LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA35-2204939

Tribunal Administratif de Rennes — Décision N° TA35-2204939

mercredi 12 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rennes
SectionTribunal Administratif de Rennes
N° DossierTA35-2204939
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationEloignement urgent
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS LE STRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2022 à 17 h 17, M. E C, représenté par Me Le Strat demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2022, par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a refusé un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2022, par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine l'a assigné à résidence ;

3°) d'enjoindre au préfet d'Ille-et-Vilaine de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision de refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas justifié que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait été émis à l'issue d'une procédure régulière ;

- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut d'examen et d'une insuffisance de motivation ;

- le préfet a commis une erreur de droit, il s'est estimé en situation de compétence liée au regard de l'avis du collège des médecins et s'est exclusivement fondé sur cet avis sans lui-même examiner la disponibilité du traitement dans le pays d'origine du requérant ;

- l'absence de possibilité de discuter les motifs retenus par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et le préfet pour retenir la disponibilité d'un traitement méconnaît le principe du contradictoire et le §1 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent les dispositions des articles L. 542-1 et L. 611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elles méconnaissent les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la fixation du pays d'éloignement :

- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur l'assignation à résidence :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen et d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation par rapport à sa situation et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il a déjà remis son passeport.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Le préfet fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale en date du 23 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration, notamment son article L. 211-2 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Radureau, vice-président, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 614-5 et L. 614-7 à 13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Semino, substituant Me Le Strat, représentant M. C qui indique qu'il ne conteste, dans le cadre de cette instance, que les décisions portant obligation de quitter le territoire, fixant le pays de destination et d'assignation à résidence mais pas la décision de refus de titre de séjour et reprend les mêmes moyens en ajoutant que l'administration ne peut à la fois expressément indiquer au demandeur de titre de séjour pour raisons de santé qu'aucune information médicale ne doit être communiquée pour ensuite indiquer que cela n'empêche pas l'étranger de remettre tout document et enfin noter dans la décision que le requérant n'a présenté aucune information médicale. La préfecture tout comme le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ne justifient pas l'examen de la disponibilité des traitements adaptés à la siutation de M. C, lequel n'est pas présent à l'audience en raison de sa grande fatigue.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. C ressortissant géorgien né le 19 mars 1982, est entré en France le 28 juin 2018. Sa demande d'asile présentée le 15 octobre 2018 a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 26 novembre 2018. Il a fait l'objet d'un arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine en date du 27 mai 2019 portant obligation de quitter le territoire dans un délai de 30 jours. La légalité de cet arrêté a été confirmée par le tribunal administratif de Rennes par jugement du 16 juillet 2019. Le 12 septembre 2020, à la suite de son interpellation par les services de police, le préfet de la Dordogne l'a placé en rétention administrative et a pris à son encontre un arrêté portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. La légalité de cet arrêté a été confirmée par le tribunal administratif de Bordeaux par jugement n° 2004084 du 13 décembre 2020. Se maintenant irrégulièrement sur le territoire, M. C a sollicité le 8 novembre 2021, la délivrance d'une carte de séjour pour motifs médicaux. Par un arrêté du 27 avril 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine a pris à son encontre un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Géorgie comme pays de destination. Par un arrêté du 27 septembre 2022, le préfet d'Ille-et-Vilaine a décidé l'assignation à résidence de M. C. Alors que seule une formation collégiale du tribunal serait compétente pour se prononcer sur des conclusions tendant à l'annulation du refus de titre de séjour et à fin d'injonction, M. C a clairement indiqué à l'audience qu'il entendait demander l'annulation de l'arrêté du 27 avril 2022 en tant seulement qu'il décide de son éloignement vers la Géorgie et de l'arrêté du 27 septembre 2022 l'assignant à résidence. Il n'y a lieu, par suite, dans le cadre de la présente instance, de n'examiner que les moyens utilement dirigés contre les décisions d'éloignement vers la Géorgie et d'assignation à résidence.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du préfet d'Ille-et-Vilaine du 27 avril 2022 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Selon l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. Le demandeur présente au service médical de l'office les documents justifiant de son identité. A défaut de réponse dans le délai de quinze jours, ou si le demandeur ne se présente pas à la convocation qui lui a été fixée, ou s'il n'a pas présenté les documents justifiant de son identité le médecin de l'office établit son rapport au vu des éléments dont il dispose et y indique que le demandeur n'a pas répondu à sa convocation ou n'a pas justifié de son identité. Il transmet son rapport médical au collège de médecins. () ".

