mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2106417 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Vice-Président 6 ème chambre |
| Avocat requérant | GARET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 16 décembre 2021 et 16 février 2022, M. A B représenté par Me Garet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2021 par lequel le préfet du Finistère a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois dans l'attente d'une décision judiciaire, ensemble la décision implicite du 19 décembre 2021 rejetant son recours gracieux du 19 octobre 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui restituer son permis de conduire dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir,
3°) de mettre à la charge de l'État, à verser à son conseil, la somme de 1 800 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- les examens prévus à l'article R.235-5 du code de la route n'ont pas été réalisés ;
- la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 févier 2022, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Descombes, vice-président en application de l'article R.222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 octobre 2021, M. B a été interpellé lors d'un contrôle de la brigade motorisée de la gendarmerie de Quimper sur le territoire de la commune de Plonevez-Porzay (29), dans le cadre d'une rave party sauvage. Le contrôle salivaire auquel il a été soumis a révélé qu'il conduisait son véhicule sous l'emprise de stupéfiants. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2021 par lequel le préfet du Finistère a suspendu son permis de conduire pour une durée de six mois, ensemble la décision implicite du 19 décembre 2021 rejetant son recours gracieux du 19 octobre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'incompétence du signataire :
2. Aux termes de l'article L. 224-7 du code de la route : " Saisi d'un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l'Etat dans le département où cette infraction a été commise peut, s'il n'estime pas devoir procéder au classement, prononcer à titre provisoire soit un avertissement, soit la suspension du permis de conduire ou l'interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n'en est pas titulaire. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme Catherine Merckx, secrétaire générale de la sous-préfecture de Brest, signataire de la décision contestée du 15 octobre 2021, disposait d'une délégation de signature du préfet du Finistère, par arrêté en date du 22 septembre 2021 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs n°29-2021-055 du 23 septembre 2021. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne l'insuffisance de motivation :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
5. La décision de suspension de permis du 15 octobre 2021 mentionne les articles du code de la route dont il est fait application, précise le lieu, la date et l'heure de la commission de l'infraction, sa nature et sa gravité ainsi que le danger que le conducteur représente pour la sécurité routière. Dès lors, la décision attaquée, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée, alors même que le préfet n'a pas répondu au recours gracieux du requérant en date du 19 octobre 2021. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la procédure contradictoire :
6. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 2112, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". L'article L. 121-2 du même code prévoit toutefois que " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelle. ". Aux termes de l'article L. 224-1 du code de la route : " I.- Les officiers et agents de police judiciaire retiennent à titre conservatoire le permis de conduire du conducteur : () /3° Lorsqu'il est fait application des dispositions de l'article L. 235-2, si les épreuves de dépistage se révèlent positives () ". Aux termes de l'article L. 224-2 du même code : " I. - Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heure heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1, ou dans les cent-vingt heures pour les infractions pour lesquelles les vérifications prévues aux articles L. 234-4 à L. 234-6 ont été effectuées, prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : () / 2° Il est fait application des dispositions de l'article L. 235-2 si les analyses ou examens médicaux, cliniques et biologiques établissent que le conducteur conduisait après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants () ".
7. Compte tenu des conditions particulières d'urgence dans lesquelles intervient la décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2-2° du code de la route, qui doit être prise dans les 120 heures et qui a pour objet de faire obstacle à ce qu'un conducteur ayant conduit après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants retrouve l'usage de son véhicule, le préfet peut légalement la prendre en se dispensant de procédure contradictoire en application du 1° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration.
8. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, que M. B a été intercepté commune de Plonevez-Porzay pour conduite d'un véhicule en ayant fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants. Ces circonstances étaient de nature à faire regarder le conducteur comme représentant un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route et pour lui-même. Dès lors, pour faire usage de la possibilité qu'il tenait du 2° de l'article L. 224-2 du code de la route de suspendre le permis de conduire de l'intéressé pour une durée de six mois, le préfet du Finistère, compte tenu du délai de 120 heures dans lequel s'exerçait son action, n'était donc pas tenue de suivre la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
En ce qui concerne la régularité de la procédure de constatation :
9. D'une part, si le requérant fait grief aux services de gendarmerie de ne pas avoir vérifié ses prélèvements salivaires conformément aux articles L.235-2 et R.235-5 du code de la route, ce moyen manque en fait puisque l'analyse toxicologique de la salive du requérant réalisée par le Service national de la police scientifique à Saint-Denis (93200) le 12 octobre 2022 a confirmé la présence de cocaïne et ces résultats, positifs, ont été adressés à la gendarmerie le 13 octobre 2021.
10. D'autre part, si M. B fait également grief aux services de gendarmerie de ne pas lui avoir proposé la possibilité de demander l'examen technique ou l'expertise prévu par l'article R.235-11 du code de la route, ce moyen manqué également en fait puisque le 10 octobre 2021 à 16h55, il a signé le " formulaire d'information d'une personne soupçonnée d'avoir conduit après avoir fait usage de produits ou plantes classés comme stupéfiant " et a coché la case "Je ne souhaite pas me réserver la possibilité de demander l'examen technique ou
l'expertise prévue par l'article R.235-11 ".
En ce qui concerne l'erreur d'appréciation :
11. Si M. B soutient qu'il a besoin de son permis de conduire pour des raisons personnelles et professionnelles, cette circonstance est sans incidence sur la décision contestée, dont la légalité ne peut être appréciée qu'au regard des dispositions législatives et réglementaires en vigueur.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2021, ensemble la décision implicite du 19 décembre 2021 rejetant son recours gracieux du 19 octobre 2021, doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. B réclame le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Finistère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
Le président-rapporteur
Signé
G. CLa greffière,
Signé
V. Le Boëdec
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
V. Le Boëdec
N°2106417
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026