mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2103936 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SEBAL |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juillet 2021 et 13 avril 2023 sous le n° 2103936, M. E C et Mme F I, représentés par Me Sebal, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2021 par lequel le maire de Saint-Malo a délivré à M. B D et Mme A D un permis de construire une maison individuelle sur un terrain sis 8 impasse Hyacinthe Lorette à Saint-Malo ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Malo une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir en qualité de voisins immédiats du projet, la construction envisagée étant de nature à priver leur propriété d'une partie de son ensoleillement ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions de l'article L. 431-2 du code de l'urbanisme ;
- il est entaché d'un vice de procédure en ce qu'il n'a pas été précédé un avis de l'architecte des Bâtiments de France (ABF) ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 621-30 du code de l'urbanisme, en l'absence d'avis de l'architecte des Bâtiments de France ;
- il méconnaît l'article UE 11 du règlement écrit du plan local d'urbanisme (PLU) de Saint-Malo.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2021, la commune de Saint-Malo, représentée par la Selarl Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 juillet 2022 et 13 avril 2023 sous le n° 2203885, M. E C et Mme F I, représentés par Me Sebal, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 24 février 2022 par lequel le maire de Saint-Malo a délivré à M. B D et Mme A D un permis de construire modificatif pour la construction d'une maison individuelle sur un terrain sis 8 impasse Hyacinthe Lorette à Saint-Malo;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Malo une somme de 3 000 euros à leur verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir en qualité de voisins immédiats du projet, la construction envisagée étant de nature à priver leur propriété d'une partie de son ensoleillement ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UE 11 du règlement écrit du PLU de Saint-Malo ;
- il méconnaît l'article UE 5 du règlement écrit du PLU de Saint-Malo ;
- il méconnaît l'article UE 10 D du règlement écrit du PLU de Saint-Malo.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2022, la commune de Saint-Malo, représentée par la Selarl Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G,
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public,
- les observations de Me Hauuy, représentant la commune de Saint-Malo.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D ont déposé, le 15 décembre 2020, en mairie de Saint-Malo une demande de permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé 8 impasse Hyacinthe Lorette. Par un arrêté du 24 février 2021, le maire de Saint-Malo leur a délivré le permis de construire sollicité. M. C et Mme I ont formé à l'encontre de cette décision un recours gracieux, qui a été rejeté le 8 juin 2021. Par une requête enregistrée sous le n° 2103936, ils demandent l'annulation de l'arrêté du 24 février 2021. M. et Mme D ont, par la suite, déposé une demande de permis de construire modificatif. Par un arrêté du 24 février 2022, le maire de Saint-Malo leur a délivré le permis sollicité. M. C et Mme I ont formé à l'encontre de cette décision un recours gracieux, qui a été implicitement rejeté. Par une requête enregistrée sous le n° 2203885, ils demandent l'annulation de l'arrêté du 24 février 2022.
2. Les requêtes n° 2103936 et n° 2203885 concernent le même terrain et les mêmes pétitionnaires. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural définit, par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. / Il précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords. ".
4. Le dossier de demande de permis de construire comporte un plan de masse qui présente l'implantation du projet de construction sur le territoire d'assiette, dont il ressort clairement que la future construction sera édifiée en limite séparative de propriété, et accolée à la maison de M. C et de Mme I. Il comporte également, dans un document graphique intitulé " Repérage photographique et insertion ", plusieurs vues de l'impasse Hyacinthe Lorette permettant de situer la parcelle dans son environnement immédiat, et un schéma permettant d'apprécier l'insertion de la future construction dans l'ensemble construit existant, composé de pavillons et d'ensembles collectifs. La circonstance que cette représentation graphique fasse, à tort, apparaître un décalage entre le projet de construction et la maison des requérants, ne correspondant ainsi pas à l'implantation représentée sur le plan de masse, n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. En tout état de cause, le dossier de demande de permis de construire modificatif comporte un document graphique modifié qui fait apparaître que le projet de construction sera bien accolé à la maison des requérants.
5. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ".
6. La notice figurant dans le projet architectural du dossier de demande de permis initial précise que la construction envisagée est une maison d'habitation à étage de type contemporain à deux pans, dont le rez-de-chaussée sera implanté à 38 centimètres au-dessus du niveau moyen du terrain naturel. La notice figurant dans la demande de permis modificatif modifie la hauteur d'implantation, fixée à 11 centimètres au-dessus du niveau moyen du terrain naturel. Si aucune de ces notices n'évoque l'implantation de la construction sur la parcelle, et ne donne d'autres détails sur la forme de cette construction, cette implantation est indiquée sur le plan de masse-PCMI2, et la composition et les volumes du bâtiment sont exposés sur les différents plans de façade produits, complétés par le plan de profil du terrain.
7. Par ailleurs, un permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction d'immeubles conformes aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, la circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés n'est pas, par elle-même, sauf le cas d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date de la délivrance du permis, de nature à affecter la légalité de celui-ci. A cet égard, la circonstance que, postérieurement à la délivrance du permis de construire modificatif, M. et Mme D ont saisi le tribunal judiciaire de Saint-Malo d'une requête tendant à la démolition d'un muret séparant leur propriété de celle des requérants, alors que le dossier de demande de permis modificatif prévoyait la conservation de ce muret, n'est pas de nature à révéler une quelconque fraude de nature à entacher d'illégalité l'arrêté du 24 février 2022.
8. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-8 précité du code de l'urbanisme doit être écarté, tant en ce qui concerne le permis de construire initial délivré le 24 février 2021, que le permis de construire modificatif délivré le 24 février 2022.
9. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures () / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
10. Les dossiers de demande de permis de construire initial et modificatif comportent un plan de masse présentant une vue aérienne du projet de construction, qui représente la toiture du bâtiment principal et de ses différentes avancées et mentionne les dimensions de celle-ci. Les différents plans de façade produits représentent par ailleurs la conception de la toiture selon les différents angles de vue. Enfin, le document graphique intitulé " Profil terrain " précise la hauteur du toit par rapport au terrain naturel. Ainsi, l'absence d'un plan spécifique de la toiture n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
11. Si par ailleurs le dossier de demande de permis modificatif ne fait pas apparaître les points et angles de vue des documents photographiques, ces éléments figuraient dans le plan d'ensemble figurant dans le dossier initial de demande, le dossier modificatif n'ayant pas apporté de modifications sur ce point. Ainsi, le point à partir duquel ces photographies ont été prises pouvant être identifié avec certitude, l'absence de ces indications sur le plan de masse n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la situation du projet. 13. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-10 précité du code de l'urbanisme doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui a été exposé aux points 3. à 11 que le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire doit donc être écarté en ses différentes branches.
13. Aux termes de l'article L. 152-7 du code de l'urbanisme : " Après l'expiration d'un délai d'un an à compter, soit de l'approbation du plan local d'urbanisme soit, s'il s'agit d'une servitude d'utilité publique nouvelle définie à l'article L. 151-43, de son institution, seules les servitudes annexées au plan peuvent être opposées aux demandes d'autorisation d'occupation du sol.() ". Aux termes de l'article R. 425-1 du même code : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, l'autorité compétente recueille l'accord ou, pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France. () ". Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " () / II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. / () ". Aux termes de l'article L. 621-31 de ce code : " Le périmètre délimité des abords prévu au premier alinéa du II de l'article L. 621-30 est créé par décision de l'autorité administrative, sur proposition de l'architecte des Bâtiments de France ou de l'autorité compétente en matière de plan local d'urbanisme, de document en tenant lieu ou de carte communale, après enquête publique, consultation du propriétaire ou de l'affectataire domanial du monument historique et, le cas échéant, de la ou des communes concernées () ".
