lundi 11 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2106104 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LE STRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2021, Mme E A, représentée par Me Le Strat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de lui renouveler son titre de séjour pluriannuel et de lui délivrer une carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet du Morbihan de lui délivrer un titre de séjour pluriannuel dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence faute pour sa signataire de justifier d'une délégation de signature ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dans l'application des articles L. 313-7 et L. 313-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2021, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Congo relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Brazzaville le 31 juillet 1993 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- et les observations de Me Le Strat, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante de la République du Congo, est entrée en France le 8 août 2007 alors âgée de treize ans. Elle a bénéficié de plusieurs cartes de séjour temporaires d'une durée d'un an en qualité d'étudiante entre le 15 novembre 2012 et le 14 octobre 2017 puis a bénéficié, en dernier lieu, d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 15 octobre 2017 au 14 octobre 2020 en la même qualité. Elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de renouveler ce titre de séjour et de lui délivrer une carte de résident.
2. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été signé par Mme C B, cheffe du bureau des étrangers et de la nationalité. Celle-ci disposait d'une délégation de signature, accordée par arrêté du préfet du Morbihan du 31 janvier 2020 publié le même jour au recueil des actes administratifs de l'État dans le département du Morbihan, à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de carte de résident, de carte de séjour temporaire et de carte pluriannuelle. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. Aux termes de l'article 9 de la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993 : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre Etat doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. / Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants ". Aux termes de l'article 11 de la même convention : " Après trois années de résidence régulière et non interrompue, les ressortissants de chacune des Parties contractantes établis sur le territoire de l'autre Partie peuvent obtenir un titre de séjour de longue durée, dans les conditions prévues par la législation de l'Etat d'accueil. Ce titre de séjour est renouvelable de plein droit ".
4. Aux termes de l'article L. 313-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " I. - Au terme d'une première année de séjour régulier en France accompli au titre de l'un des documents mentionnés aux 2° et 3° de l'article L. 311-1, l'étranger bénéficie, à sa demande, d'une carte de séjour pluriannuelle dès lors que : () / 2° Il continue de remplir les conditions de délivrance de la carte de séjour temporaire dont il était précédemment titulaire. () / II. - L'étranger bénéficie, à sa demande, du renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle s'il continue de remplir les conditions de délivrance prévues au 2° du I du présent article ". Aux termes du I de l'article L. 313-7 du même code alors également en vigueur : " La carte de séjour temporaire accordée à l'étranger qui établit qu'il suit en France un enseignement ou qu'il y fait des études et qui justifie qu'il dispose de moyens d'existence suffisants porte la mention " étudiant ". () ". Il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour portant la mention " étudiant " de rechercher si l'étranger intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été inscrite en BTS comptabilité au titre de l'année 2012/2013 puis en licence de droit à Nanterre pour l'année 2013/2014 sans valider aucune de ces deux années de formation. Qu'inscrite ensuite en licence économie et gestion à l'université de Vannes pour l'année 2014/2015, elle a échoué la première année mais s'est néanmoins inscrite en deuxième année de licence en 2015/2016 avec la possibilité de valider les modules manquants de sa première année. Après avoir obtenu une carte de séjour pluriannuelle en 2017 valable jusqu'en 2020, elle n'a finalement validé aucune formation diplômante jusqu'au dépôt de sa demande de renouvellement de ce titre de séjour. Elle soutient désormais vouloir se réorienter, pour la troisième fois, dans une formation d'aide-soignante. Mme A a ainsi connu des échecs répétés et continus pendant sept ans sans valider aucune formation diplômante, malgré deux réorientations, et ne démontre pas, ainsi que l'a relevé le préfet du Morbihan dans son arrêté, le caractère réel et sérieux des études poursuivies. Elle ne peut, pour ces motifs, être raisonnablement regardée comme poursuivant effectivement des études en France depuis 2012. À défaut de pouvoir être regardée comme une étudiante, c'est à bon droit que le préfet du Morbihan a considéré qu'elle ne remplissait plus les conditions de délivrance d'un titre portant la mention " étudiant " et ne pouvait par conséquent bénéficier du renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle. Par suite, le moyen tiré de l'inexacte application des dispositions des articles L. 313-7 et L. 313-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
6. Pour les mêmes motifs, alors que Mme A ne justifie pas à l'instance de disposer de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins, dès lors qu'elle n'a séjourné régulièrement en France depuis qu'elle a atteint l'âge de dix-huit ans que sous couvert de titres portant la mention " étudiant ", et compte tenu de la circonstance que la décision de refus de titre de séjour contestée n'est pas assortie d'une décision d'éloignement, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Morbihan aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit aux points 1 et 5, que si Mme A est présente en France depuis qu'elle a atteint l'âge de treize ans, elle n'a cependant été autorisée à demeurer sur le territoire français à compter de sa majorité et depuis près de neuf ans, que sous couvert de titres portant la mention " étudiant ". Elle n'a par conséquent jamais eu vocation, depuis qu'elle a atteint l'âge de dix-huit ans, à demeurer durablement sur le territoire français. Si elle se prévaut d'attaches familiales en France, elle ne produit aucune pièce permettant d'en justifier. Au demeurant, le refus de titre de séjour qui lui est opposé n'a ni pour objet ni pour effet de l'éloigner du territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le préfet du Morbihan a refusé de lui renouveler son titre de séjour.
9. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A doivent être rejetées.
10. L'État n'étant pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, il ne peut être mis à sa charge une somme au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A et au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
M. Desbourdes, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
W. DLe président,
signé
O. Gosselin
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026