lundi 12 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2106127 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BEGUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 novembre et 18 décembre 2021, Mme B, représentée par Me Béguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a implicitement refusé de clore l'instruction de sa demande de titre de séjour ou, à titre subsidiaire d'annuler la décision implicite portant rejet de sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de reprendre l'instruction de sa demande de titre de séjour et d'achever celle-ci dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sous le même délai et la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a implicitement refusé de clore sa demande de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en ce que le délai d'instruction de sa demande de titre de séjour est anormalement long ;
- la décision par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les dispositions des articles L. 313-11 7° et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que Mme A bénéficie d'autorisations provisoires de séjour.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gosselin, président ;
- et les observations de Me Béguin, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante congolaise, est entrée irrégulièrement sur le territoire français le 28 août 2012 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 janvier 2013 et par la Cour nationale du droit d'asile le 4 octobre 2013. Elle a fait l'objet en 2014 d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français que le préfet a ultérieurement retiré. En 2016, elle a présenté une demande de titre de séjour. Le 24 juin 2021, Mme A a sollicité la clôture de l'instruction de sa demande de titre de séjour ainsi que la délivrance d'un récépissé. Par un courrier du 30 septembre 2021, Mme A a sollicité la communication des motifs de rejet de sa demande de clôture de l'instruction de sa demande de titre de séjour.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Mme A ayant demandé un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à laquelle il n'a pas été répondu, la simple délivrance d'une autorisation provisoire de séjour, quand bien même elle a été renouvelée, ne peut être regardée comme faisant droit à sa demande, ni comme portant retrait implicite des refus de titre de séjour opposés implicitement à l'intéressée. Dès lors, les conclusions à fins de non-lieu opposées par le préfet d'Ille-et-Vilaine doivent être écartées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Par son courrier tendant à ce que le préfet achève l'instruction de sa demande de titre de séjour présentée en 2016, Mme A doit être regardée comme ayant demandé de nouveau un titre de séjour sur le même fondement. En l'absence de réponse, une décision implicite de refus doit être regardée comme étant intervenue. Les conclusions principales de la requête tendant à l'annulation d'une décision de refus de clore l'instruction de la demande doivent donc être regardées comme dirigées contre la décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour, dont Mme A demande l'annulation dans ses conclusions subsidiaires.
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 24 juin 2021, notifié le 25 juin 2021 au préfet d'Ille-et-Vilaine, Mme A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. En l'absence de réponse à sa demande, par un courrier du 30 septembre 2021, notifié au préfet d'Ille-et-Vilaine le 6 octobre 2021, Mme A a sollicité la communication des motifs de la décision implicite de rejet. L'administration n'a pas communiqué, dans le délai d'un mois prévu par l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, les motifs de la décision implicite de rejet. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision implicite de rejet est fondé.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'exécution du présent jugement implique que le préfet statue de nouveau sur la demande de titre de séjour de Mme A. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de procéder à cette instruction dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande présentée par Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a implicitement refusé de faire droit à la demande de titre de séjour de Mme A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet d'Ille-et-Vilaine de procéder à l'instruction de la demande de titre de séjour de Mme A dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente.
Article 3 : Les conclusions de Mme A présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2023.
Le président-rapporteur,
signé
O. Gosselin
L'assesseur le plus ancien,
signé
F. Pottier
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026