lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2201296 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | COLLET |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 mars, 21 septembre 2022 et 3 avril 2023 sous le numéro 2201296, M. L M et M. G D, représentés par Me Collet, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2021 par laquelle le maire de Saint-Lunaire a délivré un permis de construire une résidence services pour personnes âgées comportant 85 logements boulevard de la Plage, ensemble le rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Lunaire et de la SCCV Saint-Lunaire une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- le permis de construire méconnait l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ;
- l'avis de l'architecte des Bâtiments de France est illégalen ce que les prescriptions sont insuffisantes pour assurer l'intégration du bâtiment dans l'environnement ;
- l'avis de la commission de sécurité est illégal ;
- le permis de construire a été pris au vu d'un schéma de cohérence territoriale illégal en méconnaissance de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme ; le plan local d'urbanisme ne justifie pas l'extension de l'urbanisation selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités exigeant la proximité immédiate de l'eau ; l'extension de l'urbanisation ne peut être regardée comme limitée ; le terrain ne pourrait être regardé comme un espace urbanisé à enjeux urbains majeurs à développer ; la zone d'implantation du projet borde un site Natura 2000 classé comme espace remarquable ; l'urbanisation du terrain méconnait les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme ; le SCOT précédent ne permettait pas l'urbanisation du terrain d'assiette du projet ;
- il méconnait les articles R. 431-4, -8, -9 et -10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait l'article UE 11 du règlement du PLU et l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait l'existence d'un emplacement réservé, la construction envisagée ne pouvant être regardée comme une maison de retraite ;
- il méconnait l'article UE 1 du règlement du PLU ;
- il méconnait le règlement de l'AVAP ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait les dispositions des articles L. 121-23, L. 121-24 et R. 121-5 du code de l'urbanisme ;
- le PLU est illégal en ce qu'il classe le terrain en zone UE ; le plan antérieur classait le terrain en zone inconstructible ;
- il méconnait l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait l'article UE 12 du règlement du PLU ;
- il méconnait l'article UE 3 du règlement du PLU ;
- il méconnait l'article UE 10 du règlement du PLU ;
- il méconnait l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 juillet, 21 septembre et 10 octobre 2022, la commune de Saint-Lunaire, représentée par Me Jean-François Rouhaud, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de M. M et autre au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'intérêt à agir des requérants ;
- les moyens soulevés par M. M et autre ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 3 mars 2023, la SCCV Saint-Lunaire, représentée par Me Vendé, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de M. M et autre au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 mars, 6 avril, 21 septembre 2022 et 25 avril 2023 sous le numéro 2201375, l'Association de protection du Goulet, la SCI Le Pas Saint-Martin, M. B K, M. F I, Mme A H du Tertre, M. et Mme E C représentés par le cabinet Busson, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2021 par laquelle le maire de Saint-Lunaire a délivré un permis de construire une résidence services pour personnes âgées comportant 85 logements boulevard de la Plage, ensemble le rejet de leur recours gracieux ;
2°) l'arrêté d'autorisation de travaux du 13 septembre 2021 portant sur le projet ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Lunaire une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- le dossier de demande de permis de construire était incomplet ;
- le pétitionnaire n'avait plus qualité pour déposer une demande de permis de construire ;
- le permis de construire méconnait l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme ;
- une partie du terrain est une zone naturelle inondable dont le classement en zone UE est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son futur classement ;
- il méconnait l'article UE 7 du règlement du PLU ;
- il méconnait l'article UE 12 du règlement du PLU ;
- il méconnait les dispositions du règlement général de protection incendie des établissements recevant du public ;
- il méconnait l'article UE 11 du règlement du PLU et le règlement de l'AVAP
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 juillet et 10 octobre 2022, la commune de Saint-Lunaire, représentée par Me Jean-François Rouhaud, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Association de protection du Goulet et autres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre l'arrêté du 13 septembre 2021 sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par l'Association de protection du Goulet et autres ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 3 mars 2023, la SCCV Saint-Lunaire, représentée par Me Vendé, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge de l'Association de protection du Goulet et autres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SCCV Saint-Lunaire fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre l'arrêté du 13 septembre 2021 sont irrecevables ; les requérants n'ont pas d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par l'Association de protection du Goulet et autres ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. J,
- les conclusions de M. William Desbourdes, rapporteur public,
- et les observations de Me Collet, représentant M. M et autre, et de Me Busson, représentant l'Association de protection du Goulet et autres, de Me Messeant, représentant la commune de Saint-Lunaire et le Pôle d'équilibre territorial et rural du pays de Saint-Malo de Me Jaud, représentant la SCCV Saint-Lunaire.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes susvisées n° 2201296 et n° 2201375, présentées pour M. M et autre et pour l'Association de protection du Goulet et autres concernent le même acte. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'intérêt à agir de M. M et M. D :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. M et M. D sont chacun propriétaires d'un terrain situé rue du Goulet, sur lesquels sont implantées leurs maisons d'habitation. Ces terrains, situés à une centaine de mètres du terrain d'assiette du projet, sont séparés de celui-ci par l'estran du Goulet. Si les intéressés ne peuvent être regardés comme étant des voisins immédiats, il n'est pas sérieusement contesté qu'ils bénéficieront d'une vue directe sur le bâtiment projeté, implanté en " R+2+C " d'un linéaire de plus de quatre-vingt mètres le long de la rive opposée du Goulet. L'implantation du futur immeuble aura par ailleurs une incidence sur les vues dont ils disposent, depuis leurs propriétés, sur le centre-bourg de Saint-Lunaire, lequel présente des qualités patrimoniales et esthétiques. Dans ces conditions, les travaux projetés sont susceptibles d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens respectifs. Il en résulte que la commune de Saint-Lunaire n'est pas fondée à soutenir que la requête n° 2201296 n'est pas recevable aux motifs que M. M et M. D ne justifieraient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour contester l'arrêté contesté.
