mardi 12 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2201539 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS DEPASSE DAUGAN QUESNEL DEMAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 mars 2022, 23 mars 2023 et 7 février 2024, M. et Mme A et D C, représentés par Me Béguin, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 septembre 2021 par lequel le maire de Cesson-Sévigné a délivré un permis de construire à M. et Mme E pour la création d'une maison individuelle sur un terrain cadastré section ZV n°125 situé au 11 C rue de la Ménouriais, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2022 par lequel le maire de Cesson-Sévigné a accordé à M. et Mme E un permis de construire modificatif ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Cesson-Sévigné et de M. et Mme E une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt pour agir au sens des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
- la compétence du signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
- le dossier de demande de permis de construire comporte des omissions, inexactitudes et insuffisances : l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît le règlement PA10 du lotissement ainsi que l'article 1.1 applicable à la zone UE3 du titre V du règlement littéral du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de Rennes métropole dès lors que le projet en litige prévoit l'édification d'une construction à une distance inférieure à cinq mètres de la voie publique ;
- il méconnaît l'article 2.1 du titre IV de règlement littéral du PLUi de Rennes métropole dès lors que le rez-de-chaussée projeté aura une hauteur inférieure aux 3,50 mètres minimum exigés et que l'étage courant présentera une hauteur supérieure au 3,20 mètres maximum exigés ;
- il méconnaît l'article 4.5 du titre IV du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole dès lors que le projet ne permet pas la dissimulation de la boîte aux lettres et du compteur électrique par la clôture ;
- il méconnaît l'article 6.1 du titre IV du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole dès lors que l'aire de stationnement prévue dans le projet n'est pas, sur sa partie Est, entourée de haies arbustives ;
- il méconnaît l'article 8-2 du titre IV du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole dès lors que le projet en litige ne précise ni le dimensionnement du lieu de stockage des déchets, ni le dimensionnement de la conduite d'alimentation en eau potable à laquelle le projet est raccordé.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 février 2023 et 14 février 2024, la commune de Cesson-Sévigné, représentée par Mes Josselin et Nohé-Thomas, de la Selarl d'avocats Valadou-Josselin et associés, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal fasse usage des dispositions de l'article L. 600-1-5 du code de l'urbanisme, et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne disposent pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires, enregistrés les 6 et 9 février 2024, M. et Mme G et B E, représentés par la SCP Depasse Daugan Quesnel Demay, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme C le versement de la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne disposent pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Etienvre ;
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public ;
- les observations de Me Delagne, substituant Me Béguin, représentant M. et Mme C ;
- et les observations de Me Daugan, représentant M. et Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C sont propriétaires des parcelles cadastrées section ZV n° 255 et 256 sur lesquelles se situent leur maison d'habitation et un jardin, situées au 11 A rue de la Ménouriais sur la commune de Cesson-Sévigné. Par un arrêté en date du 30 septembre 2021, le maire de Cesson-Sévigné a délivré à M. et Mme E un permis de construire n° PC 035 051 21 A0075 en vue d'édifier, sur la parcelle cadastrée ZV n° 346, situé au 11 C rue de la Ménouriais, une maison individuelle, cette parcelle correspondant au lot n° 1 du lotissement autorisé par des permis d'aménager des 22 septembre 2020 et 2 mars 2021. Par un courrier du 26 novembre 2021, M. et Mme C ont saisi le maire de Cesson-Sévigné d'un recours gracieux tendant au retrait du permis de construire délivré, lequel a été implicitement rejeté. M. et Mme C sollicitent l'annulation de l'arrêté du 30 septembre 2021 ainsi que de la décision implicite rejetant leur recours gracieux. Ils demandent également d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2022 par lequel le maire de Cesson-Sévigné a accordé à M. et Mme E un permis de construire modificatif.