3. L'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

4. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la régularité de la procédure implique, pour respecter les prescriptions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment que, préalablement à l'avis rendu par ce collège de médecins, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), doit lui être transmis et que le médecin ayant établi ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège des médecins qui rend l'avis transmis au préfet.

5. D'une part, le préfet d'Ille-et-Vilaine a produit, dans le cadre de la présente instance, l'avis émis le 13 décembre 2021 par le collège des médecins de l'OFII concernant l'état de santé de M. C dont il ressort qu'il est intervenu au vu du rapport médical établi par un médecin désigné qui n'a pas siégé au sein du collège.

6. D'autre part, lorsque l'avis médical porte la mention " après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration émet l'avis suivant ", cette mention du caractère collégial de l'avis fait foi jusqu'à preuve du contraire. M. C n'apportant aucun élément de nature à faire douter des conditions dans lesquelles cet avis aurait été émis, il n'est pas fondé à soutenir que la décision d'obligation de quitter le territoire contestée, aurait été prise au terme d'une procédure irrégulière.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".

8. L'arrêté attaqué qui a été pris sur le fondement de l'article L. 611-1 3°, qu'il vise ainsi que notamment les articles L. 611 3, L. 612-1 à L. 612-3, L. 721-3, L. 721-4, L. 722-3 et L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet a fait application et mentionne la situation administrative, personnelle et familiale de l'intéressé, notamment le rejet de sa demande d'asile et le maintien en situation irrégulière de sa famille sur le territoire. L'arrêté mentionne le contenu de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 13 décembre 2021. Le préfet indique également que les craintes exprimées par le requérant en cas de retour dans son pays d'origine ont été jugées comme infondées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et par la Cour nationale du droit d'asile et qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'arrêté comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation doit donc être écarté.

9. En troisième lieu, une telle motivation et l'ensemble des considérants de l'arrêté établissent que le préfet a notamment pris en compte l'ensemble de la situation de l'intéressé dont il avait connaissance. Si le requérant fait grief à l'arrêté de retenir qu'il n'aurait transmis à la préfecture aucun document sur sa situation médicale pour justifier de son état de santé alors que lors du dépôt de la demande de titre de séjour il est demandé de ne pas présenter de documents médicaux, cette seule circonstance n'est pas de nature à établir que le préfet d'Ille-et-Vilaine aurait entaché sa décision d'un défaut d'examen en se fondant sur le seul avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par ailleurs si le requérant soutient que son enfant ne serait pas présent en France contrairement à ce qui a été mentionné dans la décision attaquée, il n'établit ni la réalité de son allégation, ni en avoir informé le préfet. Par suite, le moyen tiré de ce que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen suffisant de la situation de M. C doit donc être écarté.

10. En quatrième lieu, aucun élément ne permet de démontrer que le préfet, qui a examiné l'ensemble des éléments se rapportant à la situation de l'intéressé, se serait estimé en situation de compétence liée pour l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision attaquée ne peut, dans ces conditions, être regardée comme entachée d'une erreur de droit à cet égard.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ".

12. En l'espèce, pour refuser de délivrer le titre de séjour sollicité par M. C et lui faire obligation de quitter le territoire sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet d'Ille-et-Vilaine s'est fondé sur l'avis émis le 13 décembre 2021 par le collège des médecins de l'OFII selon lequel si l'état de santé du demandeur nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé de son pays d'origine il pourra y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine.

13. Contrairement à ce que soutient le requérant le préfet disposant d'un avis du collège des médecins de l'OFII, qu'il s'est approprié, il doit être regardé comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer que l'état de santé de M. C, compte tenu des soins disponibles dans son pays d'origine, ne justifiait pas la délivrance d'un titre de séjour et qu'il pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Par ailleurs, dès lors que l'avis du 13 décembre 2021 du collège des médecins de l'OFII, répond aux exigences de motivation posées par l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 cité au point 4, il était de nature à permettre de fonder la décision d'éloignement attaquée. Enfin si M. C invoque la méconnaissance de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure, il n'assortit pas ces moyens de précisions suffisantes. En tout état de cause, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas le caractère d'une juridiction ou celui d'un tribunal au sens des stipulations de l'article 6 de ladite convention.

