jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rennes |
| Section | Tribunal Administratif de Rennes |
| N° Dossier | TA35-2204801 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CIMADE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 septembre et 14 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Gourlaouen, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 septembre 2022 par lequel le préfet de la Manche lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et lui a fait interdiction de tout retour sur le territoire national pour une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Manche de procéder au réexamen de sa situation administrative dans le délai de trois jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de
100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions
de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 75 de la loi du
10 juillet 1991.
Il soutient que :
La décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été entendu préalablement à son édiction ;
- méconnaît les dispositions du L. 234-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il réside en France de manière continue depuis l'âge de 7 ans ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La décision refusant un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions du L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La décision d'interdiction de tout retour sur le territoire national pour une durée de
trois ans :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il n'est pas célibataire et sans charge de famille en France ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, le préfet de la Manche conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par un courrier du 16 novembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des moyens de légalité externe en application de la jurisprudence du Conseil d'Etat Intercopie (20 février 1053, n° 9772).
Un mémoire, présenté pour M. B, a été enregistré le 7 décembre 2022 en réponse au moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les observations orales de Me Gourlaouen, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant roumain né le 26 juin 2001, est entré régulièrement en France avec ses parents alors qu'il était âgé de 7 ans, selon ses déclarations. Le 3 mai 2021, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Coutances à une peine de 4 ans d'emprisonnement, dont 1 an de sursis probatoire pour une durée de 2 ans, pour des faits de menace de mort réitérée et violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité supérieure à 8 jours. Ce jugement a été partiellement annulé par un jugement du 30 août 2021 de la cour d'appel de Caen le condamnant à une peine de 3 ans d'emprisonnement, dont 12 mois de sursis probatoire pendant une durée de 24 mois. Sa détention a pris fin le 21 septembre 2022. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 septembre 2022 par lequel le préfet de la Manche lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, et lui a fait interdiction de tout retour sur le territoire national pour une durée de trois ans.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions d'annulation :
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment d'un témoignage de Mme D du 22 septembre 2022, d'une attestation d'une sage-femme du 2 septembre 2022, et d'une attestation sur l'honneur de Mme D du 22 septembre 2022, que M. B est en couple avec une ressortissante française actuellement enceinte et dont il est le père de l'enfant à naitre. Si ces pièces sont en parties postérieures à l'arrêté litigieux, elles sont relatives à une situation antérieure à la décision attaquée dont le juge peut tenir compte. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir qu'en retenant qu'il était " célibataire et sans charge de famille sur le territoire français ", le préfet de la Manche a entaché son arrêté d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.
5. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent qu'il y a lieu d'annuler l'arrêté du préfet de la Manche du 16 septembre 2022, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions d'injonction :
6. Compte tenu du motif d'annulation exposé au point 4, l'exécution du présent jugement implique que le préfet procède au réexamen de la situation administrative de M. B. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Manche d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
7. M. B ayant été admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge
de l'État, partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 200 euros à verser à Me Gourlaouen sous réserve de son renoncement à percevoir la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du préfet de la Manche du 16 septembre 2022 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Manche de procéder au réexamen de la situation administrative de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 4 : L'État versera une somme de 1 200 euros à Me Gourlaouen au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de son renoncement à percevoir la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Gourlaouen et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Manche.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Descombes, président,
M. Moulinier, premier conseiller,
M. Grondin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.
Le rapporteur,
signé
T. C Le président
signé
G. Descombes
La greffière,
signé
L. Garval
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026