mardi 26 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2104314 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS HORIZONS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, respectivement enregistrés les 25 août 2021 et 5 mai 2023, Mme B et M. C A, représentés par Me Peltier de la Selarl ABC, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2021 par lequel le maire de l'île de Bréhat a refusé de leur accorder un permis de construire portant sur la réhabilitation d'une maison existante d'une surface de plancher de 52 m2 située Gwell Maudez lieu-dit " le Birlot " ainsi que le rejet de leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de leur délivrer le permis de construire sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le refus est insuffisamment motivé ;
- l'ouvrage en question comprend des murs porteurs permettant de distinguer le corps du bâtiment d'origine et l'emplacement des ouvertures, en application de l'article L. 111-23 du code de l'urbanisme ;
- l'architecte des Bâtiments de France (ABF) a émis un avis favorable au projet ;
- le projet entre bien dans la définition du petit patrimoine, qui n'exclut pas les immeubles à usage d'habitat, au sens de l'article N 1.2 du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune.
Par un mémoire, enregistré le 19 décembre 2022, la commune de l'île de Bréhat, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le projet litigieux s'inscrit dans la bande des cent mètres à compter de la limite haute du rivage et en zone N au PLU ;
- sur le cadastre actuel, la " construction " des requérants n'existe plus ;
- le refus de permis est suffisamment motivé en droit et en fait ;
- le bâtiment concerné ne peut être considéré comme une construction existante, dans un état de vétusté et d'abandon certains et il présente le caractère d'une ruine ;
- en 2016, les requérants ont déjà déposé une demande de permis, qui a été refusée, qui portait sur l'extension d'une habitation existante et la reconstruction d'une ruine ;
- ils s'appuient sur des présupposés plus que sur des constats établis ;
- dans la bande des cent mètres, sont uniquement admis les aménagements nécessaires à la gestion et à la remise en état du petit patrimoine et sous réserve de démontrer la composition architecturale du petit patrimoine ;
- la chaumière des requérants ne peut être assimilée à du petit patrimoine au sens du PLU et l'interprétation des termes du lexique par les requérants est extensive alors que la définition prévue au lexique du PLU est restrictive.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
le rapport de M. Terras,
- le conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public,
- et les observations de Me Salpin, représentant M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, propriétaires sur l'île de Bréhat d'un ensemble immobilier bâti et non bâti cadastré AB 10, 12, 13 et 14, ont déposé en mairie un dossier de permis de construire portant sur la réhabilitation d'une maison existante sur leur parcelle cadastrée AB 12 et située Gwell Maudez lieu-dit " le Birlot ". Par un arrêté du 11 mars 2021, dont les requérants demandent l'annulation, le maire de la commune de l'île de Bréhat a refusé le permis de construire sollicité aux motifs, d'une part, que le projet ne peut bénéficier des dispositions dérogatoires de l'article L. 111-23 du code de l'urbanisme concernant la restauration des bâtiments d'intérêt architectural ou patrimonial, le bâtiment concerné n'ayant pas conservé l'essentiel de ses murs porteurs et, d'autre part, qu'une habitation ne rentre pas dans le cadre de la définition du " petit patrimoine " du règlement du PLU et ne peut dès lors faire l'objet de la remise en état seule autorisée par le paragraphe 2 de l'article N 1.2 de ce même règlement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation
2. Aux termes de l'article N 2 du PLU de la commune relatif à l'interdiction et la limitation de certains usages et affectations des sols, constructions et activités : " Dans la bande des 100 mètres () Sont uniquement admis les aménagements nécessaires à la gestion et la remise en état du petit patrimoine (Cf lexique) et sous réserve de démontrer la composition architecturale initiale du petit patrimoine via un document incontestable (photographie, carte postale) et de ne pas changer de destination ". Aux termes du lexique du même PLU : " Le petit patrimoine ou patrimoine vernaculaire regroupe " tout élément immobilier témoignant du passé ou d'une pratique traditionnelle ou locale, aujourd'hui révolue. Exemples : croix, guérites, poudrières, abris de sauvetage, chapelles, cales et murets littoraux ".
3. Pour refuser le permis litigieux sur le fondement de ces dispositions, le maire de l'île de Bréhat a fait valoir qu'une habitation n'entre pas dans les cas de définition du petit patrimoine donné par le PLU. Il ressort toutefois des termes précités de l'article du PLU que la notion " tout élément immobilier témoignant du passé ou d'une pratique traditionnelle ou locale, aujourd'hui révolue " n'exclut pas expressément les habitations dont il n'est pas contesté, à l'instar de la chaumière en litige, qu'elles peuvent témoigner du passé, au même titre, par exemple, qu'une guérite ou qu'une chapelle. Par suite, en fondant son refus sur ce motif alors que les habitations ne sont pas expressément exclues de la qualification de petit patrimoine, le maire de l'île de Bréhat a commis une erreur de droit.
4. Si comme indiqué au point 1, le maire s'est également fondé, pour prendre sa décision, sur un autre motif tiré de ce que le projet ne peut bénéficier des dispositions dérogatoires de l'article L. 111-23 du code de l'urbanisme concernant la restauration des bâtiments d'intérêt architectural ou patrimonial, le bâtiment concerné n'ayant pas conservé l'essentiel de ses murs porteurs, ces dispositions, qui ouvrent une faculté de délivrance d'un permis de construire, dérogatoire aux prévisions non explicitement contraires des documents locaux d'urbanisme, ne peuvent permettre, à elles seules, de refuser la délivrance d'un permis de construire. Il ne résulte donc pas de l'instruction que le maire de l'Île-de-Bréhat aurait pu prendre la même décision de refus de permis de construire en opposant uniquement l'article L. 111-23 du code de l'urbanisme.
5. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen soulevé n'est susceptible de fonder l'annulation, en l'état du dossier, de l'arrêté litigieux.
6. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme A sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué ainsi que le rejet de leur recours gracieux.
Sur les concluions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. L'annulation de l'arrêté du 11 mars 2021 et du rejet implicite du recours gracieux des requérants implique seulement que le maire de la commune procède au réexamen de la demande de permis de construire déposée par M. et Mme A, et ce dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu de faire droit aux conclusions présentées par les requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de l'île de Bréhat le versement à leur profit d'une somme de 1 000 euros.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 11 mars 2021 et le rejet du recours gracieux formé par M. et Mme A sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de l'île de Bréhat de procéder au réexamen de la demande de permis de construire déposée par M. et Mme A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de l'île de Bréhat versera à M. et Mme A la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme B A et au maire de l'île de Bréhat.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
F. Terras
Le président,
Signé
F. Etienvre
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026