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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2201444

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2201444

vendredi 8 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2201444
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGOUACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 mars 2022 et 5 janvier 2024, M. B D, représenté par la SARL Poquet-Gouache Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 avril 2021 portant placement préventif en quartier disciplinaire ;

2°) d'annuler la décision du 19 avril 2021 par laquelle la commission de discipline l'a sanctionné de trente jours de cellule disciplinaire, ainsi que la décision née le 31 mai 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaire a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire du 27 avril 2021 ;

3°) de mettre à la charge du garde des sceaux, ministre de la justice, une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que sa requête est recevable, notamment elle n'est pas tardive, et que :

- la décision du 17 avril 2021 a été signée par une autorité incompétente ;

- la décision du 17 avril 2021 est insuffisamment motivée ;

- l'administration n'établit pas que le chef d'établissement à contrôlé l'opportunité et la régularité du placement préventif en cellule disciplinaire, en méconnaissance des dispositions de la circulaire du 9 juin 2011 ;

- la décision du 17 avril 2021 est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 57-7-18 du code de procédure pénale ;

- la décision de poursuivre les sanctions et la décision du 19 avril 2021 le sanctionnant ont été signées par une autorité incompétente ;

- aucun élément ne permet de vérifier la composition de la commission de discipline, et notamment de s'assurer qu'était bien présente une personne habilitée extérieure à l'administration pénitentiaire, ou que ses membres n'étaient pas les personnes ayant rédigé le compte rendu d'incident et le rapport d'enquête ;

- la décision du 19 avril 2021 méconnaît le principe d'impartialité dès lors que l'agent public ayant décidé son placement préventif en cellule disciplinaire est le même que celui ayant mené l'enquête disciplinaire ;

- la sanction prononcée par la décision du 19 avril 2021 est disproportionnée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est irrecevable et, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code pénitentiaire ;

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Grondin,

- et les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. D est écroué depuis le 25 janvier 2017. Après avoir été incarcéré au centre pénitentiaire de Nantes du 13 mars 2019 au 11 mai 2021, il a été transféré au centre pénitentiaire de Rennes. Par une décision du 17 avril 2021 il a été placé, à titre préventif, en cellule disciplinaire sur le fondement de deux comptes-rendus d'incidents du même jour relatifs à des faits de menaces de mort d'un surveillant pénitentiaire qu'il a tenté de frapper. Par une décision du 19 avril suivant, la commission de discipline l'a sanctionné de trente jours de cellule disciplinaire. Son recours administratif préalable obligatoire du 27 avril 2021 dirigé à l'encontre de cette dernière décision a fait l'objet d'un rejet implicite du directeur interrégional des services pénitentiaire. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler les décisions des 17 et 19 avril 2021, ainsi que la décision née le 31 mai 2021 rejetant implicitement son recours administratif préalable obligatoire.

Sur l'étendue du litige :

2. S'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge de l'excès de pouvoir qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable et si le requérant indique, de sa propre initiative ou le cas échéant à la demande du juge, avoir exercé ce recours et, le cas échéant après que le juge l'y ait invité, produit la preuve de l'exercice de ce recours ainsi que, s'il en a été pris une, la décision à laquelle il a donné lieu, le juge de l'excès de pouvoir doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.

3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. D a exercé, le 27 avril 2021, un recours administratif à l'encontre de la décision de la commission de discipline du 19 avril 2021 prononçant une sanction de trente jours en cellule disciplinaire, lequel est un préalable obligatoire avant la saisine du juge administratif conformément aux dispositions de l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale alors en vigueur. Par suite, il y a lieu de regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision du 19 avril 2021 comme tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet, née de l'exercice de ce recours, qui s'y est substituée. En revanche, cette circonstance ne fait pas obstacle, eu égard aux caractéristiques de la procédure suivie devant la commission de discipline, à ce que soient invoquées, à l'appui d'un recours dirigé contre la décision du directeur, les éventuelles irrégularités de la procédure suivie devant la commission de discipline préalablement à la décision initiale.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision du 17 avril 2021 de placement en cellule disciplinaire à titre préventif :

4. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 57-7-18 du code de procédure pénale, dans sa version applicable au litige : " Le chef d'établissement ou son délégataire peut, à titre préventif et sans attendre la réunion de la commission de discipline, décider le confinement en cellule individuelle ordinaire ou le placement en cellule disciplinaire d'une personne détenue () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 17 avril 2021 plaçant M. D à titre préventif en cellule disciplinaire a été signée par Mme C F, première surveillante. Celle-ci disposait d'une délégation de signature, accordée par un arrêté du 12 octobre 2018, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Loire-Atlantique du 19 octobre suivant, à l'effet de signer, notamment, les décisions préventives de placement en cellule disciplinaire. A ce titre, si le requérant se prévaut plus particulièrement de ce qu'il n'a jamais eu accès à cette délégation de signature, cette publication, qui permet de donner une date certaine à la décision de délégation, a constitué une mesure de publicité suffisante pour rendre les dispositions de la délégation de signature opposables au tiers, notamment à l'égard des détenus, alors qu'aucune disposition législative ou règlementaire n'a pour objet d'obliger l'administration pénitentiaire à notifier au détenu la preuve de la publication régulière de la délégation de signature. Dans ces conditions, Mme F avait compétence pour signer la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle aurait été signée par une autorité incompétente doit être écarté.

6. En deuxième lieu, la décision contestée de placement à titre préventif d'un détenu en cellule disciplinaire constitue une mesure à caractère provisoire et conservatoire destinée à préserver l'ordre dans l'établissement, et n'est pas au nombre des décisions défavorables qui doivent être obligatoirement motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation d'une telle décision doit être écarté comme étant inopérant.

7. En troisième lieu, si M. D soutient que l'administration n'établit pas que le chef d'établissement à contrôlé l'opportunité et la régularité du placement préventif en cellule disciplinaire, en méconnaissance des dispositions de la circulaire du 9 juin 2011, cette circulaire ne présente pas de caractère réglementaire ni ne comporte de lignes directrices qui seraient opposables à l'administration. Dans ces conditions, elle ne peut être utilement invoquée à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, ce moyen doit être écarté comme étant inopérant.

8. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 57-7-18 du code de procédure pénale, dans leur version applicable au litige : " Le chef d'établissement ou son délégataire peut, à titre préventif et sans attendre la réunion de la commission de discipline, décider le confinement en cellule individuelle ordinaire ou le placement en cellule disciplinaire d'une personne détenue, si les faits constituent une faute du premier ou du deuxième degré et si la mesure est l'unique moyen de mettre fin à la faute ou de préserver l'ordre à l'intérieur de l'établissement ". Aux termes de l'article R. 57-7-1 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : 1° D'exercer ou de tenter d'exercer des violences physiques à l'encontre d'un membre du personnel ou d'une personne en mission ou en visite dans l'établissement ; () 12° De proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'un membre du personnel de l'établissement, d'une personne en mission ou en visite au sein de l'établissement pénitentiaire ou des autorités administratives ou judiciaires () ". Les décisions de placer, soit en urgence et de manière provisoire, soit à titre préventif, un détenu à l'isolement sur le fondement de l'article R. 57-7-18 du code de procédure pénale sont contrôlées par le juge de l'excès de pouvoir et ne peuvent intervenir que si elles sont strictement nécessaires pour assurer la sécurité de l'établissement pénitentiaire ou des personnes.

