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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2202771

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2202771

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2202771
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationOQTF 6 sem
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS LE STRAT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I°) Par une requête, enregistrée le 30 mai 2022 sous le n° 2202771, M. E D, représenté par Me Le Strat, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 avril 2022 par lequel le préfet du Finistère lui fait obligation de quitter dans un délai de 30 jours le territoire français, fixe le pays de destination de sa reconduite d'office et lui fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'arrêté dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

4°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son avocate sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il n'a pas été entendu avant l'intervention de la décision ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen suffisant de sa situation ;

- l'arrêté méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile méconnaît les objectifs de l'article 11 de la directive de 2008 ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la mesure doit être suspendue compte tenu de ses craintes en cas de retour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2022, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir que les autres moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

II°) Par une requête, enregistrée le 30 mai 2022 sous le n° 2202772, Mme A C, représentée par Me Le Strat, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 avril 2022 par lequel le préfet du Finistère lui fait obligation de quitter dans un délai de 30 jours le territoire français, fixe le pays de destination de sa reconduite d'office et lui fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'arrêté dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

4°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son avocate sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- elle n'a pas été entendu avant l'intervention de la décision ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen suffisant de sa situation ;

- l'arrêté méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile méconnaît les objectifs de l'article 11 de la directive de 2008 ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la mesure doit être suspendue compte tenu de ses craintes en cas de retour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2022, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir que les autres moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- la directive n° 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gosselin, président, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Semino, substituant Me Le Strat, représentant M. D et Mme C, présents à l'audience et assistés d'une interprète, qui soutient en outre que le préfet n'a pas procédé à un examen suffisant de la situation en ne prenant pas en compte la nationalité européenne de l'enfant, que la décision est entachée d'une erreur de droit de ce fait alors qu'une substitution de base légale n'est pas possible, qu'elle méconnaît les articles 20 et 21 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne car l'enfant et les membres de sa famille ont le droit de circuler sur le territoire européen et 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

Le préfet du Finistère n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes susvisées nos2202771 et 2202772 présentées pour M. D et Mme C présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'aide juridictionnelle :

2. M. D et Mme C justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. M. D et Mme C, de nationalité géorgienne, sont entrés ensemble et irrégulièrement en France le 5 octobre 2021 selon leur déclaration en provenance d'Allemagne et ont demandé l'asile. Ils ont fait l'objet d'une décision de transfert vers l'Allemagne qu'ils n'ont pas exécuté. Par décision du 30 mars 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leur demande. Etant en provenance d'un pays d'origine sûre, ainsi qu'il résulte de la décision du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides adoptée le 9 octobre 2015 dans les conditions prévues par l'article L. 722-1 alors applicable du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et dont la légalité a été validée par le Conseil d'État, ils ne bénéficiaient pas du droit de se maintenir dans l'attente de la décision de la Cour nationale du droit d'asile. Constatant qu'ils ne bénéficiaient plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, et qu'ils n'étaient pas titulaires d'un titre de séjour, le préfet du Finistère pouvait légalement prendre, par décision du 28 avril 2022 et sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une obligation de quitter le territoire français et fixer le pays de destination de M. D et de Mme C.

4. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. "

5. Il ressort des pièces des dossiers que M. D et Mme C ont présenté une demande de titre de séjour au titre de l'asile. Ils ne peuvent donc utilement soulever le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions. Par ailleurs, lorsqu'ils ont sollicité la délivrance de ce titre de séjour au titre de l'asile, ils ne pouvaient ignorer qu'en cas de refus, le préfet pourrait prendre une obligation de quitter le territoire français. Pour l'instruction de leur demande, ils ont pu produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de ces demandes qu'ils jugeaient utiles. Il leur était loisible, au cours de l'instruction de leur demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Il ne ressort pas des pièces des dossiers que M. D et Mme C aient demandé un entretien avec les services préfectoraux ni qu'ils ont été empêchés de s'exprimer et de porter à la connaissance de l'administration des éléments pertinents relatifs à leur situation avant que ne soit pris l'arrêté. Par suite, le moyen tiré de ce que M. D et Mme C ont été privés du droit d'être entendus résultant du principe général du droit de l'Union européenne tel qu'il est notamment exprimé à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.

6. La motivation et l'ensemble des considérants des arrêtés permettent de vérifier que le préfet, qui a examiné la situation de M. D et Mme C au regard de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, a procédé à un examen suffisant de la situation des intéressés en fonction des éléments que M. D et Mme C avaient entendu préciser à l'administration. Les intéressés n'apportent par ailleurs aucun élément pertinent susceptible d'établir que l'enfant de Mme C serait de nationalité grecque et la Cour nationale du droit d'asile a retenu que cet enfant dont elle a examiné la situation au regard de l'asile est de nationalité géorgienne. Dans ces conditions, même si le préfet a indiqué par erreur que le premier enfant de Mme C est de nationalité grecque, l'autorité administrative a bien procédé à l'examen de la situation de la famille.

