lundi 26 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203069 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS KOVALEX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juin 2022, l'EARL Kercou, représentée par Me Dervillers, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 février 2022 par laquelle le préfet de la région Bretagne a rejeté sa demande d'autorisation d'exploiter une superficie de 20 hectares 10 ares et 37 centiares à Henanbihen, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit car la demande de l'EARL Kercou relevait de la priorité 1 du schéma directeur régional agricole, étant preneur en place pour l'ensemble des parcelles ;
- la décision est également entachée d'une erreur de droit car la demande de l'EARL Kercou relevait également de la priorité 2 du schéma directeur régional pour les parcelles ZC 117 AJ et AK.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, le préfet de la région Bretagne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par l'EARL Kercou ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 30 mars 2023, la SCEA de la Colline, représentée par Me Guillois, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de l'EARL Kercou en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par l'EARL Kercou ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gourmelon, première conseillère, pour exercer les fonctions de rapporteure publique, en application des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pottier ;
- les conclusions de Mme Gourmelon, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 5 octobre 2021, l'EARL Kercou, dont M. et Mme A sont gérants, a sollicité une autorisation d'exploiter 20 hectares 10 ares et 37 centiares de parcelles situées à Henanbihen et cadastrées ZC87A, ZC87BJ, BK, BL, C, ZC117AJ, AK, et ZD19A, dont certaines avaient auparavant été exploitées par l'EARL Grandmotte, que M. et Mme A ont cédée aux époux B. Le 7 décembre 2021, la SCEA de la Colline a également déposé une demande d'autorisation d'exploiter pour les mêmes parcelles. Par arrêté du 2 février 2022, le préfet de la région Bretagne a rejeté la demande de l'EARL Kercou. Le recours gracieux présenté par cette dernière le 25 mars 2022 a été rejeté implicitement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. M. D E, directeur régional de l'agriculture, de l'alimentation et de la forêt de Bretagne, a reçu délégation de signature du préfet de la région Bretagne, par un arrêté du 16 novembre 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, à l'effet de signer, dans le cadre de ses attributions et compétences, toutes décisions et tous documents concernant l'organisation et le fonctionnement du service sur lequel il a autorité, à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant sur les demandes d'autorisation d'exploiter relatives au contrôle des structures agricoles. Par un arrêté du 26 juillet 2021, publiée au recueil des actes administratifs le même jour, M. E a donné subdélégation Mme C pour les missions relatives au contrôle des structures. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime : " L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : / 1° Lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 ; () ". Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article L. 331-6 du même code : " Tout preneur doit faire connaître au bailleur, au moment de la conclusion du bail ou de la prise d'effet de la cession de bail selon les cas, la superficie et la nature des biens qu'il exploite ; mention expresse en est faite dans le bail. Si le preneur est tenu d'obtenir une autorisation d'exploiter en application de l'article L. 331-2, la validité du bail ou de sa cession est subordonnée à l'octroi de cette autorisation. (). ".
4. Aux termes de l'article 1er du schéma directeur régional des exploitations agricoles de Bretagne, constituent des parcelles de proximité de bâtiment d'élevage du demandeur " une parcelle ou îlot de parcelles cadastrales d'une superficie maximale de 5 hectares, situé(e) à proximité immédiate du bâtiment d'élevage ou en continuité d'un parcellaire exploité par le demandeur jouxtant le bâtiment d'élevage, à une distance maximale de 500 mètres à vol d'oiseau de son bâtiment d'élevage (logement des animaux). La présence d'une voie intercalaire accessible aux engins agricoles pourra être admise comme ne faisant pas obstacle à la continuité décrite ci-dessus. Est considéré comme bâtiment d'élevage tout bâtiment d'élevage en fonction ou mis en fonction dans le cadre d'une installation. Le bâtiment d'élevage doit être mis en évidence sur un plan transmis avec la demande d'autorisation. ". Aux termes de l'article 3 du même schéma relatif à l'ordre des priorités : " () II - Les priorités / Priorité 1 : maintien de l'exploitation du preneur en place () / Priorité 2 : échanges de parcelles ou parcelles ou îlot de parcelles de proximité de bâtiment d'élevage du demandeur : / Echange parcellaire () / Parcelles ou îlot de parcelles de proximité de bâtiment d'élevage du demandeur : / Dans un objectif de restructuration parcellaire des exploitations agricoles, priorité sera donnée pour les demandes de parcelles de proximité de bâtiment d'élevage telle que définie à l'article 1 du présent arrêté. ().".
5. Il ressort des pièces du dossier que l'ancien titulaire de l'autorisation d'exploiter les terres visées par la demande de l'EARL Kercou était l'EARL Grandmotte. Par suite, si l'EARL Kercou fait valoir que M. A, associé de cette EARL, était titulaire d'un bail rural sur ces parcelles, cette circonstance, en l'absence de toute autorisation d'exploiter prévue par les dispositions de l'article L. 331-2 du code rural et de la pêche maritime détenue par l'EARL Kercou, ne suffit pas à démontrer que l'EARL Kercou était preneur en place au sens des dispositions précitées. Au surplus, l'EARL Kercou ne soutient ni n'allègue qu'elle exploitait auparavant les parcelles pour lesquelles elle a demandé une autorisation d'exploiter. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation ni d'erreur de droit que le préfet a considéré que l'EARL Kercou n'était pas preneur en place et ne relevait par conséquent pas de la priorité n°1 du schéma directeur régional des exploitations agricoles de Bretagne.
6. Par ailleurs, si les parcelles les ZC 117 AJ et AK sont proches du siège d'exploitation de l'EARL Kercou, toutefois, la requérante n'établit que le siège de son exploitation comprendrait des bâtiments d'élevage en fonction. Par suite, ces parcelles, au demeurant séparées desdits bâtiments par une voie intercalaire, ne pouvaient être considérées comme des parcelles de proximité au sens des dispositions précitées du schéma directeur régional. L'EARL requérante n'est ainsi pas fondée à soutenir que sa demande devait être regardée comme relevant de l'ordre de priorité n° 2 ni, par conséquent, que la décision attaquée serait à ce titre entachée d'une méconnaissance du schéma directeur régional ou d'erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède que l'EARL Kercou n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 2 février 2022, ni de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme que la requérante demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'EARL Kercou la somme que la SCEA de la Colline demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de l'Earl KERCOU est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SCEA de la Colline en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'Earl KERCOU, à la SCEA de la Colline et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie du présent jugement sera adressée au préfet de la Région Bretagne.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2023.
La rapporteure,
signé
F. Pottier
Le président,
signé
O. Gosselin
La greffière,
signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026