9. Il est constant que, le 17 avril 2021, M. D s'est présenté au bureau d'un surveillant pénitentiaire et l'a insulté en le menaçant de mort alors que, quinze minutes plus tard, il l'a de nouveau menacé de mort et a armé son bras pour tenter de le frapper avec une chaussette lestée d'une boîte de conserve. De tels faits constituent une faute disciplinaire de premier degré conformément au 1° et au 12° des dispositions de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale. Par ailleurs, dès lors que ces faits sont relatifs à des menaces de mort proférées à l'encontre d'un surveillant que le requérant a également tenté de frapper avec une arme, le placement préventif en cellule disciplinaire, qui relève d'un quartier distinct de celui où le requérant était incarcéré, constituait un moyen de mettre fin à la faute ou de préserver l'ordre à l'intérieur de l'établissement. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit ou d'appréciation commise par l'administration au regard des dispositions de l'article R. 57-7-18 du code de procédure pénale doivent être écartés.

10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête et la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. D n'est en tout état de cause pas fondé à demander l'annulation de la décision du 17 avril 2021 par laquelle il a été placé en cellule disciplinaire à titre préventif.

En ce qui concerne la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 19 avril 2021 de la commission de discipline :

11. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la décision du 19 avril 2021 par laquelle la commission de discipline a prononcé une sanction de trente jours en cellule disciplinaire à l'encontre de M. D aurait été signée par une autorité incompétente doit être écarté comme étant inopérant dès lors que ce vice à nécessairement été régularisé par la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire, laquelle s'est substituée à la décision initiale.

12. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 57-7-15 du code de procédure pénale, dans sa version applicable au litige : " Le chef d'établissement ou son délégataire apprécie, au vu des rapports et après s'être fait communiquer, le cas échéant, tout élément d'information complémentaire, l'opportunité de poursuivre la procédure () ".

13. Il n'est pas contesté que la décision du 17 avril 2021 décidant la poursuite de la procédure disciplinaire à l'encontre de M. D a été signée par M. E A, capitaine pénitentiaire. Celui-ci disposait d'une délégation de signature, accordée par un arrêté du 7 janvier 2019, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Loire-Atlantique du 11 janvier suivant, à l'effet de signer, notamment, les décisions de poursuite disciplinaire. Dans ces conditions, il avait compétence pour signer la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle aurait été signée par une autorité incompétente doit être écarté.

14. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 57-7-6 du code de procédure pénale, dans leur version applicable au litige : " La commission de discipline comprend, outre le chef d'établissement ou son délégataire, président, deux membres assesseurs ". L'article R. 57-7-8 de ce code dispose, dans sa version applicable au litige : " Le président de la commission de discipline désigne les membres assesseurs. Le premier assesseur est choisi parmi les membres du premier ou du deuxième grade du corps d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'établissement. Le second assesseur est choisi parmi des personnes extérieures à l'administration pénitentiaire () ". Par ailleurs, aux termes des articles R. 57-7-13 et R. 57-7-14 du code de procédure pénale, dans leur version applicable au litige, l'auteur du compte-rendu d'indicent et l'auteur du rapport d'enquête ne peuvent siéger en commission de discipline.

15. Il ressort des pièces du dossier que la commission de discipline du 19 avril 2021 était présidée par la cheffe d'établissement du centre pénitentiaire de Nantes, assistée d'un surveillant dont les initiales sont BM et d'un assesseur civil en la personne de M. G, personne extérieure à l'administration pénitentiaire dûment habilitée. Par ailleurs, aucune de ces trois personnes n'est l'auteur des comptes-rendus d'incidents ou du rapport d'enquête, respectivement rédigés par un surveillant pénitentiaire dont les initiales sont AV et par Mme F. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'aucun élément ne permet de vérifier la composition de la commission de discipline, et notamment de s'assurer qu'était bien présente une personne extérieure à l'administration pénitentiaire et habilitée, ou que ses membres n'étaient pas les personnes ayant rédigé le compte-rendu d'incident ou le rapport d'enquête. Par suite, ce moyen doit être écarté.

