vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2105824 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 15 novembre 2021, le préfet du Finistère demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision tacite par laquelle la maire de la commune de Locmaria-Plouzané ne s'est pas opposée à la déclaration préalable déposée le 1er juillet 2021 par la société Bouygues Télécom en vue de l'implantation d'un pylône de radiotéléphonie et d'une clôture sur un terrain situé au lieu-dit Kerveguen sur le territoire de cette commune.
Il soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2022, la commune de Locmaria-Plouzané représentée par la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, s'en rapporte à la sagesse du tribunal.
Par un mémoire, enregistré le 13 juillet 2022, la société Bouygues Télécom, représentée par le Cabinet Earth Avocats, conclut au rejet du déféré.
Elle fait valoir que le moyen du déféré n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Baron, de la SELARL Le Roy, Gourvennec, Prieur, représentant la commune de Locmaria-Plouzané.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er juillet 2021, la société Bouygues Télécom a déposé une déclaration préalable en vue de la construction d'un pylône de radiotéléphonie et l'édification d'une clôture sur la parcelle cadastrée section F n° 2060 au lieu-dit Kerveguen sur le territoire de la commune de Locmaria-Plouzané. Par une décision implicite dont le préfet du Finistère demande l'annulation, la maire de cette commune ne s'est pas opposée à cette déclaration préalable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction, applicable au litige : " L'extension de l'urbanisation se réalise soit en continuité avec les agglomérations et villages existants, soit en hameaux nouveaux intégrés à l'environnement ". Il résulte de ces dispositions que l'extension de l'urbanisation doit se réaliser, dans les communes littorales, soit en continuité avec les agglomérations et les villages existants, soit en hameaux nouveaux intégrés à l'environnement. Constituent des agglomérations ou des villages où l'extension de l'urbanisation est possible, au sens et pour l'application de ces dispositions, les secteurs déjà urbanisés caractérisés par un nombre et une densité significatifs de constructions.
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 121-10 du même code : " Par dérogation à l'article L. 121-8, les constructions ou installations nécessaires aux activités agricoles ou forestières ou aux cultures marines peuvent être autorisées avec l'accord de l'autorité administrative compétente de l'Etat, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites et de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers. / Ces opérations ne peuvent être autorisées qu'en dehors des espaces proches du rivage, à l'exception des constructions ou installations nécessaires aux cultures marines. () ". L'article L. 121-11 du même code précise : " Les dispositions de l'article L. 121-8 ne font pas obstacle à la réalisation de travaux de mise aux normes des exploitations agricoles, à condition que les effluents d'origine animale ne soient pas accrus. " Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article L. 121-12 du même code : " Les ouvrages nécessaires à la production d'électricité à partir de l'énergie mécanique du vent ne sont pas soumis aux dispositions de l'article L. 121-8, lorsqu'ils sont incompatibles avec le voisinage des zones habitées. ".
4. Il résulte des dispositions citées aux points 2 et 3 du présent jugement que le législateur a entendu ne permettre l'extension de l'urbanisation dans les communes littorales qu'en continuité avec les agglomérations et villages existants et a limitativement énuméré les constructions, travaux, installations ou ouvrages pouvant néanmoins y être implantés sans respecter cette règle de continuité. L'implantation d'une infrastructure de téléphonie mobile comprenant une antenne-relais et ses systèmes d'accroche ainsi que, le cas échéant, les locaux ou installations techniques nécessaires à son fonctionnement n'est pas mentionnée au nombre de ces constructions. Par suite, elle doit être regardée comme constituant une extension de l'urbanisation soumise au principe de continuité avec les agglomérations et villages existants au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment de la photographie aérienne produite par le préfet du Finistère, que le terrain d'assiette du projet en litige se trouve au sein d'un vaste secteur naturel et agricole, sur une parcelle de la commune de Locmaria-Plouzané située en bordure d'un secteur faiblement construit et qui s'ouvre au nord, à l'est et au sud-est sur des parcelles non bâties. Le lieu-dit en cause, composé de moins d'une dizaine de constructions implantées de manière diffuse, ne peut être regardé comme constituant un village au sens de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme. Il n'est pas plus identifié comme un village, ni d'ailleurs comme un secteur déjà urbanisé, par le schéma de cohérence territoriale du Pays de Brest, et ne se trouve lui-même pas en continuité du bourg de Locmaria-Plouzané ni du village de Kerfily dont il est séparé par des terrains non bâtis. Dans ces conditions, il ressort des pièces du dossier qu'à la date à laquelle la décision contestée a été prise, le projet de la société Bouygues Télécom était constitutif d'une extension de l'urbanisation qui n'était pas réalisée en continuité d'une agglomération ou d'un village existant. Par suite, le préfet du Finistère est fondé à soutenir qu'en ne s'opposant pas à la déclaration préalable déposée par la société Bouygues Télécom, la maire de la commune de Locmaria-Plouzané a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
6. Il résulte de ce qui précède que le préfet du Finistère est fondé à solliciter l'annulation de la décision implicite par laquelle la maire de la commune de Locmaria-Plouzané ne s'est pas opposée à la déclaration préalable déposée le 1er juillet 2021 par la société Bouygues Télécom.
D É C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle la maire de la commune de Locmaria-Plouzané ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 1er juillet 2021 par la société Bouygues Télécom est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au préfet du Finistère, à la commune de Locmaria-Plouzané et à la société Bouygues Télécom.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
C. A
Le président,
signé
C. Radureau
Le greffier,
signé
N. Josserand
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026