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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2103805

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2103805

jeudi 11 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2103805
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantGARET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 juillet 2021, M. E B, représenté par Me Garet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 février 2021, par lequel le président du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Finistère (CDG 29) l'a licencié, ainsi que la décision du 28 mai 2021 rejetant son recours gracieux contre cet arrêté.

2°) d'enjoindre au CDG 29 de procéder au réexamen de sa situation et de le réintégrer dans un délai de deux mois à compter du jugement ;

3°) de mettre à la charge du CDG 29 la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est intervenu au terme d'une procédure irrégulière ;

- cet arrêté est entaché d'erreurs de droit ;

- il est entaché d'erreurs d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2022, le CDG 29 conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Met, rapporteur public,

- et les observations de Mme C et de M. D, dûment mandatés représentant le CDG 29.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, employé en qualité d'adjoint d'animation titulaire par la commune de La Forêt-Fouesnant a, par un arrêté du 31 août 2018 du maire de cette commune, été maintenu en surnombre dans les effectifs de la collectivité pendant un an à compter du 1er septembre 2018 après que son emploi a été supprimé. Par un arrêté du 21 août 2019, du président du CDG 29, M. B a été pris en charge à compter du 1er septembre 2019 par cet établissement et placé sous l'autorité de son président. Par l'arrêté attaqué du 25 février 2021, le président du CDG 29 a procédé au licenciement de M. B à compter du 1er avril 2021. Le recours gracieux formé le 21 avril 2021 par M. B a été rejeté par décision du 28 mai 2021, également attaquée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur : " Dès lors qu'un emploi est susceptible d'être supprimé, l'autorité territoriale recherche les possibilités de reclassement du fonctionnaire concerné. / I.- () Si la collectivité ou l'établissement ne peut lui offrir un emploi correspondant à son grade dans son cadre d'emplois ou, avec son accord, dans un autre cadre d'emplois, le fonctionnaire est maintenu en surnombre pendant un an. () Au terme de ce délai, le fonctionnaire est pris en charge par le centre de gestion dans le ressort duquel se trouve la collectivité ou l'établissement, (). / Pendant la période de prise en charge, l'intéressé est placé sous l'autorité () du centre de gestion, lesquels exercent à son égard toutes les prérogatives reconnues à l'autorité investie du pouvoir de nomination ; () Pendant cette période, le centre peut lui confier des missions y compris dans le cadre d'une mise à disposition réalisée dans les conditions prévues aux articles 61 à 61-2 et lui propose tout emploi vacant correspondant à son grade ; l'intéressé est tenu informé des emplois créés ou déclarés vacants par le centre. () / Dans les trois mois suivant le début de la prise en charge, le fonctionnaire et () le centre de gestion élaborent conjointement un projet personnalisé destiné à favoriser son retour à l'emploi. Ce projet fixe notamment les actions d'orientation, de formation et d'évaluation qu'il est tenu de suivre. A ce titre, le fonctionnaire bénéficie d'un accès prioritaire aux actions de formation longues nécessaires à l'exercice d'un nouveau métier dans l'un des versants de la fonction publique ou dans le secteur privé. () / Le fonctionnaire a l'obligation de faire état tous les six mois à l'autorité de gestion de sa recherche active d'emploi, en communiquant en particulier les candidatures auxquelles il a postulé ou auxquelles il s'est présenté spontanément et les attestations d'entretien en vue d'un recrutement. / II. - La prise en charge cesse après trois refus d'offre d'emploi. () / Le Centre national de la fonction publique territoriale ou le centre de gestion peuvent mettre fin à la prise en charge d'un fonctionnaire qui n'a pas respecté, de manière grave et répétée, les obligations prévues par le présent article, en particulier les actions de suivi et de reclassement mises en œuvre par l'autorité de gestion. Dans ce cas, le fonctionnaire peut être licencié ou, le cas échéant, admis à la retraite. () ".

3. En premier lieu, la décision attaquée a été prise sur le fondement des dispositions précitées de l'article 97 de la loi du 26 janvier 1984 et ne présente pas un caractère disciplinaire. Par suite, le moyen tiré de ce que la procédure disciplinaire n'aurait pas été respectée doit être écarté comme inopérant.

