LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2203703

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2203703

lundi 25 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2203703
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantLE BIHAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2022, Mme E, représentée par Me Le Bihan, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé de son transfert à Malte pour l'examen de sa demande d'asile ;

2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;

3°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assignée à résidence ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros à verser à son avocate sur le fondement de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision de transfert :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;

- elle n'a pas reçu toutes les informations prévues par l'article 4 du règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- le préfet d'Ille-et-Vilaine devra justifier de la réalisation d'un entretien individuel respectant les dispositions de l'article 5 du règlement précité ;

- à défaut pour le préfet d'Ille-et-Vilaine de justifier de l'existence d'une requête aux fins de reprise en charge conforme aux dispositions de l'article 7 du règlement précité et de l'article 2 du règlement d'exécution UE n° 118/2014 de la Commission du 20 janvier 2014, la décision attaquée devra être annulée pour vice de procédure ;

- cette décision méconnaît les articles 3 et 17 du règlement précité, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;

- cette décision devra être annulée par voie de conséquence compte tenu de l'illégalité qui entache la décision de transfert.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement européen (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le règlement européen (CE) n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 modifié par le règlement (UE) n° 118/2014 du 30 janvier 2014 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Allex, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A ;

- les observations de Me Le Bihan représentant Mme E qui reprend les moyens de sa requête et insiste sur les défaillances systémiques de Malte dans la prise en charge des demandeurs d'asile ;

- les explications de Mme E.

Le préfet d'Ille-et-Vilaine n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

1. Mme E née en 1989 est entrée irrégulièrement sur le territoire français le 25 janvier 2022. Elle a sollicité le 1er février 2022 son admission au séjour au titre de l'asile auprès de la préfecture d'Ille-et-Vilaine. La consultation du fichier " Eurodac " ayant permis d'établir que l'intéressée a présenté une demande d'asile aux autorités maltaises préalablement au dépôt de sa demande d'asile en France, les autorités de ce pays ont été saisies le 18 mars 2022 d'une demande de reprise en charge sur le fondement du b) du 1 de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Le 1er avril 2022 ces autorités ont fait connaître leur accord sur le fondement du c) du 1 de l'article 18 de ce règlement. Par l'arrêté attaqué du 18 juillet 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé du transfert de Mme E à Malte. Par un second arrêté du même jour, également attaqué, il a assigné l'intéressée à résidence.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Mme E justifiant avoir introduit une demande devant le bureau d'aide juridictionnelle, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté de transfert :

3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté de transfert a été signé par Mme C B, adjointe à la cheffe du bureau de l'asile. Celle-ci disposait d'une délégation de signature, accordée par arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 13 mai 2022, publié le même jour au recueil des actes administratifs de l'État dans le département d'Ille-et-Vilaine, à l'effet de signer notamment les arrêtés de transfert relevant de la procédure Dublin III. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Droit à l'information / 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, (). / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. / Si c'est nécessaire à la bonne compréhension du demandeur, les informations lui sont également communiquées oralement, par exemple lors de l'entretien individuel visé à l'article 5. () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme E a reçu communication, le 1er février 2022, de la brochure d'information A " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de l'analyse de ma demande ' ", et de la brochure d'information B " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' ", rédigées en langue française, que Mme E a déclaré comprendre et lire. Ainsi, elle doit être regardée comme ayant bénéficié d'une information complète sur ses droits dans une langue qu'elle comprend. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit donc être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " " Entretien individuel / 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () / 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".

7. Il ressort des pièces du dossier, notamment du résumé de l'entretien individuel établi par les services de la préfecture d'Ille-et-Vilaine, que Mme E a bénéficié de cet entretien le 1er février 2022 et qu'elle a été mise à même d'exposer, à cette occasion, toute observation relative à la procédure de renvoi vers l'État membre de l'Union européenne responsable de sa demande d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit donc être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 7 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Hiérarchie des critères / 1. Les critères de détermination de l'État membre responsable s'appliquent dans l'ordre dans lequel ils sont présentés dans le présent chapitre. / 2. La détermination de l'État membre responsable en application des critères énoncés dans le présent chapitre se fait sur la base de la situation qui existait au moment où le demandeur a introduit sa demande de protection internationale pour la première fois auprès d'un État membre. () ".

9. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a produit à l'instance le formulaire de requête qu'il a adressé aux autorités maltaises ainsi que son accusé de réception du 18 mars 2022. Cette requête expose le fondement textuel de la demande de reprise en charge et décrit la situation personnelle de Mme E, l'ensemble des rubriques obligatoires de ce formulaire ayant été remplies. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande de reprise en charge adressée par le préfet d'Ille-et-Vilaine aux autorités maltaises ne serait pas conforme aux exigences qui lui sont applicables. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 7 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté. Il en est de même du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 2 du règlement d'exécution UE n° 118/2014 de la Commission du 20 janvier 2014, qui doit être regardé comme tiré de la méconnaissance de l'article 2 du règlement européen CE n° 1560/2003 de la Commission du 2 septembre 2003 modifié par l'article 1er du règlement UE n° 118/2014 du 30 janvier 2014, la requête aux fins de reprise en charge ayant été établie conformément aux dispositions du règlement CE n° 1560/2003 modifié.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les États membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux, y compris à la frontière ou dans une zone de transit. La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. / () Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable () ". Par ailleurs, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales énonce que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Enfin, l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne dispose que : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

11. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les États membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un État autre que la France, que cet État a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet État membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.

12. Malte est un État membre de l'Union européenne et partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit ainsi être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet État membre est conforme aux exigences de ces deux conventions internationales. Pour renverser cette présomption, Mme E produit un rapport d'Amnesty International de 2021, un rapport du commissaire aux droits de l'homme d'octobre 2021, un article publié en février 2021 par l'organisation indépendante Euro-Med Monitord et un rapport de mission de janvier 2020 de l'association Migreurop Gisti dénonçant les conditions d'accueil des migrants dans ce pays, l'intéressée se prévalant également à l'audience de l'arrêt Feilazoo contre Malte du 11 mars 2021 rendu par la Cour européenne des droits de l'homme relatif aux conditions inadéquates de la rétention administrative d'un migrant. Toutefois, ces éléments ne sont pas suffisants pour établir que les demandes d'asile ne seraient pas traitées actuellement dans ce pays dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, compte tenu notamment des conditions d'accueil des demandeurs d'asile. Si Mme E indique avoir été retenue successivement dans deux camps pendant plusieurs mois dans des conditions précaires sans pouvoir bénéficier de soins adéquats alors qu'elle souffrait de problèmes gynécologiques à l'origine de pertes de sang plusieurs fois par mois, ces éléments ne permettent pas de démontrer d'une part, que les demandes d'asile ne pourraient être actuellement traitées dans ce pays en raison de défaillances structurelles d'un degré tel qu'elles devraient conduire dans tous les cas à reconnaître une défaillance systémique dans la mise en œuvre de la procédure d'asile et des conditions d'accueil des demandeurs d'asile et, d'autre part, que le transfert à Malte de Mme E pour le traitement de sa propre demande d'asile comporterait, par lui-même, un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles cités au point 10 doivent être écartés.

13. En sixième lieu, en vertu de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () 2. L'État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l'État membre responsable, ou l'État membre responsable, peut à tout moment, avant qu'une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre Etat membre n'est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. () ".

14. Pour soutenir que la décision ordonnant son transfert aux autorités maltaises serait intervenue en violation de ces dispositions, Mme E fait valoir qu'elle souffre de problèmes gynécologiques, digestifs, pulmonaires et qu'elle bénéficie d'un suivi psychologique. Elle produit au soutien de ses dires deux prescriptions médicales, l'une d'elle portant la mention d'un rendez-vous avec une psychologue et une date de rendez-vous le 19 août 2022, un compte rendu du 6 juillet 2022 d'un cabinet de radiologie faisant état d'un utérus très fibromateux ainsi qu'un certificat médical d'un médecin généraliste l'adressant à un confrère pour un avis gastroentérologique. Toutefois, ces seuls documents ne permettent pas de démontrer que Mme E se trouverait dans une situation de particulière vulnérabilité faisant obstacle à son transfert, ni qu'elle ne pourrait bénéficier à Malte d'une prise en charge adaptée à son état de santé, les allégations de Mme E à l'audience selon lesquelles elle devrait faire prochainement l'objet d'une opération chirurgicale n'étant pas corroborées par les pièces du dossier. Dans ces conditions, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas entaché sa décision de transfert auprès des autorités maltaises d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.

15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à solliciter l'annulation de l'arrêté du 18 juillet 2022 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé son transfert aux autorités maltaises pour l'examen de sa demande d'asile.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

16. Par l'arrêté de délégation cité au point 3, Mme B a également reçu délégation du préfet d'Ille-et-Vilaine pour signer les décisions d'assignation à résidence prises à l'occasion de l'adoption d'arrêtés de transfert dans le cadre de la procédure Dublin III. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

17. Compte tenu de ce qui a été dit au point 15, Mme E n'est pas fondée à obtenir par voie de conséquence l'annulation de l'arrêté l'assignant à résidence.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme E doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Mme E est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme E est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2022.

La magistrate désignée,

signé

A. ALa greffière d'audience,

signé

P. Cardenas

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions