jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2200588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 février et 1er septembre 2022, M. A B, Mme et M. D et Vincent C et Mme et M. D et Daniel F, représentés par Me Dubreuil demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté par lequel le maire de Pleneuf-Val-André du 4 août 2021 a accordé à la SCI Domaine Le Roc Fleuri un permis d'aménager pour la création d'un lotissement de 9 lots libres sur un terrain de 6 535 mètres carrés sis Allée Jean Bart et la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt pour agir en qualité de voisins du projet, les lotissements seront visibles depuis la propriété des requérants ;
- la procédure est irrégulière en raison de l'absence d'étude d'impact et en raison d'absence de l'avis de l'autorité environnementale exemptant le projet d'étude d'impact en méconnaissance de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ; les dispositions de l'article R. 122-2 du même code n'étant pas compatibles avec les dispositions de la directive européenne du 13 décembre 2011 ; le projet exigeait une évaluation environnementale ou une saisine de l'autorité environnementale ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme ;
- elle méconnait le SCOT du pays de Saint-Brieuc ;
- au regard de la jurisprudence l'extension de l'urbanisation dans cet espace proche du rivage ne peut être regardée comme limitées au regard de son implantation, de son importance, de sa densité et de la destination des constructions ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme ;
- la décision est entachée d'illégalité par voie d'exception de l'illégalité du plan local d'urbanisme en ce qu'il n'a pas classé les boisements situés sur la parcelle en espace boisé classé, en ce qu'il méconnait le principe de non-régression inscrit à l'article L. 110-1 du code de l'environnement et le principe d'équilibre inscrit à l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2022, la SCI Domaine le Roc Fleuri, représenté par la Société d'avocats Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. B, de M. et Mme C et de M. et Mme F.
Elle fait valoir que les moyens présentés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2022, la commune de Pleneuf-Val-André, représentée par la Selarl Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B, de M. et Mme C et de M. et Mme F.
Elle fait valoir que les moyens présentés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de Mme Touret, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dubreuil, représentant M. B et autres, de Me Lapprand, représentant la commune de Pléneuf-Val-André et de Me Cazo, représentant la SCI Domaine Le Roc Fleuri.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 4 août 2021, le maire de Pléneuf-Val-André a accordé à la SCI Domaine Le Roc Fleuri un permis d'aménager pour la création d'un lotissement de 9 lots libres sur un terrain de 6 535 mètres carrés sur des parcelles situées allée Jean Bart. M. B, Mme et M. C, et Mme et M. F, qui ont présenté un recours gracieux, qui a fait l'objet d'un rejet implicite, demandent l'annulation dudit arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence d'étude d'impact et de saisine de l'autorité environnementale :
2. Aux termes de l'article 4 de la directive 2011/92/UE du 13 décembre 2011 que :
" () / 2. Sous réserve de l'article 2, paragraphe 4, pour les projets énumérés à l'annexe II, les États membres déterminent si le projet doit être soumis à une évaluation conformément aux articles 5 à 10. Les États membres procèdent à cette détermination: a) sur la base d'un examen cas par cas; ou b) sur la base des seuils ou critères fixés par l'État membre. Les États membres peuvent décider d'appliquer les deux procédures visées aux points a) et b). ". L'annexe II de la même directive liste les projets visés à l'article 4 paragraphe 2 au titre desquels figurent : " / 10. Projets d'infrastructure / b) Travaux d'aménagement urbain, y compris la construction de centres commerciaux et de parkings; () ". L'annexe III de la directive 2011/92/UE du 13 décembre 2011 définit pour sa part les " critères visant à déterminer si les projets figurant à l'annexe II devraient faire l'objet d'une évaluation des incidences sur l'environnement " : / 1. Caractéristiques des projets : Les caractéristiques des projets doivent être considérées notamment par rapport: a) à la dimension et à la conception de l'ensemble du projet; b) au cumul avec d'autres projets existants et/ou approuvés; c) à l'utilisation des ressources naturelles, en particulier le sol, les terres, l'eau et la biodiversité; d) à la production de déchets; e) à la pollution et aux nuisances; / f) au risque d'accidents et/ou de catastrophes () ; / g) aux risques pour la santé humaine (dus, par exemple, à la contamination de l'eau ou à la pollution atmosphérique). / 2. Localisation des projets : / La sensibilité environnementale des zones géographiques susceptibles d'être affectées par le projet doit