LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2201008

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2201008

jeudi 22 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2201008
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantROCHARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 février 2022, M. B A et son père, M. C A, représentés par Me Mathieu Rochard, avocat, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle le recteur de l'Académie de Rennes a confirmé l'exclusion définitive du jeune B du collège Les Ormeaux de Rennes ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'Académie de Rennes, d'une part, d'effacer cette exclusion définitive de son dossier scolaire et, d'autre part, de réexaminer sa situation dans un délai raisonnable ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement au profit de leur conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils soutiennent que :

- la décision contestée est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen de la situation personnelle de B ;

- la décision prise par le recteur de l'Académie de Rennes à son égard, dès le début de l'année scolaire, est excessive, méconnaît les principes d'individualisation et de proportionnalité et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation réelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2022, le recteur de l'académie de Rennes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le jeune B ne saurait soutenir qu'il n'est pas à même de connaître les actes fondant la sanction prononcée, dès lors que son comportement et les faits qui lui sont reprochés ont fait l'objet de nombreux échanges tant au cours du conseil de discipline que devant la commission d'appel académique ;

- les mesures d'assistance éducative dont fait l'objet B n'ont pas permis d'atténuer son comportement agressif et intolérant à l'égard des autres élèves, lequel a fondé la sanction, dès lors qu'il constituait un facteur de trouble important au sein de l'établissement ;

- le comportement de B dans le nouvel établissement dans lequel il est scolarisé demeure sujet à caution, pour des motifs proches de ceux ayant occasionné la sanction disciplinaire litigieuse.

La procédure a été communiquée au collège Les Ormeaux de Rennes, en qualité d'observateur, qui n'a fait valoir aucune observation.

M. C A, représentant son fils B A, a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thalabard,

- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,

- et les observations de Me Le Bourdais, substituant Me Rochard, représentant M. C A et son fils, B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, élève scolarisé en classe de 4e, a été convoqué le

21 septembre 2021 devant le conseil de discipline du collège Les Ormeaux de Rennes

(Ille-et-Vilaine) dans lequel il était inscrit à la rentrée de l'année scolaire 2021-2022. Par courrier du 22 septembre 2021, le principal du collège a informé le père de l'adolescent que le conseil de discipline avait décidé de sanctionner B par une exclusion définitive de l'établissement. Saisi d'un recours administratif préalable, le recteur de l'académie de Rennes a, après avis de la commission académique d'appel, confirmé, le 25 octobre 2021, cette sanction disciplinaire. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision prise à l'encontre de son fils.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la décision du 25 octobre 2021, par laquelle le recteur de l'académie de Rennes a décidé de confirmer la décision du 21 septembre 2021 du conseil de discipline du collège Les Ormeaux de Rennes, cite les textes applicables du code de l'éducation, vise l'avis émis par la commission académique d'appel, rappelle la procédure suivie devant le conseil de discipline puis indique les faits reprochés au jeune B A, à savoir l'incitation à la prostitution, des insultes à caractère homophobe et le non-respect de la laïcité, ainsi que des considérations sur les effets d'un retour de l'élève au sein de l'établissement. Par ces éléments, le recteur de l'académie de Rennes a énoncé de manière suffisamment précise les considérations de droit et de fait sur lesquelles il a fondé la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

3. En outre, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier qu'au cours de la procédure de sanction disciplinaire dont B a fait l'objet, les faits qui lui sont reprochés n'auraient pas été relatés de manière suffisamment claire et précise. Le procès-verbal du conseil de discipline qui s'est tenu le 21 septembre 2021 comme le procès-verbal de la séance du 20 octobre 2021 de la commission académique d'appel permettent de constater que B A et son père ont été en mesure de faire valoir leurs observations sur les faits qui sont à l'origine de la décision d'exclusion définitive de l'établissement. Le recteur de l'académie de Rennes rappelle, sans être contesté, que les pièces figurant au dossier du conseil de discipline ont été mises à la disposition de B et de son père, pour consultation. Il n'est ainsi pas établi que le recteur de l'académie de Rennes n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de B, avant de confirmer la décision d'exclusion définitive du collège Les Ormeaux.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'éducation : " Les obligations des élèves consistent dans l'accomplissement des tâches inhérentes à leurs études ; elles incluent l'assiduité et le respect des règles de fonctionnement et de la vie collective des établissements. ". L'article R. 511-13 du même code prévoit que : " I.- Dans les collèges et lycées relevant du ministre chargé de l'éducation, les sanctions qui peuvent être prononcées à l'encontre des élèves sont les suivantes : / 1° L'avertissement ; / 2° Le blâme ; / 3° La mesure de responsabilisation ; / 4° L'exclusion temporaire de la classe. Pendant l'accomplissement de la sanction, l'élève est accueilli dans l'établissement. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; / 5° L'exclusion temporaire de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. La durée de cette exclusion ne peut excéder huit jours ; / 6° L'exclusion définitive de l'établissement ou de l'un de ses services annexes. / Les sanctions prévues aux 3° à 6° peuvent être assorties du sursis à leur exécution dont les modalités sont définies à l'article R. 511-13-1. / () IV.- Sous réserve des dispositions du III, les sanctions, même assorties du sursis à leur exécution, sont inscrites au dossier administratif de l'élève. L'avertissement est effacé du dossier administratif de l'élève à l'issue de l'année scolaire. Le blâme et la mesure de responsabilisation sont effacés du dossier administratif de l'élève à l'issue de l'année scolaire suivant celle du prononcé de la sanction. Les autres sanctions, hormis l'exclusion définitive, sont effacées du dossier administratif de l'élève à l'issue de la deuxième année scolaire suivant celle du prononcé de la sanction. / Toutefois, un élève peut demander l'effacement des sanctions inscrites dans son dossier administratif lorsqu'il change d'établissement. / Les sanctions sont effacées du dossier administratif de l'élève au terme de sa scolarité dans le second degré. ".

