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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2202544

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2202544

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2202544
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantLE ROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mai 2022, M. I, représenté par Me Le Roy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2022 par lequel le préfet du Finistère lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office ;

3°) d'enjoindre au préfet du Finistère, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 200 euros à son conseil, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'examen complet de sa situation, notamment de son union avec une ressortissante française et de la présence de ses deux parents en situation régulière en France ;

- elle est entachée du vice de procédure tenant au défaut de saisine de la commission du titre de séjour exigé par les dispositions du 1° de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur de fait que révèle sa motivation, selon laquelle il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine et son éloignement ne porte pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;

- le préfet du Finistère a commis une erreur de droit en s'abstenant de saisir la commission du titre de séjour alors qu'il devait se voir délivrer un titre de séjour de plein droit en application de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la circonstance qu'il constitue une menace pour l'ordre public ne pouvant en tout état de cause exonérer l'autorité administrative d'une telle obligation ;

- le préfet du Finistère a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; les seules condamnations pénales dont il a fait l'objet ne permettent pas de considérer qu'il représente une menace pour l'ordre public, cette menace devant être appréciée après un examen d'ensemble de son comportement qui n'a pas été effectué ; c'est à tort également que le préfet a considéré qu'il ne démontrait pas contribuer de manière effective à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants ;

- la décision litigieuse méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie d'exception ;

- elle méconnaît les dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur de droit compte tenu de l'absence d'examen par le préfet de sa situation au regard des articles L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2022, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. H, ressortissant albanais né le 7 juin 1994 à Krujë (Albanie), a séjourné en France à partir de 2014 et a fait l'objet de trois mesures d'éloignement prises par le préfet du Morbihan les 6 novembre 2014, 15 juin 2016 et 9 mai 2017. Il est entré en dernier lieu sur le territoire français le 14 juillet 2018 sous couvert d'un visa de long séjour qui lui a été délivré en qualité de conjoint d'une ressortissante française, valable du 13 juillet 2018 au

13 juillet 2019. Deux enfants jumeaux, B et D, sont nés de cette union le 28 novembre 2018 à Vannes (Morbihan), reconnus par anticipation le 22 octobre 2018. Le 12 janvier 2021,

M. H s'est présenté devant les services de la préfecture du Finistère pour solliciter la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, en application du 6° de l'article L. 313-11 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Par un arrêté du 19 avril 2022, le préfet du Finistère lui a refusé ce titre, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé l'Albanie comme pays de destination. La présente requête tend à l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Le requérant justifiant avoir saisi le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur la légalité de l'arrêté du 19 avril 2022 :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Contrairement à ce qui est soutenu, elle comporte une analyse suffisante de la situation familiale de M. H, père de deux enfants français nés de sa relation avec une ressortissante française. Le préfet mentionne notamment que les seuls actes produits, soit les actes de naissance de ces enfants et un extrait du livret de famille sont insuffisants pour justifier de la contribution effective du requérant à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, que ceux-ci sont placés en famille d'accueil dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative, l'exercice exclusif de l'autorité parentale étant attribué à leur mère, et que leur père, incarcéré à de multiples reprises, ne bénéficie d'aucun droit de visite. Cette décision qui analyse aussi longuement la menace que constitue la présence sur le territoire français de

M. H, plusieurs fois condamné pénalement, notamment pour des violences conjugales, est ainsi suffisamment motivée, alors même qu'elle ne fait pas mention de la présence régulière en France des parents du requérant, titulaires l'un et l'autre d'une carte de séjour pluriannuelle. Les moyens tirés de l'insuffisante motivation de la décision attaquée et de ce que cette motivation révèlerait un défaut d'examen complet de la situation du requérant doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". L'article L. 412-5 du même code dispose que : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ". ". Il ressort de la motivation de la décision attaquée que le titre de séjour sollicité par M. H sur le fondement du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, recodifié à partir du

1er mai 2021 à l'article L. 423-7, lui a été refusé au double motif, d'une part, qu'il n'établissait pas contribuer effectivement à l'éducation et à l'entretien de ses enfants, et, d'autre part, que sa présence en France constituait une menace pour l'ordre public.

5. D'une part, par les seuls documents qu'il produit, soit l'acte de reconnaissance de paternité par anticipation du 22 octobre 2018, les actes de naissance des enfants, et diverses photos de famille sur lesquelles ceux-ci figurent, le plus souvent sans leur père, M. H n'établit pas contribuer à leur entretien et à leur éducation depuis leur naissance alors que le préfet fait valoir sans être contredit que les deux enfants sont placés dans une famille d'accueil dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative, et que leur père, condamné pénalement pour des violences familiales, ne s'est vu accorder aucun droit de visite, le bénéfice de l'exercice exclusif de l'autorité parentale étant réservé à Mme E A. Il ne peut être considéré, dans ces conditions, que le préfet aurait commis une erreur manifeste, ainsi qu'il est soutenu, en retenant ce premier motif pour refuser au requérant la délivrance du titre de séjour que celui-ci sollicitait.