être considérée en prenant notamment en compte: a) l'utilisation existante et approuvée des terres; / b) la richesse relative, la disponibilité, la qualité et la capacité de régénération des ressources naturelles de la zone (y compris le sol, les terres, l'eau et la biodiversité) et de son sous-sol; c) la capacité de charge de l'environnement naturel, en accordant une attention particulière aux zones suivantes: i) zones humides, rives, estuaires; ii) zones côtières et environnement marin; iii) zones de montagnes et de forêts; iv) réserves et parcs naturels; v) zones répertoriées ou protégées par la législation nationale; zones Natura 2000 désignées par les États membres en vertu des directives 92/43/CEE et 2009/147/CE; / vi) zones ne respectant pas ou considérées comme ne respectant pas les normes de qualité environnementale fixées par la législation de l'Union et pertinentes pour le projet; vii) zones à forte densité de population; viii) paysages et sites importants du point de vue historique, culturel ou archéologique. / 3. Type et caractéristiques de l'impact potentiel : / () ".
3. Tout justiciable peut se prévaloir, à l'appui d'un recours dirigé contre un acte administratif non réglementaire, des dispositions précises et inconditionnelles d'une directive, lorsque l'Etat n'a pas pris, dans les délais impartis par celle-ci, les mesures de transposition nécessaires. Les dispositions du paragraphe 2 de l'article 4 de la directive précitée du 13 décembre 2011 qui prescrivent aux Etats membres, pour les projets soumis à l'annexe II, au nombre desquels figurent les projets d'aménagement urbain, de déterminer si l'évaluation des incidences potentielles d'un tel projet sur l'environnement avant qu'il ne soit autorisé doit être effectuée sur la base d'un examen au cas par cas ou sur la base de seuils ou critères fixés par l'Etat membre, qui laissent aux Etats membres le soin de choisir entre ces différentes formalités, ne créent pas d'obligation inconditionnelle de soumettre tout projet d'aménagement urbain à évaluation environnementale. Par suite, ces dispositions ne sont pas directement invocables devant le juge administratif et les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en ne prescrivant pas une étude d'impact, l'autorité administrative aurait méconnu les dispositions de la directive.
4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 122-1 du code de l'environnement, dans sa version en vigueur à la date de l'arrêté attaqué : " () / II. Les projets qui, par leur nature, leur dimension ou leur localisation, sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement ou la santé humaine font l'objet d'une évaluation environnementale en fonction de critères et de seuils définis par voie réglementaire et, pour certains d'entre eux, après un examen au cas par cas effectué par l'autorité environnementale. () ". Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : a) L'étude d'impact ou la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas dispensant le projet d'évaluation environnementale lorsque le projet relève du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement (). / L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'urbanisme vérifie que le projet qui lui est soumis est conforme aux mesures et caractéristiques qui ont justifié la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas de ne pas le soumettre à évaluation environnementale. ".
5. Aux termes de l'article R. 122-2 du code de l'environnement : " I.- Les projets relevant d'une ou plusieurs rubriques énumérées dans le tableau annexé au présent article font l'objet d'une évaluation environnementale, de façon systématique ou après un examen au cas par cas, en application du II de l'article L. 122-1, en fonction des critères et des seuils précisés dans ce tableau. () ". Aux termes de l'article R. 122-3-1 de ce même code : " I. - Pour les projets relevant d'un examen au cas par cas en application de l'article R. 122-2, le maître d'ouvrage décrit les caractéristiques de l'ensemble du projet, y compris les éventuels travaux de démolition, les incidences notables que son projet est susceptible d'avoir sur l'environnement et la santé humaine ainsi que, le cas échéant, les mesures et les caractéristiques du projet destinées à éviter ou réduire ses probables effets négatifs notables. Il mentionne, le cas échéant, les termes des plans ou programmes pertinents relatifs aux mesures et caractéristiques des projets susceptibles d'être retenues ou mises en œuvre pour éviter ou réduire les effets négatifs de projets sur l'environnement ou la santé humaine.. () / IV..-L'autorité chargée de l'examen au cas par cas apprécie, dans un délai de trente-cinq jours à compter de la date de réception du formulaire complet, sur la base des informations fournies par le maître d'ouvrage, si les incidences du projet sur l'environnement et la santé humaine sont notables au regard des critères pertinents de l'annexe III de la directive 2011/92/ UE du 13 décembre 2011. () ".
