mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105376 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | JACQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 25 octobre 2021, 8 avril et 7 septembre 2022, la société par actions simplifiées unipersonnelle (SASU) Corporis, prise en la personne de son président et représentée par Me Jacquet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le courrier du 18 juin 2021 par lequel le directeur départemental des finances publiques du Finistère lui a demandé la restitution du trop-perçu d'aides covid-19 pour un montant total de 7 126 euros ;
2°) à titre principal, de condamner l'État à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation de son préjudice financier et de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) à titre subsidiaire, de mettre à la charge de l'État une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que le courrier du 18 juin 2021 est détachable de la procédure de recouvrement des aides que l'administration fiscale estime indûment versées ;
- il n'est pas précisé le contexte juridique et les règles de procédure ayant régi le contrôle réalisé par la direction générale des finances publiques évoqué dans ce courrier ;
- elle n'a pas été mise à même de présenter ses observations et de produire le cas échéant des pièces justificatives ;
- elle relève du secteur d'activité principal " entretien corporel ", mentionné en annexe 1 du décret du 30 mars 2020 ; l'argumentation de l'administration selon laquelle elle n'est pas un institut ne repose sur aucune base et doit être rejetée en droit comme en fait ;
- la demande de restitution aggravant ses difficultés de trésorerie, elle est fondée à solliciter 2 000 euros pour abus de pouvoir et au titre de son préjudice financier.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 15 novembre 2021 et 10 mai 2022, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'information selon laquelle les aides dont la société Corporis a bénéficié sur la période de décembre 2020 à février 2021 devront être reversées est un acte préparatoire au titre exécutoire et n'a pas la nature d'un acte administratif exécutoire ; cette lettre n'est donc pas susceptible de recours ;
- aucun des moyens soulevés par la société Corporis n'est fondé.
Par courrier du 26 août 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires tendant à la réparation des préjudices que la SASU Corporis estime avoir subis en l'absence de demande d'indemnisation préalable formée par la société requérante, en application du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
Un mémoire, présenté par la SASU Corporis, a été enregistré le 7 septembre 2022 en réponse au moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SASU Corporis exerce plusieurs activités comprenant la délivrance de soins physiques et énergétiques visant au bien-être et à l'équilibre des personnes et des animaux, l'utilisation de techniques variées (" rééquilibrage ostéo articulaire, traitement des fascias et chaînes musculaires en ostéo énergétique "), l'animation de stages et de formations, la vente et la location de matériel de " bio résonnance " et de " protection électro magnétique " et toutes opérations immobilières et mobilières se rattachant à cet objet. Elle a bénéficié de l'aide exceptionnelle à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation à hauteur de 2 625 euros pour le mois de décembre 2020, 4 421 euros pour le mois de janvier 2021 et 4 580 euros pour le mois de février 2021. En application des dispositions de l'article 3-1 de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, le directeur départemental des finances publiques du Finistère a effectué une vérification portant sur l'éligibilité des demandes de la société Corporis et sur les modalités de calcul des aides dont elle a bénéficié. Les conclusions du contrôle ainsi réalisé ont été notifiées à la société Corporis, par un courrier du 18 juin 2021, constatant un trop versé des aides d'État à hauteur de 7 126 euros et indiquant que des titres de perception seraient émis à l'encontre de la société. Par courrier du 9 juillet 2021, la société requérante a formé un recours contre cette demande de restitution. La société Corporis demande au tribunal d'annuler la demande de restitution du 18 juin 2021 et de condamner l'État à l'indemniser de son préjudice financier.
Sur les conclusions aux fins d'annulation du courrier du 18 juin 2021 :
2. Il ressort des pièces du dossier que le courrier du 18 juin 2021, qui se borne à informer la société Corporis de l'existence d'une créance à son encontre d'un montant global de 7 126 euros correspondant aux aides exceptionnelles perçues à tort pour les mois de décembre 2020 à février 2021 inclus, tout en indiquant qu'elle donnera lieu à l'émission de titres de perception au titre de chacun des mois concernés et que le comptable public procèdera au recouvrement forcé à défaut de paiement des titres, n'a d'autre finalité que de préparer l'établissement de ces titres de perception et a, en conséquence, le caractère d'un acte simplement préparatoire. Il résulte de ce qui précède que le courrier du 18 juin 2021 contesté, qui ne fait pas grief, est insusceptible de faire l'objet d'un recours en excès de pouvoir. Les conclusions en annulation de la requête doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
4. Aucune demande d'indemnisation d'un préjudice n'a été présentée à l'administration par la société Corporis. Les conclusions indemnitaires de la requête sont, par suite, irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la société Corporis demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de la société Corporis est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SASU Corporis et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie pour information en sera transmise au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Albouy, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
La rapporteure,
signé
L. ALe président,
signé
F. Etienvre
La greffière,
signé
S. Guillou
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026