vendredi 22 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2106433 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BLANCHET MAGON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 décembre 2021 et 16 janvier 2023, Mme B A, représentée par Me Bouilland demande au tribunal :
1°) d'annuler le refus implicite du centre hospitalier Yves Le Foll de sa demande du 21 septembre 2021 de versement de la somme de 7475,19 € au titre de ses indemnités chômage ainsi que le versement pour l'avenir des indemnités ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier Yves Le Foll de lui verser toutes les sommes correspondantes aux indemnités chômage non perçues à la date de la décision ainsi que celles auxquelles elle a droit pour l'avenir ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier Yves Le Foll la somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de lui verser des indemnités chômage est contraire aux dispositions de l'article 72 de la loi du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique ;
- elle est contraire aux dispositions des articles 18 alinéa 3 et 20 du décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, à l'intégration et à certaines modalités de mise à disposition ;
- elle est contraire aux dispositions de l'article 2 du décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public ;
- elle a été placée en disponibilité d'office, faute d'emploi vacant, par une décision du 12 mars 2021 et a été privée de ressources ;
- elle a effectué une demande de prise en charge de ses indemnités auprès du centre hospitalier Yves Le Foll, lequel n'a pas fait droit à cette demande ;
- elle a perçu, entre février 2020 et février 2021, un revenu de près de 25 000 € et aurait dû percevoir la somme de 7475,19 € au titre des indemnités assurances.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2022, le centre hospitalier Yves Le Foll, représenté par Me Blanchet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de la santé publique ;
- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pottier,
- les conclusions de M. Met, rapporteur public,
- et les observations de Me Blanchet, représentant le CH Yves Le Foll.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 5424-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : / 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, les agents titulaires des collectivités territoriales ainsi que les agents statutaires des autres établissements publics administratifs ainsi que les militaires () ". Aux termes de l'article L. 5424-2 de ce code : " Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 assurent la charge et la gestion de l'allocation d'assurance. Ceux-ci peuvent, par convention conclue avec Pôle emploi, pour le compte de l'organisme mentionné à l'article L. 5427-1, lui confier cette gestion (). ".
2. Aux termes de l'article 2 du décret du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public : " Sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi : / () / 5° Les agents publics dont la relation de travail avec l'employeur a été suspendue, lorsqu'ils sont placés ou maintenus en disponibilité ou en congé non rémunéré en cas d'impossibilité pour cet employeur, faute d'emploi vacant, de les réintégrer ou de les réemployer. Toutefois, les personnels qui n'ont pas sollicité leur réintégration ou leur réemploi dans les délais prescrits ne sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi qu'à l'expiration d'un délai de même durée courant à compter de la date à laquelle ils présentent leur demande. / Lorsque les privations d'emploi mentionnées aux 1° à 3° interviennent au cours d'une période de suspension de la relation de travail avec l'employeur d'origine, les agents publics doivent justifier qu'ils n'ont pas été réintégrés auprès de leur employeur, par une attestation écrite de celui-ci. / Les agents publics mentionnés au 5° sont réputés remplir la condition de recherche d'emploi prévue à l'article L. 5421-3 du code du travail tant que leur réintégration ou leur réemploi est impossible, faute d'emploi vacant ".
3. Il résulte de ces dispositions combinées que les agents titulaires de la fonction publique hospitalière ont droit aux allocations d'assurance chômage dès lors qu'étant aptes au travail, ils peuvent être regardés comme ayant été involontairement privés d'emploi et à la recherche d'un emploi. Un agent ayant sollicité sa réintégration, qui était de droit à l'issue d'une période de détachement, dont la demande a été rejetée faute de poste vacant et qui n'a reçu aucune proposition en vue de son reclassement dans un emploi vacant correspondant à son grade, doit être regardé comme ayant été involontairement privé d'emploi.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme A, auxiliaire de puériculture de la fonction publique hospitalière placée en détachement depuis 2006 au sein de la communauté de communes Leff Armor communauté, et dont le détachement prenait fin au 12 mars 2021 selon l'arrêté de détachement du 10 mars 2020, a annoncé par courrier du 13 novembre 2020 au CH Yves Le Foll qu'il était mis fin à son détachement à compter du 13 mars 2021 et a demandé sa réintégration. Dès lors, il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait été mis fin de façon anticipée au détachement de Mme A qui a d'ailleurs perçu un traitement de la part de la communauté de communes jusqu'en mars 2021. Par ailleurs, Mme A, dont la fin du détachement était prévue au 12 mars 2021, a été placée en disponibilité d'office à compter du 13 mars 2021 par un arrêté du 12 mars 2021 du directeur du CH Yves Le Foll en l'absence d'emploi vacant. La circonstance qu'elle a été maintenue en disponibilité en dépit de sa demande de réintégration suffit à établir, non seulement qu'elle était involontairement privée d'emploi, mais aussi qu'elle était à la recherche d'un emploi au sens des dispositions précitées du code du travail. Par conséquent elle doit être regardée comme ayant été involontairement privée d'emploi aux termes des dispositions précitées.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision née du refus implicite du directeur du centre hospitalier Yves Le Foll de verser à Mme A l'allocation de retour à l'emploi doit être annulée.
6. En revanche, l'état de l'instruction ne permet pas de déterminer le montant exact des droits de Mme A. Il y a donc lieu de la renvoyer devant le centre hospitalier Yves Le Foll - lequel ne peut pas utilement se prévaloir, pour soutenir que la prise en charge de l'assurance chômage de Mme A relève de la communauté de communes Leff Armor Communauté, des dispositions de l'article L. 513-28 du code général de la fonction publique dans les prévisions desquelles n'entre pas la requérante dès lors que son détachement n'a pas pris fin de manière anticipée - pour que soit calculée et versée l'allocation d'aide au retour à l'emploi qui lui est due.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au directeur du centre hospitalier Yves Le Foll de verser à Mme A l'allocation de retour à l'emploi dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement sans qu'il soit besoin d'accompagner cette injonction d'une d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de la partie perdante les frais exposés par l'autre partie et non compris dans les dépens, il y a lieu de rejeter la demande présentée par le CH Yves Le Foll sur ce fondement.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CH Yves Le Foll la somme de 1500 euros à verser à Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de rejet par laquelle le directeur du centre hospitalier Yves Le Foll a refusé le bénéfice de l'allocation de retour à l'emploi à Mme A est annulée. Mme A est renvoyée devant le centre hospitalier Yves Le Foll pour que soit calculée et versée l'allocation d'aide au retour à l'emploi qui lui est due.
Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier Yves Le Foll de verser l'allocation de retour à l'emploi due à Mme A dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier Yves Le Foll versera à Mme A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier Yves Le Foll au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier Yves Le Foll.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Tronel, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme René, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
F. Pottier
Le président,
signé
N. Tronel
La greffière,
signé
E. Fournet
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026