6. Si le Conseil d'Etat, par sa décision n° 425424 du 15 avril 2021, a annulé les dispositions du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement en ce qu'elles excluaient systématiquement l'obligation de produire une étude d'impact pour les projets dont la surface se trouvait en-dessous d'un seuil, cette circonstance n'est pas à elle seule de nature à établir qu'en l'espèce, et en application des dispositions précitées des articles L. 122-1 et R. 431-16 du code de l'environnement, le projet litigieux était par sa nature, sa dimension ou sa localisation, susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement ni, donc, qu'une étude d'impact environnementale était nécessaire. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que dossier que le projet litigieux porte sur la construction d'un lotissement constitué de neuf lots d'une surface de 6 535 mètres carrés et d'une surface de plancher de 2 750 mètres carrés, situé en zone résidentielle et en prolongement d'agglomération à plus de 100 mètres du rivage de la mer. Le terrain d'assiette de ce projet, quand bien même il est situé en zone côtière, se trouve à proximité d'une zone classée ZNIEFF, d'un site classé Natura 2000 et d'un cairn classé monument historique, est presque complètement entouré de parcelles supportant déjà des habitations et se situe ainsi en zone urbanisée. Par suite, compte tenu de ses dimensions modestes et de sa localisation, ce projet d'aménager neuf lots constituant une surface de plancher de moins de 3 000 mètres carrés, n'imposait ni d'effectuer l'étude impact visée par les dispositions précitées de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, ni de saisir l'autorité environnementale pour avis. Enfin, la circonstance qu'un autre projet d'urbanisation ait été autorisé à proximité des parcelles d'assiette du projet et par un arrêté postérieur à l'arrêté attaqué est sans incidence sur l'appréciation de l'impact environnemental du projet litigieux. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du code de l'environnement doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme de la commune :
7. Aux termes de l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme : " Sous réserve de l'application des articles L. 600-12-1 et L. 442-14, l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale a pour effet de remettre en vigueur le schéma de cohérence territoriale, le plan local d'urbanisme, le document d'urbanisme en tenant lieu ou la carte communale immédiatement antérieur. ". Aux termes son article L. 600-12-1 : " L'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'un document d'urbanisme en tenant lieu ou d'une carte communale sont par elles-mêmes sans incidence sur les décisions relatives à l'utilisation du sol ou à l'occupation des sols régies par le présent code délivrées antérieurement à leur prononcé dès lors que ces annulations ou déclarations d'illégalité reposent sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet. () ".
8. Il résulte de l'article L. 600-12-1 du code de l'urbanisme que l'annulation ou la déclaration d'illégalité d'un document local d'urbanisme n'entraine pas l'illégalité des autorisations d'urbanisme délivrées lorsque cette annulation ou déclaration d'illégalité repose sur un motif étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet en cause. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de l'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours contre une autorisation d'urbanisme, de vérifier d'abord si l'un au moins des motifs d'illégalité du document local d'urbanisme est en rapport direct avec les règles applicables à l'autorisation d'urbanisme. Un vice de légalité externe est étranger à ces règles, sauf s'il a été de nature à exercer une influence directe sur des règles d'urbanisme applicables au projet. En revanche, sauf s'il concerne des règles qui ne sont pas applicables au projet, un vice de légalité interne ne leur est pas étranger. Lorsqu'un motif d'illégalité non étranger aux règles d'urbanisme applicables au projet est susceptible de conduire à remettre en vigueur tout ou partie du document local d'urbanisme immédiatement antérieur, le moyen tiré de l'exception d'illégalité du document local d'urbanisme à l'appui d'un recours en annulation d'une autorisation d'urbanisme ne peut être utilement soulevé que si le requérant soutient également que cette autorisation méconnaît les dispositions pertinentes ainsi remises en vigueur.
9. Aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements ". Il résulte de ces dispositions qu'un classement en espace boisé n'est subordonné ni à la valeur du boisement existant, ni même à l'existence d'un tel boisement.
10. Par ailleurs aux termes de l'article L. 121-27 du même code : " Le plan local d'urbanisme classe en espaces boisés, au titre de l'article L. 113-1, les parcs et ensembles boisés existants les plus significatifs de la commune ou du groupement de communes, après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites ". La protection instituée par ces dispositions ne s'applique qu'au travers du classement en espace boisé, par les plans locaux d'urbanisme, des parcs et ensembles boisés existants les plus significatifs. À ce titre, l'obligation de classement prévue par ces dispositions impose d'examiner si les boisements en cause font partie des parcs et ensembles boisés les plus significatifs à l'échelle du territoire couvert par le plan local d'urbanisme.
11. Les requérants font valoir que, par un arrêt n° 20NT00061 du 12 janvier 2021, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé partiellement le plan local d'urbanisme de la commune de Pléneuf-Val-André en tant qu'il ne classait pas le parc de l'Amirauté en espace boisé classé, et en tant qu'il portait classement en zone UH des lieux-dits Saint-Mathurin et du Temple. Toutefois, d'une part, ces terrains ne constituent pas l'assiette du projet litigieux, de sorte que cette annulation est sans incidence sur la légalité de l'autorisation d'urbanisme contestée. D'autre part, ces circonstances ne sont nullement de nature à démontrer l'illégalité du plan local d'urbanisme en ce qu'il ne porte pas classement en espace boisé classé des parcelles d'assiette du projet, dont il n'est pas démontré qu'elles présenteraient les mêmes particularités que le parc de l'Amirauté qui selon l'expert cité par la cour administrative d'appel dans l'arrêt précité, constituait un patrimoine arboré centenaire, " tout à fait remarquable " et présentant " une architecture, un développement et une diversité botanique peu communs ". En outre, si les requérants font valoir que les falaises de Piegu et leurs abords comprennent d'autres espaces boisés qui contribuent à la qualité paysagère du site, cette seule circonstance ne suffit pas à identifier le bois situé sur les parcelles d'assiette du projet comme relevant d'un ensemble boisé significatif devant entrainer son classement en espace boisé classé sous peine d'illégalité.
12. Aux termes de l'article L. 110-1 du code de l'environnement alors applicable : " Les espaces, ressources et milieux naturels, les sites et paysages, la qualité de l'air, les espèces animales et végétales, la diversité et les équilibres biologiques auxquels ils participent font partie du patrimoine commun de la nation. () / II.- Leur connaissance, leur protection, leur mise en valeur, leur restauration, leur remise en état et leur gestion sont d'intérêt général et concourent à l'objectif de développement durable qui vise à satisfaire les besoins de développement et la santé des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Elles s'inspirent, dans le cadre des lois qui en définissent la portée, des principes suivants : () / 9° Le principe de non-régression, selon lequel la protection de l'environnement, assurée par les dispositions législatives et réglementaires relatives à l'environnement, ne peut faire l'objet que d'une amélioration constante, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment () ".
13. L'édiction du contenu d'un document d'urbanisme, et notamment la délimitation des zones naturelles et des espaces boisés classés, est entièrement régie par les dispositions législatives prévues au titre V du livre premier de la partie législative du code de l'urbanisme dont, en particulier, l'article L. 153-31 prévoit la possibilité d'une réduction des espaces boisés classés en l'assortissant de garanties procédurales. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 110-1 du code de l'environnement par le plan local d'urbanisme de la commune de Pléneuf-Val-André modifié en 2016 est inopérant et doit être écarté.