6. D'autre part, le casier judiciaire de M. F, consulté par l'administration le

5 avril 2022, comporte sept mentions de peines d'emprisonnement ferme ou assorties du sursis, prononcées pour des faits délictuels commis entre 2018 et 2021, consistant en des délits, commis en récidive, de conduite automobile sans permis ni assurance et sous l'emprise de stupéfiants, de transport, détention, offre et acquisition de stupéfiants, d'usage illicite de stupéfiants en récidive, de violences sur conjoint ou concubin. En dernier lieu, par un jugement de la chambre correctionnelle du tribunal de Quimper du 1er février 2022, M. H a été condamné à 8 mois d'emprisonnement délictuel pour des menaces de mort réitérées et des violences sur la personne de Mme E A, son ex-compagne et mère de ses enfants, peine assortie d'une interdiction d'entrer en relation avec celle-ci et de séjourner dans le département du Finistère. Il ressort de la décision du juge d'application des peines du 14 mars 2022 qu'il n'a pas été fait droit à la demande d'aménagement de peine du requérant, incarcéré à la maison d'arrêt de Brest, au motif notamment des risques encourus, s'il devait sortir, par son ex-compagne et ses enfants, alors qu'il avait déjà démontré auparavant ses difficultés à respecter les obligations correspondant aux mesures de contrôle ou d'interdiction judiciaires de séjour, de rencontre et de paraître prononcées à son encontre. Au regard de ces seuls éléments, et alors qu'il ressort de la même décision que l'intéressé n'a pas mis un terme à sa consommation de stupéfiants, il ne peut être considéré que le préfet du Finistère aurait commis une erreur d'appréciation en considérant qu'il représentait une menace pour l'ordre public.

7. En troisième lieu, le requérant entend contester " l'erreur de fait commise par le préfet du Finistère ", résultant, selon lui, de ce que celui-ci n'a pu, sans méconnaître sa situation concrète, considérer, d'une part, qu'il n'était pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, et, d'autre part, qu'un refus de titre de séjour ne porterait pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Toutefois, par cette argumentation, le requérant ne démontre ni même ne soutient que le préfet aurait fondé de manière déterminante sa décision sur des faits matériellement inexacts. Il se borne à critiquer l'appréciation par laquelle l'autorité administrative, au 5ème considérant de son arrêté, a considéré que compte tenu des conditions du séjour du requérant en France et de ses relations avec ses enfants et son ex-compagne, le refus de titre qui lui était opposé ne portait pas " une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en France, d'autant qu'il n'établi[ssait] pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine ". Le moyen tiré de l'erreur de fait ne peut qu'être écarté.

8. En quatrième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues par les dispositions visées par ce texte. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment au point 4 du présent jugement, M. H n'était pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français sur le fondement de l'article L. 423-7 du code applicable. Le préfet n'était donc pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, M. H, par les éléments qu'il produit, ne démontre pas qu'il s'occuperait de ses enfants ni qu'il entretiendrait avec eux des relations suivies. Par ailleurs, s'il établit la présence en France de ses deux parents, titulaires l'un et l'autre d'une carte de séjour pluriannuelle, il n'établit pas être dépourvu d'attaches, familiales ou autres, en Albanie. Son insertion au plan social, amical ou professionnel en France n'est aucunement démontrée alors qu'il a multiplié en peu d'années les actes délictueux et s'est soustrait à plusieurs mesures d'éloignement prises à son encontre. Il ne peut être considéré, dans ces conditions, que la décision de refus de séjour porterait à sa situation personnelle et à sa vie privée une atteinte disproportionnée aux buts envers lesquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Finistère aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles

soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être

une considération primordiale. ". Eu égard à l'absence de liens démontrés entre M. H et les jumeaux dont il est le père, et alors que l'intéressé ne démontre ni s'en occuper, ni contribuer à leur entretien ou à leur éducation, il ne peut être considéré qu'il aurait été porté par le préfet du Finistère une atteinte illégale à l'intérêt supérieur de ces enfants, au sens de l'article 3-1 de la Convention précitée.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, il résulte des points 3 à 11 du présent jugement que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour doit être écarté.

13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; (). ". Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 5, le moyen tiré de ce que la décision du préfet du Finistère aurait été prise en méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

14. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 10 et bien que les parents de M. H résident en situation régulière en France, le moyen tiré de ce que la mesure d'éloignement litigieuse porterait au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive, contraire aux stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne peut qu'être écarté. Il en est de même du moyen tiré de ce que la décision litigieuse serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, la décision litigieuse vise les articles L. 721-3 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatifs à la détermination du pays de renvoi, rappelle la nationalité albanaise de M. H, vise l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et énonce que le requérant n'apporte aucun élément permettant de considérer qu'il serait exposé à des peines ou traitements contraires à cette convention en cas de retour dans son pays d'origine. Cette motivation révèle que le préfet du Finistère, comme il le devait, s'est assuré qu'était satisfaite la condition tenant à ce que le requérant ne soit pas éloigné à destination d'un pays où sa vie ou sa liberté seraient menacées ou bien où il serait exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

16. En second lieu, le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il encourrait personnellement et actuellement des risques pour sa vie ou sa liberté en cas de retour en Albanie. Les moyens qu'il invoque tirés de la violation du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent donc être écartés.

17. Il résulte de tout de ce qui précède que la requête de M. H doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du

10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : M. H est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de M. H est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. I et au préfet du Finistère.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Vergne, président,

Mme Thalabard, première conseillère,

Mme Barbaste, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.

Le président-rapporteur,

Signé

G.-V. C L'assesseure la plus ancienne,

Signé

M. GLa greffière,

Signé

I. Le Vaillant

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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