16. En quatrième lieu, si M. D soutient que la décision du 19 avril 2021 méconnaît le principe d'impartialité dès lors que l'agent public ayant décidé son placement préventif en cellule disciplinaire est le même que celui ayant mené l'enquête disciplinaire, les dispositions de l'article R. 57-7-14 du code de procédure pénale alors en vigueur interdisent seulement à l'auteur du rapport d'enquête de siéger en commission disciplinaire. Aucune disposition législative ou réglementaire n'interdit à un agent ayant placé un détenu en cellule disciplinaire à titre préventif de rédiger par la suite le rapport d'enquête. Par ailleurs, dès lors que le rapport d'enquête se borne à faire apparaître les faits reprochés au requérant ainsi que la qualification qu'ils pourraient éventuellement recevoir au regard des règles que la commission de discipline est chargée d'appliquer, la circonstance avancée par le requérant n'est pas de nature à

porter atteinte au principe d'impartialité, qui interdit seulement à l'administration de donner à penser que les faits visés sont d'ores et déjà établis ou que leur caractère répréhensible au regard des règles à appliquer est d'ores et déjà reconnu. Par suite, ce moyen doit être écarté.

17. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale, dans sa version applicable au litige : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : 1° D'exercer ou de tenter d'exercer des violences physiques à l'encontre d'un membre du personnel ou d'une personne en mission ou en visite dans l'établissement ; () 12° De proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'un membre du personnel de l'établissement, d'une personne en mission ou en visite au sein de l'établissement pénitentiaire ou des autorités administratives ou judiciaires () ". Aux termes de l'article R. 57-7-33 du même code, dans sa version applicable au litige : " Lorsque la personne détenue est majeure, les sanctions disciplinaires suivantes peuvent également être prononcées : () 8° La mise en cellule disciplinaire ". Enfin, l'article R. 57-7-47 de ce code, dans sa version applicable au litige, dispose que : " Pour les personnes majeures, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré, quatorze jours pour une faute disciplinaire du deuxième degré et sept jours pour une faute disciplinaire du troisième degré. Cette durée peut être portée à trente jours lorsque : 1° Les faits commis constituent une des fautes prévues aux 1°, 2° et 3° de l'article R. 57-7-1 () ".

18. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un détenu ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

19. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 9, que le requérant s'est présenté, le 17 avril 2021, au bureau d'un surveillant pénitentiaire et l'a insulté en le menaçant de mort alors que, quinze minutes plus tard, il l'a de nouveau menacé de mort et a armé son bras pour tenter de le frapper avec une chaussette lestée d'une boîte de conserve. De tels faits constituent une faute disciplinaire de premier degré conformément au 1° et au 12° des dispositions de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale de nature à justifier une sanction. A ce titre, si le requérant se prévaut d'un contexte particulier de pression qu'il subit de la part de surveillants pénitentiaires, et fait état de crachats dans ses vêtements, de la dégradation de ses effets personnels au cours de fouilles et d'usurpation d'identité pour des bons de cantine, il n'a produit aucune pièce en attestant. Par ailleurs, compte tenu d'une part du comportement de M. D qui a déjà menacé des surveillants et frappé d'autres détenus ainsi qu'en atteste la liste de ses antécédents disciplinaire, et de la gravité de ces fautes d'autre part, il pouvait, conformément aux articles R. 57-7-33 et R. 57-7-47 du code de procédure pénale, faire légalement l'objet d'un placement en cellule disciplinaire pour trente jours.

20. Il résulte de qui a été dit aux points 11 à 19, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête et la fin de non-recevoir opposée en défense, que M. D n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaire a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé à l'encontre de la décision du 19 avril 2021 par laquelle la commission de discipline du centre pénitentiaire de Nantes l'a sanctionné de trente jours en cellule disciplinaire.

Sur les frais liés au litige :

21. M. D ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son conseil peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Toutefois, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros que M. D sollicite au profit de son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Maxime Gouache et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 16 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Radureau, président,

M. Bozzi, premier conseiller,

M. Grondin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 mars 2024.

Le rapporteur,

signé

T. Grondin

Le président,

signé

C. Radureau

Le greffier,

signé

N. Josserand

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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