14. Il ressort de l'annexe 6-4 du règlement du PLU de Saint-Malo relative aux servitudes d'utilité publique que le manoir de Giclais, classé monument historique, est référencé au titre de la servitude de protection des monuments historiques annexée au PLU. L'arrêté préfectoral du 20 juin 2020 ayant délimité le périmètre de protection autour de ce bâtiment doit être regardé comme un périmètre de protection au sens des dispositions précitées des articles L. 621-30 et L. 621-31 du code du patrimoine, qui présente le caractère d'une servitude d'utilité publique. Il ressort de la carte annexée à cet arrêté que le terrain d'assiette du projet n'est pas inclus dans ce périmètre et n'est, partant, pas intégré au périmètre de protection de l'église de la Sainte-Trinité de Kerfeunteun. Si les requérants soutiennent que cet arrêté n'était pas annexé au PLU de Saint-Malo à la date à laquelle le permis de construire initial a été accordé, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 152-7 du code de l'urbanisme que la servitude instituée par cet arrêté pouvait s'appliquer pendant un an à compter de sa publication, intervenue le 15 juillet 2020. Ainsi, à la date du 24 février 2021 à laquelle le permis de construire initial a été délivré, cette servitude était opposable, en application des dispositions citées au point 13. Il s'ensuit qu'alors même que le manoir de la Giclais se situerait à une distance inférieure à 500 mètres de ce terrain, l'arrêté attaqué n'avait pas à être précédé de la consultation de l'architecte des Bâtiments de France. Le moyen tiré du vice de procédure dont serait entaché cet arrêté en l'absence d'une telle consultation doit, par suite, être écarté. Il en va de même du moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 621-30 du code de l'urbanisme.
15. Aux termes de l'article L. 442-9 du code de l'urbanisme : " Les règles d'urbanisme contenues dans les documents du lotissement, notamment le règlement, le cahier des charges s'il a été approuvé ou les clauses de nature réglementaire du cahier des charges s'il n'a pas été approuvé, deviennent caduques au terme de dix années à compter de la délivrance de l'autorisation de lotir si, à cette date, le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu. / De même, lorsqu'une majorité de colotis a demandé le maintien de ces règles, elles cessent de s'appliquer immédiatement si le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu, dès l'entrée en vigueur de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. / Les dispositions du présent article ne remettent pas en cause les droits et obligations régissant les rapports entre colotis définis dans le cahier des charges du lotissement, ni le mode de gestion des parties communes. () ".
16. Il est constant que, à la date d'entrée en vigueur de la loi du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, le territoire de la commune de Saint-Malo était couvert par un plan local d'urbanisme. Ainsi, à supposer même que le terrain d'assiette de l'opération projetée se trouverait situé à l'intérieur d'un lotissement dont le règlement était régi par un cahier des charges établi le 12 octobre 1959 par un notaire, le règlement ou le cahier des charges de ce lotissement est nécessairement devenu caduc au plus tard à la date d'entrée en vigueur de cette loi. Les requérants ne peuvent donc plus utilement se prévoir des stipulations de ce cahier des charges, prévoyant la construction de maisons jumelées sur les lots appartenant aux consorts D et à M. C et Mme H.
17. Aux termes de l'article UE 10 du règlement écrit du PLU de Saint-Malo, relatif à la hauteur maximale des constructions : " () D) - Harmonie volumétrique () / 1) Lorsqu'un front bâti présente une hauteur de façade et une hauteur au faîtage homogène, toute construction nouvelle, extension ou modification du bâti existant doit être réalisée en respectant la continuité de l'égout de toiture et la hauteur au faîtage de ce front bâti. / 2) Lorsqu'un front bâti sur une voie ou une section de voie présente des hauteurs de façade et une hauteur maximale droite non homogènes, toute construction nouvelle, extension ou modification du bâti existant doit être réalisée soit en respectant la hauteur moyenne des bâtis immédiatement mitoyen, le long de la voie considérée, soit en respectant une différence de hauteur minimale ou maximale droite et une différence de hauteur minimale ou maximale au faîtage de 3 mètres par rapport à ces bâtis mitoyens. (). ".
