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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2202017

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2202017

mercredi 6 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2202017
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème Chambre
Avocat requérantMOUANGA DIATANTOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 15 avril et 3 juin 2022, M. C G B, représenté par Me Mouanga Diatantou, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 mars 2022 par lequel le préfet du Finistère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Finistère de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à son avocat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

- le refus de renouvellement de son titre de séjour étudiant est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur son identité ;

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle méconnaît les articles 3-1 et 9-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et porte une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de son enfant ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle méconnaît les articles 3-1 et 9-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et porte une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de son enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2022, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, déclare être un ressortissant burkinabé né le 30 novembre 2002 et entré irrégulièrement en France le 26 septembre 2019. Il a fait l'objet d'un placement à l'aide sociale à l'enfance du Finistère, par jugement du tribunal pour enfants de A du 20 avril 2020. Le 14 octobre 2020, il a sollicité auprès de la préfecture du Finistère la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifié à l'article L. 423-23 du même code, ainsi que la délivrance d'un premier titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant " en application des dispositions des articles 9 de la convention conclue entre le Burkina-Faso et la France le 14 septembre 1992 et 2-2.1 de l'accord France-Burkina-Faso du 10 janvier 2009. Le 26 avril 2021, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " ou travailleur temporaire sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifié à l'article L. 435-3 du même code. Enfin, les 26 mai et 11 septembre 2021, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 21 mars 2022, le préfet du Finistère a rejeté ses demandes, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays vers lequel il pourra être reconduit d'office. Par la présente requête, M. B demande à titre principal l'annulation de l'arrêté du 21 mars 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " À titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité () ". Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil () ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Cet article pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère et il incombe à l'administration, à laquelle il revient de faire échec à la fraude, de renverser cette présomption par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact, et notamment par les données à caractère personnel enregistrées dans le traitement automatisé dénommé Visabio.

4. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.

5. Le préfet du Finistère a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au motif que la consultation du fichier Visabio lui avait permis de constater, en se fondant sur la correspondance des empreintes digitales, que l'intéressé avait précédemment sollicité auprès des autorités consulaires françaises à Ouagadougou (Burkina-Faso) cinq visas du 30 mars au 5 décembre 2017 en présentant dans un premier temps un passeport burkinabé n° A2177020 valable du 19 juillet 2016 au 18 juillet 2021 puis un deuxième passeport burkinabé n° A2232538 valable du 1er juin 2017 au 31 mai 2022 et en produisant également une copie de livret de famille. Ces documents font apparaître que l'identité de l'intéressé est (PSEUDO)Moussa B(PSEUDO), né le 3 septembre 1998 à Midebdo (Burkina-Faso). M. B a ensuite présenté une demande de visa auprès des autorités consulaires espagnoles à Bamako (Mali) sous la nouvelle identité de M. C G B, né le 30 novembre 2002 à Bobo Dioula (Burkina-Faso) en présentant à l'appui de cette demande un troisième passeport burkinabé n° A300639 valable du 5 septembre 2018 au 4 septembre 2023, qui est également celui présenté lors du dépôt de sa demande de titre de séjour. Par ailleurs, le préfet du Finistère fait valoir que le jugement du tribunal pour enfants de A du 20 avril 2020 relève que l'évaluation réalisée par l'aide sociale à l'enfance le 3 décembre 2019 précisait ne pas pouvoir certifier la minorité de M. B et que les informations du fichier Visabio permettaient d'émettre des doutes quant à l'authenticité de l'identité de l'intéressé. Le préfet indique enfin que M. B n'a pas produit ce rapport d'évaluation de minorité à l'appui de sa demande de titre de séjour.

6. Pour justifier de son identité, M. B produit un extrait d'acte de naissance indiquant qu'il est né le 30 novembre 2002 à Bobo-Dioulasso (Burkina-Faso). Toutefois, ce document ne comporte pas de photographie et l'original n'a pas été déposé à la préfecture aux fins d'analyse de son authenticité. Cet acte de naissance, dont l'authenticité est incertaine, est par suite insuffisant pour démontrer l'inexactitude des mentions figurant dans le fichier Visabio. Par ailleurs, le passeport n° A300639 valable du 5 septembre 2018 au 4 septembre 2023, qui ne constitue pas un document d'état civil, ne peut davantage permettre d'établir l'identité et la date de naissance du requérant dès lors que le service de fraude documentaire de la police aux frontières a estimé qu'il était authentique sous réserve de la régularité et de l'authenticité des pièces présentées pour son établissement, et que ces pièces n'ayant pas été produites par M. B, elles n'ont pu être soumises à une expertise de la police aux frontières. Enfin, le jugement du tribunal pour enfants de A du 20 avril 2020 a été rendu dans le cadre d'une instance ayant un objet étranger à la détermination du droit au séjour de M. B et ne porte aucune appréciation sur l'authenticité des documents produits dans le cadre de la présente requête. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le préfet du Finistère renverse la présomption d'authenticité des documents d'état civil présentés par M. B et a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, refuser de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au motif que l'intéressé avait formulé des déclarations frauduleuses sur son identité auprès de l'administration française et ne justifiait ni de son état civil ni de sa minorité lors de son placement par les autorités judiciaires aux services de l'aide sociale à l'enfance lors de son entrée sur le territoire français.

