jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105246 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MATEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2021, Mme A C demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n°98/2021 du 11 octobre 2021 du conseil municipal de la commune de Quiberon portant modification de son règlement intérieur ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Quiberon de mentionner les intitulés des " questions orales " dans les ordres du jour des séances du conseil municipal, dès lors que ces questions sont enregistrées par les services municipaux au moins cinq jours avant lesdites séances.
Elle soutient que :
- elle a rendu publique, lors de la séance du conseil municipal du 15 février 2021, son exclusion du groupe " Quiberon Passions ", sur la liste duquel elle a été élue conseillère municipale et représente ainsi une nouvelle sensibilité politique au sein de ce conseil municipal ;
- si dans les premiers mois du fonctionnement du conseil municipal, le traitement réservé aux questions orales lui a paru satisfaisant, l'ordre du jour des réunions du conseil municipal précisant l'intitulé des questions orales transmises, une dégradation est apparue au printemps de l'année 2021 ;
- pour la séance du conseil municipal du 27 mai 2021, seule était mentionnée à l'ordre du jour l'existence de deux questions orales, sans précision de leurs intitulés ;
- pour la séance du conseil municipal du 8 juillet 2021, l'ordre du jour portait pour unique mention " questions diverses " sans référence à ses trois questions orales, pourtant transmises dans les délais utiles ;
- pour la séance du conseil municipal du 11 octobre 2021, l'ordre du jour comportait notamment un point relatif aux " questions diverses et orales éventuelles ", les questions orales qu'elle avait pourtant veillé à déposer en mairie plusieurs semaines avant cette séance n'ont été diffusées que le jour même ;
- le conseil municipal a décidé, par délibération du 11 octobre 2021, de modifier son règlement intérieur, notamment s'agissant des règles de convocation et d'inscription des questions à l'ordre du jour, sans aucune explication sur le bien-fondé des nouvelles dispositions proposées ;
- après examen de la notice explicative portant sur les modifications apportées au règlement intérieur du conseil municipal, il n'y a eu aucun débat ;
- cette note de synthèse n'a pas été adressée préalablement aux élus afin de leur permettre d'en comprendre les motifs de droit et de fait ;
- les membres du conseil municipal n'ont pas été en mesure d'exposer pleinement leurs observations et propositions ainsi que de recevoir des explications suffisantes, avant le vote du règlement intérieur modifié ;
- les mesures ainsi adoptées portent atteinte non seulement aux droits des membres du conseil municipal mais également à ceux des citoyens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 novembre 2021, la commune de Quiberon, représentée par Me Pierre-Yves Mattel, avocat, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- une note de synthèse conforme aux exigences de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales a été adressée aux conseillers municipaux dans les délais légaux préalablement à la réunion du conseil municipal du 11 octobre 2021 ;
- cette note de synthèse, de trois pages, relate l'historique et la chronologie des évènements ayant conduit à envisager une modification du règlement intérieur ;
- les élus de la majorité ainsi que ceux de l'opposition ont pu s'exprimer quant au principe et aux modalités de modification du règlement intérieur ;
- le grief de Mme C manque en fait compte tenu des discussions ayant porté sur le même sujet, menées dans le cadre de la réunion du 7 septembre 2021 de la commission Culture Patrimoine Evènementiel et Vie associative puis dans le cadre de la réunion du
4 octobre 2021 de la commission des Grands Projets.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,
- et les observations de Me Matel, représentant la commune de Quiberon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Gonnot-Gélan, conseillère municipale de la commune de Quiberon (Morbihan), demande au tribunal d'annuler la délibération du 11 octobre 2021 par laquelle le conseil municipal a décidé d'apporter des modifications à son règlement intérieur.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. ()". Selon l'article L. 2121-13 du même code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ".
3. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales que la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points à l'ordre du jour. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés, à qui il est au demeurant loisible de solliciter des précisions ou explications conformément à l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales, une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
4. La commune de Quiberon soutient, sans être contestée, que la convocation adressée aux conseillers municipaux, dans les délais légaux, pour la séance du conseil municipal du
11 octobre 2021 était accompagnée d'une note de synthèse concernant le point VI de l'ordre du jour relatif aux modifications du règlement intérieur du conseil municipal, afin de les éclairer sur les discussions à venir. La requérante produit, elle-même, dans le cadre de la présente instance, l'ordre du jour de cette séance du conseil municipal du 11 octobre 2021 ainsi qu'un extrait de la note de synthèse concernant les modifications proposées du règlement intérieur. Il ressort de la lecture de cette note qu'eu égard à l'importance de ce sujet, l'information donnée aux conseillers municipaux, tant sur le contexte conduisant à cette proposition de modification que sur la teneur des modifications elles-mêmes, était suffisante pour leur permettre d'apprécier les enjeux et les implications de la délibération soumise à leur approbation. Ces éléments sont de nature à établir que les dispositions précitées du code général des collectivités territoriales ont été respectées.
5. En deuxième lieu, Mme C ne conteste pas utilement les conditions dans lesquelles la délibération du 11 octobre 2021 portant modification du règlement intérieur du conseil municipal a été adoptée, en se bornant à alléguer que les membres de ce conseil n'auraient pas été mis en mesure d'exposer pleinement leurs observations et propositions et de recevoir des explications suffisantes, compte tenu du " management fermé " qui aurait été instauré par la municipalité. Elle ne conteste pas, notamment, ainsi que le fait valoir la commune de Quiberon et ainsi qu'il ressort des comptes rendus produits en défense, que le principe et les modalités de modification de ce règlement intérieur ont fait l'objet, préalablement à la séance du conseil municipal du 11 octobre 2021, d'échanges tant lors de la réunion du 7 septembre 2021 de la commission Culture Patrimoine Evènementiel et Vie associative que lors de la réunion du
4 octobre 2021 de la commission Grands Projets. Mme C n'établit pas davantage, par la production, notamment, du compte rendu de la séance du conseil municipal au cours de laquelle la délibération litigieuse a été adoptée, que les membres du conseil municipal auraient été empêchés de solliciter des précisions ou explications, en application des dispositions de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales, sur les modifications apportées au règlement intérieur, ou de débattre sur les questions soumises à leur appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit utile de se prononcer sur les arguments développés par la requérante s'agissant de l'évolution de la présentation de l'ordre du jour du conseil municipal concernant les mentions relatives aux questions orales, lesquels sont inopérants pour apprécier la légalité de la délibération du 11 octobre 2021 faisant l'objet du présent litige, que les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure à l'issue de laquelle cette délibération a été adoptée doivent être écartés. Il s'ensuit que les conclusions présentées à fin d'annulation de cette délibération du 11 octobre 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la délibération du conseil municipal de Quiberon litigieuse, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme C, qui, au demeurant excèdent les prévisions des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, ne peuvent dès lors être accueillies.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la commune de Quiberon.
Une copie du présent jugement sera adressée au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Vergne, président,
Mme Thalabard, première conseillère,
M. Blanchard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
signé
M. Thalabard
Le président,
signé
G.-V. VergneLa greffière,
signé
I. Le Vaillant
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026