lundi 20 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2200602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS KERJEAN LE GOFF NADREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement les 3 février 2022 et 26 mai 2023, M. D E, M. A E, M. G E et M. F E, représentés par Me Le Goff de la Selarl d'avocats Kerjean, Le Goff, Nadreau, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er octobre 2021 par lequel le maire de La Fresnais ne s'est pas opposé à la déclaration préalable sollicitée le 16 septembre 2021 par Mme C I portant sur la pose d'une clôture en bois sur sa parcelle située 51, rue de Saint-Guinoux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Fresnais le versement d'une somme de 2 000 euros à leur profit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur recours est recevable et ils ont intérêt à agir contre la décision litigieuse dès lors que le projet de clôture va limiter et contraindre l'accès à leur propriété ;
- l'auteur de la décision doit justifier de sa compétence ;
- le dossier déposé en mairie était incomplet ;
- l'arrêté méconnait les dispositions du règlement de la zone Nh du plan local d'urbanisme (PLU).
Par deux mémoires, enregistrés les 11 mars 2022 et 12 juin 2023, Mme C I conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté dès lors que le maire de La Fresnais a explicitement notifié le rejet du recours gracieux le 22 novembre 2021 ;
- au fond, les moyens des requérants ne sont pas fondés dès lors que le plan de bornage, qui est contesté, a été réalisé en 2006 à la demande et aux frais de M. E, et que la clôture sera bien en bois traité de couleur uniforme en adéquation avec l'environnement proche.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 28 octobre 2022 et 30 août 2023, la commune de La Fresnais, représentée par Me Lahalle de la Selarl Lexcap, conclut au rejet de la requête, et en outre, à ce que le versement d'une somme de 2 000 euros soit mis à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en raison, d'une part, du défaut de notification du recours gracieux à la pétitionnaire et, d'autre part, de sa tardiveté, ayant été enregistrée le 3 février 2022, alors que le délai de recours contentieux a expiré le 9 décembre 2021 ;
- à titre subsidiaire, au fond, aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Terras,
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public,
- et les observations de Me Neyroud représentant les requérants et de Me Colas représentant la commune de La Fresnais.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C I, propriétaire de la parcelle K 541 située 51, rue de Saint-Guinoux sur la commune de La Fresnais a déposé un dossier de déclaration préalable portant sur la pose d'une clôture en bois sur sa parcelle à laquelle le maire ne s'est pas opposé par un arrêté du 1er octobre 2021. Par leur requête, MM. E, dont la maison se situe en face de celle de la pétitionnaire, demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte :
2. L'arrêté litigieux est signé par M. H B adjoint au maire, qui a reçu délégation de fonction de la part du maire de la commune dans le domaine de l'urbanisme par un arrêté du 7 septembre 2021 transmis au contrôle de légalité le 15 septembre 2021, et affiché en mairie le même jour. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de déclaration préalable :
3. Aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; / c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; / d) Le justificatif de dépôt de la demande d'autorisation prévue à l'article R. 244-1 du code de l'aviation civile lorsque le projet porte sur une construction susceptible, en raison de son emplacement et de sa hauteur, de constituer un obstacle à la navigation aérienne. / Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, à l'article R. 431-14, aux b et g de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-18, R. 431-18-1, R. 431-21, R. 431-23-2, R. 431-25, R. 431-31 à R. 431-33 et R. 431-34-1. / Ces pièces sont fournies sous l'entière responsabilité des demandeurs. Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10. Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ". Aux termes de l'article R. 441-10 du même code : " Le dossier joint à la déclaration comprend : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Un plan sommaire des lieux indiquant les bâtiments de toute nature existant sur le terrain ; / c) Un croquis et un plan coté dans les trois dimensions de l'aménagement faisant apparaître, s'il y a lieu, la ou les divisions projetées. / Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés à l'article R. 441-4-1, au a de l'article R. 441-6, aux articles R. 441-6-1 à R. 441-8-1 et au b de l'article R. 442-21 ". La circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision de ne pas s'opposer à ces travaux que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
4. Selon les requérants, les trois plans fournis dans le dossier que sont une reproduction illisible de la carte communale, un plan cadastral et un plan avec les bornes ne font aucune référence à la situation de la parcelle dans la commune, ne permettent pas de déterminer le zonage applicable et ne font pas état de la servitude de passage existante. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le dossier déposé par Mme I comprenait un formulaire Cerfa dûment rempli, un plan cadastral, deux plans de masse établis à partir d'un plan cadastral et un plan de bornage localisant avec précision le projet, une photographie permettant d'apprécier les caractéristiques du secteur, un photomontage permettant de visualiser les conditions d'implantation et l'aspect de la clôture envisagée. Le dossier n'avait par ailleurs pas à mentionner la servitude de passage existante, ni celle de la cour commune, dès lors que les dispositions précitées du code de l'urbanisme ne l'exigent pas et que les autorisations d'urbanisme sont délivrées sous réserve du droit des tiers.
5. Les requérants soutiennent également que le dossier de déclaration préalable devait comporter un plan sommaire des lieux indiquant les bâtiments de toute nature existant sur le terrain. Toutefois, ces dispositions prévues au b) de l'article R. 441-10 du code de l'urbanisme ne sont exigibles que pour les déclarations préalables portant sur un projet d'aménagement, ce qui n'est pas le cas en l'espèce.
6. Si les requérants soutiennent que le document doit indiquer l'endroit à partir duquel les deux photographies ont été prises ainsi que l'angle des prises de vue, cette absence d'indication n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Les moyens tirés du caractère incomplet ou insuffisant des mentions portées dans le dossier de déclaration préalable doivent ainsi être écartés.
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article Nh 11 " aspect extérieur " du PLU de la commune :
7. Aux termes de l'article Nh 11. 6 " Clôtures " du PLU de la commune : " Leurs aspects, leurs dimensions et leurs matériaux tiennent compte en priorité de l'aspect et des dimensions des clôtures avoisinantes afin de s'harmoniser avec celles-ci. Les clôtures réalisées en plaques de béton préfabriqué sont interdites. ". Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ". Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'autorité administrative compétente d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
8. Si les requérants reprochent essentiellement au projet la faiblesse de sa description laquelle ne permet pas de vérifier les respect des dispositions précitées par une simple photographie laissant apparaître une projection de la future clôture, en panneaux pleins de type PVC et de deux couleurs, alors que les différentes propriétés voisines sont closes par des grillages ou grilles rigides de couleur verte, il ressort cependant des pièces du dossier que la clôture est prévue en bois plein d'une seule couleur, ce qui n'est pas interdit par les dispositions précitées du PLU qui ne prohibent que les clôtures en plaques de béton préfabriqué, et qui ne sera pas plus disharmonieuse tant par sa couleur, que par sa matière ou sa longueur que les nombreuses autres clôtures toutes différentes présentes sur le secteur, caractérisé par une forte hétérogénéité en la matière.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées, que les conclusions des requérants à fin d'annulation de l'arrêté du 1er octobre 2021 par lequel le maire de La Fresnais a autorisé Mme I à procéder à la pose d'une clôture sur sa parcelle doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de La Fresnais, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse aux requérants la somme qu'ils demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants le versement d'une somme au titre de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D E, M. A E, M. G E, M. F E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de La Fresnais au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F E, désigné représentant unique pour l'ensemble des requérants, en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à Mme C I et à la commune de La Fresnais.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
F. Terras
Le président,
Signé
F. Etienvre
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026