mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2202527 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS CORNET VINCENT SEGUREL (CVS) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 mai 2022 et 31 mars 2023, la SCI du Bois Vert, représentée par Me Ramaut, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 avril 2022 par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer l'attestation de non-contestation de la conformité des travaux autorisés par le permis de construire n° 03512519V0017 ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de La Guerche-de-Bretagne a refusé de lui délivrer l'attestation de non-contestation de la conformité des travaux autorisés par le PC n° 03512519V0017 ;
3°) d'enjoindre à la commune de La Guerche-de-Bretagne ou à défaut au préfet d'Ille-et-Vilaine, de lui délivrer l'attestation prévue à l'article R. 462-10 du code de l'urbanisme dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la commune de La Guerche-de-Bretagne et de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées méconnaissent l'article R. 462-10 du code de l'urbanisme, le délai visé à l'article R. 462-6 du code de l'urbanisme étant écoulé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2023, la commune de La Guerche-de-Bretagne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la SCI du Bois Vert ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2023, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la SCI du Bois Vert ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Desbourdes, rapporteur public,
- les observations de Me Chenede, représentant la SCI du Bois Vert.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI du Bois Vert a adressé à la commune de La Guerche-de-Bretagne, le 27 juillet 2021, une déclaration attestant de l'achèvement et de la conformité des travaux afférents au permis de construire n° 03512519V0017M1 délivré le 2 octobre 2020 sur son site d'activité. Le maire de La Guerche-de-Bretagne a sollicité des photographies le 18 août 2021 qui ont été transmises par la SCI du Bois Vert le 31 août 2021. Le 2 mars 2022, la SCI du Bois Vert a demandé au maire de La Guerche-de-Bretagne de lui délivrer l'attestation de non-contestation de la conformité de travaux prévue à l'article R. 462-10 du code de l'urbanisme. Le maire n'a pas fait droit à la demande de la requérante qui a saisi le préfet d'Ille-et-Vilaine d'une demande de lui délivrer cette attestation. Elle demande au tribunal l'annulation la décision implicite de rejet du maire de La Guerche-de-Bretagne ainsi que de la décision du 27 avril 2022 du préfet d'Ille-et-Vilaine.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes L. 462-1 du code de l'urbanisme : " A l'achèvement des travaux de construction ou d'aménagement, une déclaration attestant cet achèvement et la conformité des travaux au permis délivré ou à la déclaration préalable est adressée à la mairie. () ". Aux termes de l'article L. 462-2 du même code : " L'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3 peut, dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, procéder ou faire procéder à un récolement des travaux et, lorsque ceux-ci ne sont pas conformes au permis délivré ou à la déclaration préalable, mettre en demeure le maître de l'ouvrage de déposer un dossier modificatif ou de mettre les travaux en conformité. Un décret en Conseil d'Etat fixe les cas où le récolement est obligatoire. / Passé ce délai, l'autorité compétente ne peut plus contester la conformité des travaux. () ". Aux termes de l'article R. 462-6 de ce code : " A compter de la date de réception en mairie de la déclaration d'achèvement, l'autorité compétente dispose d'un délai de trois mois pour contester la conformité des travaux au permis ou à la déclaration. Le délai de trois mois prévu à l'alinéa précédent est porté à cinq mois lorsqu'un récolement des travaux est obligatoire en application de l'article R. 462-7. ". Aux termes de l'article R. 462-9 de ce code : " Lorsqu'elle estime que les travaux ne sont pas conformes à l'autorisation, l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire ou prendre la décision sur la déclaration préalable met en demeure, dans le délai prévu à l'article R. 462-6, le maître de l'ouvrage de déposer un dossier modificatif ou de mettre les travaux en conformité avec l'autorisation accordée () ". Aux termes de l'article R. 462-10 de ce code : " Lorsque aucune décision n'est intervenue dans le délai prévu à l'article R. 462-6, une attestation certifiant que la conformité des travaux avec le permis ou la déclaration n'a pas été contestée est délivrée sous quinzaine, par l'autorité compétente, au bénéficiaire du permis ou à ses ayants droit, sur simple requête de ceux-ci. En cas de refus ou de silence de l'autorité compétente, cette attestation est fournie par le préfet, à la demande du bénéficiaire du permis ou de ses ayants droit. ".
3. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 462-2, R. 462-6, R. 462-7 et R. 462-9 du code de l'urbanisme que l'autorité compétente ne peut contester la conformité de travaux à un permis ou à une déclaration préalable qu'en notifiant à l'intéressé, avant l'expiration d'un délai normalement fixé à trois mois à compter de la date de réception en mairie de la déclaration attestant l'achèvement des travaux et porté à cinq mois à compter de la même date lorsqu'un récolement des travaux est obligatoire, une mise en demeure de déposer un dossier modificatif ou de mettre les travaux en conformité.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la SCI du Bois Vert a déposé une déclaration attestant de l'achèvement et de la conformité des travaux (DAACT) afférents au permis de construire n° 03512519V0017M1, auprès des services de la mairie de La Guerche-de-Bretagne, par courriel électronique le 27 juillet 2021. Le 18 août 2021, le maire de La Guerche-de-Bretagne a demandé communication de documents photographiques que la SCI lui a produits le 31 août 2021. Il n'a pas émis de mise en demeure à l'encontre de la SCI de mettre ses travaux en conformité avec le permis de construire, ou de demander un permis de construire modificatif. Si la commune de La Guerche-de-Bretagne fait valoir que le dossier de DAACT était incomplet et qu'il ne lui pas été transmis par courrier recommandé, il lui appartenait, en tout état de cause, de demander au pétitionnaire de compléter sa demande. Par conséquent, à compter du 31 août 2021 et en l'absence de mise en demeure adressée à la SCI du Bois Vert, le maire de La Guerche-de-Bretagne disposait de 5 mois maximum pour contester la conformité de travaux, la circonstance que des échanges téléphoniques aient eu lieu au cours de cette période et que les travaux ne soient pas conformes n'étant pas de nature, en l'absence de mise en demeure, à prolonger ce délai. Dès lors, le délai visé par l'article R. 462-6 du code de l'urbanisme était expiré le 3 mars 2022, date à laquelle la SCI du Bois Vert a présenté la demande d'attestation visée par l'article R. 462-10 du code de l'urbanisme, et le maire de La Guerche-de-Bretagne était, par conséquent, tenu de délivrer le certificat de non-contestation de conformité dans les quinze jours.
5. Il résulte de ce qui précède que la SCI du Bois Vert est fondée à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire de La Guerche-de-Bretagne a rejeté sa demande d'attestation de non-contestation de conformité.
6. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que, par courrier électronique du 26 avril 2022, les services de la préfecture d'Ille-et-Vilaine ont délivré à la SCI requérante un courriel indiquant que le permis de construire n'avait fait l'objet d'aucun recours au titre du contrôle de légalité ni n'avait fait l'objet d'un retrait. Ce simple courrier ne peut tenir lieu de l'attestation de non-contestation de la conformité des travaux au permis de construire prévue par l'article R. 462-10 du code de l'urbanisme. Par conséquent et pour les mêmes motifs que ceux cités au point précédent, la SCI du Bois Vert est fondée à demander l'annulation de la décision du 27 avril 2022 par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer l'attestation visée à l'article R. 462-10 du code de l'urbanisme.
Sur les conclusions en injonction et astreinte :
7. Compte tenu du motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique nécessairement d'enjoindre au maire de La Guerche-de-Bretagne de délivrer à la SCI du Bois Vert, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, l'attestation certifiant de la non-contestation de conformité des travaux réalisés par cette dernière, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, en application des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'État ainsi qu'à celle de la commune de La Guerche-de-Bretagne, le versement d'une somme de 750 euros chacun à la SCI du Bois Vert.
D É C I D E :
Article 1er : Les décisions du maire de La Guerche-de-Bretagne et du préfet d'Ille-et-Vilaine sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au maire de La Guerche-de-Bretagne de délivrer dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, l'attestation demandée le 27 juillet 2021 par la SCI du Bois Vert et portant sur les travaux afférents au permis de construire n° 03512519V0017M1.
Article 3 : La commune de La Guerche-de-Bretagne versera à la SCI du Bois Vert une somme de 750 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : L'Etat versera à la SCI du Bois Vert une somme de 750 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI du Bois Vert, à la commune de La Guerche-de-Bretagne et au préfet d'Ille-et-Vilaine.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.
La rapporteure,
signé
F. A
Le président,
signé
O. Gosselin
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026