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AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2204730

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2204730

mercredi 1 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2204730
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS VARGUES ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 novembre 2019, M. B A, représenté par la société d'avocats Vargues § Associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 juin 2019 par laquelle le président-directeur général de l'agence de services et de paiement (ASP) a rejeté sa demande d'aide à l'acquisition ou à la location d'un véhicule peu polluant, ensemble la décision rejetant implicitement son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à l'ASP de lui accorder dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir l'aide qu'il a sollicitée, subsidiairement, d'instruire à nouveau sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de fait dès lors qu'aucune cotisation d'impôt sur le revenu n'a été recouvrée sur la période en cause.

Par mémoires, enregistrés les 28 avril 2020 et 9 janvier 2023, le président-directeur général de l'agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen soulevé n'est pas fondé.

Vu, enregistrée le 15 septembre 2022, l'ordonnance du 6 septembre 2022 par laquelle le président du tribunal administratif de Limoges a transmis le dossier au tribunal administratif de Rennes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'énergie ;

- le code général des impôts ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les conclusions de M. Fraboulet, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

1. Il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de M. A, le directeur de l'ASP s'est fondé sur ce qu'étant imposable en 2018 (revenus de l'année 2017), il devait avoir acquis un véhicule classé électrique ou un véhicule essence certifié Crit'Air 1 ou 2 ce qui n'était pas le cas. M. A conteste le bien-fondé de ce motif en prétendant que contrairement à ce que l'ASP a estimé, aucune cotisation d'impôt sur le revenu n'a été recouvrée en 2018.

2. Aux termes de l'article D. 251-3 du code de l'énergie, dans sa rédaction applicable : " Le montant de l'aide prévue à l'article D. 251-3 est déterminé par l'un ou l'autre des cas suivants : () 3° Pour les véhicules mentionnés au premier alinéa de l'article D. 251-3 et correspondant au a du 1° du D. 251-1, dont le taux d'émission de dioxyde de carbone est inférieur ou égal à 122 grammes par kilomètre et classés " électrique ", " 1 " ou " 2 " en application de l'arrêté mentionné à l' article R. 318-2 du code de la route : a) Le montant de l'aide est fixé à 2 000 euros dans la limite du coût d'acquisition du véhicule toutes taxes comprises, si le véhicule est acquis ou loué par une personne physique dont la cotisation d'impôt sur le revenu de son foyer fiscal de l'année précédant l'acquisition ou la location du véhicule est nulle ; b) Le montant de l'aide est fixé à 80 % du prix d'acquisition, dans la limite de 4 000 euros, si le véhicule est acquis ou loué soit par une personne physique dont la cotisation d'impôt sur le revenu du foyer fiscal de l'année précédant l'acquisition ou la location du véhicule est nulle et dont la distance entre son domicile et son lieu de travail est supérieure à 30 kilomètres ou effectuant plus de 12 000 kilomètres par an dans le cadre de son activité professionnelle avec son véhicule personnel, soit par une personne physique dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 6 300 euros ; 4° Pour les véhicules mentionnés au premier alinéa de l'article D. 251-3 et correspondant au a du 1° du D. 251-1, dont le taux d'émission de dioxyde de carbone est inférieur ou égal à 122 grammes par kilomètre et classés électrique ou 1 en application de l'arrêté mentionné à l'article R. 318-2 du code de la route, le montant de l'aide est fixé à 1 000 euros ; 5° Pour les véhicules mentionnés au premier alinéa de l'article D. 251-3 et correspondant au a du 1° du D. 251-1, dont le taux d'émission de dioxyde de carbone est compris entre 21 et 50 grammes par kilomètre, classés 1 en application de l'arrêté mentionné à l'article R. 318-2 du code de la route, dont l'autonomie équivalente en mode tout électrique en ville déterminée en application du règlement (UE) 2017/1151 de la Commission du 1er juin 2017 est supérieure à 40 kilomètres ou l'autonomie déterminée en application du règlement (CE) n° 692/2008 de la Commission du 18 juillet 2008 est supérieure à 50 kilomètres : a) Le montant de l'aide est fixé à 2 500 euros, si le véhicule acquis ou loué n'a pas fait l'objet précédemment d'une première immatriculation en France et à l'étranger ou s'il est acquis ou loué par une personne physique dont la cotisation d'impôt sur le revenu du foyer fiscal de l'année précédant l'acquisition ou la location du véhicule est nulle ; b) Le montant de l'aide est fixé à 80 % du prix d'acquisition, dans la limite de 5 000 euros, si le véhicule est acquis ou loué soit par une personne physique dont la cotisation d'impôt sur le revenu de son foyer fiscal de l'année précédant l'acquisition ou la location du véhicule est nulle et dont la distance entre son domicile et son lieu de travail est supérieure à 30 kilomètres ou effectuant plus de 12 000 kilomètres par an dans le cadre de son activité professionnelle avec son véhicule personnel, soit par une personne physique dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 6 300 euros ; c) Le montant de l'aide est fixé à 1 000 euros dans les autres cas ; ". Aux termes de l'article 1657 du code général des impôts : " 1 bis. Les cotisations initiales d'impôt sur le revenu ne sont pas mises en recouvrement lorsque leur montant, avant imputation de tout crédit d'impôt, est inférieur à 61 euros ".

3. Il ressort notamment de l'avis de situation déclarative à l'impôt sur le revenu de M. A établi pour l'année 2018, que le total de l'impôt sur le revenu net s'est élevé cette année-là à 14 euros. Nonobstant la circonstance que cette somme n'a pas été mise en recouvrement en application des dispositions de l'article 1657 du code général des impôts, il est établi que la cotisation d'impôt sur le revenu du requérant l'année précédant l'acquisition de son nouveau véhicule n'était pas nulle. Dès lors, en se fondant sur le fait que le requérant ne justifiait pas d'une cotisation nulle d'impôt sur le revenu l'année précédant l'acquisition de son nouveau véhicule peu polluant pour lui refuser le bénéfice de l'aide à son acquisition, les décisions attaquées n'ont pas méconnu, en ce qui concerne l'appréciation de sa situation fiscale de M. A, les dispositions de l'article D. 251-8 du code de l'énergie et, partant, ne se trouvent pas entachées d'une erreur de fait. Par suite, ce moyen doit être écarté.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

4. Le présent jugement de rejet n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions aux fins d'injonction de M. A ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. L'ASP n'étant pas la partie perdante, les conclusions de M. A tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'agence de services et de paiement.

Délibéré après l'audience du 1er février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Etienvre, président,

M. Albouy, premier conseiller,

Mme Tourre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.

Le président-rapporteur,

signé

F. CL'assesseur le plus ancien,

signé

E. Albouy

La greffière,

signé

S. Guillou

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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