vendredi 14 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105633 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GUILLOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 novembre et 15 décembre 2021, Mme C A, représentée par Me Buors, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 24 septembre 2021 par laquelle le directeur délégué de site du centre hospitalier (CH) de Belle-Île-en-Mer l'a suspendue de ses fonctions sans traitement, à compter du 27 septembre jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination et a décidé que cette période de suspension ne pourrait pas être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée de ses congés payés et de ses droits acquis au titre de son ancienneté, ni prise en compte au titre de son avancement ;
2°) d'enjoindre au CH de Belle-Île-en-Mer de réexaminer sa situation et de lui verser à compter du 27 septembre 2021, la rémunération à laquelle elle a droit dans le cadre de son arrêt de travail, d 'assimiler la période d'absence du service de l'intéressée à compter de cette même date à une période de travail effectif pour la détermination de la durée de ses congés payés ainsi que pour ses droits acquis au titre de son ancienneté et de prendre en compte cette même période au titre de son avancement, dans un délai de 5 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard;
3°) de mettre à la charge du CH de Belle-Île-en-Mer la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021, en ce qu'elle instaure une obligation vaccinale, est incompatible avec les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle n'a pas bénéficié d'une information complète portant notamment sur la possibilité de solliciter le bénéfice des congés payés dont elle dispose en méconnaissance du III de l'article 14 de la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- la décision attaquée, qui s'apparente à une sanction administrative, a été prise au termes d'une procédure ne respectant pas les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986.
Par un mémoire, enregistré le 28 juin 2022, le CH de Belle-Île-en-Mer, représenté par la SELARL Cabinet Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 2021-689 du 31 mai 2021 ;
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de M. Met, rapporteur public ;
- et les observations de Me Salunier, représentant le CH de Belle-Île-en Mer.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 24 septembre 2021, le directeur délégué de site du CH de Belle-Île-en-Mer a suspendu de ses fonctions Mme A, patricienne hospitalière, pour non présentation d'un certificat de vaccination contre la covid-19 à compter du 27 septembre 2021, jusqu'à la production par l'intéressée d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination, soit, en l'espèce, le 10 novembre 2021, date à laquelle le directeur délégué, par décision du 23 novembre 2021, a réintégrée Mme A dans ses fonctions après que celle-ci s'est mise en conformité avec ses obligations vaccinales.
Sur les conclusions d'annulation :
2. Il résulte des dispositions combinées de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors en vigueur et du I de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire que si le directeur d'un établissement de santé public peut légalement prendre une mesure de suspension à l'égard d'un agent qui ne satisfait pas à l'obligation vaccinale contre la covid-19 alors que cet agent est déjà en congés annuels, cette mesure et la suspension de traitement qui lui est associée ne peuvent toutefois entrer en vigueur qu'à compter de la date à laquelle prennent fin les congés annuels de l'agent en question.
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été placée en congés de maladie du 15 septembre au 12 décembre 2021 tandis que sa suspension a été effective du 27 septembre au 10 novembre 2021. Par suite, la décision attaquée méconnaît les dispositions combinées des articles 41 de la loi du 9 janvier 1986 et 12 de la loi du 5 août 2021.
4. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 24 septembre 2021 par laquelle le directeur délégué de site du CH de Belle-Île-en-Mer a suspendue Mme A doit être annulée comme entachée d'une erreur de droit.
Sur les conclusions d'injonction et d'astreinte :
5. Compte tenu de ses motifs, le présent jugement implique nécessairement que Mme A, qui était en congés de maladie, soit rétablie dans ses droits à traitement pour la période allant du 27 septembre 2021 au 9 novembre 2021 inclus. Il y lieu d'enjoindre au CH de Belle-Île-en-Mer d'effectuer cette régularisation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CH de Belle-Île-en-Mer la somme de 1 500 euros au titre des frais de procès engagés par Mme A et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme réclamée au même titre par le centre hospitalier.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du 24 septembre 2021 du directeur délégué de site du CH de Belle-Île-en-Mer est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au CH de Belle-Île-en-Mer de verser à Mme A les traitements qu'elle n'a pas perçus en raison de la décision de suspension pour la période allant du 27 septembre au 9 novembre 2021 inclus, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Article 3 : Le CH de Belle-Île-en-Mer versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Les conclusions présentées par le CH de Belle-Île-en-Mer au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au centre hospitalier de Belle-Île-en-Mer.
Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Allex, première conseillère,
M. Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
N. BL'assesseur la plus ancienne,
signé
A. Allex
La greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026