mardi 23 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203549 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | OQTF 6 sem |
| Avocat requérant | CHOUKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 12 juillet et le 31 juillet 2022, M. C B, représentée par Me Chouki, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet des Côtes-d'Armor l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêté et a fixé la Géorgie ou tout autre pays où il est légalement admissible, comme pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet des Côtes-d'Armor de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet des Côtes-d'Armor de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Chouki de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation et n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant la Géorgie comme pays de renvoi :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen suffisant de sa situation et n'est pas suffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Le préfet des Côtes-d'Armor a communiqué des pièces au tribunal les 25 juillet et 16 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Radureau, président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique :
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant géorgien né le 21 février 1983, est entré en France le 14 décembre 2021. Il a présenté une demande d'asile le 27 janvier 2022 à la préfecture des Côtes-d'Armor. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 6 avril 2022. Par un arrêté du 20 juin 2022, le préfet des Côtes-d'Armor a obligé M. B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant notamment le pays dont il a la nationalité comme pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
2. M. B ne justifiant pas avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle pour la présente procédure, il n'y a pas lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, par un arrêté du 27 avril 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet des Côtes-d'Armor a donné délégation à Mme Béatrice Obara, secrétaire générale de la préfecture et signataire de l'arrêté, pour signer tous les actes relevant des attributions de l'État dans le département, à l'exception de certains au nombre desquels ne figurent pas les actes en matière de police des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire dont seraient entachées les décisions contestées manque en fait et doit ainsi être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Elle vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qui fondent la décision et précise les éléments se rapportant à sa situation personnelle, familiale et administrative. Par suite cette décision répond suffisamment aux exigences de motivation énoncées par les dispositions des articles L. 211-1 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et démontre que le préfet des Côtes-d'Armor a procédé à un examen suffisant de la situation personnelle de M. B. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
5. En troisième lieu, M. B se prévaut d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en exposant les circonstances dans lesquelles il a fait l'objet d'arrestations et de mauvais traitements de la part de la police en Géorgie. Cependant la décision l'obligeant à quitter le territoire français, qui n'a pas pour objet de désigner un pays d'éloignement, n'est pas, en elle-même, de nature à le soumettre à des traitements inhumains ou dégradants contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, alors qu'aux termes de la décision du 6 avril 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides les faits invoqués par M. B n'ont pas été tenus pour établis et les craintes invoquées fondées, il ne précise pas en quoi la décision attaquée serait de nature à emporter des conséquences sur sa situation personnelle. En tout état de cause M. B est célibataire sans enfant, ne justifie pas de l'existence d'attaches particulières en France et n'apparaît pas dépourvu de liens avec son pays d'origine où il a vécu 37 ans. Par suite, ces moyens ne peuvent qu'être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué doit être écarté.
8. En deuxième lieu, le préfet des Côtes-d'Armor, dans son arrêté, vise notamment les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoyant qu'un étranger qui fait l'objet d'une mesure d'éloignement est en principe éloigné à destination du pays dont il a la nationalité, rappelle la nationalité du requérant, précise le rejet de sa demande d'asile par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, indique que la Géorgie est pays d'origine sûr et en l'absence d'éléments transmis par l'intéressé concernant les risques le concernant en cas de retour dans son pays, retient qu'il n'établit pas être exposé, en cas de retour dans son pays d'origine, à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment à son article 3. Cette décision est ainsi suffisamment motivée et révèle que le préfet des Côtes-d'Armor a examiné s'il existait un obstacle à ce que le requérant soit renvoyé en Géorgie. Les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen complet de la situation de M. B doivent donc être écartés.
9. En troisième lieu, la demande d'asile présentée par M. B, qui provient d'un pays d'origine sûr a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 6 avril 2022 en estimant que les faits allégués ne pouvaient pas être tenus pour établis et les risques en cas de retour fondés. Il n'établit pas plus dans le cadre de la présente instance être exposé personnellement et directement à des mauvais des traitements en cas d'éloignement dans son pays d'origine. Par suite, en l'absence de tout élément suffisamment circonstancié et probant à l'appui des écritures, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Côtes-d'Armor aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation. Les moyens doivent être écartés.
10. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant la Géorgie comme pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
11. Le présent jugement qui rejette les conclusions aux fins d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution et par suite, les conclusions de la requête tendant à ce que soient adressées diverses injonctions sous astreinte au préfet des Côtes-d'Armor doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. L'État, n'étant pas la partie perdante à l'instance, les conclusions de M. B présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire est rejetée.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet des Côtes-d'Armor.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 août 2022.
Le magistrat désigné,
signé
Ch. ALa greffière,
signé
C. Salladain
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026