mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2204381 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 sem |
| Avocat requérant | CIMADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2022, Mme C A, alors placée en rétention administrative à Rennes-Saint-Jacques-de-la-Lande (Ille-et-Vilaine) et un mémoire enregistré le 5 octobre 2022 présenté par Me Tuyaa Boustugue, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 août 2022, par lequel le préfet de la Somme lui fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de sa reconduite d'office et lui fait interdiction de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et n'a pas été précédé d'un examen suffisant de sa situation en particulier s'agissant de sa carte d'identité italienne ou de la possibilité d'être admise au Royaume-Uni ;
- elle disposait d'un délai de trois mois depuis son entrée sur le territoire eu égard à son titre de séjour italien.
Par ordonnance du 30 août 2022, reçue au greffe du tribunal le même jour, le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Rennes a mis fin à la rétention administrative de Mme A.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, le préfet de la Somme conclut au rejet des conclusions aux fins d'annulation et à l'irrecevabilité des conclusions tendant au remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens.
Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 ;
- l'accord franco-italien de réadmission signé le 3 octobre 1997 ;
- la directive 2003/109/CE du Conseil du 25 novembre 2003 ;
- le règlement n° 562/2006 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006 ;
- la directive 2009/50/CE du Conseil du 25 mai 2009 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Tuuya Boustugue, avocat commis d'office, représentant Mme A, absente.
Le préfet de la Somme n'était pas représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née le 17 avril 1995 et de nationalité albanaise, déclare être entrée en France le 24 août 2022. Elle a été interpellée, dès le 26 août, à Saint-Quentin-en-Tourmont (Somme) en compagnie d'un groupe d'étrangers sur un chemin d'accès à la mer et a été auditionnée en gendarmerie d'Abbeville pour une vérification de sa situation. Elle a alors fait l'objet, le 27 août 2022, d'un arrêté du préfet de la Somme, pris sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligeant à quitter sans délai le territoire français à destination de l'Albanie et lui interdisant tout retour pendant un délai d'un an. C'est l'arrêté attaqué.
2. En premier lieu, il ressort de l'examen de l'arrêté attaqué qu'il comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le support et que par suite, il est suffisamment motivé en toutes ses dispositions. Cette motivation, qui précise également que l'intéressée a, selon ses propres déclarations, transité par la Pologne, permet d'établir en outre que, contrairement à ce que soutient cette dernière dont le procès-verbal d'audition ne mentionne pas son passage en Italie, le préfet a procédé à un examen complet de sa situation avant de prendre sa décision en l'état des seules informations dont il est prouvé qu'il disposait, ce qui n'est pas le cas de la détention par la requérante des documents d'identité et de séjour italiens qu'elle a produits à l'instance. Cet arrêté n'est donc pas entaché d'une erreur de droit à cet égard.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ". Une telle mesure peut également être décidée, selon l'article L. 611-2 du même code, à l'égard de l'étranger non ressortissant d'un État membre de l'Union européenne qui n'a pas respecté les conditions d'entrée prévues dans le règlement n° 562/2006 du Parlement européen et du Conseil du 15 mars 2006 ou qui, en provenance directe d'un État partie à la convention d'application de l'accord de Schengen signée le 19 juin 1990, ne justifie pas être entré sur le territoire français ou s'y être maintenu conformément aux stipulations de cette convention.
4. Mme A ne produit aucun document permettant de justifier d'une entrée régulière sur le territoire français, et se borne à se prévaloir d'une carte d'identité que lui ont remis les autorités italiennes et qui ne constitue ni une reconnaissance de nationalité ni un titre transfrontalier, ainsi que d'un titre de séjour italien qui est venu à expiration le 11 octobre 2020. Par suite, elle ne pouvait se prévaloir des stipulations de l'article 21 de la convention d'application de l'accord de Schengen du 14 juin 1985, signée à Schengen le 19 juin 1990 et modifiée en dernier lieu par l'article 2 du règlement (UE) n° 610/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ni, par suite, des dispositions de l'article 6 du règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 qui reprend les dispositions de l'article 5 du règlement (CE) n° 562/2006. Par conséquent, elle entrait bien dans le champ d'application des dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, permettant au préfet de la Somme de prendre à son égard un arrêté l'obligeant à quitter le territoire français.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet de la Somme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
Le président,
signé
E. BLa greffière d'audience,
signé
A. Gauthier
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026