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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2201730

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2201730

jeudi 23 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2201730
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantBOULAIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er avril 2022 et le 16 novembre 2022,

M. A B, représenté par Me Emeric Boulais, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 2 mars 2022 par laquelle le directeur départemental de la protection des populations des Côtes-d'Armor lui demande de remédier, dans le délai d'un mois, aux non-conformités constatées, lors de l'inspection effectuée à son domicile, à la règlementation sur la détention et l'entretien d'animaux d'espèces non domestiques et de procéder à la stérilisation de la femelle Alpha lui appartenant ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor l'a mis en demeure de se soumettre, dans le délai d'un mois, à la réglementation relative à la détention et à l'entretien des animaux non-domestiques et de faire stériliser, par un vétérinaire, le plus rapidement possible et au plus tard avant le 30 mars 2022, la femelle Alpha lui appartenant ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté du 25 mars 2022 étant purement confirmatif de la décision du 2 mars 2022, laquelle n'était pas définitive à l'enregistrement de son recours, il est recevable à contester ces deux décisions ;

- le préfet ne saurait soutenir que les décisions contestées ne lui font pas grief, au regard des mesures de contraintes qu'elles prévoient ;

- ces deux décisions ont été signées par une autorité incompétente ;

- le préfet des Côtes-d'Armor n'était pas compétent pour retirer ou abroger les décisions par lesquelles le ministre de l'agriculture lui a délivré, par l'intermédiaire de la société I-CAD, les cartes d'identification de ses deux chiens, ainsi reconnus comme animaux carnivores domestiques ;

- l'arrêté du 25 mars 2022 est insuffisamment motivé ;

- les décisions contestées sont intervenues sans mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable ;

- le fait que les chiens dont il est propriétaire n'appartiennent pas à une race reconnue par la Fédération Cynologique Internationale (FCI) ne fait pas automatiquement de l'animal concerné un animal sauvage ;

- le critère déterminant pour savoir si un animal est domestique ou non est sa sélection par l'homme, ainsi que le prévoient les dispositions de l'article R. 411-5 du code de l'environnement ;

- les chiens Ice et Alpha lui appartenant, issus d'un élevage américain, sont de race North American Indian Dog reconnue par le Continental Kennel Club et ont un pédigrée qui ne comporte aucun loup parmi les quatre générations précédentes ;

- le seul fait qu'il existe depuis 2014 un accord de reconnaissance mutuelle entre les races reconnues par l'American Kennel Club (AKC) et la FCI ne saurait signifier que les chiens dont la race n'est pas reconnue par ces deux entités ne seraient pas des chiens ;

- le préfet des Côtes-d'Armor a décidé, à tort, de soumettre ses deux chiens à la règlementation relative aux animaux non domestiques et de lui imposer la stérilisation de sa chienne Alpha ;

- la décision lui imposant la stérilisation de sa chienne Alpha est disproportionnée, compte tenu de son caractère irrémédiable et du fait que d'autres mesures permettaient d'atteindre l'objectif recherché.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2022, le préfet des Côtes-d'Armor conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation des décisions du

2 mars 2022 et du 25 mars 2022 sont irrecevables, en ce qu'elles sont dirigées contre des actes préparatoires qui ne font pas grief et sont dépourvus de tout caractère décisoire ;

- M. C avait compétence pour signer les décisions litigieuses, en vertu d'une subdélégation de signature accordée par le directeur départemental de la protection des populations à plusieurs de ses collaborateurs ;

- l'arrêté du 25 mars 2022 comporte des visas et des considérants exposant de façon détaillée les éléments de droit et de fait sur lesquels il est fondé ;

- le courrier transmis à M. B le 2 mars 2022 l'invitait à présenter ses observations dans un délai de dix jours, de sorte que le principe du contradictoire a été respecté ;

- la race Northaid n'est reconnue ni par la Fédération Cynologique Internationale (FCI) en France, ni par l'American Kennel Club ou par The Kennel Club au Royaume-Uni ;

- l'hybride de loups est une espèce non domestique appartenant à l'ordre des carnivores, dont la taille adulte fait plus de 6 kg, et qui est donc classée réglementairement comme une espèce dangereuse, en vertu de l'arrêté du 21 novembre 1997 ;

- les animaux détenus par M. B sont des animaux issus de croisements de plusieurs races de chiens et de loups, dont la race n'est pas reconnue par la FCI comme une race de chiens domestiques et sont donc des carnivores de plus de 6 kg considérés comme dangereux, dont la détention est soumise à autorisation au sein d'un établissement détenant des animaux d'espèces non domestiques ;

- il incombe à M. B de déposer une demande d'ouverture d'un établissement d'élevage d'animaux d'espèces non domestiques et de détenir un certificat de capacité pour l'élevage d'espèces non domestiques ;

- lors de la visite d'inspection au domicile de M. B, il a été constaté la dangerosité des deux chiens Ice et Alpha, dont le comportement était plus proche de celui du loup que de celui du chien ;

- M. B ne saurait soutenir que la mesure de stérilisation de sa chienne Alpha qui lui est imposée est disproportionnée, compte tenu du statut de cet animal et alors qu'il ressort de la consultation du fichier d'enregistrement des carnivores domestiques (I-CAD) que le requérant est désormais détenteur de quatre chiens supplémentaires, hybrides, sans pédigrée, et nés le 12 avril 2022 sous la dénomination " apparenté Northaid ".

Vu :

- l'ordonnance n°2201779 rendue le 11 mai 2022 par le juge des référés du tribunal administratif de Rennes ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- l'arrêté du 19 mai 2000 soumettant à autorisation la détention de loups ;

- l'arrêté du 11 août 2006 fixant la liste des espèces, races ou variétés d'animaux domestiques ;

- l'arrêté du 1er août 2012 relatif à l'identification des carnivores domestiques et fixant les modalités de mise en œuvre du fichier national d'identification des carnivores domestiques ;

- l'arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,

- et les observations de Me Boulais, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Le 14 février 2022, une inspectrice de l'environnement des services de la direction départementale de la protection des populations des Côtes-d'Armor s'est rendue au domicile de M. B, situé à Plérin (22), et a constaté que celui-ci détenait deux chiens croisés loups de race Northaid, considérés comme des animaux hybrides non domestiques appartenant à l'ordre des carnivores de plus de 6 kg et soumis à la réglementation fixée par l'article L. 413-2 du code de l'environnement. Par courrier du 2 mars 2022, le directeur départemental de la protection des populations des Côtes-d'Armor a transmis à M. B le rapport d'inspection, l'a informé des non-conformités à la réglementation constatées et lui a demandé d'y remédier dans un délai d'un mois ainsi que de procéder à la stérilisation de la chienne Alpha lui appartenant, le plus tôt possible et au plus tard le 30 mars 2022. Par arrêté du 25 mars 2022, le préfet des Côtes-d'Armor a mis en demeure M. B de déposer une demande de certificat de capacité et une demande d'autorisation d'ouverture pour l'entretien d'animaux d'espèces non domestiques, de mettre en place une clôture étanche, d'identifier les animaux sur le site I-FAP et de mettre en place un registre des entrées et sorties, le tout dans le délai d'un mois, ainsi que de faire stériliser, par un vétérinaire, la femelle Alpha le plus rapidement possible et au plus tard avant le 30 mars 2022, en précisant qu'en cas d'inobservation de ces dispositions, il s'exposait aux sanctions administratives prévues par les articles L. 413-5 et R. 413-49 du code de l'environnement et à d'éventuelles sanctions pénales. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 2 mars 2022 et de l'arrêté préfectoral du 25 mars 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'environnement : " () la détention, la cession à titre gratuit ou onéreux, () l'importation () d'animaux d'espèces non domestiques () dont la liste est fixée par arrêtés conjoints du ministre chargé de l'environnement et, en tant que de besoin, du ou des ministres compétents, s'ils en font la demande, sont soumis, suivant la gravité de leurs effets sur l'état de conservation des espèces concernées et des risques qu'ils présentent pour la santé, la sécurité et la salubrité publiques, à déclaration ou à autorisation de l'autorité administrative délivrée dans les conditions et selon les modalités fixées par un décret en Conseil d'Etat. () ". Selon l'article L. 413-1 A de ce code : " I. - Parmi les animaux d'espèces non domestiques, seuls les animaux relevant d'espèces dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de l'environnement peuvent être détenus comme animaux de compagnie ou dans le cadre d'élevages d'agrément. / II.- La liste mentionnée au I est établie et révisée tous les trois ans, après enquête approfondie conduite par le ministre chargé de l'environnement. Cette enquête se fonde sur des données scientifiques disponibles récentes présentant des garanties de fiabilité. () / IV. - Par dérogation au I, la détention d'un animal d'une espèce ne figurant pas sur la liste mentionnée au même I est autorisée si son propriétaire démontre qu'il a acquis l'animal avant la promulgation de la loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes. ". L'article R. 411-5 du même code précise que : " Sont considérées comme espèces animales non domestiques celles qui n'ont pas subi de modification par sélection de la part de l'homme. () ".