Sur les fins de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-25 du code de la construction et de l'habitation. () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. M. et Mme C, propriétaires d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée ZV n° 255 rue la Ménouriais, font valoir que leur propriété se situe à proximité immédiate de la construction projetée et que le projet prévoit la construction d'une maison individuelle d'une hauteur de 6,91 mètres au faîtage qui offrira des vues, formera une barrière de luminosité naturelle sur leur propriété et entraînera des difficultés de circulations importantes dans la rue de la Ménouriais. À supposer même que les requérants n'établissent pas que le projet en litige entraînerait des difficultés de circulation ou offrirait des vues sur leur propriété, il ressort toutefois des pièces du dossier que la construction projetée, d'une hauteur de 6,91 mètres au faîtage, et se trouvant à moins de 20 mètres de leur parcelle, constituera une barrière de luminosité naturelle pour leur propriété, nonobstant la présence d'une haie de sapins sur leur parcelle. Dans ces conditions, le projet étant susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de la propriété de M. et Mme C, les fins de non-recevoir tirées du défaut d'intérêt à agir des requérants ne peuvent qu'être écartées.
Sur le bien-fondé des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 30 septembre 2021 portant permis de construire :
S'agissant de la légalité externe :
5. L'arrêté attaqué a été signé par M. H F en sa qualité de maire de Cesson-Sévigné. Cet arrêté n'a donc aucunement été signé par une personne à qui le maire aurait donné délégation. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision litigieuse en raison du défaut de justification d'une délégation régulière doit être écarté.
S'agissant de la légalité interne :
6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. ".
7. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. En outre, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'autorité administrative n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
8. D'une part, les dispositions de l'article R. 431-9 code de l'urbanisme relatives au plan de masse du projet architectural n'imposent pas de mentionner les aménagements intérieurs des constructions. Il en résulte que ni le dossier de demande du permis initial, ni celui du dossier modificatif n'avaient à indiquer les surfaces allouées au stockage des déchets ménagers au sein de la construction. D'autre part, si ces mêmes dispositions commandent d'indiquer les modalités de raccordement aux réseaux publics, ni elles ni celles de l'article R. 431-8 n'imposent de préciser le caractère suffisant de la conduite d'eau potable sur laquelle le projet viendra se raccorder. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code l'urbanisme, doit être écarté en toutes ses branches.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1.1 applicable à la zone UE3 du titre V du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole et repris par l'article premier du règlement PA10 du lotissement : " Les constructions s'implantent en retrait minimal de 5m par rapport aux voies ou emprises ouvertes au public () ". Aux termes de l'article 1 du titre IV du même règlement : " Les règles d'implantation s'applique dans toutes les zones. () Ne sont pas soumis aux règles d'implantation : () / - les constructions dont la hauteur n'excède pas 0,60 m mesurée par rapport au niveau du terrain naturel (*) ou terrain aménagé (*) au droit de la construction () ".
10. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que les règles d'implantation ne sont pas applicables aux constructions dont la hauteur n'excède pas 0,60 mètre mesurée par rapport au niveau du terrain naturel.
11. En l'espèce, pour soutenir que le projet en litige méconnaît les dispositions précitées, les requérants se sont basés sur l'angle sud-ouest de la terrasse en bois projetée, dont ils n'établissent pas qu'elle se situerait à plus de 0,60 mètre au-dessus du terrain naturel se situant, en son point le plus bas, à la côte d'altitude de 42.64.
12. Toutefois, cette terrasse en bois ne constitue qu'un simple aménagement du sol qui ne peut être assimilé à une construction pour l'application du règlement du lotissement. Et à supposer qu'il s'agisse d'une construction pour l'application du règlement du PLUi de Rennes métropole, il ressort des pièces du dossier que cette dernière se trouvera à seulement 0,26 mètre au-dessus du terrain naturel en son point le plus bas. Par conséquent, le moyen soulevé est inopérant à l'encontre de cette terrasse au sol, tant sur le fondement de l'article 1er du chapitre II du règlement du lotissement que sur celui du paragraphe 1.1 de la partie du titre V du règlement du PLUi de Rennes métropole applicable en zone UE3.