7. En deuxième lieu, la délivrance d'une carte de séjour temporaire sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas seulement subordonnée au respect des conditions de fond prévues par cet article, mais également au respect, par le demandeur, des règles de recevabilité de sa demande et, notamment de celles imposées par les dispositions citées au point 3 de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile tenant à la production des indications relatives à l'état civil. Dès lors, ainsi qu'il a été dit, que M. B ne justifie pas de son état civil, le préfet du Finistère pouvait, pour ce seul motif, rejeter sa demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

9. M. B se prévaut d'abord de la présence en France de son enfant français (PSEUDO)Nayäel Adama B(PSEUDO), né le 14 mai 2021 à A de sa relation avec Mme E F. Pour établir qu'il participe à l'éducation et l'entretien de son enfant, M. B se borne toutefois à verser au dossier une attestation du 3 février 2022 de la mère de l'enfant déclarant sur l'honneur que l'intéressé contribue effectivement, depuis sa naissance, à l'entretien de son fils, ainsi qu'une facture d'achat de vêtements pour enfant mentionnant son nom et datée du 14 avril 2022, soit postérieurement à la décision attaquée. Si M. B fait valoir par ailleurs qu'il vit avec son enfant depuis sa naissance, cette allégation n'est étayée par aucune pièce alors que l'extrait d'acte de naissance transmis indique que ses parents ne vivaient pas sous le même toit à la naissance de Nayäel Adama B. Par conséquent, les différents documents produits ne sont pas suffisants pour démontrer l'existence d'une communauté de vie avec la mère de l'enfant ainsi qu'une contribution effective de M. B à l'entretien et à l'éducation de son fils depuis sa naissance. Le requérant se prévaut, par ailleurs, de son assiduité et de sa motivation dans le suivi de sa scolarité, alors qu'il prépare un certificat d'aptitude professionnelle de cuisine pour les années scolaires 2020/2021 et 2021/2022, et de la conclusion d'un contrat d'apprentissage avec la (ANO)SARL FP Commerce Fuxia(ANO) du 1er septembre 2020 au 31 août 2022. Toutefois, ces éléments, s'ils établissent le caractère réel et sérieux de sa scolarité, ne justifient pas à eux seuls que M. B aurait noué en France des liens d'une intensité particulière, alors qu'ainsi qu'il a été dit, il ne justifie pas de la réalité et de l'intensité des liens avec son enfant ni avec la mère de celui-ci. En outre, à la date du refus de titre de séjour en litige, M. B ne résidait en France que depuis deux ans et cinq mois. Enfin, M. B ne produit aucun élément de nature à établir qu'il est dépourvu de toute attache familiale ou personnelle au Burkina-Faso, où résident, selon le récit détaillé de sa migration par le conseil départemental dans sa note du 12 octobre 2020, ses parents et ses quatre frères et sœurs. Dans ces conditions, le préfet n'a pas, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. B, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis, ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

10. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces dispositions que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

11. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de son enfant sont inopérants à l'encontre d'une décision portant refus de séjour qui, par elle-même, n'implique pas le retour de M. B dans son pays d'origine. Dès lors, pour ce motif, ils doivent être écartés.

12. En cinquième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Les États parties veillent à ce que l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans l'intérêt supérieur de l'enfant. Une décision en ce sens peut être nécessaire dans certains cas particuliers, par exemple lorsque les parents maltraitent ou négligent l'enfant, ou lorsqu'ils vivent séparément et qu'une décision doit être prise au sujet du lieu de résidence de l'enfant ".

13. Ces stipulations sont dépourvues d'effet direct à l'égard des particuliers qui ne peuvent donc s'en prévaloir à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du paragraphe 1 de l'article 9 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant est inopérant et doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, il résulte des points 2 à 13 que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant un titre de séjour est illégale. Par suite, il ne peut valablement exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions en annulation de l'obligation de quitter le territoire.

15. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et de la méconnaissance par la décision attaquée de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 9.

16. En troisième lieu, il ressort de ce qui a été dit au point 9 du présent jugement que le requérant ne démontre pas entretenir une relation régulière avec son enfant. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Finistère a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant en prenant la décision attaquée.

17. En quatrième et dernier lieu, M. B ne peut se prévaloir de l'article 9-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, qui crée seulement des obligations entre les États et n'ouvre pas de droits aux particuliers.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

18. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".

19. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

20. Les dispositions visées ci-dessus font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C G B et au préfet du Finistère.

Délibéré après l'audience du 22 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Etienvre, président,

M. Albouy, premier conseiller,

Mme Tourre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.

La rapporteure,

L. DLe président,

F. Etienvre

La greffière d'audience,

A. Bruézière

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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