3. En application de ces dispositions, un arrêté du 8 octobre 2018 fixe les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques, s'agissant notamment des exigences auxquelles doivent satisfaire les personnes physiques ou morales qui détiennent en captivité des animaux d'espèces non domestiques. L'annexe 2 de cet arrêté, qui précise le régime de détention applicable en fonction du nombre de spécimens détenus, prévoit à la rubrique 26 intitulée " Carnivora (Canidés, Félidés, Ursidés, Pinnipèdes, etc) " que la détention d'un spécimen et plus d'une espèce de Carnivora dont le poids adulte est supérieur ou égal à 6 kilogrammes, nécessite un certificat de capacité et une autorisation d'ouverture.

4. En outre, selon l'article 1er de l'arrêté du 19 mai 2000 soumettant à autorisation la détention de loups : " La détention de loups vivants de l'espèce Canis lupus, y compris des individus hybrides dont l'ascendance récente comporte un loup, est soumise à autorisation préfectorale en application de l'article L. 212-1 du code rural. () ".

5. Toutefois, l'arrêté du 11 août 2006 fixant la liste des espèces, races ou variétés d'animaux domestiques dispose en son article 1er que : " Pour l'application des articles

R. 411-5 et R. 413-8 susvisés du code de l'environnement, sont considérés comme des animaux domestiques les animaux appartenant à des populations animales sélectionnées ou dont les deux parents appartiennent à des populations animales sélectionnées. / On appelle population animale sélectionnée une population d'animaux qui se différencie des populations génétiquement les plus proches par un ensemble de caractéristiques identifiables et héréditaires qui sont la conséquence d'une politique de gestion spécifique et raisonnée des accouplements. / Une espèce domestique est une espèce dont tous les représentants appartiennent à des populations animales sélectionnées ou sont issus de parents appartenant à des populations animales sélectionnées. / Une race domestique est une population animale sélectionnée constituée d'un ensemble d'animaux d'une même espèce présentant entre eux suffisamment de caractères héréditaires communs dont l'énumération et l'indication de leur intensité moyenne d'expression dans l'ensemble considéré définit le modèle. / Une variété domestique est une population animale sélectionnée constituée d'une fraction des animaux d'une espèce ou d'une race que des traitements particuliers de sélection ont eu pour effet de distinguer des autres animaux de l'espèce ou de la race par un petit nombre de caractères dont l'énumération définit le modèle. ". La liste annexée à cet arrêté mentionne parmi les espèces, races et variétés d'animaux domestiques, dans la catégorie des canidés, le chien (canis familiaris).

