lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2106015 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS BAZILLE TESSIER PRENEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 24 et 26 novembre 2021 ainsi que le 18 septembre 2023, M. C A, représenté par la SELARL Bazille-Tessier-Preneux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Treffléan ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par M. B pour la réalisation d'une clôture sur un terrain situé 10 lieudit Bénerlin ;
2°) d'annuler la décision rejetant son recours gracieux ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Treffléan le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le dossier de déclaration préalable est incomplet ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de la zone Aa du règlement du plan local d'urbanisme concernant les clôtures.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 10 mai 2022 et le 28 septembre 2023, la commune de Treffléan, représentée par la SELARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à M. B qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bozzi,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Abiven, substituant la SELARL Bazille-Tessier-Preneux, représentant M. A, et de Me Messeant, de la SELARL Lexcap, représentant la commune de Treffléan.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est propriétaire d'une maison située 10 lieudit Benerlin sur le territoire de la commune de Treffléan. Le 19 mai 2021, il a présenté à la mairie de Treffléan un dossier de déclaration préalable pour la réalisation d'une clôture avec un portail coulissant. Par un arrêté en date du 14 juin 2021, le maire de la commune de Treffléan ne s'est pas opposé à l'autorisation sollicitée. Le 4 août 2021, M. A a saisi la commune d'un recours gracieux tendant au retrait de la décision du 14 juin 2021. Cette demande a été rejetée par une décision du 29 septembre 2021. M. A demande l'annulation de l'arrêté du 14 juin 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de déclaration préalable :
2. Aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; d) Le justificatif de dépôt de la demande d'autorisation prévue à l'article R. 244-1 du code de l'aviation civile lorsque le projet porte sur une construction susceptible, en raison de son emplacement et de sa hauteur, de constituer un obstacle à la navigation aérienne. / Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, à l'article R. 431-14, aux b et g de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-18, R. 431-18-1, R. 431-21, R. 431-23-2, R. 431-25, R. 431-31 à R. 431-33 et R. 431-34-1. () " et aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".
3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Il ressort en l'espèce des pièces du dossier que la déclaration préalable telle que présentée par M. B ne comporte pas de plan en coupe mais deux illustrations à main levée en couleurs figurant la clôture en cause, les matériaux utilisés ainsi que son implantation par rapport au terrain naturel.
5. En outre, le dossier de déclaration préalable ne contenait pas non plus de documents photographiques permettant de situer le terrain et la circonstance avancée par la commune que le requérant aurait transmis des photos au service instructeur afin d'étayer ses motifs de contestation ne saurait être prise en considération pour statuer sur la complétude du dossier présenté par le pétitionnaire.
6. En revanche, dès lors que l'autorité compétente pour se prononcer était en mesure, au regard du plan de situation contenu dans le dossier de déclaration préalable, de localiser le projet et d'identifier son environnement, la lacune invoquée n'est pas susceptible, dans les circonstances de l'espèce, de caractériser une insuffisance concernant un projet aux dimensions modestes dans un secteur qui ne présente pas un intérêt esthétique particulier. Enfin, le requérant indique lui-même que l'administration avait déjà eu connaissance d'un premier dossier de déclaration préalable et dont il n'allègue pas qu'il aurait été incomplet. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article Aa5 du plan local d'urbanisme :
7. Aux termes aux termes de l'article Aa.5 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions doivent s'intégrer à leur environnement par : / - La simplicité et les proportions de leurs volumes ; / - La qualité des matériaux ; / - L'harmonie des couleurs ; / - Leur tenue générale : les annexes autorisées doivent s'harmoniser avec l'ensemble des constructions existantes. () Les clôtures éventuelles doivent présenter une simplicité d'aspect respectant l'environnement et le bâti. ". De plus, " Les clôtures éventuelles doivent présenter une simplicité d'aspect respectant l'environnement et le bâti. / Pour les habitations, les clôtures éventuelles doivent être constituées soit : / - D'un mur bahut de 1 m maximum de hauteur surmonté ou non d'une grille, / - D'un grillage, éventuellement doublé d'une haie / - D'une haie / - D'une clôture constituée de lisses à claire voie. / La hauteur totale des clôtures est limitée à 1,80 m maximum. / Les clôtures édifiées en retrait de l'alignement seront constituées d'une haie. / L'emploi de clôtures en béton moulé est interdit, sauf en soubassement de grillage (hauteur n'excédant pas 0,20 m). / Le rehaussement de mur de pierre avec des parpaings est interdit. / L'utilisation des brandes est interdit. ".
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet ne comporte aucun élément en béton moulé mais des parpaings devant être enduits par un revêtement de couleur sable. Sur ce point le projet ne méconnaît donc pas les dispositions de l'article Aa5 du règlement du plan local d'urbanisme.
9. Par ailleurs, il résulte des dispositions précitées de l'article Aa5 du règlement du plan local d'urbanisme que ses auteurs ont entendu réglementer à la fois la hauteur des clôtures et la constitution de celles-ci, en autorisant soit les haies, soit des grillages, soit des lisses à claire-voie, soit des murs bahut. De même, les auteurs du plan local d'urbanisme ont admis la possibilité d'allier ces différents éléments et notamment de surmonter les murs bahut ou encore de doubler les grillages de haies.
10. S'agissant plus précisément des murs bahut, dont la fonction est de servir de support à une grille ou à une balustrade, les dispositions de l'article Aa5 du règlement du plan local d'urbanisme ne sauraient être lues comme excluant que leur soit adjoints des lisses à claire voie, ainsi qu'en attestent au demeurant les clichés des clôtures situées à proximité des propriétés avoisinantes.
11. En outre, aucune disposition de l'article Aa5 du règlement n'impose que les lames des claires-voies soient nécessairement en bois. Dans ces conditions, la clôture envisagée constituée d'un mur bahut de 1 mètre de hauteur sur lequel sera posée une clôtures ajourée composé de lames horizontales de couleur anthracite présentant une hauteur de 50 cm, le long de la voie et de 80 cm sur la limite séparative ne méconnaît pas dispositions précitées de l'article Aa5 du règlement du plan local d'urbanisme.
12. Il ressort enfin des pièces du dossier que le lieudit de Bénerlin, scindé en deux compartiments par la route départementale n° 104, s'inscrit dans un secteur qui ne peut être regardé comme marqué par une qualité architecturale particulière. Il est essentiellement composé au sud de maisons d'aspect contemporain, aux pentes de toitures différentes et entourées de clôtures aux formes et matériaux variés, conférant ainsi au secteur un caractère architectural disparate. Le groupement construit au nord comporte des maisons en pierre et des habitations de conception et matériaux récents comme celles du requérant et du pétitionnaire. Il en résulte que, en l'absence de toute unité esthétique dans le secteur, M. A n'est pas fondé à soutenir que la clôture envisagée, dont le requérant regrette principalement qu'elle masque une partie de la façade de sa maison, ne pourrait s'insérer parmi les constructions existantes et porterait atteinte à son environnement. Le moyen doit, par suite, être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Treffléan, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A une somme que celui-ci demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A le paiement d'une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Treffléan au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Treffléan la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la commune de Treffléan et à M. D B.
Délibéré après l'audience du 19 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Bozzi, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.
Le rapporteur,
signé
F. Bozzi
Le président,
signé
C. Radureau
La greffière d'audience,
signé
A. Bruézière
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026