4. En deuxième lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier que suite à la suppression de son poste, M. B désireux de se reconvertir, a bénéficié fin 2018 d'une formation d'agent administratif polyvalent de plusieurs semaines, suivie d'un stage à la mairie de Mellac durant l'été 2019. Reçu en entretien le 13 novembre 2020 pour un bilan sur les actions engagées depuis le début de l'année 2020, M. B a évalué d'abord à une cinquantaine puis à une vingtaine le nombre de ses candidatures spontanées sur différents emplois. Toutefois, le tableau recensant ces candidatures, établi à la demande du CDG 29 suite à cet entretien, a permis uniquement d'établir l'existence de deux candidatures, l'une en début d'année 2020, l'autre au cours de l'été 2020, sans qu'il soit au demeurant justifié de leur envoi effectif aux collectivités. A l'issue de cet entretien, il a par ailleurs été demandé à M. B de candidater sur deux postes à pourvoir, en transmettant au préalable ses candidatures pour validation au CDG. Le CDG soutient sans contestation que M. B a envoyé les documents se rapportant à une de ces deux candidatures avec retard, entraînant un dépassement du délai imposé pour leur dépôt. Invité également lors de l'entretien du 13 novembre 2020 à formaliser ses souhaits de formation, l'intéressé n'a pas donné suite à cette demande. Si M. B, qui ne pouvait limiter ses recherches aux seuls emplois correspondant à la formation effectuée en 2018, fait valoir qu'il a candidaté sans succès à deux reprises sur des postes au sein du CDG et justifie avoir effectué plusieurs demandes de stages en 2019 et 2020 en indiquant avoir privilégié des actions de formation compte tenu de la période de crise sanitaire, il ressort du tableau des offres d'emploi produit par le CDG 29 qu'entre le 1er septembre 2019 et le 31 décembre 2020, 25 offres d'emploi correspondant à son grade étaient recensées sur le site Emploi territorial pour le département du Finistère, dont 19 pour la seule année 2020, le CDG 29 indiquant sans contestation que sur les 19 offres d'emploi correspondant à ses anciennes fonctions, M. B n'a présenté que trois candidatures.

5. D'autre part, M. B soutient que le CDG 29 ne justifie pas du respect de ses obligations d'accompagnement et de propositions d'emploiqui lui auraient été faites. Toutefois, il ressort des termes non contestés de l'arrêté attaqué que dès le placement de M. B en surnombre, un plan d'action prévoyant son intégration dans la formation en alternance citée au point précédent a été organisé par le CDG en partenariat avec le centre national de la fonction publique territoriale. Compte tenu des difficultés rencontrées par M. B pour trouver un stage lui permettant de valider sa formation théorique, qu'il a finalement obtenu en été 2019, il a été convenu avec l'intéressé que celui-ci recherche des stages complémentaires tout en candidatant également sur des fonctions relevant de son cadre d'emploi. Il ressort des pièces du dossier et notamment des échanges de mails entre le CDG 29 et M. B que préalablement à l'entretien du 13 novembre 2020, l'agent a bénéficié d'un suivi et a été reçu en entretiens, des informations sur les emplois à pourvoir lui ayant été également délivrées. Pour lui permettre de présenter des candidatures spontanées, M. B a été formé à l'utilisation du site internet " Emploi territorial " sur lequel sont publiées les offres d'emploi de la fonction publique territoriale. Il a par ailleurs été inscrit à plusieurs formations dont certaines ont toutefois été annulées. De manière régulière à compter de décembre 2018 des précisions lui ont été demandées sur les démarches effectuées entre septembre 2018 et mars 2020 ainsi qu'en atteste la production de plusieurs courriels par le CDG 29. A cette occasion son obligation de faire des recherches et d'en transmettre les justificatifs au CDG lui a été rappelée. Si M. B fait enfin grief au CDG 29 de ne pas lui avoir proposé des missions en intérim, le CDG, pour lequel il ne s'agissait pas d'une obligation, fait valoir que l'intéressé n'était pas en mesure d'exercer de manière autonome une mission d'agent d'accueil en intérim et que les postes sur lesquels il a candidaté au sein du CDG ne correspondaient pas à son profil.

6. Dans ces conditions, en estimant que M. B, déjà sanctionné par sa collectivité d'origine pour absence de justification de recherches d'un poste dans le cadre d'emploi des " adjoints d'administration ou dans un cadre d'emploi équivalent entre septembre 2018 et avril 2019 " a manqué de manière grave et répétée à son obligation de recherche active d'emploi et en procédant au licenciement de l'intéressé, après l'avis favorable émis le 19 février 2021 par la commission administrative paritaire, le président du CDG 29 n'a commis ni erreur de droit ni erreur d'appréciation.

7. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit, le licenciement de M. B ne présente pas un caractère disciplinaire. Par suite le moyen tiré de ce que la sanction serait disproportionnée aux faits qui lui sont reprochés ne peut qu'être écarté comme inopérant.

8. En dernier lieu, si M. B soutient que la suppression de son emploi dans sa collectivité d'origine n'était pas justifiée, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Finistère.

Délibéré après l'audience du 7 avril 2023, où siégeaient :

M. Tronel, président,

Mme Allex, première conseillère,

M. Dayon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.

La rapporteure,

signé

A. ALe président,

signé

N. TronelLa greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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