7. Si M. D et Mme C soutiennent que, du fait de la qualité de citoyen européen de l'enfant de Mme C, ils ont droit au séjour en tant que membres de la famille, ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1 et doivent bénéficier des avantages résultant de la nationalité de l'enfant. Il ressort des pièces des dossiers, ainsi qu'il vient d'être dit, que l'enfant n'est pas de nationalité grecque. Dès lors les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions applicables aux ressortissants européens, de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'erreur de droit doivent être écartés comme inopérants.

8. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

9. Il ressort des pièces des dossiers que M. D et Mme C font tous deux l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et ces décisions n'ont ni pour objet ni pour effet de séparer les membres de la famille, leurs enfants mineurs ayant vocation à suivre leurs parents, lesquels n'apportent aucun élément sérieux quant à l'impossibilité de poursuite de leur vie familiale dans leur pays d'origine ou quant aux menaces dont les enfants seraient l'objet. Le préfet n'a donc pas méconnu l'intérêt supérieur des enfants du couple. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit donc être écarté.

10. M. D et Mme C, qui n'ont pas établi l'illégalité des obligations de quitter le territoire français dont ils font l'objet, ne sont pas fondés à l'invoquer, par voie d'exception, à l'appui de leurs conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi.

11. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

12. Les requérants soutiennent qu'ils auraient fait l'objet de menaces en Géorgie de la part de l'ancien mari de Mme C, qu'ils risquaient d'être victime d'un procès inéquitable et produisent, au soutien de leurs allégations des documents de portée générale faisant état de procès inéquitables pour les opposants politiques. Toutefois, ils n'apportent, pas plus que devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, d'éléments pertinents de nature à établir tant la réalité de ce conflit familial que celle des craintes qu'ils encourraient personnellement en cas de retour en Géorgie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

13. Aux termes de l'article 11 de la directive 2008/115/CE : " 1. Les décisions de retour sont assorties d'une interdiction d'entrée : a) si aucun délai n'a été accordé pour le départ volontaire, ou b) si l'obligation de retour n'a pas été respectée. () 3. Les Etats membres examinent la possibilité de lever ou de suspendre une interdiction d'entrée lorsqu'un ressortissant d'un pays tiers faisant l'objet d'une telle interdiction décidée conformément au paragraphe 1, deuxième alinéa, peut démontrer qu'il a quitté le territoire d'un Etat membre en totale conformité avec une décision de retour. () ".

14. Contrairement à ce que soutiennent M. D et Mme C, les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui permettent, sans y obliger, de prononcer une interdiction de retour en fonction de critères énoncés à l'article L. 612-10 ne sont pas incompatibles avec celles de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil qui permettent également de prendre une même mesure dans les autres cas que ceux énoncés aux premiers alinéas de l'article 11. En outre, par le dispositif suivi, le législateur a imposé à l'administration un examen de la situation particulière de chaque étranger, à même d'assurer le respect du principe de proportionnalité entre les moyens et les objectifs poursuivis lorsqu'il est recouru à des mesures coercitives. Ainsi, les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne méconnaissent pas les objectifs fixés par la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008. Le moyen tiré de l'incompatibilité des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application avec cette directive doit donc être écarté.

15. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

16. Il ressort des pièces des dossiers que M. D et Mme C sont entrés très récemment en France et n'y ont séjourné que le temps de l'examen de leur demande d'asile sans y développer de lien particulier. Ils ont déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement sous la forme d'une décision de transfert qu'ils n'ont pas exécutée. Par ailleurs les intéressés n'ont pas justifié de circonstances humanitaires s'opposant à une interdiction de retour. Dans ces conditions, le préfet du Finistère n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en prenant sa décision. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

Sur les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué :

17. Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ".

18. Pour les motifs exposés au point 12 et à défaut d'apporter une critique pertinente des motifs retenus par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides pour rejeter leurs demandes d'asile, les requérants ne présentent pas, en l'état des dossiers, d'éléments sérieux de nature à justifier, au titre de leurs demandes d'asile, leur maintien sur le territoire durant l'examen de leurs recours par la Cour nationale du droit d'asile.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. D et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation et la suspension de l'exécution de la décision du 28 avril 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

20. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de M. D et Mme C à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à l'octroi d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens à la partie perdante. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. D et Mme C présentées sur ce fondement.

D É C I D E :

Article 1er : M. D et Mme C sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les requêtes n° 2202771 de M. D et n° 2202772 de Mme C sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, à Mme A C et au préfet du Finistère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

signé

O. BLa greffière,

signé

E. Douillard

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2202771, 2202772

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