Sur l'intérêt à agir de l'association de protection du Goulet et autres :
4. Aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l' article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation , du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme C n'ont pas produit l'intégralité de l'avis de taxes foncières les concernant, ne permettant pas d'établir la situation du bien immobilier qu'ils occupent au regard du projet. Faute de satisfaire à l'obligation instituée par l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme, ils ne sont donc pas recevables à contester le permis de construire en litige.
6. Par contre, M. K et Mme H du Tertre produisent leur acte de propriété dans des conditions suffisantes pour permettre d'établir le caractère régulier de la détention de leur bien. Par ailleurs, la SCI Le Pas Saint-Martin, M. K, voisins immédiats du projet qui auront des vues réciproques sur le projet de construction, M. I, Mme H du Tertre, voisins plus éloignés mais qui seront en vue du projet présentent un intérêt leur donnant qualité à agir. Enfin, la circonstance que le recours gracieux de la SCI Le Pas Saint-Martin ait été présenté au nom de la SCI du Pas Saint-Martin n'est pas de nature à établir que son recours serait tardif. La fin de non-recevoir opposée à ces derniers requérants par la SCCV Saint-Lunaire doit donc être écartée.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 13 septembre 2021 :
7. Aux termes de l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation : " Les travaux qui conduisent à la création, l'aménagement ou la modification d'un établissement recevant du public ne peuvent être exécutés qu'après autorisation délivrée par l'autorité administrative, qui vérifie leur conformité aux règles d'accessibilité prévues à l'article L. 161-1 et, lorsque l'effectif du public et la nature de l'établissement le justifient, leur conformité aux règles de sécurité contre l'incendie prévues aux articles L. 141-2 et L. 143-2. () / Lorsque ces travaux sont soumis à permis de construire, celui-ci tient lieu de cette autorisation dès lors que sa délivrance a fait l'objet d'un accord de la même autorité administrative. Toutefois, lorsque l'aménagement intérieur d'un établissement recevant du public ou d'une partie de celui-ci n'est pas connu lors du dépôt de la demande de permis de construire, le permis de construire indique qu'une autorisation complémentaire doit être obtenue en ce qui concerne l'aménagement intérieur du bâtiment ou de la partie de bâtiment concernée avant son ouverture au public. () ". Aux termes de l'article L. 425-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur un établissement recevant du public, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue par l'article L. 122-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors que la décision a fait l'objet d'un accord de l'autorité administrative compétente qui peut imposer des prescriptions relatives à l'exploitation des bâtiments en application de l'article L. 143-2 du code de la construction et de l'habitation. Le permis de construire mentionne ces prescriptions. () ".
8. L'arrêté d'autorisation de travaux du maire de Saint-Lunaire agissant au nom de l'Etat en date du 13 septembre 2021 doit être regardé comme l'avis favorable du maire au titre de la législation sur les établissements recevant du public. Il constitue une mesure préparatoire à la délivrance du permis de construire par le même maire de Saint-Lunaire. Il ne fait donc pas grief et n'est en conséquence pas susceptible de recours. Il s'ensuit que les conclusions de l'Association de protection du Goulet et autres tendant à l'annulation de cet arrêté sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation du permis de construire :
9. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article UE 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Lunaire alors applicable à la construction envisagée : " 11.1 Tout projet de construction devra présenter un volume, une implantation et un aspect satisfaisants, permettant une bonne intégration dans l'environnement tout en tenant compte du site général dans lequel il s'inscrit et notamment la végétation existante et les constructions voisines qui y sont implantées. / 11.2 La qualité recherchée vise aussi bien les volumes, y compris la forme de la toiture, que les percements, les couleurs, la nature des matériaux apparents et les détails architecturaux. () ". Ces dernières dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que le juge doit apprécier, au terme d'un contrôle normal, la légalité de la décision attaquée.
10. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un site ou un paysage propre à fonder le refus opposé à une demande d'autorisation de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ladite autorisation, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur ce site.
