vendredi 17 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2202835 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LE ROY GOURVENNEC PRIEUR |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 1er juin 2022, le préfet du Finistère demande au tribunal, d'annuler l'arrêté n° PC 0290212100052 du 6 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Plounéour Brignognan-Plages a délivré à M. et Mme A un permis de construire en vue de l'édification d'une maison d'habitation sur la parcelle cadastrée section AN n° 81, ainsi que la décision rejetant implicitement sa demande de retrait dirigée à l'encontre de cet arrêté.
Il soutient que l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions des articles L. 121-8 et L. 121-13 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, la commune de Plounéour Brignognan-Plages, représentée par la Selarl LGP Avocats, s'en remet à la sagesse du tribunal.
La procédure a été communiquée à M. et Mme A, qui n'ont pas produit d'écritures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Grondin,
- les conclusions de M. Vennéguès, rapporteur public,
- et les observations de Me Dubreuil substituant la Selarl LGP Avocats, représentant la commune de Plouneour-Brignogan-Plages.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A sont propriétaires de la parcelle cadastrée section AN n° 81, située sur le territoire de la commune de Plounéour Brignognan-Plages. Le 8 septembre 2021, ils ont déposé une demande de permis de construire en vue de l'édification d'une maison d'habitation individuelle sur cette parcelle, pour une surface plancher de 139,86 m². Par un arrêté du 6 décembre 2021, le maire de la commune de Plounéour Brignognan-Plages a délivré le permis sollicité. Le 1er février 2022, le préfet du Finistère a, sur le fondement des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, demandé au maire de procéder au retrait de cet arrêté. Par le présent déféré, le préfet du Finistère demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2021 ainsi que la décision rejetant implicite sa demande de retrait.
Sur les conclusions d'annulation :
2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 121-3 du code de l'urbanisme : " Le schéma de cohérence territoriale précise, en tenant compte des paysages, de l'environnement, des particularités locales et de la capacité d'accueil du territoire, les modalités d'application des dispositions du présent chapitre. Il détermine les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés prévus à l'article L. 121-8, et en définit la localisation ". Aux termes des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti () ". L'article L. 121-13 de ce code dispose que : " L'extension limitée de l'urbanisation des espaces proches du rivage ou des rives des plans d'eau intérieurs désignés au 1° de l'article L. 321-2 du code de l'environnement est justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme, selon des critères liés à la configuration des lieux ou à l'accueil d'activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau. / Toutefois, ces critères ne sont pas applicables lorsque l'urbanisation est conforme aux dispositions d'un schéma de cohérence territoriale ou d'un schéma d'aménagement régional ou compatible avec celles d'un schéma de mise en valeur de la mer () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'une opération conduisant à étendre l'urbanisation d'un espace proche du rivage ne peut être légalement autorisée que si elle est, d'une part, de caractère limité et, d'autre part, justifiée et motivée dans le plan local d'urbanisme selon les critères qu'elles énumèrent. Cependant, lorsqu'un schéma de cohérence territoriale comporte des dispositions suffisamment précises et compatibles avec ces dispositions législatives qui précisent les conditions de l'extension de l'urbanisation dans l'espace proche du rivage dans lequel l'opération est envisagée, le caractère limité de l'urbanisation qui résulte de cette opération s'apprécie en tenant compte de ces dispositions du schéma concerné. Doivent être regardées comme une extension de l'urbanisation au sens de ces dispositions l'ouverture à la construction de zones non urbanisées ainsi que la densification significative de zones déjà urbanisées.
4. D'une part, le schéma de cohérence territoriale du pays de Brest, précise au point I-5.3.2 de son document d'orientation et d'objectif que " les documents d'urbanisme locaux délimitent les espaces proches du rivage en tenant compte du tracé indicatif figurant sur la carte " Mise en oeuvre de la loi Littoral ", p.54. Dans ces espaces proches du rivage, l'urbanisation doit être limitée et justifiée. La notion d'extension limitée doit se comprendre aussi bien en termes de nouvelles surfaces urbanisées, qu'en termes de forme urbaine, dans l'objectif de préserver les paysages ". Le schéma de cohérence territoriale comporte ainsi des dispositions suffisamment précises et compatibles avec les dispositions législatives relatives aux conditions de l'extension de l'urbanisation dans l'espace proche du rivage citées au point 2.
5. D'autre part, le schéma de cohérence territoriale du pays de Brest n'intègre pas le terrain d'assiette du projet litigieux aux secteurs déjà urbanisés de la commune, ou aux agglomérations et villages existants. Le projet est situé à trois cent mètres du bourg de la commune, dont il est séparé au sud-ouest par de vastes parcelles vierges de toute construction et la parcelle d'assiette du projet est bordée à l'est par une zone classée Nzh, soit une zone naturelle humide également vierge de toute construction. Dans ces conditions, le terrain s'assiette du projet doit être regardé comme étant situé en zone d'urbanisation diffuse éloignée de toute agglomération ou village existant. Par suite, en délivrant le permis de construire litigieux dans une zone isolée et non construite, le maire de la commune de Plounéour Brignognan-Plages a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme.
6. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas contesté que le projet de construction litigieux se situe dans un espace proche du rivage. Ainsi qu'il vient d'être dit, il est également compris dans un secteur d'urbanisation diffuse qui ne se trouve pas en continuité avec une agglomération ou un village existant. Il va ainsi opérer une extension illégale de l'urbanisation. Par suite, en délivrant le permis de construire litigieux, le maire de la commune de Plounéour-Brignognan-Plages a également méconnu les dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme.
Sur l'application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
7. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
8. D'une part, les dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme permettent au juge, lorsqu'il constate un vice qui entache la légalité de l'autorisation d'urbanisme attaquée mais qui peut être régularisé par une décision modificative, de rendre un jugement avant-dire droit par lequel il fixe un délai pour cette régularisation et sursoit à statuer sur le recours dont il est saisi. Le juge peut préciser, par son jugement avant-dire droit, les modalités de cette régularisation. D'autre part, les dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme permettent au juge de procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où l'illégalité affecte une partie identifiable du projet et peut être régularisée par une mesure de régularisation.
9. En l'espèce, les illégalités retenues aux points 5 et 6 tirées de la méconnaissance des articles L. 121-8 et L. 121-13 du code de l'urbanisme ne peuvent faire l'objet d'une régularisation, le cas échéant par une décision modificative, ni faire l'objet d'une annulation partielle dès lors qu'elles n'affectent pas une partie identifiable du projet. Elles ne sont donc pas susceptibles de faire l'objet d'une mesure de régularisation en application des articles L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
10. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler l'arrêté du maire de la commune de Plounéour-Brignognan-Plages du 6 décembre 2021, ainsi que la décision rejetant implicitement la demande de retrait du préfet du Finistère dirigée à l'encontre de cet arrêté
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté n° PC 029 021 2100052 du 6 décembre 2021 du maire de la commune de Plounéour-Brignognan-Plages est annulé.
Article 2 : La décision du maire de la commune de Plounéour-Brignognan-Plages rejetant implicitement la demande du préfet du Finistère de retrait de l'arrêté du 6 décembre 2021 est annulée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A, à la commune de Plounéour-Brignognan-Plages et au préfet du Finistère.
Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Brest en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Radureau, président,
M. Grondin, premier conseiller,
Mme Villebesseix, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.
Le rapporteur,
signé
T. Grondin
Le président,
signé
C. Radureau
La greffière d'audience,
signé
A. Bruézière
La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026