14. Aux termes de l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme dispose, dans sa version applicable au litige : " Dans le respect des objectifs du développement durable, l'action des collectivités publiques en matière d'urbanisme vise à atteindre les objectifs suivants : / 1° L'équilibre entre : / a) Les populations résidant dans les zones urbaines et rurales ; / b) Le renouvellement urbain, le développement urbain maîtrisé, la restructuration des espaces urbanisés, la revitalisation des centres urbains et ruraux ; / c) Une utilisation économe des espaces naturels, la préservation des espaces affectés aux activités agricoles et forestières et la protection des sites, des milieux et paysages naturels ; / d) La sauvegarde des ensembles urbains et la protection, la conservation et la restauration du patrimoine culturel ; / e) Les besoins en matière de mobilité. ".
15. Il ressort des pièces du dossier que les zones urbaines représentaient 24 % de la surface de la commune au plan local d'urbanisme de 2016, contre 23 % en 2004 et que les surfaces agricoles et naturelles représentant 1 263 hectares au PLU de 2004, ont été réduites de 5 hectares pour passer à 1 258 hectares en 2016. Le zonage du plan local d'urbanisme ne méconnait donc pas par le principe d'équilibre visé par l'article L. 101-2 du code de l'urbanisme et doit être regardé comme relevant d'un développement urbain maitrisé économe en espaces naturels. Il en résulte que le moyen tiré de l'exception d'illégalité des dispositions applicables du plan local d'urbanisme de Pléneuf-Val-André doit être écarté.
16. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'exception d'illégalité du plan local d'urbanisme de la commune en vigueur à la date de l'autorisation attaquée doit, sans examiner la conformité du projet au règlement du plan local d'urbanisme antérieur, être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme :
17. Aux termes de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme : " L'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage ou des rives des plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement est justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme, selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau. / Toutefois, ces critères ne sont pas applicables lorsque l'urbanisation est conforme aux dispositions d'un schéma de cohérence territoriale ou d'un schéma d'aménagement régional ou compatible avec celles d'un schéma de mise en valeur de la mer. () ".
18. Il résulte de ces dispositions qu'une opération conduisant à étendre l'urbanisation d'un espace proche du rivage ne peut être légalement autorisée que si elle est de caractère limité. Toutefois, une opération qu'il est projeté de réaliser en agglomération ou, de manière générale, dans des espaces déjà urbanisés ne peut être regardée comme une " extension de l'urbanisation " au sens de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme que si elle conduit à étendre ou à renforcer de manière significative l'urbanisation de quartiers périphériques ou si elle modifie de manière importante les caractéristiques d'un quartier, notamment en augmentant sensiblement la densité des constructions. En revanche, la seule réalisation, dans un quartier urbain, d'un ou plusieurs bâtiments qui est une simple opération de construction ne peut être regardée comme constituant une extension au sens de la loi.
19. En l'espèce il ressort du dossier que le projet d'aménagement de 9 lots porte sur des parcelles non construites situées au sein d'une zone déjà urbanisée de type résidentielle et classée 1AUc par le plan local d'urbanisme, entourées à l'ouest, au sud et à l'est de parcelles supportant des habitations au sein d'une zone urbanisée. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le terrain ne serait pas situé en zone urbanisée. Le projet litigieux relevant ainsi d'une densification urbaine, il ne constitue pas une extension de zone urbanisée au sens des dispositions précitées de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme, et n'a pas, à ce titre, à être conforme aux dispositions du schéma de cohérence territoriale. Au surplus et en tout état de cause, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'opération autorisée serait contraire aux prescriptions du SCOT du Pays de Saint-Brieuc disposant que " l'urbanisation sera réalisée de manière préférentielle en profondeur en arrière de l'agglomération par rapport au rivage ".