6. Pour les carnivores domestiques, l'article L. 212-10 du code rural et de la pêche maritime prévoit, par ailleurs, que : " Les chiens, les chats et les furets, préalablement à leur cession, à titre gratuit ou onéreux, sont identifiés par un procédé agréé par le ministre chargé de l'agriculture mis en œuvre par les personnes qu'il habilite à cet effet. Il en est de même, en dehors de toute cession, pour les chiens âgés de plus de quatre mois, pour les furets âgés de plus de sept mois nés après le 1er novembre 2021 et pour les chats de plus de sept mois. L'identification est à la charge du cédant. () ". Ces dispositions sont notamment complétées par l'arrêté du 1er août 2012 relatif à l'identification des carnivores domestiques et fixant les modalités de mise en œuvre du fichier national d'identification des carnivores domestiques, qui définit les carnivores domestiques comme " les carnivores détenus ou destinés à être détenus par l'homme qui ont fait l'objet d'une pression de sélection continue et constante à l'origine de la formation d'un groupe d'animaux indépendamment de leur enregistrement à un livre généalogique et qui ont acquis des caractères stables, génétiquement héritables. Les carnivores domestiques comprennent notamment les espèces suivantes : chien, chat, furet ; ". La préidentification de l'animal ayant été effectuée par une personne habilitée, l'article 10 de cet arrêté précise que : " Après réception du volet du document de préidentification qui lui est destiné et après avoir effectué le contrôle des informations inscrites sur ce document conformément aux prescriptions du présent arrêté, le gestionnaire du fichier national d'identification des carnivores domestiques édite la carte d'identification définie à l'article 12. / Le gestionnaire du fichier national d'identification des carnivores domestiques adresse cette carte d'identification au propriétaire mentionné sur le volet du document de préidentification qui lui a été envoyé dans un délai de huit jours après avoir renseigné dans le fichier les informations prévues à l'annexe II. ".

7. Il résulte de l'instruction qu'à la suite d'une visite effectuée au domicile de M. B par une inspectrice de l'environnement qui a constaté que celui-ci détenait deux chiens de race Northaid, race de chien loup américain non reconnue par la Fédération Cynologique Internationale comme une race de chien domestique, le préfet des Côtes-d'Armor a informé le requérant que ses chiens étaient considérés comme des hybrides de loups par défaut et donc comme des animaux non domestiques appartenant à l'ordre des carnivores de plus de

6 kg et lui a demandé, par décision du 2 mars 2022 puis par arrêté du 25 mars 2022, de respecter la règlementation applicable en cas de détention de telles espèces animales. Pour autant,

M. B justifie avoir fait procéder le 15 juin 2020 à la préidentification de ses deux chiens, Alpha et Ice, de race Northaid et avoir reçu, respectivement le 15 décembre 2021 et le

23 décembre 2021, du Ministre de l'agriculture et de l'alimentation, par l'intermédiaire de la société d'identification des carnivores domestiques I-CAD, une carte d'identification des deux animaux en tant que carnivores domestiques. M. B produit, en outre, les cartes d'identification qui lui ont été délivrés le 10 juin 2022 et le 3 octobre 2022 s'agissant des chiens de même race nés à son domicile le 12 avril 2022. Cet enregistrement des chiens de race Northaid, par le ministre compétent, dans le fichier national des carnivores domestiques, plutôt que dans le fichier national d'identification des animaux d'espèces non domestiques détenus en captivité prévu par l'article L. 413-6 du code de l'environnement, suffit à établir que ces animaux peuvent être regardés comme une espèce domestique. Le préfet des Côtes-d'Armor ne conteste pas, par ailleurs, que les deux chiens du requérant sont de race Northaid. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que le préfet des Côtes-d'Armor lui a imposé, à tort, de se soumettre à la réglementation relative à la détention d'animaux non domestiques et de faire procéder à la stérilisation de la femelle Alpha.

8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 2 mars 2022 comme l'arrêté du 25 mars 2022 portant mise en demeure de M. B doivent être annulées.

Sur les frais liés au litige :

9. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, le versement à M. B d'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 2 mars 2022 adressée par le directeur départemental de la protection des populations des Côtes-d'Armor à M. B ainsi que l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor a mis en demeure M. B de se soumettre à la règlementation relative à la détention d'animaux non domestiques sont annulés.

Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Une copie du présent jugement sera adressée au préfet des Côtes-d'Armor.

Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

M. Blanchard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.

La rapporteure,

Signé

M. Thalabard

Le président,

Signé

G.-V. VergneLa greffière,

Signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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