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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2200304

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2200304

lundi 28 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2200304
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS LEXCAP

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 janvier, 22 avril et 28 octobre 2022 sous le numéro 2200304, Mme D A, représentée par Me Le Guen, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 35353 20 M0008 du 28 juin 2021 par lequel le maire de Vezin-le-Coquet a délivré aux sociétés Espacil Habitat et Nexity IR Programmes Bretagne un permis de construire valant division en vue de la construction de trois Bâtiments comprenant 67 logements et de l'édification d'une clôture, ensemble la décision du 18 novembre 2021 par laquelle il a rejeté son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Vezin-le-Coquet la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle dispose d'un intérêt à agir contre le permis de construire attaqué ;

- le permis de construire a été délivré en l'absence d'avis de l'architecte des Bâtiments de France ;

- le dossier de demande de permis de construire était insuffisant ;

- le permis de construire méconnaît les règles relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises ouvertes au public hors cours d'eau et voie ferrée ;

- il méconnaît les règles relatives à l'implantation des constructions par rapport aux cours d'eau ;

- il méconnaît les règles relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;

- il méconnaît les règles relatives à la hauteur des constructions ;

- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ainsi que les règles du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes relatives aux qualités architecturales des constructions ;

- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- le formulaire de demande d'autorisation était incomplet ;

- il ne mentionnait pas que les travaux devaient faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement ;

- le projet nécessitait la réalisation d'une évaluation environnementale ;

- le dossier de demande de permis de construire méconnaît l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires, enregistrés les 24 février, 18 juillet et 10 novembre 2022, la société Nexity IR Programmes Bretagne, représentée par Me Durand, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable à défaut pour Mme A de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par des mémoires, enregistrés le 7 avril, 2 août et 4 novembre 2022, la commune de Vezin-le-Coquet, représentée par Me Lahalle, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable à défaut pour Mme A de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 13 mai 2022, la société Espacil Habitat, représentée par Mes Bonnat et Costard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable à défaut pour Mme A de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens tirés de l'absence d'avis de l'architecte des Bâtiments de France et de la nécessité de réaliser une évaluation environnement sont inopérants ;

- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

II. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 janvier, 28 janvier, 25 avril, 12 juillet et 29 juillet 2022 sous le numéro 2200305, l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg, représentée par Me Paul, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° PC 35353 20 M0008 du 28 juin 2021 par lequel le maire de Vezin-le-Coquet a délivré aux sociétés Espacil Habitat et Nexity IR Programmes Bretagne un permis valant division en vue de la construction de trois Bâtiments comprenant 67 logements et l'édification d'une clôture, ensemble la décision du 18 novembre 2021 par laquelle il a rejeté son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Vezin-le-Coquet la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle dispose d'un intérêt à agir contre le permis de construire attaqué ;

- le permis de construire a été délivré sur la base d'un dossier de demande insuffisant ;

- il méconnaît l'article 2 du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole ;

- il méconnaît l'article 4.2 du même règlement ;

- il méconnaît l'article 6.1 du même règlement ;

- il méconnaît l'article 7 du même règlement ;

- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme ;

- il a été délivré en l'absence d'examen au cas par cas ;

- il a été délivré en l'absence de levée des réserves du commissaire-enquêteur.

Par des mémoires, enregistrés les 24 février, 18 juillet et 4 août 2022, la société Nexity IR Programmes Bretagne, représentée par Me Durand, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable à défaut pour l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par l'association ne sont pas fondés.

Par des mémoires, enregistrés les 7 avril et 2 août 2022, la commune de Vezin-le-Coquet, représentée par Me Lahalle, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable à défaut pour l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens par l'association ne sont pas fondés.

Par des mémoires, enregistrés les 20 mai et 26 juillet 2022, la société Espacil Habitat, représentée par Me Bonnat et Me Costard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable à défaut pour l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens soulevés par l'association ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code du patrimoine ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de la voirie routière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C ;

- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;

- et les observations de Me Leduc, représentant Mme A, de Me Le Franc, représentant l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg, de Me Cazo, représentant la commune de Vezin-le-Coquet, de Me Costard, représentant la société Espacil Habitat et de Me Pignet, représentant la société Nexity IR Programmes Bretagne.