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme :
20. Aux termes de l'article L. 121-23 du code de l'urbanisme : " Les documents et décisions relatifs à la vocation des zones ou à l'occupation et à l'utilisation des sols préservent les espaces terrestres et marins, sites et paysages remarquables ou caractéristiques du patrimoine naturel et culturel du littoral, et les milieux nécessaires au maintien des équilibres biologiques. () ". Aux termes de l'article R. 121-4 du même code : " En application de l'article L. 121-23, sont préservés, dès lors qu'ils constituent un site ou un paysage remarquable ou caractéristique du patrimoine naturel et culturel du littoral et sont nécessaires au maintien des équilibres biologiques ou présentent un intérêt écologique : / 1° Les dunes, les landes côtières, les plages et les lidos, les estrans, les falaises et les abords de celles-ci ; / 2° Les forêts et zones boisées proches du rivage de la mer et des plans d'eau intérieurs d'une superficie supérieure à 1 000 hectares ; / 3° Les îlots inhabités ; / 4° Les parties naturelles des estuaires, des rias ou abers et des caps ; / 5° Les marais, les vasières, les tourbières, les plans d'eau, les zones humides et milieux temporairement immergés ; / 6° Les milieux abritant des concentrations naturelles d'espèces animales ou végétales telles que les herbiers, les frayères, les nourriceries et les gisements naturels de coquillages vivants, ainsi que les espaces délimités pour conserver les espèces en application de l'article L. 411-2 du code de l'environnement et les zones de repos, de nidification et de gagnage de l'avifaune désignée par la directive 2009/147/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 concernant la conservation des oiseaux sauvages ; / 7° Les parties naturelles des sites inscrits ou classés en application des articles L. 341-1 et L. 341-2 du code de l'environnement, des parcs nationaux créés en application de l'article L. 331-1 du code de l'environnement et des réserves naturelles instituées en application de l'article L. 332-1 du code de l'environnement ; / 8° Les formations géologiques telles que les gisements de minéraux ou de fossiles, les stratotypes, les grottes ou les accidents géologiques remarquables. Lorsqu'ils identifient des espaces ou milieux relevant du présent article, les documents d'urbanisme précisent, le cas échéant, la nature des activités et catégories d'équipements nécessaires à leur gestion ou à leur mise en valeur notamment économique. ".
21. Il ressort des pièces du dossier que le projet d'aménagement autorisé par l'arrêté attaqué se situé en zone classée 1AUc par le plan local d'urbanisme et n'a pas été identifié par les documents d'urbanisme comme relevant de la protection prévue par les dispositions précitées des articles L. 121-23 et R. 121-4 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, la circonstance que les parcelles d'assiettes du projet étaient classés en zone naturelle dans le précédent plan local d'urbanisme de la commune est sans incidence sur la légalité de leur classement en zone 1AUc. En outre, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet, qui supporte un jardin débroussaillé et quelques pins, est situé à plus de cent mètres du rivage, se situe au sein d'une zone résidentielle, et est entièrement entouré de parcelles construites sauf au nord du terrain. Compte tenu de ces éléments, ni la présence d'un boisement, ni sa localisation à proximité de la falaise du Piégu ne justifient qu'il soit considéré comme un site ou un paysage remarquable ou caractéristique du patrimoine naturel et culturel du littoral au sens de l'article R. 121-4 du code de l'urbanisme. Par ailleurs, il ne ressort pas du document d'orientation et d'objectifs du SCOT que ce terrain, situé en zone résidentielle, soit inclus dans une zone identifiée comme un réservoir de biodiversité. Enfin, il ne ressort d'aucune disposition applicable ni d'aucun document d'urbanisme que l'inclusion des terrains dans le périmètre de protection du cairn ou leur proximité directe avec des zones protégées- Zone Natura 2000 et ZNIEFF de type I serait de nature à faire obstacle au projet d'aménagement contesté. Il en résulte que le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 121-23 et R. 121-4 du code de l'urbanisme doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. B et autres ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 4 août 2021 du maire de Pléneuf-Val-André.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. B et autres présentées sur ce fondement.
24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire de M. B et autres la somme de 750 euros au titre des frais exposés par la SCI Domaine du Roc Fleuri et non compris dans les dépens, ainsi que la somme de 750 euros au titre des frais exposés par la commune de Pléneuf-Val-André.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B et autres est rejetée.
Article 2 : M. B, Mme et M. C, et Mme et M. F verseront solidairement à la SCI Domaine le Roc Fleuri la somme de 750 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. B, Mme et M. C, et Mme et M. F verseront solidairement à la commune de Pléneuf-Val-André la somme de 750 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, représentant unique des requérants, à la SCI domaine le Roc Fleuri et à la Commune de Pléneuf-Val-André.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2022 , à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme Gourmelon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
F. E
Le président,
signé
O. GosselinLa greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026