LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2105312

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2105312

vendredi 26 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2105312
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantDOUARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 octobre 2021, Mme A B, représentée par Me Douard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 juin 2021 par laquelle le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a refusé de reconnaître ses prolongations d'arrêts de travail à compter du 8 mai 2021 comme imputables au service, ainsi que la décision de rejet implicite de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au département des Côtes-d'Armor de lui verser son plein traitement à compter de mai 2021 et de prendre en charge les honoraires relatifs aux prolongations de soins à compter du 8 mai 2020 ;

3°) de condamner le département des Côtes-d'Armor à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice moral et matériel ;

4°) de mettre à la charge du département des Côtes-d'Armor la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de la décision du 21 juin 2021 ;

- le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 septembre 2022, le département des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et que les autres moyens ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté pour Mme B a été enregistré le 9 mars 2023 postérieurement à la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Allex,

- et les conclusions de M. Met, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, adjointe administrative principale de 1ère classe affectée à l'entretien des espaces verts au sein de la direction du patrimoine naturel du département des Côtes-d'Armor a été victime le 10 juillet 2018 d'un accident de trajet reconnu imputable au service. Par l'arrêté attaqué du 21 juin 2021, le président du conseil départemental des Côtes-d'Armor a refusé de reconnaître comme imputables au service ses arrêts de travail à compter du 8 mai 2021. Le recours gracieux présenté par Mme B à l'encontre de cet arrêté a fait l'objet d'un rejet, également attaqué.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ". Il résulte de ces dispositions qu'un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet évènement du service, le caractère d'un accident de service. Un agent victime d'un tel accident a le droit d'être maintenu en congé de maladie, avec bénéfice de son plein traitement, sans autre limitation que celle tenant à sa mise à la retraite ou au rétablissement de son aptitude au service. Le droit au maintien de ce régime est néanmoins soumis à la condition que la maladie mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'accomplir son service demeure en lien direct et certain mais non nécessairement exclusif avec l'accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions. Par ailleurs, la consolidation de l'état de santé de l'agent ne saurait suffire à faire obstacle à la poursuite de la prise en charge des honoraires médicaux et frais directement entraînés par l'accident de service.