14. M. C soutient qu'il souffre de pathologies psychiatriques lourdes, invoque un rapport du 30 juin 2020 établi par l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés relatif à l'accès aux soins en Géorgie et produit pour contredire l'avis du collège des médecins, un seul certificat médical postérieur à cet avis daté du 4 mai 2022. Toutefois, le rapport invoqué, qui décrit notamment de manière générale le système de soins psychiatriques en Géorgie et fait état des difficultés dans la prise en charge des patients, ne permet pas d'établir que l'intéressé ne pourrait pas personnellement bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Par ailleurs le requérant ne conteste pas sérieusement le préfet qui verse notamment au dossier une fiche du réseau européen " Medical Contry of origine Information " MedCOI ", et soutient que la substance active de l'olanzapine, tout comme la méthadone sont disponibles en Géorgie et que des consultations en psychologie et en psychiatrie sont possibles. Dans ces conditions M. C ne peut être regardé comme établissant se trouver dans une situation ne permettant pas de décider de son éloignement. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation doit être écarté.

15. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ".

16. M. C soutient qu'il ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors que la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant sa demande d'asile ne lui aurait pas été notifiée. Toutefois, d'une part, si le préfet d'Ille-et-Vilaine a indiqué dans l'arrêté attaqué que la demande d'asile présentée par M. C avait été définitivement rejetée, il n'a pas fondé la décision d'éloignement sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais sur le 3° de cet article ainsi que cela a été précisé au point 8 et d'autre part, il justifie lui avoir notifié les deux décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le concernant. Par suite ce moyen ne peut qu'être écarté.

17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. C tendant à l'annulation de la décision du 27 avril 2022 lui faisant obligation de quitter le territoire doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

18. D'une part, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale en conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde doit être écarté.

19. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". L'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

20. M. C soutient qu'il craint pour sa santé en cas de retour en Géorgie. Toutefois, comme il a été dit au point 14 du présent jugement, il n'établit pas qu'il ne puisse bénéficier d'un traitement adapté à son état de santé dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision aurait été prise en violation des dispositions et stipulations précitées doit être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 27 avril 2022 fixant le pays de renvoi.

En ce qui concerne l'assignation à résidence :

22. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

23. En premier lieu, Mme D A, adjointe au chef de bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière a reçu, par arrêté du 13 mai 2022 du préfet d'Ille-et-Vilaine régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, délégation aux fins de signer le type d'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

24. En deuxième lieu, l'arrêté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il mentionne notamment la mesure d'obligation de quitter le territoire français dont M. C fait l'objet, indique qu'il n'a pas remis son passeport ou tout autre document de voyage aux services de police ou de gendarmerie, qu'il ne justifie pas d'une résidence stable effective et permanente et que la mise à exécution de la mesure d'éloignement demeure une perspective raisonnable. Cette décision est ainsi suffisamment motivée et révèle un examen suffisant de la situation de l'intéressé.

25. En troisième lieu, si M. C soutient qu'il a déjà remis son passeport en produisant un récépissé, ce document signé à Bordeaux et daté du 17 septembre 2020, n'est pas de nature à établir que le préfet a entaché sa décision d'une erreur de fait en indiquant, à la date du 27 septembre 2022, que M. C n'avait pas remis son passeport ou tout autre document de voyage aux services de police ou de gendarmerie.

26. En quatrième lieu, la décision attaquée fait astreinte à M. C de se présenter trois fois par semaine à 17 heures hors jours fériés et chômés à la direction

zonale de la police et aux frontières située à Saint-Jacques-de-La-Lande. Elle lui fait interdiction de sortir de la commune de Rennes sans autorisation préfectorale sauf pour respecter ses obligations de pointage, pour consulter son avocat et se rendre aux convocations de justice ou des services de police ou de gendarmerie. Elle l'astreint, afin de préparer son départ, à demeurer au lieu de son assignation à résidence entre 18 heures et 21 heures chaque jour de la semaine sauf à justifier d'une difficulté particulière faisant obstacle au respect de cette obligation. En se bornant à faire état de sa pathologie, de ses rendez-vous médicaux et de sa fatigue, sans aucune précision ou justifications particulières au soutien de ces éléments qui l'empêcheraient de respecter les mesures décidées par le préfet d'Ille-et-Vilaine avec son assignation, M. C n'établit pas que les mesures précitées, destinées à permettre l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre, seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ou méconnaîtraient les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

27. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. C dirigées contre l'arrêté du 27 septembre 2022 l'assignant à résidence doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

28. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

29. Les dispositions des articles 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée à ce titre par M. C.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2022.

Le magistrat désigné,

signé

C. BLa greffière d'audience,

signé

P. Cardenas

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

4

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions