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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2106197

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2106197

lundi 11 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2106197
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème Chambre
Avocat requérantJARRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 décembre 2021 et 21 juin 2022, M. A L'Héréec, représenté par Me Jarry, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision des 24 et 26 novembre 2021 par laquelle le directeur interrégional de la mer Nord Atlantique-Manche Ouest a prononcé à son encontre la suspension de sa licence européenne de pêche pour une durée de trois mois, de son titre de capitaine pour une durée d'un mois et l'a condamné au paiement d'une amende administrative de 1 500 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 160 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de sanction est entachée d'une erreur matérielle ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- le principe du contradictoire n'a pas été respecté au cours de la phase de contrôle à l'origine de la décision ;

- la procédure d'inspection à l'origine de la décision est irrégulière ;

- la matérialité des faits à l'origine de la décision fait défaut ;

- la sanction prononcée est disproportionnée et ne tient pas compte de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2021, le préfet de la région Bretagne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. L'Héréec ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement CE n° 1005/2008 de la Conseil de l'UE du 29 septembre 2008 établissant un système communautaire destiné à prévenir, à décourager et à éradiquer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée ;

- le règlement CE n° 1224/2009 du Conseil de l'UE du 20 novembre 2009 instituant un régime communautaire de contrôle afin d'assurer le respect des règles de la politique commune de la pêche;

- le règlement d'exécution n° 404/2011 de la Commission européenne du 8 avril 2011 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 1224/2009 du Conseil instituant un régime communautaire de contrôle afin d'assurer le respect des règles de la politique commune de la pêche ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- l'arrêté ministériel du 18 mars 2015 relatif aux obligations déclaratives en matière de pêche maritime ;

- l'arrêté ministériel du 15 novembre 2016 portant approbation d'une délibération du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins relative aux conditions d'exercice de la pêche à la coquille Saint-Jacques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gosselin, président ;

- les conclusions de Mme Touret, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Jarry, représentant M. L'Héréec.

Considérant ce qui suit :

1. M. L'Héréec, patron armateur d'un navire de pêche, a fait l'objet le 11 janvier 2021 d'un contrôle par un agent de l'unité littorale des affaires maritimes des Côtes-d'Armor dans le cadre d'une mission de surveillance aérienne. Cet agent a relevé une infraction de pêche maritime à la coquille Saint-Jacques en dehors de la période et de la zone autorisées. Par courrier notifié le 29 janvier 2021, M. L'Héréec a été informé des faits relevés et des sanctions encourues et a été informé qu'il pouvait faire valoir ses observations. Il a été reçu en entretien le 30 avril 2021 par la direction départementale des territoires et de la mer des Côtes-d'Armor. Le préfet de la région Bretagne lui a infligé, par une décision des 24 et 26 novembre 2021, dont M. L'Héréec demande l'annulation, une suspension d'une durée de trois mois de sa licence européenne de pêche, une suspension d'une durée d'un mois de son titre de capitaine et une amende de 1 500 euros à titre de sanction administrative.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il résulte de l'instruction que, par lettre recommandée avec accusé de réception notifiée le 29 janvier 2021, la direction départementale des territoires et de la mer des Côtes-d'Armor a informé M. L'Héréec de l'engagement d'une procédure de sanction administrative à son encontre pour une infraction à la réglementation en matière de pêche commise le 11 janvier 2021, qu'il a ensuite, par l'intermédiaire de son conseil, obtenu copie le 19 mars 2021 du rapport de surveillance établi dans ce cadre pour les faits du 11 janvier 2021, et que ses observations ont été entendues lors d'un entretien contradictoire à la délégation de la mer et du littoral des Côtes-d'Armor le 30 avril 2021. M. L'Héréec a donc été pleinement informé de la date à laquelle l'infraction a été relevée. Dans ces conditions, la circonstance que le document de notification de la sanction mentionne une infraction du 30 octobre 2020 résulte d'une erreur matérielle qui est sans incidence sur la connaissance qu'avait M. L'Héréec des faits qui lui étaient reprochés et de leur date de commission. Il n'a ainsi été privé d'aucune garantie et l'erreur matérielle relevée s'avère sans incidence sur la légalité de la décision. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur matérielle doit être écarté.

3. La décision de sanction administrative vise les règlements de l'Union européenne, le code rural et de la pêche maritime et les arrêtés ministériels et préfectoraux réglementant la pêche de la coquille Saint-Jacques, dont il est fait application. Elle mentionne qu'un procès-verbal a été dressé après constatations établissant que le navire de M. L'Héréec pêchait la coquille Saint-Jacques dans une zone et à une période où cette pêche est interdite. Elle précise que l'intéressé a pu faire valoir ses observations au cours d'un entretien contradictoire. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, même si elle ne mentionne pas l'attestation selon laquelle le requérant a été missionné pour pêcher des praires et ne répond pas aux arguments qu'il a fait valoir lors de l'entretien contradictoire. Le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation doit, par suite, être écarté.

4. Aux termes de l'article 4 du règlement CE n° 1224/2009 : " Les définitions du règlement (CE) n° 2371/2002 s'appliquent aux fins du présent règlement. Les définitions ci-après s'appliquent également. On entend par : () / " 4) - " inspection ", toute vérification effectuée par des agents en ce qui concerne le respect des règles de la politique commune de la pêche et qui est et est consignée dans un rapport d'inspection; / 5) - " surveillance ", l'observation des activités de pêche fondée sur les observations réalisées par des navires d'inspection ou par des avions officiels et au moyen de méthodes de détection et d'identification techniques; ". Aux termes du 4e paragraphe qui figure au titre VI, relatif à la surveillance, de l'article 71 du règlement CE n° 1224/2009 : " Si un agent d'un État membre observe ou détecte un navire de pêche exerçant des activités qui peuvent être considérées comme une infraction aux règles de la politique commune de la pêche, il établit sans tarder un rapport de surveillance et l'envoie à ses autorités compétentes. ". Aux termes de l'article 92 du règlement d'exécution n° 404/2011 de la Commission européenne du 8 avril 2011 : " Les rapports de surveillance visés à l'article 71, paragraphes 3 et 4, du règlement de contrôle sont établis conformément à l'annexe XXIII du présent règlement. " Enfin, aux termes de l'article L. 946-5 du code rural et de la pêche maritime : " Les intéressés sont avisés au préalable des faits relevés à leur encontre, des dispositions qu'ils ont enfreintes et des sanctions qu'ils encourent. L'autorité compétente leur fait connaître le délai dont ils disposent pour faire valoir leurs observations écrites et, le cas échéant, les modalités s'ils en font la demande selon lesquelles ils peuvent être entendus. Elle les informe de leur droit à être assisté du conseil de leur choix. ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'en matière de surveillance, les règlements européens imposent seulement l'établissement d'un rapport de surveillance, dont les règles de communication sont régies à l'article L. 946-5 du code rural et de la pêche maritime.

5. Il résulte de l'instruction que le procès-verbal d'infraction du 11 janvier 2021 a été dressé par un agent de l'unité littorale des affaires maritimes des Côtes-d'Armor dans le cadre d'une mission de survol aérien de la baie de Saint-Brieuc au cours de laquelle il a constaté, au moyen de méthodes de détection et d'identification, que le navire de M. L'Héréec pêchait la coquille Saint-Jacques dans une zone et à une période où elle est interdite. Il s'ensuit que la sanction prononcée à l'encontre de l'intéressé ne fait pas suite à une inspection, mais résulte d'une mission de surveillance, telle que définie par l'article 4 du règlement CE n° 1224/2009 et régie par les articles 92 et suivants du règlement d'exécution CE n° 404/2011 de la Commission européenne du 8 avril 2011. Dès lors, le moyen tiré de ce que la violation des dispositions relatives aux missions d'inspection prévues aux articles 115 et suivants du même règlement d'exécution aurait rendu la procédure irrégulière est inopérant en l'absence d'inspection.

6. Il résulte de l'instruction que M. L'Héréec s'est vu notifier, le 29 janvier 2021 par courrier de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) des Côtes-d'Armor, l'ouverture d'une procédure de sanction administrative à son encontre au titre de l'infraction constatée le 11 janvier 2021, qu'il a obtenu par le biais de son conseil la communication du rapport de surveillance et a présenté ses observations lors d'un entretien contradictoire qui s'est tenu le 30 avril 2021 auprès des services de la DDTM des Côtes-d'Armor. Il a ainsi pu présenter ses observations préalablement à la décision attaquée. Il suit de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.

7. Aux termes de l'article L. 946-1 du code rural et de la pêche maritime : " Indépendamment des sanctions pénales qui peuvent être prononcées et sous réserve de l'article L. 946-2, les manquements à la réglementation prévue par les dispositions du présent livre, les règlements de l'Union européenne pris au titre de la politique commune de la pêche et les textes pris pour leur application, (), et par les engagements internationaux de la France peuvent donner lieu à l'application par l'autorité administrative d'une ou plusieurs des sanctions suivantes : / 1° Une amende administrative égale au plus : () / b) A un montant de 1 500 € lorsque les dispositions du a ne peuvent être appliquées. () ; / 2° La suspension ou le retrait de toute licence ou autorisation de pêche ou titre permettant l'exercice du commandement d'un navire délivré en application de la réglementation ou du permis de mise en exploitation ; () ". Aux termes de l'article L. 942-1 du même code : " I. ' Sans préjudice des compétences des officiers et agents de police judiciaire, sont habilités à rechercher et à constater les infractions prévues et réprimées par le présent livre : () / 6° Les agents mentionnés aux 1° à 6° du I de l'article L. 205-1. " et du 6° du I de l'article L. 205-1 du même code : " () Sont également habilités à rechercher et à constater ces infractions lorsqu'elles concernent l'élevage, la pêche et la commercialisation des coquillages, les administrateurs, officiers du corps technique et administratif des affaires maritimes, ainsi que les fonctionnaires affectés dans les services exerçant des missions de contrôle dans le domaine des affaires maritimes sous l'autorité ou à la disposition du ministre chargé de la mer. ". Enfin, aux termes de l'article L. 942-11 du même code : " Les procès-verbaux signés par les agents mentionnés aux articles L. 942-1 et L. 942-2 font foi jusqu'à preuve contraire. ".

8. Les faits reprochés à M. L'Héréec ont été consignés dans un procès-verbal dressé le 11 janvier 2021 par un agent mentionné à l'article L. 942-1 du code rural et de la pêche maritime. Le procès-verbal mentionne que, ce même jour, à 11 heures 07, le navire présente un sillage caractéristique de navire pratiquant les arts traînants dans le secteur 3 du gisement de coquilles Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc, secteur fermé à la pêche de la coquille Saint-Jacques depuis le 28 octobre 2020 par décision n° 126-2020 du 27 octobre 2020 du comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Bretagne, que le navire est alors en traction, deux funes plongeant dans l'eau et les dragues à coquilles Saint-Jacques n'étant pas visibles, que de multiples sacs de coquilles Saint-Jacques sont entreposés sur le pont. À 11 heures 37, il est constaté que les dragues à coquilles Saint-Jacques sont remontées. En application de l'article L. 942-11 précité du code rural et de la pêche maritime, un tel document fait foi jusqu'à preuve du contraire, même s'il n'a pas été établi sur le lieu de l'infraction.

9. Il résulte de l'instruction que le navire de M. L'Héréec, survolé par un avion F-HUMM équipé d'un système de navigation GPS d'une précision avec marge d'erreur de 5 mètres, présentait des dragues immergées à 11 heures 07 et 11 heures 30 lors des survols, dans un secteur fermé à la pêche à la coquille Saint-Jacques, et que ces dragues remontées à 11 heures 37 ont alors pu être identifiées comme des dragues à coquilles Saint-Jacques. Par ailleurs, il lui était techniquement impossible d'opérer un changement de drague sans retour au port si bien que l'intéressé ne saurait soutenir qu'il réalisait une pêche à la praire, pour laquelle des dragues spécifiques sont requises, et ce quand bien même une amie, maître de conférences à l'Institut Universitaire Mer et Littoral atteste l'avoir mandaté pour pêcher 40 kg de praires pour ses travaux pratiques, que l'intéressé lui aurait livrés dans l'après-midi du 11 janvier 2021. Par ailleurs, M. L'Héréec indique dans son journal de pêche avoir pêché, sans retour au port entre 7 heures et 13 heures le 11 janvier 2021, 778 kg de coquilles Saint-Jacques, dont il ressort du récapitulatif de vente de la criée d'Erquy du même jour que 748 kg de coquilles Saint-Jacques et 38 kg de praires ont été vendus au nom du navire de l'intéressé. En se bornant à indiquer qu'il pêchait la praire et non la coquille, qu'aucun contrôle n'a été fait au port et qu'il n'était pas possible de mettre les dragues à l'eau à 11 heures 30 pour les relever à 11 heures 37, M. L'Héréec n'apporte aucun élément sérieux susceptible d'apporter la preuve du contraire de ce qui a été constaté au procès-verbal et ne conteste pas utilement la matérialité des faits qui lui sont reprochés. Le moyen tiré du défaut de matérialité des faits à l'origine de la sanction doit donc être écarté.