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a été victime le 10 juillet 2018 d'un accident de la circulation. Si le certificat de constatation des lésions établi aux urgences des accueils du centre hospitalier de Saint-Brieuc mentionne des contusions des parties hautes de la jambe, des contusions de la jambe droite et du genou, le certificat du médecin traitant de l'intéressée daté du même jour fait pour sa part état de polyalgies musculaires, de rachialgies étagées à prédominance cervicale avec sensation vertigineuse, d'hématomes et ecchymoses des quatre membres, de douleurs du 5ème rayon du pied et d'érosion cutanées de la jambe droite. Mme B a été placée en arrêt de travail régulièrement renouvelés à compter de cette date notamment pour cervicalgie et gonalgie gauche, douleurs du pied gauche, des lombalgies et une sciatique gauche étant mentionnées à partir du 27 septembre 2018. Le rhumatologue agréé qui a procédé à son expertise le 15 octobre 2020 a relevé que l'intéressée se plaignait de douleurs du pied gauche avec perte de sensibilité ainsi que de douleurs lombaires irradiant à la face postérieure de la cuisse gauche. Lors de son examen clinique ce médecin a constaté une hypoesthésie du pied gauche intéressant tout le pied ainsi que des douleurs lombaires et de la fesse gauche. Au nombre des antécédents de Mme B, il a relevé l'existence d'un tableau central médullaire cervical avec vessie centrale et déficit sensitif gauche en 2015 avec chirurgie du nerf médian, un électromyogramme du 15 octobre 2015 révélant un steppage ancien, pied creux, sans neuropathie distale avec une plainte de steppage bilatéral, une hypoesthésie thermo-algique avec un niveau C5 gauche, cet examen concluant à un tableau de compression médullaire de syringomyélite ou de myélite éventuellement inflammatoire. Après avoir relevé notamment qu'un scanner du 25 octobre 2018 avait retrouvé des " discopathies lombaires pluri-étagées avec bombements discaux et potentiel conflit à l'étage L4-L5, à l'émergence de la racine L5 gauche discrètement refoulée ", que l'hypoesthésie de la face externe de la jambe et du pied gauches était notée à partir du 11 août 2018, soit un mois après les faits et que le compte-rendu des radiographies du 17 juillet 2018 mentionnait dans son indication " bilan de cervicalgies et de douleurs au niveau de la région externe du pied suite à un traumatisme par AVP ", le médecin agréé a estimé que " les lésions actuelles " de Mme B devaient être prises en charge au titre d'un accident de service en dehors de lésions dentaires. Il a toutefois estimé que l'intéressée devait être regardée comme guérie depuis le 7 août 2020, entachant sur ce point son avis de contradiction. Par ailleurs, alors qu'il a relevé l'existence d'antécédents de Mme B en 2015 ainsi que les constats effectués d'une part, par un médecin rééducateur fonctionnel de douleurs et de difficultés locomotrices persistantes mal comprises depuis l'accident, d'autre part, par un autre praticien de douleurs mal élucidées du membre inférieur gauche avec une origine plus pelvienne que rachidienne, le médecin agréé n'a pas motivé son avis. Mme B produit un certificat médical de son médecin traitant du 7 décembre 2020 indiquant qu'elle ne peut être considérée ni comme consolidée ni comme guérie ainsi qu'un courrier du 31 mai 2021 de son neurologue selon lequel elle présente un tableau évocateur d'une lombosciatique L5 gauche déficitaire qui semble être apparue dans les suites de l'accident, ce praticien écartant formellement la neuropathie périphérique présentée par Mme B en 2013 comme pouvant être responsable de ce tableau en précisant que cette pathologie n'est pas évolutive. Enfin, dans une expertise médicale également produite par Mme B et réalisée le 11 octobre 2021 à sa demande par un rhumatologue, celui-ci conclut à la survenance après l'accident d'un déficit moteur du releveur du pied gauche, probablement en rapport avec une hernie discale L4-L5 gauche, le déficit moteur du pied gauche devant selon lui être pris en compte au titre de l'accident de service. Compte tenu de ces éléments contradictoires et eu égard à l'état de santé de Mme B avant l'accident de service du 10 juillet 2018, le constat d'une arthrose du 3ème métacarpien ayant également été fait le 6 décembre 2018, le tribunal ne s'estime pas suffisamment informé sur le point de savoir si la pathologie à l'origine des arrêts de travail de Mme B à compter du 8 mai 2021 présente un lien direct et certain avec l'accident de service du 10 juillet 2018 ou s'il est exclusivement en rapport avec son état antérieur. Le tribunal n'est pas davantage en mesure de statuer les conclusions indemnitaires présentées par Mme B, fondées sur l'illégalité de la décision du 21 juin 2021. Par suite il y a lieu d'ordonner avant dire droit une expertise médicale aux fins énoncées ci-après.

D E C I D E :

Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête, procédé à une expertise médicale confiée à un spécialiste en rhumatologie aux fins de :

- procéder à l'examen de Mme B et décrire les conséquences de l'accident de trajet dont elle a été victime le 10 juillet 2018 sur son état de santé.

- dire si l'intéressée présentait un état antérieur avant cet accident et dans l'affirmative le décrire.

- décrire la pathologie à l'origine des arrêts de travail de Mme B à compter du 8 mai 2021 et dire si ces arrêts de travail présentent un lien direct et certain avec l'accident du 10 juillet 2018 ;

- dire si l'état de Mme B est consolidé et dans l'affirmative préciser la date de cette consolidation, en indiquant si l'intéressée peut être regardée comme guérie.

- fournir d'une manière générale tous éléments de nature à éclairer le tribunal et à lui permettre de se prononcer.

Article 2 : L'expert prendra connaissance du présent jugement et accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il se fera communiquer l'intégralité du dossier médical de Mme B. Il prêtera serment par écrit devant la greffière en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par le président du tribunal dans sa décision le désignant.

Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés en fin d'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département des Côtes-d'Armor.

Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, où siégeaient :

M. Tronel, président,

Mme Allex, première conseillère,

M. Dayon, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.

La rapporteure,

signé

A. AllexLe président,

signé

N. TronelLa greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°210531

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions