vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203720 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | LE VERGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 20 juillet et
2 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Le Verger demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 27 avril 2022 par lequel le préfet
d'Ille-et-Vilaine a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a déterminé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Le Verger de la somme de
1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- cette décision est entachée d'un vice de procédure pour défaut de production de l'avis conforme rendu par le collège des médecins de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) ;
- cette décision est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation et d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation et méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'un vice de procédure pour défaut de production de l'avis conforme rendu par le collège des médecins de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) ;
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;
- cette décision méconnait les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire, enregistré le 26 juillet 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
Par ordonnance du 22 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 septembre 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Zaegel, substituant Me Le Verger, représentant M. B,
- et les explications de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né en 1989 et de nationalité kosovare, est entré en France en 2019 pour y déposer une demande d'asile qui a été rejetée en dernier lieu par une ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile du 27 juin 2020. Le 8 juillet 2020, il a présenté une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade. Le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a estimé, dans l'avis qu'il a rendu le 10 mai 2021, que si l'état de santé de M. B nécessite une prise en charge médicale et que le défaut de cette prise en charge peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Le préfet d'Ille-et-Vilaine a, par arrêté du 27 avril 2022, rejeté cette demande de titre de séjour, obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. M. B a sollicité le 8 juillet 2020 la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Le collège de médecins du service médical de l'Office française d'immigration et d'intégration (OFII) a rendu, le 10 mai 2021, son avis relatif à l'état de santé du requérant en précisant notamment que si son état de santé " nécessite une prise en charge médicale ", le défaut de prise en charge " peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ". Cet avis mentionne également qu'un traitement approprié à la prise en charge du demandeur existe dans son pays d'origine et qu'au vu des éléments du dossier et à la date de l'avis, l'état de santé de l'intéressé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine.
Il ressort des pièces du dossier que pour rejeter la demande du requérant, le préfet
d'Ille-et-Vilaine s'est référée à l'avis émis le 10 mai 2021 par le collège de médecins du service médical de l'OFII dont il s'est approprié les motifs. Toutefois, l'arrêté attaqué indique que " () le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité () ", alors que l'avis de l'OFII, quand bien même défavorable, soulignait que le défaut de prise en charge risquait d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé. Il s'ensuit que le préfet d'Ille-et-Vilaine, en commettant, dans les considérants de l'arrêté attaqué, une erreur de transcription du contenu de l'avis rendu par l'OFII, a entaché sa décision d'un défaut d'examen, dès lors que l'avis de l'OFII sur le défaut de prise en charge constitue un élément d'appréciation pris en compte par l'autorité administrative pour refuser ou non la délivrance du titre de séjour étranger malade. Au surplus, le préfet a de nouveau commis la même erreur dans son mémoire en défense. Dès lors, M. B est fondé à soutenir que le préfet d'Ille-et-Vilaine a entaché sa décision d'un défaut d'examen sérieux de sa situation en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 27 avril 2022, par laquelle le préfet d'Ille-et-Vilaine a refusé de lui délivrer un titre de séjour et, par voie de conséquence, des décisions du même jour par lesquelles il l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
5. Eu égard à ses motifs, le présent jugement, implique seulement que le préfet d'Ille-et-Vilaine procède au réexamen de la situation de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros à Me Le Verger, avocate du requérant, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à sa mission d'aide juridictionnelle.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 27 avril 2022 du préfet d'Ille-et-Vilaine est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet d'Ille-et-Vilaine d'examiner la situation de M. B dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à Me Le Verger la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à sa mission d'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet d'Ille-et-Vilaine et à Me Le Verger.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Moulinier, premier conseiller,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
G. C
L'assesseur le plus ancien,
signé
Y. Moulinier Le greffier,
signé
J-M. Riaud
La République mande et ordonne préfet d'Ille-et-Vilaine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaire de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026