mercredi 28 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105455 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MATEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un nouveau mémoire, enregistrés les 29 octobre 2021 et 5 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Matel, demande au tribunal :
1°) l'annulation du titre de perception émis le 17 février 2021 afin de recouvrer un indu de rémunération de 26 863,07 euros ;
2°) l'annulation de la décision du 17 juin 2021 par laquelle le recteur de l'académie de Rennes a rejeté sa réclamation ;
3°) l'annulation de la décision du 8 octobre 2021 par laquelle le recteur de l'académie de Rennes a rejeté son recours gracieux ;
4°) l'annulation du courrier du 6 octobre 2020 par lequel le recteur de l'académie de Rennes l'a informé qu'il était redevable de la somme de 26 863,07 euros ;
5°) la mise à la charge de l'Etat d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête n'est pas tardive ;
- le demi-traitement qui lui a été versé n'avait pas un caractère provisoire et est donc acquis ;
- subsidiairement, la somme de 26 863,07 euros est excessive et devrait être ramenée à 578,11 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2022, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est tardive et subsidiairement, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par courriers du 12 décembre 2022, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, qu'il était susceptible de rejeter d'office comme irrecevables les conclusions aux fins d'annulation du courrier du 6 octobre 2020 par lequel le recteur de l'académie de Rennes a informé M. B qu'il était redevable de la somme de 26 863,07 euros dès lors qu'il s'agit d'un acte préparatoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, professeur des écoles, a été placé en congé de maladie ordinaire du 16 octobre 2017 au 15 octobre 2018 puis en disponibilité pour raisons de santé et en disponibilité d'office à compter du 16 avril 2019. Á compter de cette date, il a perçu un demi-traitement jusqu'au 30 avril 2020 date de sa mise à la retraite. Par courrier du 6 octobre 2020, le recteur de l'académie de Rennes l'a informé de ce qu'il était redevable de la somme de 26 863,07 euros et qu'il devait rembourser celle-ci dès lors que le titre de perception correspondant serait émis. Ce titre a été émis le 17 février 2021. Le 11 mars 2021, M. B a contesté ce titre par courrier adressé au comptable. Le 17 mars suivant, le directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine en a accusé réception et a informé M. B qu'il transmettait cette contestation à l'ordonnateur à l'origine du titre, soit le recteur de l'académie de Rennes. Le 17 juin 2021, la contestation de M. B a été rejetée. M. B a formé un recours gracieux le 14 août 2021. Le 8 octobre 2021, ce recours a été rejeté. M. B demande au tribunal d'annuler les décisions des 6 octobre 2020, 17 juin 2021, 8 octobre 2021 ainsi que le titre de perception émis le 17 février 2021.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le courrier du 6 octobre 2020 :
2. La lettre par laquelle l'administration informe un agent qu'il doit rembourser une somme indument payée et qu'en l'absence de paiement spontané de sa part, un titre de perception lui sera notifié, est une mesure préparatoire de ce titre, qui n'est pas susceptible de recours.
3. Par le courrier du 6 octobre 2020, dont M. B demande l'annulation, le recteur de l'académie de Rennes a seulement informé l'intéressé qu'il devait rembourser la somme de 26 863,07 euros et qu'un titre de perception allait être émis à cet effet. Il s'ensuit que ce courrier est une mesure préparatoire du titre de perception émis le 17 février 2021 insusceptible de recours.
En ce qui concerne le titre de perception et les décisions des 17 juin et 8 octobre 2021 :
4. Aux termes de l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. () Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée ". Aux termes de l'article 119 du même décret, dans sa rédaction en vigueur : " Le débiteur peut saisir la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de la décision prise sur sa réclamation ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration des délais prévus à l'article 118. ".
5. Il résulte de l'instruction que M. B a adressé sa contestation du titre de perception du 17 février 2021 au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine le 11 mars 2021. Par courrier du 17 mars 2021, ce comptable en a accusé réception et a informé l'intéressé que sa contestation était transmise à l'ordonnateur à l'origine du titre, soit le recteur de l'académie de Rennes. Par courrier du 17 juin 2021, lequel mentionnait les voies et délais de recours contentieux, le recteur a rejeté la contestation de M. B. Le délai de recours contentieux de deux mois contre le titre de perception a donc commencé à courir de nouveau à compter de la notification de ce courrier. M. B ayant formé un recours gracieux le 13 août 2021, celui-ci doit être regardé comme en ayant eu nécessairement connaissance à cette date. Le délai de recours contentieux expirait par suite le 14 octobre 2021. Il s'ensuit, comme le relève le recteur en défense, que les conclusions de M. B aux fins d'annulation du titre de perception, enregistrées le 29 octobre 2021, ont été présentées tardivement, le second recours administratif du 13 août 2021 n'ayant pas pu interrompre une seconde fois le délai de recours contentieux. Elles doivent dès lors être rejetées comme irrecevables comme également les conclusions aux fins d'annulation des décisions des 17 juin et 8 octobre 2021.
Sur les conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M A B et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie sera transmise pour information au recteur de l'académie de Rennes et au directeur régional des finances publiques de Bretagne et du département d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Albouy, premier conseiller,
Mme Tourre, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
F. CL'assesseur le plus ancien,
signé
E. Albouy
La greffière d'audience,
signé
A. Bruézière
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026