lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203311 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEXCAP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 juin et 12 juillet 2022, Mme C B, représentée par Me Alagapin-Graillot, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite du 13 juin 2022 par laquelle le maire de la commune de D a refusé de procéder au raccordement provisoire au réseau de distribution électrique de la parcelle cadastrée section dont elle est propriétaire ;
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder au raccordement de son compteur au réseau de distribution électrique à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable : elle est dirigée contre une décision, une requête en annulation recevable a été introduite et la décision litigieuse continue de produire ses effets ;
- la condition d'urgence est remplie : elle vit sur le terrain avec son compagnon et leurs deux enfants et le raccordement à l'électricité est la condition préalable pour subvenir aux besoins vitaux de toute la famille ; ils ont eu l'autorisation de poser un portail électrique à l'entrée de la parcelle et sont dans l'incapacité de sécuriser leur domicile ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une incompétence négative : le maire de la commune ne pouvait s'opposer au raccordement provisoire au réseau de distribution électrique de la parcelle ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en la privant d'une ressource vitale telle que l'électricité ;
- elle l'empêche de jouir pleinement du bien dont elle est propriétaire, en méconnaissance de l'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ;
- elle méconnaît le principe d'égalité devant le service public : en l'espèce, elle souhaite seulement relier son terrain au réseau électrique pour disposer de son portail électrique et entretenir ses plantations ainsi que pour y faire stationner sa caravane pendant une période de trois mois conformément à la décision n° 2019-805 QPC du Conseil constitutionnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2022, la commune de D, représentée par la Selarl Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite : la requérante ne réside pas sur le terrain et ne justifie pas qu'elle ne disposerait pas d'une alternative de logement ; les travaux de clôture sont entièrement achevés et la déclaration préalable ne mentionnait pas l'installation d'un portail électrique ; l'absence de branchement électrique de la propriété en cause n'emporte aucune dépossession ni atteinte illégale au droit de propriété ;
- sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté dès lors que la décision implicite n'a fait l'objet d'aucune demande de communication de motifs ;
- le maire de la commune a respecté les exigences de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme : il pouvait s'opposer au raccordement en cause qui relève en réalité d'une demande de branchement définitif visant à assurer la desserte de caravanes ; en outre toute installation de caravane sur le terrain en cause méconnaîtrait le plan local d'urbanisme applicable ;
- elle ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : Mme B ne démontre aucune atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale alors que la décision est fondée sur le respect de la règle d'urbanisme et, plus précisément, sur le respect de la vocation naturelle de la zone ayant justifié son classement en zone N et l'application de règles strictes ;
- elle ne porte pas atteinte au droit de propriété de Mme B tel que garanti par l'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et répond à des motifs d'intérêt général tenant à la protection de l'environnement et au respect des règles d'utilisation des sols.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2203226.
Vu :
- la Constitution, et notamment son Préambule ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Plumerault, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 juillet 2022 :
- le rapport de Mme E,
- Me Alagapin-Graillot, représentant Mme B, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'il développe, insiste sur le fait que le raccordement demandé n'est pas définitif mais seulement provisoire, souligne qu'il n'existe aucune construction illégalement édifiée sur le terrain de Mme B, que faute d'électricité, le portail électrique qu'elle a légalement installé ne peut pas fonctionner, soutient qu'une caravane mobile ne peut être regardée comme une construction ou une installation au sens de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme et indique que Mme B et sa famille souhaitent installer leur caravane seulement pendant un mois de l'année sur le terrain pour lequel le raccordement électrique est demandé ;
- Me Colas, représentant la commune de D, qui reprend les mêmes termes que les écritures qu'il développe, souligne que le terrain appartenant à Mme B est classé en zone naturelle où le règlement du plan local d'urbanisme interdit le stationnement des caravanes, insiste sur le fait que Mme B souhaite en réalité un raccordement définitif et non provisoire de sa parcelle ;
- et les explications de M. A, compagnon de Mme B ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été enregistrée le 12 juillet 2022 pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a acquis en mars 2021 un terrain cadastré section d'une superficie de m² situé au lieudit sur la commune de D, classé en zone naturelle N au plan d'urbanisme applicable. Elle a fait procéder, en mars 2022, à l'installation, par la société Enedis, d'un compteur électrique. La mise en service a été faite le 8 mars 2022 et elle a reçu, le 29 mars 2022, une facture de souscription d'un contrat d'électricité. Toutefois, deux jours après la pose de son compteur, celui-ci a été débranché et la société Enedis a résilié son contrat le 8 avril 2022. Mme B a sollicité, le 12 avril 2022, auprès du maire de D le raccordement provisoire de sa propriété au réseau public d'électricité. En l'absence de réponse, Mme B demande la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le maire de cette commune a rejeté sa demande de raccordement.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a effectué, dès le mois de septembre 2021, d'importants travaux de terrassement sur la parcelle dont elle est propriétaire consistant en l'enlèvement de terre, en l'aplanissement du terrain et en l'apport de tout-venant, et ce dans la perspective d'installation de caravanes. Elle a toutefois été condamnée, par ordonnance du 29 mars 2022 du juge des référés du tribunal judiciaire de à remettre en état les lieux et il est constant d'une part qu'elle ne vit pas actuellement avec sa famille sur ce terrain, d'autre part que le règlement de la zone N ne permet pas d'y installer de caravanes, de telle sorte que le refus en litige ne porte aucune atteinte grave à sa vie privée et familiale.
5. Par ailleurs, si Mme B a déposé, le 29 juillet 2021, en mairie de D une déclaration préalable en vue de l'édification d'un mur de clôture en parpaing et d'un portail coulissant en panneaux pleins sur ce terrain le long de la voie communale n° 3 et que le maire ne s'y est pas opposé par arrêté du 26 août 2021, il ressort des pièces du dossier que le portail a été installé, le mur édifié, seul l'enduit restant à effectuer. Mme B ne justifie ainsi pas que l'achèvement des travaux nécessiterait un raccordement électrique. Elle entend également se prévaloir de ce que le raccordement demandé doit lui permettre d'alimenter le portail régulièrement édifié qui est électrique. Toutefois, cette seule circonstance ne suffit pas à caractériser une atteinte grave et immédiate à ses intérêts ou à son droit de propriété, dès lors qu'elle n'établit pas, ni même n'allègue qu'elle ne pourrait pas ouvrir ce portail manuellement et qu'elle serait empêchée d'accéder à son terrain.
6. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence à laquelle est subordonnée la mise en œuvre par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, les conclusions à fin de suspension de la requête de Mme B ne peuvent, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le bien-fondé des moyens soulevés, qu'être rejetées.
Sur les conclusions à foin d'injonction et d'astreinte :
7. La présente ordonnance qui rejette les conclusions à fin de suspension de la requête de Mme B n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par l'intéressée doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme B doivent, dès lors, être rejetées.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de D tendant à l'application de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de D présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et à la commune de D.
Fait à Rennes, le 18 juillet 2022.
Le juge des référés,
signé
F. E La greffière d'audience,
signé
J. Jubault
La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026