mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2106170 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE BOURHIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 décembre 2021, M. A C, représenté par Me Le Bourhis, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2020 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer une carte de séjour dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou subsidiairement, de réexaminer sa situation en lui délivrant dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 et celles de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-elle est contraire à la circulaire du 28 novembre 2012 ;
-elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. C par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 3 décembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant géorgien, né en 1977, est entré irrégulièrement en France en 2009. Après le rejet de sa demande d'asile par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 13 mai 2009, il a bénéficié, le 9 décembre 2010 d'une carte de séjour au regard de son état de santé mais qui n'a pas été renouvelée au-delà du 23 septembre 2012 en raison de son incarcération. Il a ensuite fait l'objet d'un refus de séjour en date du 3 mai 2016 et par jugement du 22 juin 2018 le tribunal administratif de Rennes a rejeté son recours contre cette décision. Il avait, peu avant, de nouveau sollicité, le 28 mai 2018, la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Par arrêté du 18 septembre 2020, le préfet d'Ille-et-Vilaine a rejeté cette demande. C'est la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en leur rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, sans que la condition prévue à l'article L. 313-2 soit exigée. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la durée de présence en France de M. C excédait, à la date de l'arrêté attaqué, onze années et que le préfet d'Ille-et-Vilaine ne conteste pas que son épouse y réside sous couvert d'une carte de résident de longue durée et que les trois enfants du couple, nés en 1999, en 2006 et en 2018, y résident également, l'aîné au bénéfice d'une carte de séjour en qualité d'étudiant, alors que le puîné est gravement handicapé. Dans ces conditions, alors même que M. C a fait l'objet, de deux condamnations pénales pour des infractions commises entre 2010 et 2013, et n'a pas encore de projet professionnel, sa situation personnelle et familiale, ainsi d'ailleurs que l'a admis la commission du titre de séjour qui a émis un avis favorable en sa séance du 17 décembre 2019, justifiait la délivrance d'une carte de séjour sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et M. C est dès lors fondé à demander, pour ce seul motif, l'annulation de l'arrêté du 18 septembre 2020 qui la lui a refusée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, sous réserve d'un changement dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé susceptible d'y faire obstacle, la délivrance à M. C d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine d'y procéder dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
6. L'Etat étant partie perdante à l'instance, il y a lieu de mettre à sa charge sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, le versement à Me Le Bourhis d'une somme de 1 000 euros, sous réserve de renonciation, par cette avocate, à la part contributive de l'Etat à sa mission d'aide juridictionnelle.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 18 septembre 2020 est annulé.
Article 2 : Sous la réserve mentionnée au point 5 ci-dessus, il est enjoint au préfet d'Ille-et-Vilaine de délivrer à M. C une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Le Bourhis une somme de 1 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de renonciation par cette avocate au bénéfice de la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Le Bourhis et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Kolbert, président du tribunal,
M. Radureau, président,
M. Vergne, président.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
E. BL'assesseur le plus ancien,
Signé
C. Radureau
La greffière,
Signé
V. Le Boëdec
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. Le Boëdec
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026