18. Il ressort des pièces du dossier que le front bâti sur l'impasse Hyacinthe Lorette ne présente pas des hauteurs de façade, ni de hauteur au faîtage homogènes. Dès lors, les dispositions précitées du 1) du D) de l'article UE 10 ne trouvent pas à s'appliquer au projet de construction, qui doit seulement respecter les prescriptions du 2) du D) de ce même article. Au cas d'espèce, il ressort du dossier de demande de permis de construire modificatif que la construction envisagée présentera les mêmes hauteurs de façade et de faîtage que celles de la maison mitoyenne appartenant à M. C et de Mme I. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 24 février 2022 méconnaîtrait les dispositions du D) de l'article UE 10 du règlement écrit du PLU de Saint-Malo doit être écarté
19. Aux termes de l'article UE 11 du règlement écrit du PLU de Saint-Malo, relatif à l'aspect extérieur des constructions, à l'aménagement des abords, à la protection des éléments de paysage : " En aucun cas les constructions et installations à édifier ou à modifier ne doivent par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou leur aspect extérieur, porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales () ".
20. Il ressort des pièces du dossier que le quartier desservi par l'impasse Hyacinthe Lorette est un ensemble pavillonnaire dépourvu d'homogénéité architecturale, caractérisé par des constructions de styles et de composition divers dont l'époque de construction date au plus tôt des années 1960. Les constructions édifiées sur les terrains mitoyens au terrain d'assiette présentent en particulier un style contrasté, la maison située au 10 de l'impasse relevant d'une conception de style néo-breton comportant une avancée en pignon et une capucine sur le toit, et mêlant pierre de taille et enduit, tandis que la maison située au 6 de l'impasse relève d'une conception plus sobre, sans avancée et avec une lucarne rampante. La hauteur des maisons construites n'est pas davantage homogène, des maisons R+1 surélevées sur garage coexistant avec des maisons non surélevées. Le projet de construction prévoit la réalisation d'une maison d'une hauteur comparable à la hauteur moyenne des maisons de l'impasse et d'une conception sobre, intégrant un prolongement à angle droit sur le jardin à l'arrière et une coursive courant sur la moitié de la largeur de la maison à l'avant. Le permis de construire modificatif emporte par ailleurs modification de la couleur de l'enduit principal de la maison, qui sera de la teinte blanche, se rapprochant ainsi de la tonalité blanc cassé dominante du bâti avoisinant, les enduits secondaires étant prévus dans une teinte grise " Belfast " et le toit à double pans sera réalisé en ardoise, comme les toitures avoisinantes. Par suite, les requérants ne démontrent pas qu'en accordant l'autorisation demandée, le maire de Saint-Malo aurait méconnu les dispositions précitées de l'article UE 11 du règlement du PLU de Saint-Malo.
21. Il résulte de ce qui précède que M. C et Mme I ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 24 février 2021 par lequel le maire de Saint-Malo a délivré à M. et Mme D un permis de construire, ni de l'arrêté du 24 février 2022 par lequel cette même autorité leur a délivré un permis de construire modificatif
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Saint-Malo, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. C et à Mme I la somme que ceux-ci demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens dans les deux instances.
23. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. C et de Mme I une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Saint-Malo au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2103936 et n° 2203885 de M. C et de Mme I sont rejetées.
Article 2 : M. C et Mme I verseront une somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Malo au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, représentant unique des requérants, à la commune de Saint-Malo et à M. B D et à Mme A D et au préfet de la région Bretagne.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Gourmelon, première conseillère,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
La rapporteure,
signé
V. G
Le président,
signé
O. Gosselin
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2103936, 2203885
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026