lundi 10 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2203755 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS PAUL-AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée les 21 et 28 juillet 2022 et , M. C B A, représenté par Me Paul, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2022 par lequel le maire de Saint-Brieuc s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux sur avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France du 25 janvier 2022 ;
2°) d'enjoindre au maire de Saint-Brieuc de ne pas s'opposer à sa déclaration préalable de travaux dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre une somme de 3 000 euros à la charge de la commune de Saint-Brieuc au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- son immeuble ne se trouve pas dans un espace public remarquable ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le projet ne porte pas atteinte ni à la conservation, ni à la mise en valeur du site.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2022, la commune de Saint-Brieuc, représentée par Me Vic, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que les moyens soulevés par M. B A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code du patrimoine ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Gourmelon, première conseillère, pour exercer les fonctions de rapporteure publique, en application des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gosselin, président ;
- les conclusions de Mme Gourmelon, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Le Franc, représentant M. B A et de Me Vic, représentant la commune de Saint-Brieuc.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a déposé un dossier de déclaration préalable de travaux auprès de la mairie de Saint-Brieuc le 18 janvier 2022 en vue du changement de menuiseries extérieures. L'architecte des Bâtiments de France a rendu un avis défavorable au projet le 25 janvier 2022. Le maire de Saint-Brieuc a pris un arrêté d'opposition à déclaration préalable de travaux le 1er février 2022. Un recours hiérarchique a été exercé par M. B A le 23 mars 2022 auprès du préfet de la région Bretagne qui en a accusé réception le 29 avril suivant. Dans le silence du préfet de la région Bretagne, une décision implicite de rejet est née.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 632-1 du code du patrimoine : " Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, sont soumis à une autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l'état des parties extérieures des immeubles bâtis, y compris du second œuvre, ou des immeubles non bâtis. / Sont également soumis à une autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l'état des éléments d'architecture et de décoration, immeubles par nature ou effets mobiliers attachés à perpétuelle demeure, au sens des articles 524 et 525 du code civil, lorsque ces éléments, situés à l'extérieur ou à l'intérieur d'un immeuble, sont protégés par le plan de sauvegarde et de mise en valeur. Pendant la phase de mise à l'étude du plan de sauvegarde et de mise en valeur, sont soumis à une autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l'état des parties intérieures du bâti. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur du site patrimonial remarquable. ". Aux termes de l'article L. 632-2 du même code : " I. - L'autorisation prévue à l'article L. 632-1 est, sous réserve de l'article L. 632-2-1, subordonnée à l'accord de l'architecte des Bâtiments de France, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. A ce titre, ce dernier s'assure du respect de l'intérêt public attaché au patrimoine, à l'architecture, au paysage naturel ou urbain, à la qualité des constructions et à leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant. Il s'assure, le cas échéant, du respect des règles du plan de sauvegarde et de mise en valeur ou du plan de valorisation de l'architecture et du patrimoine. Tout avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France rendu dans le cadre de la procédure prévue au présent alinéa comporte une mention informative sur les possibilités de recours à son encontre et sur les modalités de ce recours. / () ". Aux termes de l'article V-6 de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine de la commune de Saint-Brieuc devenue site patrimonial remarquable, s'agissant prescriptions relatives aux bâtiments de faible intérêt : " () Le traitement de la façade et de la couverture ne devra pas porter atteinte à l'identité du tissu dans lequel il est inséré, ni aux bâtiments exceptionnels, remarquables ou d'intérêts proches. / () / Façade : Prescriptions : Les matériaux et leur mise en œuvre devront correspondre à l'expression architecturale choisie. ".
3. Il ressort des pièces du dossier, même si l'immeuble dans lequel M. B A a son appartement est classé dans la catégorie des bâtiments de faible intérêt au sens du règlement du site patrimonial remarquable, et même si l'immeuble donne sur une rue qui n'est pas identifiée comme un espace public remarquable, que cet immeuble se trouve dans le périmètre du site patrimonial remarquable de la commune de Saint-Brieuc, à la qualité duquel il participe, et qu'il fait donc l'objet des protections prévues par ce règlement.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'immeuble en cause présente une façade homogène avec des ouvertures présentant la même partition des panneaux vitrés et la présence de persiennes. Cette façade présente donc une expression architecturale à laquelle les travaux envisagés doivent correspondre. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que les travaux envisagés qui consistent en la pose de baies coulissantes à deux vitrages et à la suppression des persiennes, doivent être regardés comme portant atteinte à cette expression architecturale qui tient à la présence de fenêtres à trois ou quatre vantaux fermées par des persiennes. Dans ces conditions, M. B A, qui se borne à soutenir que le projet n'est pas soumis aux prescriptions relatives à l'utilisation de matériaux de synthèse en façade, n'établit pas que l'architecte des Bâtiments de France aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant d'autoriser les travaux pour ces motifs.
5. Enfin, si M. B A soutient que le règlement n'interdit pas les volets roulants pour les bâtiments de faible intérêt qui ne sont pas sur les espaces publics remarquables, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'avis défavorable de l'architecte des Bâtiments de France soit motivé par la pose de ces volets roulants mais seulement par la présence des coffrets en extérieur et la suppression des persiennes. La circonstance que de tels volets roulants existent dans d'autres immeubles de la rue est donc sans influence sur la légalité de cet avis.
6. Le maire de Saint-Brieuc étant en situation de compétence liée, en l'absence d'autorisation préalable de l'architecte des Bâtiments de France, pour s'opposer à la déclaration de travaux, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte est inopérant pour contester la décision attaquée.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er février 2022 portant opposition à sa déclaration préalable de travaux.
Sur les conclusions à fin d'injonction
9. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de
M. B A à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Saint-Brieuc, qui ne peut être regardée comme partie perdante à l'instance, les sommes que M. B A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B A une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Saint-Brieuc et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : M. B A versera à la commune de Saint-Brieuc une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et à la commune de Saint-Brieuc.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gosselin, président,
Mme Pottier, première conseillère,
Mme Le Berre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
O. Gosselin
L'assesseur le plus ancien,
Signé
F. Pottier
La greffière,
Signé
E. Douillard
La République mande et ordonne au préfet des Côtes-d'Armor, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 22003755
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026