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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2200919

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2200919

jeudi 1 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2200919
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS COUDRAY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 20 février et 26 juin 2022, M. B A, doit être entendu, dans le dernier état de ses écritures, comme demandant au tribunal :

1°) d'enjoindre au bâtonnier du Barreau de Rennes de l'assister et d'introduire l'instance devant le tribunal correctionnel au titre de l'aide juridictionnelle accordée.

2°) d'enjoindre au Barreau de Rennes (Ordre des avocats) à défaut d'impliquer le Bâtonnier, de l'assister et d'introduire l'instance devant le tribunal correctionnel.

3°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence observé par le Bâtonnier du Barreau de Rennes suite à sa demande formulée le 6 janvier 2022 d'être assisté par cette autorité suite aux désistements successifs des avocats désignés.

4°) d'annuler la décision du 22 juin 2022 par laquelle le bâtonnier du Barreau de Rennes a refusé d'introduire l'instance devant le tribunal correctionnel au titre de l'aide juridictionnelle.

5°) de condamner le bâtonnier du Barreau de Rennes à lui verser la somme de 2 500 euros en réparation de son préjudice moral.

6°) de condamner le bâtonnier du Barreau de Rennes à lui verser la somme de 1 000 euros au titre des frais liés au litige.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, notamment son article 25 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () ".

2. Il ressort de l'ensemble des dispositions de la loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques que les décisions prises par le bâtonnier dans l'exercice de ses fonctions relèvent en principe du juge judiciaire. Les décisions qu'il peut être appelé à prendre en application de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1991, afin de désigner un avocat chargé de prêter son concours au bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, n'impliquent aucune appréciation du fond du litige pour lequel a été formée la demande d'aide juridictionnelle. Dès lors, le litige né de l'action introduite par M. A, portant sur une demande d'injonction au bâtonnier et à l'ordre des avocats de l'assister devant le tribunal correctionnel de Rennes au titre de l'aide juridictionnelle, d'annuler la décision implicite de rejet née du silence observé par le bâtonnier suite à sa demande du 6 janvier 2022 d'être assisté par cette autorité devant le tribunal correctionnel de Rennes au titre de l'aide juridictionnelle ainsi que d'annuler la décision de refus du 22 juin 2022 du Bâtonnier d'introduire l'instance au titre de l'aide juridictionnelle, relève de la compétence du juge judiciaire.

3. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article R. 222 1 du code de justice administrative et de rejeter la requête par ordonnance, sans instruction contradictoire ni audience publique, comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'Ordre des avocats de Rennes.

Fait à Rennes, le 1er septembre 2022.

Le président de la 2ème chambre B,

signé

G. Descombes

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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