10. Aux termes du 1-c) de l'article 3 du règlement CE n° 1005/2008 du 29 septembre 2008 : " Un navire de pêche est présumé pratiquer la pêche INN [illicite non déclarée et non réglementée] s'il est démontré qu'il a, en violation des mesures de conservation et de gestion applicables dans la zone d'exercice de ces activités: () / c) pêché dans une zone d'interdiction, au cours d'une période de fermeture, en dehors de tout quota ou une fois le quota épuisé, ou au-delà d'une profondeur interdite ; () ". Aux termes du 1-a) de l'article 42 du même règlement : " 1. Aux fins du présent règlement, on entend par infractions graves : / a) les activités considérées comme de la pêche INN conformément aux critères établis à l'article 3 ; () ". Enfin, aux termes du 1er alinéa de l'article 44 du même règlement : " Les États membres veillent à ce que les personnes physiques ayant commis une infraction grave ou les personnes morales reconnues responsables d'une telle infraction fassent l'objet de sanctions administratives efficaces, proportionnées et dissuasives. ".

11. Il résulte, d'une part, des termes de l'article L. 946-1 du code rural et de la pêche maritime précité que l'autorité administrative a la possibilité d'infliger une ou plusieurs sanctions pour la même infraction et, d'autre part, des dispositions combinées des articles 3 et 42 précités du règlement CE n° 1005/2008 du 29 septembre 2008, que la pêche d'une espèce dans une zone et à une période où elle est interdite est constitutive d'une infraction grave. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que M. L'Héréec a déjà, par le passé, fait l'objet de sanctions administratives pour des infractions à la réglementation de la pêche à la coquille Saint-Jacques par décisions du préfet de la région Bretagne des 12 janvier 2010, 28 mars 2012, 3 juin 2013, 31 janvier 2014 et 20 novembre 2020. En outre, contrairement à ce qu'il soutient, les difficultés financières dont M. L'Héréec fait état ont été prises en compte par l'autorité administrative qui a réduit la durée de suspension de sa licence européenne de pêche de six à trois mois tel qu'il ressort de la comparaison de la notification d'engagement d'une procédure de sanction et de la décision finale de sanction des 24 et 26 novembre 2021. Ainsi, eu égard à l'objectif poursuivi de protection et de conservation du gisement de la baie de Saint-Brieuc, à la nécessité de sauvegarder les intérêts économiques de l'ensemble des producteurs de coquilles Saint-Jacques et les intérêts des consommateurs, et compte tenu du caractère répété des infractions commises par l'intéressé, la sanction prononcée doit être regardée comme proportionnée et ayant tenu compte de sa situation personnelle. Par suite, le moyen tiré du caractère disproportionné et impersonnel de la sanction doit être écarté.

12. Il résulte de ce qui précède que M. L'Héréec n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de sanction des 24 et 26 novembre 2021 prise à son encontre par le préfet de la région Bretagne.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante, il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête présentées sur ce fondement par M. L'Héréec.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. L'Héréec est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A L'Héréec et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Copie en sera adressée au préfet de la région Bretagne et à la direction interrégionale de la mer du Nord atlantique-Manche ouest.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Gosselin, président,

Mme Pottier, première conseillère,

M. Desbourdes, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.

Le président-rapporteur,

signé

O. Gosselin

L'assesseur le plus ancien,

signé

F. Pottier

La greffière,

signé

E. Douillard

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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