Considérant ce qui suit :

1. Les sociétés Espacil Habitat et Nexity IR Programmes Bretagne ont déposé le 17 décembre 2020 une demande de permis de construire ayant pour objet la construction de trois bâtiments comprenant 67 logements et l'édification d'une clôture sur les parcelles cadastrées AD n° 191, 192, 193, 195, 370, 508, 509 et 510 à Vezin-le-Coquet. Par un arrêté du 28 juin 2021, le maire de Vezin-le-Coquet a délivré le permis de construire sollicité. Mme A d'une part, et l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg d'autre part, demandent au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que les décisions du 18 novembre 2021 par lesquelles le maire de Vezin-le-Coquet a rejeté leurs recours gracieux.

2. Les requêtes n° 2200304 et 2200305 ayant le même objet et présentant à juger des questions communes, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que les pétitionnaires ont mentionné dans la rubrique n° 6 du formulaire Cerfa de demande de permis de construire que le projet impliquerait la démolition totale de 14 logements. Dès lors, la circonstance que la superficie supprimée n'était pas précisée dans la rubrique n° 5.5 dudit formulaire n'a pas été de nature à induire en erreur l'autorité administrative sur la démolition effective des logements présents sur le terrain d'assiette du projet.

5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet s'insère, d'une part, dans un environnement bâti caractérisé par la présence de nombreux bâtiments inscrits au titre du patrimoine bâti d'intérêt local, et, d'autre part, dans un environnement paysagé caractérisé par la présence du parc de Boaré, classé en zone " Ne " du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole. Si la notice architecturale, en se bornant à mentionner que le terrain se situe au centre de l'agglomération actuelle et que l'environnement immédiat est essentiellement constitué de maisons individuelles (R+1+C) pour la plupart en bandes, n'indique pas la présence des éléments bâtis d'intérêt patrimonial, elle mentionne cependant la situation du terrain entre l'église et la zone boisée du parc, permettant ainsi au service instructeur, qui est également l'autorité ayant désigné les éléments patrimoniaux urbains, d'apprécier l'implantation du projet tant au regard de ces éléments de patrimoine architectural qu'au regard de la proximité du parc de Boaré. Par ailleurs, le dossier de demande de permis de construire comportait quatre documents graphiques visant à apprécier l'insertion du projet dans son environnement immédiat et faisant figurer le clocher de l'église et deux documents photographiques du terrain. Dans ces conditions, l'insuffisance sur ce point du dossier n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. Il en résulte que le moyen tiré du caractère insuffisant du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.

7. Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords. / La protection au titre des abords a le caractère de servitude d'utilité publique affectant l'utilisation des sols dans un but de protection, de conservation et de mise en valeur du patrimoine culturel. / II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. / La protection au titre des abords s'applique à toute partie non protégée au titre des monuments historiques d'un immeuble partiellement protégé. / La protection au titre des abords n'est pas applicable aux immeubles ou parties d'immeubles protégés au titre des monuments historiques ou situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable classé en application des articles L. 631-1 et L. 631-2. / Les servitudes d'utilité publique instituées en application de l'article L. 341-1 du code de l'environnement ne sont pas applicables aux immeubles protégés au titre des abords. ". Aux termes de l'article L. 621-32 du même code : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues aux articles L. 632-2 et L. 632-2-1 ". Aux termes de l'article L. 632-2 du même code : " () / Le permis de construire, le permis de démolir, le permis d'aménager, l'absence d'opposition à déclaration préalable, l'autorisation environnementale prévue à l'article L. 181-1 du code de l'environnement ou l'autorisation prévue au titre des sites classés en application de l'article L. 341-10 du même code tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, dans les conditions prévues au premier alinéa du présent I. / En cas de silence de l'architecte des Bâtiments de France, cet accord est réputé donné. () ".

8. En l'espèce, il ne ressort toutefois d'aucune pièce du dossier que le terrain d'assiette du projet se situerait aux abords d'un monument historique. Par suite, l'accord de l'architecte des Bâtiments de France n'était pas requis pour la réalisation du projet et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 621-30 du code du patrimoine doit être écarté comme inopérant.

9. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : () / k) S'il y a lieu, que les travaux doivent faire l'objet d'une dérogation au titre du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement ; () ". Aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'environnement : " I. - Lorsqu'un intérêt scientifique particulier ou que les nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient la conservation de sites d'intérêt géologique, d'habitats naturels, d'espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées et de leurs habitats, sont interdits : / 1° La destruction ou l'enlèvement des œufs ou des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l'enlèvement, la perturbation intentionnelle, la naturalisation d'animaux de ces espèces ou, qu'ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat ; / 2° La destruction, la coupe, la mutilation, l'arrachage, la cueillette ou l'enlèvement de végétaux de ces espèces, de leurs fructifications ou de toute autre forme prise par ces espèces au cours de leur cycle biologique, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur mise en vente, leur vente ou leur achat, la détention de spécimens prélevés dans le milieu naturel ; / 3° La destruction, l'altération ou la dégradation de ces habitats naturels ou de ces habitats d'espèces ; () ". Aux termes de l'article L. 411-2 du même code : " I.-Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions dans lesquelles sont fixées : () / 4° La délivrance de dérogation aux interdictions mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 411-1, à condition qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle () ".

10. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe à proximité du parc de Boaré, classé en zone " Ne " du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole. Toutefois, le terrain d'assiette du projet est situé en zone urbaine déjà construite comportant seulement des espèces végétales et animales propres aux milieux urbains. Le pré-diagnostic écologique établi le 9 avril 2022 dans le cadre de la présente instance par l'association Bretagne Vivante, association agréée au titre de l'environnement, se borne à faire état d'un potentiel d'accueil d'espèces protégées et suggère de vérifier l'absence de reptiles et d'amphibiens sur ledit site avant de conclure que la réalisation d'inventaires plus poussés est nécessaire pour évaluer l'impact du projet sur les espèces protégées. Dans ces conditions, Mme A n'établit pas que le projet nécessitait une dérogation sur le fondement du 4° de l'article L. 411-2 du code de l'environnement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme doit être écarté.

11. Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / a) L'étude d'impact ou la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas dispensant le projet d'évaluation environnementale ou, lorsqu'il s'agit d'une installation classée pour la protection de l'environnement pour laquelle une demande d'enregistrement a été déposée en application de l'article L. 512-7 du même code, le récépissé de la demande d'enregistrement. L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'urbanisme vérifie que le projet qui lui est soumis est conforme aux mesures et caractéristiques qui ont justifié la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas de ne pas le soumettre à évaluation environnementale ; () ". Aux termes de l'article R. 122-2 du code de l'environnement : " I. - Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau. () ". Le tableau annexé à cet article précise que sont soumis à examen au cas par cas les projets de : " a) Construction de routes classées dans le domaine public routier de l'Etat, des départements, des communes et des établissements publics de coopération intercommunale non mentionnées aux b) et c) de la colonne précédente. () " ainsi que les projets relatifs aux " a) Aires de stationnement ouvertes au public de 50 unités et plus ".

12. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que les parcelles cadastrées AD 195 et AD 510, sur lesquelles s'implantera une partie du projet, appartenaient initialement à la commune de Vezin-le-Coquet et que le rapport d'enquête public relatif au déclassement préalable au projet d'aliénation de ces parcelles prévoyait notamment qu'à l'issue du projet, la société Espacil Habitat rétrocèderait à titre gratuit à la commune les espaces de voirie ainsi que quinze places de stationnement. Toutefois, cette circonstance est sans incidence sur la légalité du permis de construire en litige dès lors que, par une délibération du 9 mars 2020, le conseil municipal de la commune de Vezin-le-Coquet a autorisé le déclassement desdites parcelles en vue de leur aliénation. Dans ces conditions, les requérantes ne peuvent soutenir que les voies de circulation internes du projet ainsi que les places de stationnement appartiendraient au domaine public de la commune de Vezin-le-Coquet et devaient, en conséquence, faire l'objet d'un examen au cas par cas. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.

13. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; () ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " La demande de permis de construire précise : () / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R 423-1 pour déposer une demande de permis ".

14. Il ressort des pièces du dossier que, dans la rubrique 8 du formulaire Cerfa, les pétitionnaires ont attesté avoir qualité pour demander l'autorisation d'urbanisme. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartenait pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction de la demande de permis, la validité de l'attestation établie par les demandeurs. Au demeurant, si l'association requérante soutient que le déclassement des parcelles litigieuses ne pouvait être effectué en l'état, il résulte toutefois des pièces du dossier que, par une délibération du 9 mars 2020, le conseil municipal de la commune de Vezin-le-Coquet a autorisé le déclassement desdites parcelles en vue de leur aliénation ainsi qu'il vient d'être dit. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.