11. Il ressort des pièces du dossier que le centre-bourg de la commune de Saint-Lunaire est localisé dans un site patrimonial remarquable et présente un paysage urbain d'un intérêt certain. Par ailleurs, à l'exception des berges situées sur le terrain d'assiette du projet, l'estran du Goulet et la quasi-totalité de ses berges sont protégés par le plan local d'urbanisme de Saint-Lunaire au titre des espaces remarquables du littoral. Il ressort des plans et des photographies produits par les parties que le lieu, au sein duquel se situe la parcelle d'assiette du projet, présente également un intérêt remarquable, de par la qualité des paysages et des sites naturels environnants.
12. Par ailleurs, la construction projetée est implantée, pour une grande partie, à seulement quelques mètres de la berge du Goulet. Elle présentera, parallèlement à cet estran, une longueur de façade de quatre-vingt-dix mètres et une hauteur de douze mètres par rapport au terrain naturel sur environ un peu moins des deux-tiers de cette longueur, l'aile sud de la construction et une portion de cette façade, sur le troisième tiers, ayant été abaissée à dix mètres environ. Elle surplombera au demeurant l'estran et ses berges de plus d'une quinzaine de mètres. Le bâtiment comportera trois ailes perpendiculaires d'une largeur importante d'une quinzaine de mètres, dont deux d'entre elles s'avanceront vers l'estran sur plus d'une dizaine de mètres. Dès lors, la construction envisagée, de par ses dimensions massives et son important volume, engendrera un " effet barre " le long de l'estran du Goulet, de sorte que sa vue écrasera la végétation du terrain d'assiette ainsi que la berge, même si sa hauteur a été partiellement limitée à dix mètres ainsi qu'il vient d'être dit, sans toutefois amoindrir cet effet barre. Au surplus, même si la hauteur est diminuée en partie, l'implantation du futur immeuble empêchera, par ailleurs, les vues sur le centre-bourg de Saint-Lunaire, qui présente des qualités patrimoniales et esthétiques certaines, depuis l'autre rive de l'estran du Goulet. Par conséquent, le projet litigieux, par sa situation, ses dimensions et ses caractéristiques, est de nature à porter significativement atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants ainsi qu'aux paysages urbains et naturels respectivement du centre-bourg de la commune de Saint-Lunaire et de l'estran du Goulet. Il ne permettra pas une bonne intégration de la construction dans son environnement au regard du site général dans lequel il s'inscrit, notamment par rapport à la végétation existante, à la berge et aux constructions voisines.
13. Enfin, la circonstance que le projet respecterait les prescriptions du règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine de la commune de Saint-Lunaire, relatives à l'implantation, la volumétrie et la qualité architecturale des constructions nouvelles, à la supposer établie, ce qui ne ressort pas des pièces du dossier, est sans incidence sur la légalité du permis contesté au regard de l'article UE 11 du règlement du plan local d'urbanisme.
14. Il en résulte que c'est par une inexacte application des dispositions de de l'article UE 11 du règlement du plan local d'urbanisme que le maire de Saint-Lunaire a délivré le permis de construire sollicité.
15. Aucun autre moyen des requêtes n'est, par ailleurs, susceptible de fonder, en l'état du dossier, l'annulation du permis de construire attaqué.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. M et autre et de l'Association de protection du Goulet et autres qui ne sont pas, dans les deux instances, la partie perdante, la somme que la commune de Saint-Lunaire et la SCCV Saint-Lunaire demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme globale de 750 euros à la charge de la commune de Saint-Lunaire et une somme globale de 750 euros à la charge de la SCCV Saint-Lunaire au titre des frais exposés par M. M et autre et de mettre une somme globale de 1 500 euros à la charge de la commune de Saint-Lunaire au titre des frais exposés par l'Association de protection du Goulet, la SCI Le Pas Saint-Martin, M. K, M. I, Mme H du Tertre et non compris dans les dépens.
18. En revanche, compte tenu de ce qui est dit au point 5, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. et Mme C présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Le permis de construire délivré le 17 septembre 2021 à la SCCV Saint-Lunaire par le maire de Saint-Lunaire est annulé.
Article 2 : La commune de Saint-Lunaire versera une somme globale de 750 euros à M. M et autre et la SCCV Saint-Lunaire versera une somme globale de 750 euros à M. M et autre dans la requête 2201296.
Article 3 : La commune de Saint-Lunaire versera une somme globale de 1 500 euros à l'Association de protection du Goulet, la SCI Le Pas Saint-Martin, M. K, M. I, Mme H du Tertre dans la requête 2201375.
Article 4 : Les conclusions présentées par M. et Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. L M, représentant unique des requérants dans l'instance n° 2201296, à l'Association de protection du Goulet, représentante unique des requérants dans l'instance n° 2201375, à la commune de Saint-Lunaire, à la SCCV Saint-Lunaire, au préfet de la région Bretagne, au préfet d'Ille-et-Vilaine, et au Pôle d'équilibre territorial et rural du pays de Saint-Malo.
Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Saint-Malo en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Gourmelon, première conseillère,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
Le président-rapporteur,
signé
O. J
L'assesseur le plus ancien,
signé
V. Gourmelon La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2201296, 2201375
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026