lundi 10 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2201729 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CONTI & SCEG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er avril 2022, M. A C, M. D B, et la Fédération française de planeur ultra-léger motorisé (FFPLUM), représentés par Me Conti, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'article 2 de la décision du 26 octobre 2021 du préfet du Morbihan autorisant la création et l'utilisation d'une plate-forme aéronautique sur la commune de Sarzeau, en tant qu'elle limite son activité à 30 vols annuels, et qu'elle limite les horaires de décollage de 7 heures 30 à 20 heures du lundi au vendredi, et de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 19 heures le samedi, le dimanche et les jours fériés, et en tant qu'elle porte obligation de tenir un registre des mouvements de la plate-forme ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- M. C, propriétaire du terrain constitué en plate-forme permanente, et M. B, instructeur sur la plate-forme permanente autorisé par M. A C à en gérer l'usage aux fins d'exploiter son activité professionnelle d'instructeur d'ULM, et la FFPLUM ont intérêt pour agir contre la décision attaquée ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation en fait et en droit ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une méconnaissance de l'arrêté interministériel de 1986 ;
- la limitation du nombre de mouvements annuels à 30 interdit de fait l'exercice d'une activité professionnelle régulière prévue par la loi et porte ainsi une atteinte au droit du travail ; les tranches horaires sont incompatibles avec la pratique du paramoteur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2023, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- M. B et la Fédération Française de Planeur ultra-léger motorisé n'ont pas intérêt pour agir contre l'arrêté attaqué ;
- les autres moyens soulevés par C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'aviation civile ;
- l'arrêté interministériel du 13 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gourmelon, première conseillère, pour exercer les fonctions de rapporteure publique, en application des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pottier,
- et les conclusions de Mme Gourmelon, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C qui bénéficiait d'une autorisation pour créer et utiliser une plateforme ULM au lieudit Bolann à Sarzeau par arrêté préfectoral du 8 juin 2016, a demandé le renouvellement de cette autorisation. Le préfet du Morbihan, par un arrêté du 26 octobre 2021, lui a délivré une autorisation d'utilisation de la plateforme ULM accompagnée d'une obligation de tenir un registre des mouvements de la plate-forme, d'une limitation à 30 du nombre de vols annuels, et d'une restriction de l'activité de décollage sur les plages horaires de 7 heures 30 à 20 heures du lundi au vendredi, et de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 19 heures pour ce qui concerne le samedi, le dimanche et les jours fériés. M. C a présenté un recours gracieux contre cet arrêté qui a été rejeté le 2 février 2022. Il demande l'annulation de la décision du 26 octobre 2021 en tant qu'elle est accompagnée des obligations et restrictions précitées.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. La Fédération française des planeurs ultra-légers motorisés dont l'objet est notamment la promotion et le développement du vol ultra-léger, le regroupement des intérêts des utilisateurs et l'étude et la résolution de tous les problèmes administratifs, financiers ou juridiques impliqués par l'utilisation des ULM, a intérêt à l'annulation de la décision attaquée délivrant à M. C une autorisation d'utilisation de la plateforme ULM accompagnée dans son article 2 d'obligations et de restriction portant sur les horaires d'activité ainsi que du nombre annuel de vols. Par suite, le préfet n'est pas fondé à opposer à la FFPLUM le défaut d'intérêt pour agir contre la décision attaquée.
3. En revanche, si M. B qui est instructeur sur la plate-forme d'ULM de M. C, en est usager à ce titre, toutefois cette seule qualité ne lui confère pas intérêt pour agir contre la décision attaquée délivrant une autorisation d'utilisation d'une plateforme d'ULM à M. C. Par suite le préfet du Morbihan est fondé à opposer à M. B son défaut d'intérêt pour agir contre la décision attaquée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ".
5. Aux termes de l'article D. 132-8 du code de l'aviation civile : " Les aérodynes motorisés à performances limitées, dits "ultra-légers motorisés" ou "ULM", définis par le ministre chargé de l'aviation civile, peuvent atterrir ou décoller ailleurs que sur un aérodrome, sous réserve que soient respectées les mesures de sécurité et autres conditions définies par arrêté interministériel () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 13 mars 1986 fixant les conditions dans lesquelles les aérodynes ultralégers motorisés, ou U.L.M., peuvent atterrir et décoller ailleurs que sur un aérodrome : " Le présent arrêté a pour objet de définir les dispositions particulières à l'utilisation et, s'il y a lieu, l'agrément des plates-formes situées hors des aérodromes utilisées à des fins de décollage et d'atterrissage par les aérodynes ultralégers motorisés (U.L.M.). ". Aux termes de l'article 5 du même arrêté : " Les plates-formes destinées à être utilisées de façon permanente par un ou plusieurs exploitants () sont autorisées par arrêté du préfet du département () Toute plate-forme servant de base à l'exploitation d'un U.L.M. doit être considérée comme permanente. / L'autorisation peut être refusée, notamment si l'usage de la plate-forme est susceptible d'engendrer des nuisances phoniques de nature à porter une atteinte grave à la tranquillité du voisinage ".
6. Il appartient au préfet, dans l'exercice des pouvoirs de police spéciale qu'il tient du code de l'aviation civile et de l'arrêté du 13 mars 1986 susvisé, de refuser ou de limiter, s'il l'estime nécessaire, en vue de préserver la tranquillité du voisinage, l'utilisation d'une plate-forme destinée à la pratique de l'ULM. Il incombe ainsi à l'autorité préfectorale d'assurer la conciliation entre les nécessités inhérentes à la pratique de cette activité et les contraintes susceptibles d'en découler pour les riverains.
7. Si la décision attaquée, qui constitue une décision de police, vise les dispositions du code de l'aviation civile et de l'arrêté interministériel précité du 13 mars 1986, toutefois, elle ne mentionne aucune des circonstances de fait de nature à motiver la restriction du nombre de vols à trente par an, ni les raisons pour lesquelles les horaires de décollage et d'atterrissage accompagnant l'autorisation délivrée ont été retenus. En outre, elle ne vise pas les dispositions législatives ou réglementaires obligeant le titulaire de l'autorisation à enregistrer les vols et l'immatriculation des appareils utilisant la plateforme. Par suite, M. C et la FFPLUM sont fondés à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'ensemble des moyens de la requête, que les requérants sont fondés à demander l'annulation de l'article 2 de la décision attaquée en tant qu'il limite l'autorisation de la plateforme à trente vols par an, à des horaires précis, et en tant qu'il porte obligation pour M. C de consigner les vols sur un registre, ensemble la décision portant rejet de recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. C, M. B et de la Fédération française de planeurs ultra-légers motorisés présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Morbihan du 26 octobre 2021 est annulé en tant qu'il porte limitation du nombre de vols à trente par an et à des plages horaires, et en tant qu'il porte obligation pour M. C de tenir un registre des vols, ensemble la décision portant rejet de recours gracieux est annulée.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. C, M. B et la Fédération française de planeurs ultra-légers motorisés au titre des frais irrépétibles sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à A C, représentant unique des requérants et au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
F. Pottier
Le président,
signé
O. Gosselin
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026