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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2104930

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2104930

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2104930
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantVENIARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistré les 30 septembre 2021 et 12 juin 2023, M. A B, représenté par Me Véniard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du secrétariat général commun départemental d'Ille et Vilaine du 8 juin 2021 relative à l'attribution d'une indemnité en capital ;

2°) d'enjoindre au secrétariat général commun départemental d'Ille et Vilaine de prendre une nouvelle décision fixant le taux d'IPP résultant de l'accident du travail du 17 octobre 2013

à 10% ;

3°) de mettre à la charge du secrétariat général commun départemental d'Ille et Vilaine une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la juridiction de l'ordre administratif est compétente pour connaître du litige ;

- les avis de la commission de réforme et de la commission départementale de fixation des rentes accidents du travail maladie sont insuffisamment motivés ;

- le taux d'IPP a été fixé de manière erronée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2023, préfet d'Ille-et-Vilaine conclut à titre principal, à l'incompétence de la juridiction administrative, à titre subsidiaire, à l'irrecevabilité de la requête, et à titre infiniment subsidiaire, au rejet au fond de cette requête.

Il fait valoir que :

- le juge judiciaire est compétent pour apprécier le recours formé par M. B, quand bien même il était affecté à la direction départementale des territoires et de la mer à la date du fait générateur des accidents de service, objets du litige ;

- ses décisions sont conformes tant aux prétentions de M. B qu'aux conclusions du Dr C ; la requête est dès lors dépourvue d'objet à la date de l'introduction de son recours contentieux ;

- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 65-382 du 21 mai 1965 modifié ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Roux,

- les conclusions de M. Moulinier, rapporteur public,

- et les observations de Me Véniard, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été affecté à la direction départementale des territoires et de la mer

d'Ille-et-Vilaine, en qualité d'ouvrier des parcs et ateliers, de l'année 2009 à l'année 2017. Il a été victime d'un accident sur son lieu de travail le 17 octobre 2013 qui a été reconnu comme

imputable au service. Il a été placé en arrêt de travail du 17 octobre 2013 au 13 mars 2016.

Le 13 février 2017, il a déclaré une rechute de son état de santé, sans arrêt de travail, faisant suite à l'accident de travail du 17 octobre 2013. Après deux expertises médicales les 25 janvier 2019 et 2 octobre 2019 l'administration par une décision du 8 juin 2021 a notifié à M. B un taux d'incapacité permanente total de 10 %, comprenant 5 % de taux d'incapacité préalablement reconnus, et lui a demandé d'exercer son droit d'option entre une indemnité en capital et une

rente. Le 28 juillet 2021, M. B a formé un recours contre cette décision qui a été rejeté le

3 août 2021. M. B demande l'annulation de la décision du 8 juin 2021.

Sur la compétence de la juridiction administrative :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale: " Le contentieux général de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole, à l'exception des litiges relevant du contentieux technique de la sécurité sociale ; () 5° A l'état d'incapacité permanente de travail, notamment au taux de cette incapacité, en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle () ". Selon l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux général de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; / 2° Au contentieux technique de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-2 ; () ". Le critère de la compétence des organismes du contentieux de la sécurité sociale est, en ce qui concerne les agents publics, lié non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 711-1 du code de la sécurité sociale : " () demeurent provisoirement soumises à une organisation spéciale de sécurité sociale les branches d'activités ou entreprises énumérées par un décret en Conseil d'Etat. Des décrets établissent pour chaque branche d'activité ou entreprises mentionnées à l'alinéa précédent une organisation de sécurité sociale dotée de l'ensemble des attributions définies à l'article L. 111-1. Cette organisation peut comporter l'intervention de l'organisation générale de la sécurité sociale pour une partie des prestations () ". Aux termes de l'article R. 711-1 du même code : " Restent soumis à une organisation spéciale de sécurité sociale () : 1° Les administrations, services, offices, établissements publics de l'Etat, les établissements industriels de l'Etat et l'Imprimerie nationale, pour les fonctionnaires, les magistrats et les ouvriers de l'Etat. ". Aux termes de l'article 21 du décret du 21 mai 1965 relatif aux ouvriers des parcs et ateliers des ponts et chaussées et des bases aériennes admis au bénéfice de la loi du 21 mars 1928 : " Les risques d'accident du travail courus par les ouvriers visés par le présent décret sont couverts conformément à la législation des accidents du travail. ".

4. Il résulte de ces dispositions que le régime des accidents du travail applicable aux ouvriers des parcs et ateliers de l'équipement, qui relèvent du régime des ouvriers d'Etat, est régi, dans les conditions de droit commun, par le régime général de la sécurité sociale. Dès lors, la décision par laquelle l'administration a fixé le taux d'incapacité permanente partielle (IPP), n'est pas au nombre de celles dont il appartient à la juridiction administrative de connaître mais relève de la compétence du tribunal de grande instance.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par

M. B doivent être rejetées en tant que portées devant une juridiction incompétente pour en connaitre. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais relatifs au litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaitre.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Descombes, président,

M. Le Roux, premier conseiller,

Mme Tourre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.

Le rapporteur,

Signé

P. Le Roux Le président,

Signé

G. Descombes

Le greffier,

Signé

J-M. RiaudLa République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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