15. Aux termes de l'article L. 141-3 du code de la voirie routière : " Le classement et le déclassement des voies communales sont prononcés par le conseil municipal. Ce dernier est également compétent pour l'établissement des plans d'alignement et de nivellement, l'ouverture, le redressement et l'élargissement des voies. / Les délibérations concernant le classement ou le déclassement sont dispensées d'enquête publique préalable sauf lorsque l'opération envisagée a pour conséquence de porter atteinte aux fonctions de desserte ou de circulation assurées par la voie. () ". Aux termes de l'article L. 141-4 du même code : " Lorsque les conclusions du commissaire enquêteur sont défavorables, le conseil municipal peut passer outre par une délibération motivée. ".

16. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'occasion de l'enquête publique préalable au déclassement des parcelles cadastrées AD 195 et AD 510, le commissaire-enquêteur a émis un avis réservé. Toutefois, cette circonstance est sans incidence sur la légalité du permis de construire attaqué dès lors que cette enquête publique ne portait que sur le déclassement des parcelles et non sur le projet autorisé par le permis de construire. Au demeurant, pour l'achèvement de la procédure de déclassement, la commune de Vezin-le-Coquet a, par une délibération du 9 mars 2020, motivé son choix de passer outre cette réserve. Par suite, le moyen tiré de l'absence de levée de la réserve émise par le commissaire-enquêteur doit être écarté comme inopérant.

17. Aux termes de l'article 1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole : " Les règles d'implantation s'appliquent dans toutes les zones. Des dispositions spécifiques à chaque zone viennent compléter les règles générales et alternatives par des normes ou des règles qualitatives. / L'implantation des constructions doit tenir compte à la fois des règles spécifiques à chaque zone et du contexte géographique et patrimonial dans lequel elles s'insèrent. () Cours d'eau / Les constructions agricoles et forestières respectent un recul minimal de 35 mètres par rapport à la berge des cours d'eau, sauf disposition différente au règlement graphique. / Les autres destinations, sauf disposition différente au règlement graphique, respectent un recul minimum par rapport à la berge des cours d'eau de : / - 5 mètres en zone U et 1AU / - 10 mètres en zone 2AU, A, N et NP. () / Autres voies et emprises ouvertes au public () / Pour les terrains aspectés sur plusieurs voies ou emprises ouvertes au public (*) (terrain d'angle, terrain " ilot ", terrain situé entre deux voies) les règles d'implantation peuvent ne s'appliquer que sur l'une des voies. () / 1.1 - Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises ouvertes au public hors cours d'eau et voie ferrée () / UA1c : un premier rang de construction s'implante à l'alignement (*) ou en recul jusqu'à 3 m maximum. Une fois le premier rang (*) réalisé, d'autres constructions peuvent s'implanter sur le terrain en second rang (*) dans le respect des implantations par rapport aux limites séparatives () / Tous secteurs : / - En bordure d'un espace vert ou d'un chemin piéton, l'implantation est libre. (). 1.2 - Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives / UA1c : Dans une bande d'implantation (*) d'une profondeur de 20 m, les constructions sont implantées en limite séparative ou en recul minimal de 3 m. / B de cette bande d'implantation (*), les constructions peuvent : / - s'implanter librement si elles sont à rez-de-chaussée ; / - B du rez-de-chaussée, l'implantation se fait en retrait de 3 m minimum des limites séparatives ; / - s'adosser en continuité des constructions voisines existantes. (). ".

18. Contrairement à ce que soutient Mme A, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la pièce intitulée " Plan des toitures " que les balcons du bâtiment A s'implanteront à 5,90 mètres des berges du cours d'eau, de sorte que les règles relatives à l'implantation des constructions par rapport aux cours d'eau imposant un recul de 5 mètres en zone urbaine n'ont pas été méconnues.

19. S'agissant du bâtiment " Maison Helena ", il ressort des pièces du dossier qu'il s'implantera à l'angle du contour de l'Eglise et de la rue du Portail. Dès lors, il résulte des dispositions précitées de l'article 1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole que les règles d'implantation des constructions peuvent ne s'appliquer que sur l'une de ces voies. En l'espèce, il ressort de la pièce intitulée " Maison Helena - Elévation Nord PC5 " que le bâtiment s'implantera à l'alignement du contour de l'Eglise de sorte qu'il respecte les règles relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises ouvertes au public hors cours d'eau et voie ferrée.

20. S'agissant du bâtiment B, il ressort des pièces du dossier qu'il s'implantera au nord à 1,67 mètres d'un chemin piéton ouvert à la circulation du public que le pétitionnaire envisage de réaménager, même si le débouché actuel ne permet pas une circulation facile, de sorte que les dispositions précitées de l'article 1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites parcelles ne lui sont pas applicables, le bâtiment pouvant au contraire s'implanter par rapport à ce chemin piéton.

21. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole doit être écarté en ses trois branches.

22. Aux termes de l'article 2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole : " La hauteur maximale des constructions est déterminée soit en mètre, soit en côte altimétrique NGf (IGN69), soit en nombre de niveaux, soit par combinaison de 2 unités de mesure. / La hauteur d'un niveau de construction se mesure du dessus du plancher bas au-dessous du plancher haut directement supérieur. (). Pour les zones U et AU, la hauteur (*) maximale des constructions est portée au règlement graphique (plan thématique "hauteur") à l'exception des constructions annexes (*) indiquées ci-après en 3.2 et de certaines dispositions spécifiques aux zones qui le précisent. () ". En l'espèce, le règlement graphique fixe la hauteur maximale des constructions à " R+2+A/C ". Par ailleurs, au titre des définitions, le rez-de-chaussée correspond au niveau dont au moins la moitié du volume est située au-dessus du terrain naturel ou du terrain aménagé.

23. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l' " étude des volumes enterrés ", que le premier niveau du bâtiment " Maison Helena " présente un volume au-dessus du terrain naturel de 692,96 mètres cubes et un volume en-dessous du terrain naturel de 869,43 mètres cubes. Ainsi, plus de la moitié du volume de ce niveau étant situé en-dessous du terrain naturel, ce niveau ne peut constituer le rez-de-chaussée de la construction. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole en ce que la construction comporterait un étage de trop doit être écarté.

24. Aux termes de l'article 4.2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole : " Afin de préserver les caractéristiques des espaces urbains existants, une attention particulière sera portée au sens des faîtages, au vocabulaire architectural des constructions déjà présentes dans la rue ou l'îlot. () ".

25. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet, qui s'insère dans un îlot caractérisé par un habitat de type pavillonnaire composé de toitures à deux pans, prévoit la création d'un attique au sommet du bâtiment " Maison Helena ", créant ainsi une toiture-terrasse. Si la requérante soutient que, dans ces circonstances, le projet ne respecte pas les caractéristiques architecturales des constructions avoisinantes, il ressort toutefois des plans des façades du bâtiment " Maison Helena " que le projet prévoit par ailleurs la construction d'un comble qui sera recouvert d'une toiture à deux pans de sorte qu'il n'est pas établi que le projet serait de nature à rompre avec les caractéristiques architecturales des constructions avoisinantes.

26. En second lieu, si le projet prévoit la réalisation de toitures en bac acier dans un secteur essentiellement caractérisé par des toitures en ardoise, il ressort néanmoins de la notice architecturale jointe au dossier de demande de permis de construire que ces éléments auront une teinte gris foncé similaire à la teinte des ardoises des toitures avoisinantes, de sorte que la requérante n'établit pas que le projet serait de nature à rompre avec l'harmonie existante.

27. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.2 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole doit être écarté en ses deux branches.

28. Aux termes de l'article 6.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Rennes métropole : " (). / Dans les zones U et 1AU : / Le terrain doit comporter au minimum les normes cumulatives suivantes : / - 1 arbre planté par tranche complète de 200 m² de surface de pleine terre (*). / - Les aires de stationnement des véhicules automobiles doivent faire l'objet d'un traitement paysager d'ensemble, y compris les délaissés. Elles comportent un arbre pour 4 emplacements de stationnement aérien et sont entourées de haies ou plantes arbustives à l'exception des aires de stationnement sur dalle pour lesquelles seul 1 arbre pour 4 emplacements de stationnement est exigé. Pour les parcs de stationnement sur dalle, les arbres sont plantés en pleine terre (*) à 5 mètres maximum de la limite de la dalle ou en bacs (volume d'1m3 de terre minimum) à l'exception des constructions dédiées uniquement au stationnement (parking silo, parking relai, ). () ".

29. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit d'une part, la plantation de sept arbres pour le lot n° 1 présentant une surface de 391 mètres carrés de pleine terre et, d'autre part, la plantation de neuf arbres pour le lot n° 2 présentant une surface de 590 mètres carrés de pleine terre. Si la requérante soutient que les cheminements du cœur d'ilot ainsi que les places de stationnement aérien auraient dû être comptabilisés dans l'emprise végétalisée, il ressort toutefois de la notice architecturale que, s'agissant des cheminements, ces espaces seront réalisés en béton coulé de sorte qu'ils seront entièrement imperméables et que, s'agissant des places de stationnement, elles seront réalisées en pavés joints gazon et seront donc semi-perméables. Dès lors, les dispositions précitées de l'article 6.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole ne s'appliquant qu'aux surfaces de pleine terre, les cheminements et places de stationnement aérien n'avaient pas à être comptabilisées dans l'emprise végétalisée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole doit être écarté.

30. Aux termes de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole : " Stationnement automobile / Les règles de stationnement varient selon les secteurs géographiques et les destinations des constructions. () / Les emplacements de stationnement sont réalisés sur le terrain du projet ou sur un terrain à moins de 300 m du terrain du projet pour la destination Habitation et à moins de 500 m du terrain du projet pour les autres destinations. / Un plan au règlement graphique définit les périmètres d'application des normes indiquées ci-dessous et précise les normes applicables. () / Stationnement vélo / Les règles de stationnement varient selon les secteurs géographiques et les destinations des constructions. () / La surface minimale d'un emplacement vélo s'établit à 1,5 m² sauf dans les cas suivants : / - garage commun automobile plus deux-roues : voir règle de stationnement automobile ; / - par tranche complète de 20 emplacements vélos, l'un des emplacements réalisés correspond à une surface minimale de 3 m² à l'exception des logements locatifs financés par un prêt aidé ou agréé par l'État pour lesquels il s'agit d'une recommandation. / Pour la destination Habitation, la surface minimale des espaces de stationnement comprend la surface affectée aux emplacements vélo exigés selon les secteurs de stationnement à laquelle s'ajoutent les espaces de manœuvres et de circulation nécessaires à l'exception des logements locatifs financés par un prêt aidé ou agréé par l'État pour lesquels il s'agit d'une recommandation. () ". En secteur 4, le plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole impose, d'une part, la création d'une place de stationnement automobile par logement locatif financé par un prêt aidé ou agréé par l'Etat (LLS) et de 1,5 place de stationnement automobile par autre logement (AL) et, d'autre part, la création d'un emplacement vélo par logement.

31. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création de 67 logements, dont 24 logements locatifs sociaux. Ainsi, le plan local d'urbanisme de Rennes métropole impose la création de 89 places de stationnement automobile. En l'espèce, le projet prévoit la création de 63 places de stationnement souterrain et 27 places de stationnement aérien, soit un total de 90 places de stationnement automobile. S'il est constant que le rapport d'enquête public relatif au déclassement préalable au projet d'aliénation des parcelles cadastrée AD 195 et AD 510 prévoyait notamment qu'à l'issue du projet, la société Espacil Habitat rétrocèderait à titre gratuit à la commune les espaces de voirie ainsi que 15 places de stationnement, cette éventualité est sans incidence sur la légalité la décision de permis de construire en litige dès lors que les places de stationnement seront effectivement créées sur le terrain d'assiette du projet.

32. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que pour le bâtiment " Maison Helena ", composé de 24 logements locatifs sociaux, le projet prévoit la création de trois locaux réservés aux vélos d'une superficie totale de 50,85 mètres carrés. Dès lors, le plan local d'urbanisme de Rennes métropole imposant seulement en l'espèce la création d'une surface minimale affectée aux emplacements vélo de 36 mètres carrés, la circonstance que le nombre de places de stationnement pour vélo affectées audit bâtiment ne soit pas précisée dans la notice architecturale jointe au dossier de demande de permis de construire est sans incidence sur la conformité du projet aux règles relatives au stationnement vélo.

33. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole doit être écarté en ses deux branches.

34. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

35. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le bâtiment " Maison Helena " serait implanté à proximité d'un puits en méconnaissance du règlement sanitaire départemental ni qu'il serait de nature à causer des dommages à la nappe phréatique.

36. Par ailleurs, si Mme A, en se fondant sur le pré-diagnostic écologique réalisé par l'association Bretagne Vivante produit dans le cadre de la présente instance, soutient que le projet serait de nature à impacter une potentielle zone humide il ressort néanmoins des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet n'est pas répertorié dans l'inventaire des zones humides et des cours d'eau du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes métropole. Au demeurant, en se bornant seulement à faire état de cette possibilité, sans apporter de précision sur la nature ou l'étendue des potentielles atteintes, Mme A n'établit pas que le projet aurait dû être refusé ou assorti de prescriptions spéciales.