5. Il ressort des pièces du dossier que le jeune B A a été scolarisé en classe de 5e au sein du collège Les Ormeaux de Rennes à partir du mois de mars 2021, après avoir fait l'objet d'une décision d'exclusion définitive prononcée par le conseil de discipline de son collège de secteur. S'il a bénéficié à compter de cette date d'un parcours personnalisé, permettant un accompagnement art thérapeutique et méthodologique par deux jeunes volontaires du service civique universel, en lien avec l'équipe pédagogique, et d'un suivi hebdomadaire plus particulier avec la professeure principale de sa classe et le conseiller principal d'éducation du collège, cette prise en charge, qui avait vocation à lui permettre de renouer avec les apprentissages et de mieux respecter les codes sociaux, n'a pas suffi à lui permettre d'adopter un comportement respectueux à l'égard des élèves et des enseignants de l'établissement et à s'impliquer avec assiduité dans les activités scolaires. Le principal du collège rapporte que des incidents ont émaillé les trois mois de fin de l'année de 5e. Il ressort des pièces du dossier que B a notamment fait l'objet d'une sanction d'exclusion temporaire le 7 mai 2021 pour avoir utilisé son téléphone portable pendant un cours et avoir adopté une attitude sexiste et incorrecte à l'égard de jeunes filles scolarisées dans l'établissement. Le rapport du professeur principal de la classe de 4e, dans laquelle B était inscrit en septembre 2021, fait état d'une attitude qui ne correspond pas aux règles de respect attendues des élèves. Pas suffisamment assidu et peu concentré dans les apprentissages, le jeune homme s'est montré insultant et menaçant avec les élèves et insolent avec les professeurs. Le

9 septembre 2021, il a proféré des insultes à caractère homophobe, fondées sur des arguments religieux et sexistes. Plusieurs témoignages d'élèves relatent également des propositions d'actes sexuels contre rétribution d'argent. Alors que le chef d'établissement a décidé, dès le

10 septembre 2021, à titre conservatoire, d'interdire à B l'accès à l'établissement, les diligences entreprises au titre de la procédure contradictoire ont révélé que, depuis plusieurs mois, B était à l'origine d'un climat anxiogène pour certains élèves qu'il qualifiait d'" homosexuels ". Lors du conseil de discipline, B n'a pas contesté les faits reprochés, s'agissant notamment des témoignages faisant état d'insultes graves et répétées depuis plusieurs mois ou d'incitation à des pratiques interdites auprès d'élèves de moins de treize ans, et s'est contenté de répondre qu'il avait agi de la sorte " pour amuser la galerie " ou qu'il dérapait lorsqu'il était énervé, stressé ou ne se sentait pas bien. Au regard de ces éléments, qui révèlent un comportement gravement inadapté, dont le père de B convient, il ne peut être soutenu que la sanction disciplinaire prononcée à son égard serait excessive du seul fait du jeune âge de B et de ses fragilités psychologiques, ou compte tenu d'un contexte familial difficile. En outre, le dossier scolaire du jeune B comportait déjà une sanction d'exclusion définitive récente, attestant de difficultés persistantes à contrôler son comportement et à respecter les autres élèves, malgré le changement d'établissement intervenu au cours de l'année scolaire 2020-2021. Par suite, la sanction d'exclusion définitive en litige ne présentant pas un caractère disproportionné, la décision du recteur de l'académie de Rennes du 25 octobre 2021 n'est pas entachée d'erreur d'appréciation. Le recteur de l'académie de Rennes n'a pas davantage méconnu le principe d'individualisation de la sanction.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A et son fils, B, tendant à l'annulation de la décision du recteur de l'académie de Rennes du

25 octobre 2021 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision contestée, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A, tant à fin de réexamen de la situation de son fils que d'effacement de la sanction disciplinaire litigieuse de son dossier scolaire, ne peuvent dès lors être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande au profit de son conseil au titre des dépenses exposées et non comprises dans les dépens. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Une copie du présent jugement sera adressée au recteur de l'académie de Rennes et au principal du collège Les Ormeaux de Rennes.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

M. Blanchard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.

La rapporteure,

signé

M. Thalabard

Le président,

signé

G.-V. VergneLa greffière,

signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions