jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2104762 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MATEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2021, Mme A C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Quiberon a refusé de répondre à ses demandes formulées par courriers du 8 septembre 2021 et du
10 septembre 2021 ;
2°) d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Quiberon a refusé de lui accorder un espace d'expression suffisant dans le journal municipal ;
3°) de condamner la commune de Quiberon à lui attribuer une réparation pour le préjudice résultant du traitement qui lui est réservé à l'occasion de la parution du magazine municipal " Blé Marin ", en publiant dans ce magazine le jugement à intervenir.
Elle soutient que :
- elle a rendu publique, lors de la séance du conseil municipal du 15 février 2021, son exclusion du groupe " Quiberon Passions ", sur la liste duquel elle a été élue conseillère municipale et représente ainsi une nouvelle sensibilité politique au sein de ce conseil municipal ;
- l'espace d'expression de 800 caractères qui lui est attribué depuis dans les journaux municipaux est insuffisant, d'autant que cet espace est inférieur à celui accordé au groupe " Quiberon Passions " dont elle est issue ;
- si la commission culture s'est réunie le 7 septembre 2021 pour évoquer la question de l'expression des élus de la minorité dans le bulletin municipal, aucune décision n'a été prise à l'issue ;
- la commune lui a demandé le 9 septembre 2021 de produire pour le
19 septembre 2021 une contribution de 800 caractères pour la nouvelle édition du magazine municipal ;
- les conditions dans lesquelles elle est autorisée à transmettre une tribune à publier dans le journal municipal ne sont pas conformes au règlement intérieur du conseil municipal, tant s'agissant des délais que de la taille des contributions.
La commune de Quiberon n'a pas produit d'observations, malgré la lettre de mise en demeure qui lui a été adressée le 17 novembre 2022, en application des dispositions de l'article
R. 612-3 du code de justice administrative.
Le 23 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Quiberon a refusé de répondre aux courriers qui lui ont été adressés le 8 septembre 2021 et le 10 septembre 2021 par la requérante, en l'absence de moyens développés au soutien de ces conclusions, en méconnaissance des exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Rémy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. En tant qu'élue de l'opposition à la majorité municipale de la commune de Quiberon, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle le maire de Quiberon lui accorde un espace d'expression dans le magazine municipal " Blé Marin " limité à 800 caractères, ainsi que la décision implicite par laquelle le maire aurait refusé de répondre aux " questions et attentes " formulées par courriers. Elle demande également réparation du préjudice qui en résulte.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. () Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".
3. Si Mme C demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Quiberon a refusé de répondre aux questions et attentes qu'elle avait formulées dans deux courriers datés du 8 septembre 2021 et du 10 septembre 2021, les conclusions présentées à cette fin ne sont assorties de l'exposé d'aucun moyen. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre cette décision implicite du maire de Quiberon, qui méconnaissent les dispositions précitées de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, sont irrecevables et doivent donc être rejetées.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 1 000 habitants et plus, lorsque des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal sont diffusées par la commune, un espace est réservé à l'expression des conseillers élus sur une liste autre que celle ayant obtenu le plus de voix lors du dernier renouvellement du conseil municipal ou ayant déclaré ne pas appartenir à la majorité municipale. / Les modalités d'application du présent article sont définies par le règlement intérieur du conseil municipal. ".
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales qu'il appartient au conseil municipal de déterminer les conditions de mise en œuvre du droit d'expression des conseillers municipaux d'opposition dans les bulletins d'information générale portant sur les réalisations et la gestion du conseil municipal. Les conseillers municipaux tenant de leur qualité de membres de l'assemblée municipale le droit de s'exprimer sur les affaires de la commune, tout élu doit être regardé comme n'appartenant pas à la majorité municipale au sens des dispositions précitées, dès lors qu'il exprime publiquement sa volonté, par-delà des désaccords purement conjoncturels ou limités à un sujet particulier, de se situer de façon pérenne dans l'opposition. Enfin l'espace réservé aux conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale doit, sous le contrôle de juge, présenter un caractère suffisant et être équitablement réparti.
6. En l'espèce, le conseil municipal de la commune de Quiberon, dont il n'est pas contesté qu'elle compte plus de 1 000 habitants, s'est doté d'un règlement intérieur, adopté par délibération du 17 septembre 2020. En vertu de son article 31, chacune des listes représentées au conseil municipal peut transmettre sur support numérique au service communication de la commune, au plus tard 25 jours avant la publication du magazine municipal, un texte de 1 700 signes.
7. Il résulte de l'instruction que Mme C, qui figurait en deuxième position sur la liste " Quiberon Passions " et a été élue en qualité de conseillère municipale à l'issue des élections municipales des mois de mars et juin 2020, a exposé publiquement, lors de la séance du conseil municipal du 15 février 2021, qu'elle représentait, à compter de cette date, une sensibilité politique différenciée au sein du conseil municipal, dès lors qu'elle n'appartenait plus au groupe avec lequel elle avait mené la campagne électorale. Le maire de la commune de Quiberon a pris acte de cette situation puisqu'il a proposé à l'intéressée, dès la parution du premier numéro du magazine municipal " Blé Marin ", au mois de juin 2021, de présenter une tribune en son nom. Pour la publication du second numéro de ce magazine municipal, Mme C a été informée, par un courriel du 9 septembre 2021 du directeur général des services de la commune, confirmé par une décision du maire du 17 septembre 2021, qu'un espace d'expression de 800 caractères, espaces compris, lui était à nouveau accordé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme C est la seule élue de l'opposition municipale à laquelle il a été demandé de limiter la tribune à publier dans le magazine municipal à 800 signes. Alors même que le règlement intérieur sur lequel est fondée la décision litigieuse se réfère aux listes représentées au conseil municipal, sans prévoir un droit d'expression autonome pour les élus non affiliés à une liste, Mme C fait valoir à bon droit qu'une telle différence de traitement avec les autres élus de l'opposition municipale, notamment avec son ex-colistier auquel un espace de 1 700 signes a été accordé, n'était pas justifiée. Par suite, elle est fondée à soutenir qu'en limitant à 800 signes le texte susceptible d'être publié en son nom dans le magazine municipal, le maire de Quiberon a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le maire de la commune de Quiberon a limité à 800 signes l'espace d'expression qui lui a été accordé dans le deuxième numéro du magazine municipal " Blé Marin ", en octobre 2021.
Sur les conclusions accessoires :
9. Les dispositions de l'article L. 10 du code de justice administrative selon lesquelles " Les jugements sont publics. () " étant suffisantes pour assurer la publicité d'un jugement, il n'appartient pas au juge administratif d'ordonner la publication de ses décisions par l'une des parties. Par suite, les conclusions présentées par Mme C à fin d'ordonner la publication du jugement dans le magazine municipal de la commune de Quiberon, à titre de réparation du préjudice qu'elle soutient avoir subi, sans toutefois le démontrer, sont, en tout état de cause, irrecevables et doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 17 septembre 2021 du maire de la commune de Quiberon concernant l'espace d'expression accordé à Mme C dans le deuxième numéro du magazine municipal " Blé Marin " est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la commune de Quiberon.
Une copie du présent jugement sera adressée au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vergne, président,
Mme Thalabard, première conseillère,
M. Blanchard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
signé
M. Thalabard
Le président,
signé
G.-V. VergneLa greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026