vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203332 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEXCAP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 juin 2022 et le 27 juillet 2022, le maire de la commune du Saint, représenté par Me Lahalle, avocat de la société d'avocats Lexcap, demande au tribunal de déclarer démissionnaire d'office M. Olivier Henry, conseiller municipal de la commune, en application des dispositions de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales.
Il soutient que :
- M. A a refusé de participer à la tenue du bureau de vote entre 15h30 et 18h pour le deuxième tour des élections législatives organisé le dimanche 19 juin 2022 ;
- il n'a justifié son absence par aucune excuse valable dès lors que, s'il a indiqué avoir le Covid, il a expressément refusé de produire la moindre pièce justificative (test PCR, test antigénique, certificat médical notamment) ;
- la réalité de la contamination au Covid de M. A n'est aucunement démontrée dans le cadre de la procédure juridictionnelle par des pièces justificatives ;
- le caractère isolé du manquement imputé à M. A est une circonstance inopérante pour l'application des dispositions de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales ; la défaillance de l'intéressé n'a pas été sans conséquences puisque le maire lui-même a dû le remplacer ; les autres conseillers municipaux non à même d'assumer leurs fonctions d'assesseurs ont fourni des justificatifs ;
- les accusations de procédés d'acharnement contre les élus de l'opposition imputables au maire sont contestées et sont inopérantes dans le cadre du présent contentieux.
Par un courrier, enregistré le 21 juillet 2022, M. C A, sollicite un report de l'audience au motif que le délai de quatre jours qui lui est laissé pour présenter ses observations ne lui permet pas de présenter sa défense.
Par ordonnance du 21 juillet 2022 prise en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture d'instruction a été fixée au 27 juillet 2022 à 17h, puis, par une ordonnance du 27 juillet 2022, reportée au 28 juillet 2022 à 10h30.
Par deux mémoires, enregistrés le 27 juillet 2022, M. C A conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- son absence au bureau de vote le 19 juin 2022 est justifiée par le fait qu'il était malade, ce qui a été confirmé par la réalisation le jeudi d'un auto-test Covid qui s'est avéré positif ;
- son absence lors de l'élection n'a eu aucune conséquence préjudiciable au déroulement des opérations de vote, la circulaire du ministère de l'intérieur du 24 mai 2022 prévoyant seulement qu'il faut deux assesseurs au minimum, ce qui était le cas le 19 juin ;
- eu égard au grief unique qui lui est reproché, la sanction demandée est disproportionnée ; si sa faute devait être reconnue, elle ne justifierait qu'une sanction intermédiaire telle qu'un avertissement ;
- aucune fourniture de justificatifs pour une absence à des élections ou à des conseils municipaux n'a jamais été demandée à d'autres élus ; le maire n'applique pas à lui-même cette exigence de production d'un justificatif en cas d'absence ;
- le maire multiplie les procédés d'acharnement contre les élus de l'opposition, ainsi qu'il en est justifié par de nombreuses pièces.
La procédure a été communiquée au préfet du Morbihan, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Rémy, rapporteur public,
- et les observations de Me Colas, représentant le maire de la commune du Saint.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre d'un conseil municipal qui, sans excuse valable, a refusé de remplir une des fonctions qui lui sont dévolues par les lois, est déclaré démissionnaire par le tribunal administratif. / Le refus résulte soit d'une déclaration expresse adressée à qui de droit ou rendue publique par son auteur, soit de l'abstention persistante après avertissement de l'autorité chargée de la convocation. / Le membre ainsi démissionnaire ne peut être réélu avant le délai d'un an. " L'article R. 2121-5 du même code dispose que : " Dans les cas prévus à l'article L. 2121-5, la démission d'office des membres des conseils municipaux est prononcée par le tribunal administratif. / Le maire, après refus constaté dans les conditions prévues par l'article L. 2121-5 saisit dans le délai d'un mois, à peine de déchéance, le tribunal administratif. / Faute d'avoir statué dans le délai fixé à l'alinéa précédent, le tribunal administratif est dessaisi () ".
2. En premier lieu, M. A, qui avait été informé par un courriel du 7 juin 2022 qu'il devait participer comme assesseur de 15h30 à 18h aux travaux du bureau de vote pour le deuxième tour des élections législatives organisé le dimanche 19 juin 2022, a fait savoir par un courriel du vendredi 17 juin à 12h30 à la mairie du Saint (Morbihan) qu'il avait le Covid, qu'il ne serait pas en mesure d'assurer le créneau de présence qui lui avait été confié, et qu'il devait être remplacé. Il doit être regardé comme ayant ainsi expressément refusé d'assurer les fonctions pour lesquelles il avait été désigné. Il lui incombait donc de justifier d'une excuse valable pour cette absence, et, sur ce point, la demande de justificatif de son état de santé qui lui a été adressée par retour de courriel en début d'après-midi par la secrétaire de la mairie n'apparaît ni illégitime, ni révélatrice de manœuvres destinées à provoquer de sa part un refus susceptible de le faire regarder comme s'étant de lui-même placé dans la situation où il pouvait être déclaré démissionnaire d'office. Par deux courriels envoyés le même jour, M. A a refusé de donner suite à la demande de justificatif qui lui avait été faite et qui a été réitérée. Lors de ces échanges de courriels, il a donc manifesté clairement tant son refus de surveiller comme assesseur le déroulement des opérations de vote du 19 juin pendant le créneau horaire qui lui avait été attribué que celui de justifier son absence par une excuse valable, c'est-à-dire elle-même dûment assortie de justificatifs. Pas plus devant le maire que devant le tribunal, il ne justifie par des éléments probants, faute notamment de production du résultat de l'auto-test positif qu'il prétend avoir réalisé le jeudi 16 juin 2022 ou de tout autre élément de preuve, avoir été atteint du Covid et, pour ce motif, légitimement empêché de siéger comme assesseur. Le maire de la commune du Saint fait d'ailleurs valoir, sans être contredit, que l'intéressé a participé dès le mardi 21 juin à l'encadrement d'une sortie scolaire organisée par l'école primaire communale Jacques Prévert, participation que M. A se borne à justifier par l'affirmation qu'à cette date, dans l'après-midi, et compte tenu de la date de sa contamination, il n'était plus contagieux. Dans ces conditions, en l'absence d'excuse valable démontrée par M. A, et alors même qu'il ne résulte pas de l'instruction que M. A aurait été, postérieurement à l'échange de courriels du 17 juin, rappelé à nouveau à ses obligations et informé des conséquences de son refus, le maire de cette commune, agissant au nom de l'Etat, a pu considérer que l'intéressé s'était soustrait sans excuse valable liée à son état de santé à une des fonctions qui lui étaient dévolues par les lois au sens de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales.
3. En deuxième lieu, un conseiller municipal qui établit l'existence de manœuvres consistant en des décisions ou comportements d'un maire destinés à provoquer son refus d'exercer ses fonctions, susceptible de le faire regarder comme s'étant de lui-même placé dans la situation où il peut être déclaré démissionnaire d'office, peut-être, le cas échéant, regardé comme excipant d'une excuse pour l'application des dispositions susrappelées. Toutefois, ni la désignation de M. A comme assesseur, ni, ainsi qu'il a déjà été dit, la demande de production d'un justificatif pour l'excuse d'ordre médical qu'il faisait valoir n'apparaissent constitutives de telles manœuvres, même dans un contexte, longuement développé en défense, de fortes tensions politiques au sein du conseil municipal et d'une opposition au maire du Saint au sein de la commune, auxquelles M. A a pris part activement, et qui ont donné lieu à des plaintes ou recours adressés aux autorités de l'Etat et à la juridiction administrative. De même, le requérant ne peut utilement faire valoir que l'exigence de justification de son état de santé qui lui est opposée ne l'aurait pas été à d'autres occasions pour certains élus ou pour le maire lui-même.
4. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été développé ci-dessus que M. A a refusé d'exercer une fonction lui incombant légalement sans justifier d'une excuse valable. Il entrait ainsi dans le champ des prévisions de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales, lequel dispose que, dans une telle hypothèse, la démission d'office des membres des conseils municipaux est prononcée par le tribunal administratif, sans prévoir la possibilité de prononcer d'autres mesures moins sévères. Par suite, M. A ne peut utilement soutenir qu'une mesure de démission d'office serait disproportionnée au regard du caractère unique du manquement qui lui est reproché et de son absence de conséquences sur l'organisation et le déroulement des opérations de vote.
5. Il résulte de ce qui précède que le maire de la commune du Saint, agissant au nom de l'Etat, est fondé à demander que M. A soit déclaré démissionnaire d'office de son mandat de conseiller municipal.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est déclaré démissionnaire d'office de son mandat de conseiller municipal de la commune du Saint.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au maire de la commune du Saint, à M. C A et au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer.
Une copie de ce jugement sera adressée pour information au préfet du Morbihan.
Délibéré après l'audience du 28 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vergne, président,
Mme Thalabard, premier conseiller,
M. Moulinier, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
G.-V. B
L'assesseur le plus ancien,
Signé
M. D
La greffière,
Signé
C. Garcia
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
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