lundi 16 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2106432 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS JURIS ARMOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire en production de pièces et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 17 décembre 2021, 2 janvier 2022 et 29 août 2023, Mme E D, représentée par Me Béguin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de Pleslin-Trigavou a rejeté sa demande du 6 septembre 2021 consistant à mettre en œuvre ses pouvoirs de police conférés par l'article L. 480-1 et suivants du code de l'urbanisme, à dresser un procès-verbal des infractions commises, à transmettre sans délai le procès-verbal afférent au procureur de la République assorti d'une demande de poursuite de M. C et à mettre en demeure ce dernier de procéder aux opérations nécessaires à la mise en conformité de la construction sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre à la commune de Pleslin-Trigavou de constater l'infraction et d'en dresser le procès-verbal puis de le transmettre au procureur de la République assorti d'une demande de poursuite dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pleslin-Trigavou la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire est en situation de compétence liée lorsqu'il a connaissance d'une infraction commise au titre des articles L. 480-4 et L. 610-1 du code de l'urbanisme ;
- les travaux d'extension de la construction ne sont pas conformes à la déclaration préalable accordée ;
- le maire n'a pas donné de suite favorable à sa demande.
Par un mémoire, enregistré le 24 juin 2022, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requérante ne démontre pas d'intérêt à agir au regard des travaux effectués et qu'au fond les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 30 septembre 2022, M. A C et Mme B C, représentés par Me Faure, concluent au rejet de la requête et à ce que Mme D soit condamnée à leur verser la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux dépens.
Ils font valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que la maire de Pleslin-Trigavou a pris une attestation de non contestation de la conformité des travaux qui est insusceptible de recours ;
- au fond, les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Terras, rapporteur ;
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;
- et les observations de Me Delagne, substituant Me Béguin, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Estimant que les travaux réalisés par M. et Mme C consistant en la construction d'une véranda d'une surface de plancher de 13 m2 sur leur habitation située au lieu-dit La Bitais sur le territoire de la commune de Pleslin-Trigavou n'étaient pas conformes à l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable délivré en juin 2016 par le maire de la commune, Mme D, voisine des pétitionnaires, a demandé au maire de la commune, par un courrier du 6 septembre 2021, de faire usage de ses pouvoirs de police issus des articles L. 480-1 et suivants du code de l'urbanisme. Par sa requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le maire a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. () / Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès- verbal. / Copie du procès-verbal constatant une infraction est transmise sans délai au ministère public. ".
En ce qui concerne le moyen relatif au caractère chauffé de la véranda :
3. Mme D reproche à M. et Mme C d'avoir réalisé au sein de la véranda une véritable pièce de vie chauffée qui fait office de cuisine. D'une part, il n'appartient pas aux autorisations d'urbanisme de régir les aménagements intérieurs d'une construction, qui pouvait donc être aménagée en cuisine. D'autre part, si l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable du 9 juin 2016 fait état d'une véranda non chauffée, aucune pièce du dossier déposé par les pétitionnaires ne faisait état d'un dispositif de chauffage dans la véranda projetée, dont l'interdiction ne fait pas l'objet d'une prescription dans l'arrêté de non-opposition pris par le maire. Si, enfin, les photographies produites au dossier montrent la présence d'un tel dispositif, celui-ci ne se situe pas dans la véranda construite mais dans la pièce adjacente. Le moyen soulevé est ainsi infondé.
En ce qui concerne le moyen relatif au nombre de châssis fixes :
4. Mme D soutient que la véranda construite ne comporte qu'une fenêtre opacifiée alors que les plans du dossier déposé en mairie prévoyaient que les deux fenêtres les plus proches de sa propriété seraient fixes et imprimées.
5. Il ressort toutefois du plan intitulé " DP 5 élévations projetées Sud-ouest " du dossier de déclaration qu'un seul châssis fixe avec vitrage imprimé était prévu sur la fenêtre la plus à gauche du projet et aucune autre pièce de ce dossier ne permet de dire, avec clarté, que cette obligation devait également concerner la fenêtre située à côté de ce châssis. La représentation graphique du dossier de déclaration est, sur ce point, insuffisamment précise pour conclure à l'existence d'une telle obligation. Le moyen soulevé n'est dès lors pas fondé.
6. Il résulte de ce qui précède que les travaux réalisés par M. et Mme C sont conformes à l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable qu'ils ont obtenu et ne révèlent aucune infraction au code de l'urbanisme. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées, les conclusions de Mme D à fin d'annulation de la décision par laquelle le maire de la commune a rejeté sa demande doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Pleslin-Trigavou, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la requérante la somme qu'elle demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme D le versement d'une somme au titre de ces mêmes dispositions.
DÉCIDE:
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. et Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D, à M. et Mme A et B C et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Côtes-d'Armor et à la commune de Pleslin-Trigavou.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2023.
Le rapporteur,
signé
F. Terras
Le président,
signé
F. Etienvre
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026