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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2202856

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2202856

jeudi 21 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2202856
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 sem
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS LE STRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juin 2022, M. C B, représenté par Me Le Strat, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle ;

2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 13 mai 2022 par lequel le préfet du Finistère lui a fait obligation de quitter dans un délai de trente jours le territoire français à destination de la Mongolie et lui a fait interdiction de retour pendant un an ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de la décision l'obligeant à quitter le territoire jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile statue sur sa situation ;

4°) d'enjoindre au préfet du Finistère de lui délivrer un titre de séjour dans les huit jours de la notification du jugement à intervenir ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'État le versement à son avocate de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'un vice de procédure faute d'avoir été précédée de l'information prévue à l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a méconnu le droit d'être entendu qu'il tient des dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison des risques encourus en cas de retour en Mongolie ;

- sa situation n'a pas été suffisamment examinée à cet égard ;

- la décision portant interdiction de retour est illégale en ce qu'elle fait application des dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont incompatibles avec l'article 11 de la directive " retour " du 16 décembre 2008 ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;

- des éléments sérieux justifient la suspension de l'arrêté attaqué.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, le préfet du Finistère conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir que la Cour nationale du droit d'asile a déjà rejeté le recours de M. B, ses moyens présentés à l'appui de ses conclusions aux fins de suspension sont inopérants et que pour le surplus, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux du droit de l'Union européenne ;

- la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les observations de Me Le Strat, représentant M. B, absent.

Le préfet du Finistère n'était pas représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

1. M. B justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. M. B, né en 1976, ressortissant de Mongolie, qui constitue un pays d'origine sûr, est entré en France le 3 août 2021 et il y a sollicité, le 19 octobre 2021, le bénéfice du statut de réfugié mais par une décision du 14 décembre 2021 notifiée le 19 janvier 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté cette demande. Le préfet du Finistère a ensuite, par un arrêté du 13 mai 2022 pris sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, décidé de l'obliger à quitter le territoire français dans les trente jours et a fixé la Mongolie comme pays de destination d'une mesure d'éloignement forcé. C'est l'arrêté attaqué.

En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, il résulte d'un arrêté du 22 septembre 2021, dûment publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, que le préfet du Finistère a donné délégation à M. Christophe Marx, secrétaire général de la préfecture et signataire de l'arrêté attaqué, aux fins de signer, en toutes matières, tous les actes relevant des attributions du préfet à l'exclusion de certains d'entre eux au nombre desquels ne figurent pas la décision contenue dans l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu, énoncé à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux États membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

5. Lorsqu'il oblige un étranger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les dispositions sont issues de la transposition en droit national de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008, relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, le préfet doit être regardé comme mettant en œuvre le droit de l'Union européenne. Par ailleurs, lorsqu'un étranger sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, et en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, il ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. À l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utile et il lui est ainsi loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne la constatation du terme du maintien au séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise à la suite de cette constatation.

6. Au cas particulier, ayant sollicité l'asile, M. B a nécessairement entendu demander la délivrance de titres de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 424-1 ou L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il conservait ainsi la faculté, pendant la durée d'instruction de son dossier et avant l'intervention de l'arrêté préfectoral qui l'a obligé à quitter le territoire français, de faire valoir devant le préfet tous éléments d'information ou arguments de nature à influer sur le contenu de cette mesure. Or il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé ait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux ou aurait été empêché de présenter spontanément des observations sur sa situation familiale avant que ne soit prise, le 13 mai 2022, la décision d'éloignement attaquée. Par suite, la garantie consistant dans le droit à être entendu préalablement à la mesure d'éloignement, telle qu'elle est notamment consacrée par le droit de l'Union, n'a pas été méconnue.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour () ". Contrairement à ce que soutient le requérant, la circonstance que l'étranger qui a présenté une demande d'asile n'ait pas été invité à indiquer s'il estimait pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre, en application des dispositions précitées, est sans incidence sur la possibilité pour l'autorité administrative compétente de l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. M. B dont la présence sur le territoire français n'était que de neuf mois à la date de l'arrêté attaqué, se borne à se prévaloir de ses démarches d'intégration sur lesquelles il ne produit toutefois aucun élément ni document permettant d'en justifier et ne démontre pas ainsi que la décision par laquelle le préfet du Finistère lui a fait obligation de quitter le territoire français aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis par cette mesure en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Alors que l'existence éventuelle de risques en cas de retour dans son pays d'origine est sans incidence sur la légalité de cette décision qui ne désigne pas, par elle-même le pays de destination, le moyen tiré de ce qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé, doit, pour les mêmes motifs, être écartée.

10. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français prise à son encontre.

En ce qui concerne la décision fixant la Mongolie comme pays de destination :

11. En premier lieu, faute, pour le requérant, d'avoir démontré l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français, le moyen tiré de cette illégalité, qu'il invoque, par voie d'exception, à l'appui de sa contestation de la décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.

12. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

13. D'une part, il ne résulte pas des pièces du dossier qu'en fixant la Mongolie comme pays de destination de la mesure d'éloignement décidée à l'égard du requérant, le préfet se serait, s'agissant de l'appréciation de la réalité des risques allégués par ce dernier, estimé lié par la décision de l'OFPRA qui a rejeté sa demande d'asile ou aurait insuffisamment apprécié sa situation personnelle au regard des seules stipulations citées ci-dessus.

14. D'autre part, si M. B soutient qu'il risque d'être exposé à de mauvais traitements en cas de retour en Mongolie, il ne produit aucun élément permettant d'établir la réalité de ses allégations et ne démontre donc pas qu'il se trouve dans le cas où il serait fondé à se prévaloir des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

15. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant la Mongolie comme pays de destination.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :

16. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

17. En premier lieu, aux termes de l'article 11 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 visée ci-dessus : " 1. Les décisions de retour sont assorties d'une interdiction d'entrée : / a) si aucun délai n'a été accordé pour le départ volontaire, ou / b) si l'obligation de retour n'a pas été respectée. / Dans les autres cas, les décisions de retour peuvent être assorties d'une interdiction d'entrée. / 2. La durée de l'interdiction d'entrée est fixée en tenant dûment compte de toutes les circonstances propres à chaque cas et ne dépasse pas cinq ans en principe () ".

18. Contrairement à ce que soutient M. B, les éléments d'appréciation énoncés par les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne présentent pas un caractère plus restrictif que ceux prévus par les dispositions précitées de l'article 11 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée a été prise sur le fondement des dispositions législatives incompatibles avec ses objectifs ne peut qu'être écarté.

19. En second lieu, eu égard à la faible durée de la présence en France de M. B et à son absence d'attaches sur le territoire, la décision lui interdisant d'y revenir pendant un an ne peut être regardée, nonobstant la circonstance que sa présence ne constitue pas un risque pour l'ordre public, comme procédant d'une inexacte application des dispositions citées au point 16.

20. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision lui interdisant de revenir en France pendant un an.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

21. Le présent jugement qui rejette les conclusions aux fins d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution et par suite, les conclusions de M. B tendant à ce que soient adressées diverses injonctions au préfet du Finistère doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

22. Il ressort des pièces du dossier que, par décision du 29 avril 2022, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté le recours formé par M. B contre la décision de l'OFPRA qui a rejeté sa demande d'asile. Ses conclusions tendant à ce que, sur le fondement des dispositions de l'article L. 752-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'exécution de l'arrêté l'obligeant à quitter le territoire français soit suspendue jusqu'à l'intervention de cette décision étaient donc déjà sans objet lors de l'introduction de sa requête et elles sont donc irrecevables.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas partie perdante à l'instance, le versement au conseil de M. B de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet du Finistère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.

Le président,

signé

E. ALa greffière d'audience,

signé

V. Le Boëdec

La République mande et ordonne au préfet du Finistère en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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