13. En troisième lieu, aux termes de l'article 2.1 du titre IV du règlement du PLUi de Rennes métropole : " La hauteur d'un niveau de construction se mesure du dessus du plancher bas au-dessous du plancher haut directement supérieur () / La hauteur du rez-de-chaussée (*) ou à défaut le niveau le plus facilement accessible depuis la voie ou l'espace public (*) est fixée à 3,50 m minimum pour les constructions de premier rang (*) (hors annexe(*)) : / - le long des linéaires commerciaux indiqués au plan de zonage du règlement graphique, / - dans certains périmètres de centralité précisés au plan thématique " Hauteur " du règlement graphique par un symbole R*. / - dans certains secteurs précisés au plan thématique " Hauteur " du règlement graphique. () / Pour la destination habitation, la hauteur des étages courants est de 3,20 m maximum à l'exception des volumes communs à un même logement (duplex, triplex, ) () ".
14. D'une part, il résulte des dispositions précitées que la hauteur minimum de 3,50 mètres exigée pour le rez-de-chaussée n'est applicable qu'aux constructions situées le long de linéaires commerciaux ou à celles situées dans certaines centralités et autres secteurs identifiés par un symbole R* dans le plan thématique " Hauteur " du règlement graphique du PLUi de Rennes métropole. Ainsi, si les requérants soutiennent que le projet litigieux méconnaît les dispositions précitées en ce que la hauteur du rez-de-chaussée serait inférieure à 3,50 mètres, il ressort toutefois des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet ne se situe ni le long d'un linéaire commercial, ni dans un secteur ou une centralité identifié par un symbole R* dans le plan thématique " Hauteur " du règlement graphique du PLUi de Rennes métropole. Dans ces circonstances, les requérants ne pouvaient se prévaloir des dispositions de l'article 2.1 du titre IV du règlement du PLUi de Rennes métropole. Par suite, la première branche du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écartée.
15. D'autre part, les requérants soutiennent que le projet en litige méconnaît les dispositions de l'article 2.1 du titre IV du règlement du PLUi de Rennes métropole en ce que la hauteur de l'étage courant du volume central de la construction projetée est supérieure à la hauteur maximum de 3,20 mètres imposée.
16. Il résulte de ces dispositions que la hauteur d'un niveau de construction se mesure du dessus du plancher bas au-dessous du plancher haut directement supérieur, les épaisseurs du plancher n'étant pas comprises dans le calcul des hauteurs, pas plus que la hauteur ou l'épaisseur entre le plafond de l'étage et le toit. Or, s'il est constant que le projet en litige prévoit la réalisation d'une construction d'une hauteur de 6,91 mètres au faîtage et si les requérants soutiennent que l'étage courant de la construction projetée atteindra une hauteur de 3,94 mètres, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan en coupe des façades du projet, que la hauteur de l'étage courant, mesurée à partir du dessus du plancher bas de l'étage courant au-dessous du plancher haut directement supérieur, prévoit bien une hauteur de seulement 2,50 mètres. Dans ces circonstances, le projet en litige respecte donc la règle imposant un étage courant d'une hauteur maximum de 3,20 mètres. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 2.1 du titre IV du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole, portant règles applicables à toutes les zones, relatif à la hauteur des constructions principales, doit être ainsi écarté en toutes ses branches.
17. En quatrième lieu, aux termes de l'article 4.5 du titre IV du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole : " Les coffrets, compteurs, boîtes aux lettres doivent être intégrés dans la construction ou les clôtures en s'implantant selon une logique de dissimulation qui tienne compte des modénatures et des matériaux constitutifs. ".
18. Il est constant que le projet en litige prévoit la pose d'une clôture en limite sud de type grillagée torsadé d'une hauteur de 1,50 mètres, doublée d'une haie arbustive avec des essences locales de chaque côté de la clôture. Si les requérants soutiennent que le compteur électrique, la boîte aux lettres et les autres éléments techniques ne s'intègrent nullement dans la clôture implantée en limite sud du projet, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse, que ces éléments ont vocation à s'intégrer dans la haie arbustive en respectant une logique de dissimulation au sens des dispositions du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4.5 du titre IV du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole ne peut qu'être écarté.
19. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6.1 du titre IV du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole : " () /- Les aires de stationnement des véhicules automobiles doivent faire l'objet d'un traitement paysager d'ensemble, y compris les délaissés. Elles comportent un arbre pour 4 emplacements de stationnement aérien et sont entourées de haies ou plantes arbustives à l'exception des aires de stationnement sur dalle pour lesquelles seul 1 arbre pour 4 emplacements de stationnement est exigé. Pour les parcs de stationnement sur dalle, les arbres sont plantés en pleine terre (*) à 5 mètres maximum de la limite de la dalle ou en bacs (volume d'1m3 de terre minimum) à l'exception des constructions dédiées uniquement au stationnement () ".
20. En l'espèce, si le projet en litige prévoit la réalisation d'une aire de stationnement, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'elle sera entourée d'une haie arbustive sur sa partie Est. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article 6.1 du titre IV du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole.
21. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 8.2 du titre IV du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole : " () / Toute construction ou installation nouvelle susceptible de requérir une alimentation en eau doit être raccordée à une conduite d'eau potable de caractéristiques suffisantes. () / Tout projet de construction nouvelle quelle que soit sa destination, doit prévoir pour la gestion des déchets du site, un lieu de stockage spécifique suffisamment dimensionné sur le terrain d'assiette du projet. Les préconisations techniques à respecter sont indiquées dans les annexes du PLUI. / Dans le cas d'un mode de collecte des déchets par apport volontaire retenu par la collectivité, le lieu de stockage ne vise que les déchets occasionnels de type encombrants. / Dans tous les nouveaux projets générant des bio-déchets, une solution de tri à la source de ces déchets doit être intégrée soit par le biais d'aire de compostage soit par une surface supplémentaire des locaux déchets. ".
22. En l'espèce, le projet en litige prévoit un espace de stockage des bacs de tri sélectifs dans le garage de la construction projetée et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la conduite d'alimentation en eau potable de l'immeuble projeté ne présentera pas des caractéristiques suffisantes. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8.2 du titre IV du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole ne peut qu'être écarté en toutes ses branches.
En ce qui concerne l'arrêté du 19 janvier 2022 portant permis de construire modificatif :
23. Le permis de construire modificatif n'a pas régularisé l'unique vice retenu entachant d'illégalité l'arrêté du 30 septembre 2021. Par suite, l'arrêté du 19 janvier 2022 portant permis de construire modificatif est lui-même entaché d'une illégalité en ce qu'il ne prévoit pas la mise en place d'une haie arbustive sur la partie Est de l'aire de stationnement projetée.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
24. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ".
25. Les dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme permettent au juge de procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où l'illégalité affecte une partie identifiable du projet et peut être régularisée par une mesure de régularisation.
26. Les illégalités retenues aux points 20 et 23 du présent jugement, qui tiennent à la méconnaissance de l'article 6.1 du titre IV du règlement littéral du PLUi de Rennes métropole, constituent des vices n'affectant qu'une partie identifiable du projet au sens de l'article L. 600-5 précité. Il ne ressort pas des pièces du dossier que leur régularisation impliquerait d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, ces régularisations pouvant intervenir en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, il y a lieu de limiter à cette partie du projet l'annulation des arrêtés en litige. Il y a lieu également de fixer à trois mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel le pétitionnaire pourra demander la régularisation des vices retenus.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
27. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Cesson-Sévigné et de M. et Mme E le versement d'une somme au titre des frais exposés par M. et Mme C et non compris dans les dépens.
28. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les conclusions de la commune de Cesson-Sévigné et de M. et Mme E soient accueillies.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 30 septembre 2021 et l'arrêté du 19 janvier 2022 sont annulés en tant que l'aire de stationnement autorisée n'est pas entourée de haies ou de plantes arbustives en méconnaissance du paragraphe 6.1 du titre IV du règlement du PLU de Rennes métropole.
Article 2 : Le délai accordé à M. et Mme E pour solliciter la régularisation de leur projet est fixé à trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Cesson-Sévigné et de M. et Mme E tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et D C, à M. et Mme G et B E et à la commune de Cesson-Sévigné.
Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Rennes en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 19 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Etienvre, président,
M. Terras, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mars 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
F. Etienvre
L'assesseur le plus ancien,
Signé
F. Terras
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026