharge à destination des VAE soit huit emplacements ". Par suite, depuis que le permis de construire modificatif sollicité a été accordé par arrêté du 7 mars 2022, le moyen de la requérante dirigé contre le permis de construire initial tiré de la méconnaissance du paragraphe 7.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole ne peut plus être utilement soulevé. Il doit être écarté comme devenu inopérant.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 6.8 du titre III du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole :
18. Aux termes du paragraphe 6.8 du titre III du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole, relatif aux zones de vigilance qualité de l'air et nuisances sonores : " Présentation de la disposition / Des zones de vigilance aux abords des axes routiers à fort trafic, en appui du classement sonore des voies sont définies afin de limiter l'exposition des personnes sensibles à la pollution de l'air: () / - Voie de catégorie 3 (certaines RD) : une zone de vigilance de 50 m de part et d'autre de l'axe est définie. / Les périmètres concernés sont reportés sur le plan thématique "Santé/Risques/Sécurité/Air-Bruit/HT-THT" du règlement graphique. / Effets de la disposition () / Pour les zones de vigilance aux abords des voies de catégorie 3 : / Des recommandations sont précisées dans l'orientation d'aménagement et de programmation "Santé-Climat-Énergie" ".
19. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet de la SNC Marignan Bretagne est situé pour sa majeure partie Ouest dans une zone de vigilance qualité de l'air et nuisances sonores d'une largeur de 50 mètres de part et d'autre de l'avenue de la Chaussairie, qui constitue une partie de la route départementale 837. Toutefois, au titre d'un tel classement, relatif à une voie de catégorie 3, le règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole ne renvoie qu'à de simples recommandations. Alors que Mme A ne soulève, en particulier, la méconnaissance d'aucune de ces recommandations, son moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 6.8 du titre III du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole doit être écarté, sans qu'il soit besoin d'examiner sa recevabilité en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des articles 5 à 9 de l'arrêté du 30 mai 1996 :
20. Aux termes de l'article R. 151-53 du code de l'urbanisme : " Figurent également en annexe au plan local d'urbanisme, s'il y a lieu, les éléments suivants : () / 5° Le périmètre des secteurs situés au voisinage des infrastructures de transports terrestres, dans lesquels des prescriptions d'isolement acoustique ont été édictées en application de l'article L. 571-10 du code de l'environnement, les prescriptions d'isolement acoustique édictées et la référence des arrêtés préfectoraux correspondants et l'indication des lieux où ils peuvent être consultés ; () ".
21. Bien que les périmètres des secteurs situés au voisinage des infrastructures de transports terrestres doivent figurer en annexe aux plans locaux d'urbanisme en vertu du 5° de l'article R. 151-53 du code de l'urbanisme pour l'information des propriétaires concernés, les prescriptions d'isolement acoustique qui ont été édictées en application de l'article L. 571-10 du code de l'environnement dans ces périmètres ne constituent pas des servitudes d'utilisation du sol, au contraire des zones de bruit des aérodromes prévues au chapitre II du titre Ier du livre Ier du code de l'urbanisme. Par conséquent, si les constructions neuves doivent respecter ces prescriptions, elles ne sont toutefois pas opposables aux demandes d'autorisation d'urbanisme. Il ne résulte pas non plus des dispositions du paragraphe 6.8 du titre III du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole, alors qu'elles ne prévoient, ainsi qu'il a été dit au point 19, que de simples recommandations à l'égard des projets qui bordent les voies de catégorie 3, qu'il aurait pour effet de rendre les périmètres des secteurs situés au voisinage des infrastructures de transports terrestres et leurs prescriptions opposables aux demandes de permis de construire déposées sur le territoire de Rennes métropole. Mme A ne peut en conséquence utilement faire valoir à l'encontre du permis de construire attaqué la méconnaissance des articles 6 à 9 de l'arrêté du 30 mai 1996 relatif aux modalités de classement des infrastructures de transports terrestres et à l'isolement acoustique des bâtiments d'habitation dans les secteurs affectés par le bruit.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6 de l'arrêté du 24 décembre 1980 :
22. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. () ".
23. Il résulte de l'article 1er de l'arrêté du 24 décembre 1980 qu'il contient les dispositions relatives à l'accessibilité des personnes handicapées applicables lors de la construction de bâtiments d'habitation collectifs, en vertu des articles R. 111-18 et R. 111-18-2 du code de la construction et de l'habitation. Dès lors, les dispositions de cet arrêté, qui ne constituent pas des servitudes relatives à l'occupation ou l'utilisation du sol opposables aux demandes d'autorisations d'urbanisme en vertu de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme, ne peuvent être utilement invoquées par Mme A pour contester la légalité du permis de construire attaqué.
24. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la société Marignan Bretagne, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 4 juin 2021 par lequel le maire de Chartres-de-Bretagne a délivré un permis de construire à cette société.
Sur les conclusions présentées par la SNC Marignan Bretagne sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
25. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel ".
26. Il résulte de l'instruction que, suivant une étude d'ensoleillement réalisée par la SNC Marignan Bretagne, le projet de construction de cette société aura pour effet de causer une perte d'ensoleillement de la maison d'habitation et de la terrasse de Mme A. Celle-ci pouvait également, plus généralement, justifier d'éléments relatifs à la nature, à la localisation et à l'importance de ce projet pour justifier d'un intérêt à agir en qualité de voisine immédiate. Par ailleurs, la société bénéficiaire du permis de construire attaqué a estimé nécessaire, en réponse à trois des moyens soulevés par Mme A, de clarifier certaines imprécisions de son permis de construire initial en déposant une demande de permis de construire modificatif. Dans ces conditions, la SNC Marignan Bretagne n'est pas fondée à soutenir que Mme A aurait mis en œuvre son droit de former un recours pour excès de pouvoir dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de sa part. Par suite, les conclusions présentées par la SNC Marignan Bretagne sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Chartres-de-Bretagne et la SNC Marignan Bretagne, qui n'ont pas la qualité de parties perdantes, versent à Mme A la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
28. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Chartres-de-Bretagne et par la SNC Marignan Bretagne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SNC Marignan Bretagne sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Chartres-de-Bretagne et par la SNC Marignan Bretagne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la commune de Chartres-de-Bretagne et à la SNC Marignan Bretagne.
Délibéré après l'audience du 29 août 2022 à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
M. Desbourdes, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2022.
Le rapporteur,
signé
W. CLe président,
signé
O. Gosselin
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026