37. Enfin, il ressort des pièces du dossier que l'accès au terrain d'assiette du projet se fera depuis la rue du Portail. Si cette voie constitue une impasse, elle présente néanmoins un dimensionnement ainsi qu'une visibilité suffisants pour permettre la circulation des véhicules dans des conditions compatibles avec la sécurité de ses usagers. En outre, il est constant que le contour de l'Eglise, qui dessert la rue du Portail, est une voie à sens unique réduisant de ce fait le risque d'accident. Dès lors, en se bornant à soutenir que projet s'implantera à proximité d'une école maternelle, l'association requérante, qui au demeurant reconnait la présence d'une signalétique spécifique sur le contour de l'église, n'établit pas que le projet conduira à une augmentation significative de la circulation dans le secteur et présenterait un risque pour la sécurité des usagers.

38. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

39. Aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement ".

40. Il ressort des pièces du dossier que projet s'insère dans un environnement paysager caractérisé notamment par la proximité du parc de Boaré, classé en zone " Ne " du plan local d'urbanisme intercommunal de Rennes Métropole. Néanmoins, en se bornant à faire état de la potentielle présence d'espèces protégées sur le site du projet, qui au demeurant est déjà urbanisé et comporte une douzaine d'habitations, l'association requérante n'établit pas que le projet, par son importance, sa situation ou sa destination, serait de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement et nécessiterait l'observation de prescriptions spéciales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme doit être écarté.

41. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

42. En l'espèce, si le projet s'insère dans un environnement bâti et paysager caractérisé notamment par la présence de nombreux bâtiments inscrits au titre du patrimoine bâti d'intérêt local, il ressort toutefois des pièces du dossier que ce secteur comporte également des constructions plus récentes ne présentant pas d'intérêt architectural particulier. Par ailleurs, les constructions envisagées seront d'une couleur dominante proche de celle de l'église voisine. Dès lors, la seule circonstance qu'une partie du projet s'implantera à moins de dix mètres d'une église classée trois étoiles au titre du patrimoine bâti d'intérêt local n'est pas de nature à établir qu'au regard de son architecture, de ses dimensions et de son implantation par rapport à la voie publique, il ne s'intégrerait pas à l'environnement bâti existant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté.

43. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que Mme A et l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg ne sont pas fondées à demander l'annulation de l'arrêté du 28 juin 2021 par lequel le maire de Vezin-le-Coquet a délivré aux sociétés Espacil Habitat et Nexity IR Programmes Bretagne un permis valant division en vue de la construction de trois bâtiments comprenant 67 logements et l'édification d'une clôture, ensemble les décisions du 18 novembre 2021 par lesquelles il a rejeté leurs recours gracieux.

Sur les frais liés au litige :

44. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Vezin-le-Coquet, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme A ainsi qu'à l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg les sommes que celles-ci réclament au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

45. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme de 500 euros à verser à la commune de Vezin-le-Coquet, une somme de 500 euros à verser à la société Espacil Habitat et une somme de 500 euros à verser à la société Nexity IR Programmes Bretagne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a également lieu de mettre à la charge de l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg une somme de 500 euros à verser à la commune de Vezin-le-Coquet, une somme de 500 euros à verser à la société Espacil Habitat et une somme de 500 euros à verser à la société Nexity IR Programmes Bretagne au même titre.

DÉCIDE :

Article 1er : Les requêtes n° 2200304 de Mme A et 2200305 de l'association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg sont rejetées.

Article 2 : Mme A versera la somme de 500 euros à la commune de Vezin-le-Coquet, la somme de 500 euros à la société Espacil Habitat et la somme de 500 euros à la société Nexity IR Programmes Bretagne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : L'association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg versera la somme de 500 euros à la commune de Vezin-le-Coquet, la somme de 500 euros à la société Espacil Habitat et la somme de 500 euros à la société Nexity IR Programmes Bretagne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à l'Association Vezinoise pour un Développement Maîtrisé du Bourg, à la commune de Vezin-le-Coquet, à la société Espacil Habitat et à la société Nexity IR Programmes Bretagne.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Gosselin, président,

Mme Pottier, première conseillère,

Mme Gourmelon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.

Le président-rapporteur,

signé

O. CL'assesseur le plus ancien,

signé

F. Pottier

La greffière,

signé

E. Douillard

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2200304, 2200305

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