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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2105980

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2105980

vendredi 14 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2105980
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantMANENTI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2021, Mme A C, représentée par Me Manenti, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2021 par laquelle la directrice du centre hospitalier de Saint-Brieuc l'a suspendue de ses fonctions à compter du 20 septembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Saint-Brieuc de la remettre dans l'intégralité de ses droits et situation à compter du 20 septembre 2021 ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint-Brieuc la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'ont été méconnus les droits de la défense ;

- la décision méconnait les dispositions de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 en ne prenant pas en compte les droits acquis au titre de l'avancement ;

- la décision constitue une sanction disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2022, le centre hospitalier de Saint-Brieuc, représenté par Me Pennec, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme C la somme de 1 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B ;

- les conclusions de M. Fabrice Met, rapporteur public ;

- et les observations de Me Manenti, représentant Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C est auxiliaire de puériculture au centre hospitalier de Saint-Brieuc. Par une décision du 20 septembre 2021, la directrice du centre hospitalier l'a suspendue de ces fonctions. Elle demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

2. Aux termes du I de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique () ". Aux termes du I de son article 13 : " I. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 établissent : / 1° Satisfaire à l'obligation de vaccination en présentant le certificat de statut vaccinal prévu au second alinéa du II du même article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent 1°, peut être présenté, pour sa durée de validité, le certificat de rétablissement prévu au second alinéa du II de l'article 12. Avant la fin de validité de ce certificat, les personnes concernées présentent le justificatif prévu au premier alinéa du présent 1°. / () 2° Ne pas être soumises à cette obligation en présentant un certificat médical de contre-indication. Ce certificat peut, le cas échéant, comprendre une date de validité ". Aux termes du III de son article 14 : " II. - Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. / La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. () "

3. En premier lieu, si Mme C soutient que la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'elle n'a pas été précédée de la mise en œuvre des garanties procédurales attachées au prononcé d'une sanction administrative et qu'elle constitue une sanction disproportionnée, la mesure de suspension prévue par l'article 14 précité ne revêt pas le caractère d'une sanction. Il suit de là que les moyens ainsi invoqués sont inopérants.

4. En second lieu, en indiquant que la période de suspension n'est pas prise en compte au titre de l'avancement, la décision contestée se borne à tirer les conséquences du III de l'article 14 précité de la loi du 5 août 2021, en ne prenant pas en compte cette période, au titre de l'ancienneté acquise par l'agent pour son avancement. Par suite, cet article ne méconnaît pas les principes de l'avancement dans la fonction publique hospitalière et notamment les articles 66 et suivants, alors en vigueur, de la loi du 9 janvier 1986.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions d'annulation et d'injonction présentées par Mme C.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier de Saint-Brieuc, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme sollicitée par la requérante au titre des frais de litige non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de faire droit à la demande présentée par le centre hospitalier de Saint-Brieuc présentée sur le même fondement.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les demandes présentées par le centre hospitalier de Saint-Brieuc sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au centre hospitalier de Saint-Brieuc.

Délibéré après l'audience du 30 septembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Tronel, président,

Mme Allex, première conseillère,

M. Dayon conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2022.

Le président-rapporteur,

signé

N. BL'assesseure la plus ancienne,

signé

A. Allex

La greffière,

signé

C. Salladain

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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